{"id":69363,"date":"2007-10-27T00:00:00","date_gmt":"2007-10-27T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/10\/27\/grenelle-la-france-et-la-crise\/"},"modified":"2007-10-27T00:00:00","modified_gmt":"2007-10-27T00:00:00","slug":"grenelle-la-france-et-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/10\/27\/grenelle-la-france-et-la-crise\/","title":{"rendered":"<strong><em>Grenelle, la France et la crise<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Grenelle, la France et la crise<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t27 octobre 2007  Il y a beaucoup d&rsquo;applaudissements autour du Grenelle de l&rsquo;environnement, termin\u00e9 \u00e0 Paris le 25 octobre. L&rsquo;affaire fut rondement men\u00e9e, avec un plateau de communication joliment fourni, les Nobel de la Paix 2006 et 2007, avec le 2007 en t\u00eate bien s\u00fbr, le pr\u00e9sident de la Commission Barroso, etc. Mis au courant des us et coutumes parisiennes, Al Gore proclama que \u00ab<em>nous voulons un Grenelle mondial<\/em>\u00bb. Le discours de Sarkozy fut hautement appr\u00e9ci\u00e9, \u00e9galement, et salu\u00e9 comme un \u00e9v\u00e9nement en raison de la vigueur de l&rsquo;engagement du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, il nous faut d\u00e9brouiller entre l&rsquo;accident (ou bien l&rsquo;\u00e9cume des jours, selon la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Boris Vian) et la substance. Selon les circonstances, le premier s&rsquo;oppose \u00e0 la seconde ou bien au contraire il la pr\u00e9pare et la renforce. L&rsquo;accident, c&rsquo;est la clameur m\u00e9diatique et la communication autour du Grenelle de l&rsquo;environnement; la substance, c&rsquo;est ce que signale la chose du point de vue de la conscience fran\u00e7aise par rapport \u00e0 la crise syst\u00e9mique du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques mots d&rsquo;abord sur l&rsquo;accident, d&rsquo;apr\u00e8s le <em>Figaro<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/france\/20071026.FIG000000247_comment_le_president_a_opere_sa_mue_ecologique.html\" class=\"gen\">26 octobre<\/a>:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Dans cet automne en demi-teinte, Nicolas Sarkozy a trouv\u00e9 sa bou\u00e9e verte. Flanqu\u00e9 d&rsquo;Al Gore, le tout nouveau Prix Nobel de la paix, et du pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne, Jos\u00e9-Manuel Barroso, le chef de l&rsquo;\u00c9tat appara\u00eet comme un d\u00e9fenseur de l&rsquo;environnement tout aussi convaincu qu&rsquo;un Jacques Chirac. En acceptant le principe d&rsquo;une taxe carbone, qui \u00e9tait la principale exigence du pacte \u00e9cologique de Nicolas Hulot pendant la campagne \u00e9lectorale, le chef de l&rsquo;\u00c9tat a jou\u00e9 banco. Hier, il a donc gagn\u00e9 les applaudissements de Nicolas Hulot, ce dernier se f\u00e9licitant de l&rsquo;intervention du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique: \u00c0 ce stade, je lui donne 18 sur 20, a-t-il salu\u00e9. Un satisfecit qui n&rsquo;est pas neutre pour Nicolas Sarkozy, quand il est accord\u00e9 par l&rsquo;une des personnalit\u00e9s les plus populaires de France, alors que le pr\u00e9sident doit lutter contre les inqui\u00e9tudes grandissantes sur la croissance faible.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L&rsquo;un des tr\u00e8s proches de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici, applaudit des deux mains: S&rsquo;il est d&rsquo;accord sur le principe, cela nous va tr\u00e8s bien. Cet \u00e9colo rigoureux n&rsquo;en revient pas: Si on m&rsquo;avait dit que les 180 pages de ce pacte \u00e9cologique pondu dans un chalet il y a un an aboutiraient finalement \u00e0 un d\u00e9bat au sommet entre les deux Nicolas, je n&rsquo;y aurais jamais cru, s&rsquo;exclame-t-il. Nicolas Sarkozy a toujours \u00e9t\u00e9 sur cette position, pr\u00e9cise son cabinet. Il a toujours \u00e9t\u00e9 d&rsquo;accord pour examiner le principe d&rsquo;une taxe sur le carbone, mais \u00e0 condition qu&rsquo;elle n&rsquo;affecte pas le pouvoir d&rsquo;achat des Fran\u00e7ais, rappelle-t-on.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Avant de s&rsquo;y r\u00e9soudre, Nicolas Sarkozy a beaucoup h\u00e9sit\u00e9. Conscient de la popularit\u00e9 des th\u00e9matiques environnementales dans l&rsquo;opinion publique, il ne voulait en aucun cas s&rsquo;attirer les foudres des Fran\u00e7ais en amputant leur pouvoir d&rsquo;achat. En f\u00e9vrier dernier, il avait confi\u00e9 au Figaro qu&rsquo;il appr\u00e9ciait surtout Nicolas Hulot pour son \u00e9mission Ushua\u00efa&rsquo;, mais gu\u00e8re pour son aventure d&rsquo;apprenti pr\u00e9sidentiable. C&rsquo;est la derni\u00e8re id\u00e9e \u00e0 la mode, glissait-il ce jour-l\u00e0, \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9cologie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mais la lecture des sondages et la conviction de certains de ses conseillers, comme sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, ont modifi\u00e9 son appr\u00e9ciation des enjeux du probl\u00e8me. Pendant la campagne, il osa m\u00eame avancer, \u00e0 propos du r\u00e9chauffement climatique : Je pense que l&rsquo;humanit\u00e9 danse sur un volcan. Une affirmation aux accents chiraquiens que n&rsquo;aurait jamais lanc\u00e9e le m\u00eame Nicolas Sarkozy deux ans plus t\u00f4t ! Le candidat Sarkozy a aussi vu dans le cr\u00e9neau \u00e9colo, pour reprendre une expression qu&rsquo;il juge la plus moche de la langue fran\u00e7aise, un moyen id\u00e9al d&rsquo;afficher ses divergences avec la Maison-Blanche. Pendant la campagne, il n&rsquo;a pas manqu\u00e9 de d\u00e9plorer le conservatisme de George Bush sur ce sujet. Et lors du G8 d&rsquo;Heiligendamm, en juin, le pr\u00e9sident tout juste \u00e9lu avait dit \u00e0 plusieurs reprises tout le mal qu&rsquo;il pensait du refus par Washington de signer les accords de Kyoto.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour r\u00e9sumer d&rsquo;une part et introduire une r\u00e9flexion sur la substance d&rsquo;autre part, on signalera deux interventions au cours de l&rsquo;\u00e9mission <em>N&rsquo;ayons pas peur des mots<\/em> de Samuel Etienne, sur <em>I-T\u00e9l\u00e9<\/em>, le 26 octobre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t A propos de la conviction de Sarko sur cette affaire (y croit-il ou prend-il un engagement de circonstance, pour profiter de la popularit\u00e9 du th\u00e8me?), l&rsquo;ex-journaliste et conseiller en communications Jean-Luc Mano remarque que cela n&rsquo;a aucune importance. Qu&rsquo;il y croit ou pas, Sarko a lanc\u00e9 une machine et il va devoir la suivre, avec conviction ou pas qu&rsquo;importe. Mano dit que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement marque la prise de conscience en France de la formidable gravit\u00e9 de la crise puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la question centrale de notre survie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le journaliste du <em>Figaro<\/em> Guillaume Perrault a plusieurs fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que l&rsquo;\u00e9cologie \u00e9tait <strong>aussi<\/strong> une valeur de droite, qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une valeur conservatrice; que les d\u00e9cisions du Grenelle de l&rsquo;environnement allaient ouvrir un d\u00e9bat au sein de la droite <strong>aussi<\/strong>; que les souverainistes, si faiblement repr\u00e9sent\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9ventail politique, y trouveraient un terrain tr\u00e8s favorable.<\/p>\n<h3>Danse sur un volcan<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSarko est pass\u00e9 du \u00ab<em>L&rsquo;\u00e9cologie, c&rsquo;est la derni\u00e8re id\u00e9e \u00e0 la mode<\/em>\u00bb de f\u00e9vrier dernier au \u00ab<em>Je pense que l&rsquo;humanit\u00e9 danse sur un volcan<\/em>\u00bb de la campagne \u00e9lectorale (face-\u00e0-face avec Royal?). Mano a raison. Qu&rsquo;il y ait ou non de la conviction l\u00e0-dedans n&rsquo;importe gu\u00e8re, sinon pour la chronique des midinettes; l&rsquo;homme est irr\u00e9sistiblement emport\u00e9 par ce changement de perception, d\u00e8s lors qu&rsquo;il l&rsquo;a ent\u00e9rin\u00e9 par le Grenelle de l&rsquo;environnement et alors que les \u00e9v\u00e9nements climatiques autant que sa popularit\u00e9 nouvelle dans ce domaine ne lui laisseront plus une seconde de r\u00e9pit dans ce sens. (Evidemment, l&rsquo;\u00e9poque est diablement maistrienne, les hommes emport\u00e9s comme autant de f\u00e9tus de paille par les \u00e9v\u00e9nements,  car les \u00e9v\u00e9nements sont <strong>gigantesques<\/strong>)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela r\u00e9gl\u00e9, il est vrai que le premier int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, en France, est d&rsquo;impliquer la droite fran\u00e7aise, par le biais du Pr\u00e9sident et du reste, dans la bataille de l&rsquo;environnement (th\u00e8me encore plus vaste que la seule crise climatique, mais qui l&rsquo;inclut \u00e9videmment), dans le sens de la d\u00e9fense offensive de l&rsquo;environnement, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le sens de la perception politique de la crise de l&rsquo;environnement. Quelle importance, cette implication de la droite fran\u00e7aise, de cette fa\u00e7on politique, qui est celle que signale Perrault? Grande, tr\u00e8s grande, parce qu&rsquo;elle \u00e9largit n\u00e9cessairement le d\u00e9bat au pass\u00e9, et \u00e0 un pass\u00e9 f\u00e9cond et puissant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe sur la droite et l&rsquo;\u00e9cologie est b\u00e2ti sur des appr\u00e9ciations fauss\u00e9es. Faire du mouvement lib\u00e9ral qui est le grand instigateur inconscient de la catastrophe qui menace l&rsquo;esp\u00e8ce un mouvement de droite est une id\u00e9e typiquement moderniste. Le lib\u00e9ralisme pouss\u00e9 \u00e0 son extr\u00eame comme il l&rsquo;est est un mouvement d\u00e9structurant, absolument adversaire des racines historiques, des traditions comme garantes des structures de la civilisation. C&rsquo;est la globalisation, qui d\u00e9truit les racines, les identit\u00e9s et le pass\u00e9. Quelle que soit l&rsquo;\u00e9tiquette dont on le couvre, il devrait appara\u00eetre \u00e9vident que c&rsquo;est un mouvement par essence adversaire de l&rsquo;essentiel des valeurs traditionnelles de la droite. Par cons\u00e9quent, Perrault a raison lorsqu&rsquo;il insiste pour rappeler que la droite est de ce parti-l\u00e0 de l&rsquo;\u00e9cologie et de la protection (conservation) de l&rsquo;environnement. Cela  est largement \u00e9vident dans la lecture de nombre d&rsquo;anciens (la d\u00e9fense des Indiens d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord face au progr\u00e8s US que devine Chateaubriant, qu&rsquo;on trouve dans les <em>M\u00e9moires d&rsquo;outre-tombe<\/em>, est de cette eau-l\u00e0). La gauche moderniste  par opposition \u00e0 une gauche traditionaliste, ou souverainiste, la gauche de P\u00e9guy puisque P\u00e9guy \u00e9tait \u00e0 gauche autant qu&rsquo;\u00e0 droite,  la gauche moderniste qui a d\u00e9couvert l&rsquo;\u00e9cologie dans les ann\u00e9es 1960 a parall\u00e8lement soutenu toutes les avanc\u00e9es de ce progr\u00e8s qui est aujourd&rsquo;hui directement mis en accusation par la catastrophe du cadre universel de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette confusion des origines nous conduit par ailleurs, apr\u00e8s en avoir fait bon usage, \u00e0 \u00e9carter les \u00e9tiquettes droite et gauche pour les identit\u00e9s beaucoup plus fondamentales de la d\u00e9structuration contre les structures identitaires et historiques. On trouve \u00e9videmment cette opposition dans les d\u00e9bats anciens mais d&rsquo;une actualit\u00e9 extraordinaire entre modernes et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1754\" class=\"gen\">anti-modernes<\/a>, notamment le courant de contestation de l&rsquo;am\u00e9ricanisation, en Europe, surtout en France, dans les ann\u00e9es 1919-1934. L&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00e9cologie est partout dans la bataille autour du machinisme. Dans son <em>Entre les deux mondes<\/em>, de 1913 (nous remontons encore plus loin), un livre de r\u00e9flexions sous forme de dialogues, notre cher Guglielmo Ferreo rapporte cet \u00e9change entre sa femme (Gina Lombroso, auteur du formidable <em>Ran\u00e7on du machinisme<\/em> d\u00e9non\u00e7ant en 1931 l&rsquo;am\u00e9ricanisation et le machinisme au nom des traditions et de la vieille histoire europ\u00e9enne) et un personnage des dialogues, riche propri\u00e9taire argentin repr\u00e9sentant le lib\u00e9ralisme, personnage moderniste et absolument fanatique de l&rsquo;am\u00e9ricanisme:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>   Ils produisent, c&rsquo;est vrai, dit ma femme ; mais ils ravagent aussi. Il ne faut pas oublier que si nous sommes tr\u00e8s riches, c&rsquo;est parce qu&rsquo;au lieu d&rsquo;exploiter sagement l&rsquo;Am\u00e9rique nous mettons \u00e0 sac ses mines, ses for\u00eats, ses territoires. Nous faisons un \u00e9pouvantable gaspillage de ce que les \u00e9conomistes appellent les capitaux h\u00e9donistiques, je veux dire les richesses naturelles qui ne se renouvellent pas.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>  Nous ravageons, nous ravageons ! C&rsquo;est bient\u00f4t dit, madame. Et puis apr\u00e8s ? M\u00eame en admettant que ce soit la v\u00e9rit\u00e9 non licet omnipuds adire Corinthum Pardon. Je voulais dire: il n&rsquo;est pas \u00e0 la port\u00e9e de tout le monde de ravager un continent Nous saccageons les deux Am\u00e9riques, c&rsquo;est possible. Ajoutez encore (je n&rsquo;ai pas peur de l&rsquo;avouer) que nous saccageons les immenses territoires de la Russie; n&rsquo;oubliez pas de dire non plus que, avec la gr\u00e2ce de Dieu, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 saccager l&rsquo;Afrique, et que, dans l&rsquo;avenir, nous la saccagerons de plus en plus. Tant mieux! Car, \u00e0 force de saccager, nous devenons riches, entreprenants, intelligents, et nous progressons! Est-il vrai, ou non, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui nous sommes les ma\u00eetres, en gros, si vous voulez, mais, somme toute, les ma\u00eetres de la terre enti\u00e8re?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe dialogue pourrait \u00eatre d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et l&rsquo;on devine qui dirait quoi. La bataille actuelle est \u00e0 la fois actuelle et intemporelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est n\u00e9cessaire qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, un d\u00e9bat comme celui de la crise climatique ram\u00e8ne \u00e0 des interrogations fondamentales sur le sens politique des engagements des uns et des autres. Si la droite fran\u00e7aise, ou ce qui en fait figure, d\u00e9bat autour de l&rsquo;\u00e9cologie, il y aura bien des surprises dont cette m\u00eame droite, enferm\u00e9e dans ses r\u00e9flexes pavloviens-lib\u00e9raux appris de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, fut bien priv\u00e9e. Cette privation remonte \u00e0 la fin des d\u00e9bats signal\u00e9s plus haut, au milieu des ann\u00e9es 1930, avec l&rsquo;imposition brutale et arbitraire dans les d\u00e9bats nationaux des id\u00e9ologies (fascisme, communisme) qui privent les engagements de leurs nuances fondamentales et enferment dans des \u00e9tiquettes faussaires. Les souverainistes (toutes \u00e9tiquettes envol\u00e9es, droite et gauche) ont une carte \u00e0 jouer parce que c&rsquo;est eux qui peuvent r\u00e9tablir ce lien bris\u00e9 avec le pass\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi la France prend conscience de la gravit\u00e9 ontologique de la crise comme cela semble d\u00e9sormais possible, il y aura aussi des surprises, encore plus amples et plus fondamentales. La sensibilit\u00e9 fran\u00e7aise est la plus capable de saisir toute la mesure de l&rsquo;enjeu puisque ce pays est \u00e0 la pointe du d\u00e9veloppement technologique et moderniste, et pourtant le plus attach\u00e9 \u00e0 son pass\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re intellectuellement tr\u00e8s structur\u00e9e, avec une r\u00e9elle philosophie pour justifier cet attachement. Les \u00e9v\u00e9nements vont renforcer cette philosophie, qui implique la tr\u00e8s forte vocation de la mesure et de l&rsquo;\u00e9quilibre, autant que la r\u00e9flexion critique sur la l\u00e9gitimit\u00e9 des civilisations. (Effectivement, les catastrophes qu&rsquo;est en train d&rsquo;engendrer cette civilisation pose simplement la question de sa l\u00e9gitimit\u00e9 fondamentale au regard de l&rsquo;\u00e9quilibre et de la survivance de l&rsquo;esp\u00e8ce.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu bout du compte et pour nous en tenir aux affaires terrestres, on sait bien que le d\u00e9bat autour de la crise climatique aboutit in\u00e9luctablement au d\u00e9bat sur le sens et la forme du progr\u00e8s tel que nous le d\u00e9veloppons depuis plus de trois si\u00e8cles. Nous en avons parl\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1014\" class=\"gen\">ici<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3521\" class=\"gen\">l\u00e0<\/a>. Si ce d\u00e9bat devient public, sous la pression des \u00e9v\u00e9nements (notamment environnementaux) et de l&rsquo;\u00e9volution des psychologies, nous aurons droit \u00e0 des explications fi\u00e8vreuses.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grenelle, la France et la crise 27 octobre 2007 Il y a beaucoup d&rsquo;applaudissements autour du Grenelle de l&rsquo;environnement, termin\u00e9 \u00e0 Paris le 25 octobre. 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