{"id":69405,"date":"2007-11-12T00:00:00","date_gmt":"2007-11-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/11\/12\/rumsfeld-et-le-cog-par-andrew-cockburn\/"},"modified":"2007-11-12T00:00:00","modified_gmt":"2007-11-12T00:00:00","slug":"rumsfeld-et-le-cog-par-andrew-cockburn","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/11\/12\/rumsfeld-et-le-cog-par-andrew-cockburn\/","title":{"rendered":"Rumsfeld et le COG, \u2014 par Andrew Cockburn"},"content":{"rendered":"<p><h3>Rumsfeld et le COG,  par Andrew Cockburn<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons rencontr\u00e9, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4555\" class=\"gen\">r\u00e9cemment<\/a>, la question du COG (Continuity Of Government). Il s&rsquo;agit d&rsquo;une structure parall\u00e8le de gouvernement qui fonctionna \u00e0 partir des d\u00e9buts de l&rsquo;administration Reagan, et \u00e0 laquelle particip\u00e8rent notamment <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4552\" class=\"gen\">Rumsfeld et Cheney<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans <a href=\"http:\/\/www.editions-xenia.com\/livres\/rumsfeld\/\" class=\"gen\">son livre<\/a> <em>Caligula au Pentagone<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-rumsfeld_demystifie_12_11_2007.html?admin=1\" class=\"gen\">Andrew Cockburn<\/a> consacre plusieurs pages \u00e0 l&rsquo;implication de Rumsfeld dans cette initiative. Il \u00e9claire assez bien le caract\u00e8re ambigu du COG, \u00e0 la fois structure d&rsquo;entra\u00eenement \u00e0 des situations de crise, esquisse profonde d&rsquo;un gouvernement de crise, encouragement implicite \u00e0 progresser sur la voie des initiatives de gouvernement hors des normes officielles du gouvernement; \u00e0 la fois, jeu de guerre comme on a pu en voir et esquisse, voir tentation d&rsquo;un v\u00e9ritable complot.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCi-dessous, nous publions, avec l&rsquo;autorisation aimable des \u00e9ditions Xenia, l&rsquo;extrait de <em>Caligula au Pentagone<\/em> (P.103-109) portant sur ce sujet. <\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Au cur du COG<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tRumsfeld ne re\u00e7ut pas de proposition pour occuper un poste au sein de l&rsquo;administration de George H. W. Bush.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques mois apr\u00e8s la passation des pouvoirs, Donald Rumsfeld fut invit\u00e9 \u00e0 jouer le r\u00f4le du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis au cours d&rsquo;un exercice de simulation mis au point par un think tank \u00e0 Washington. Dans ce sc\u00e9nario, le pr\u00e9sident Rumsfeld devait obtenir l&rsquo;autorisation du Congr\u00e8s pour d\u00e9clarer la guerre. \u00abJe me fiche de ce que vous leur direz\u00bb, aboya-t-il au chef de cabinet, Ed Markey, \u00abFilez au Capitole et obtenez leur soutien. Et sans r\u00e9serves, hein!\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon Markey, un d\u00e9put\u00e9 d\u00e9mocrate de tendance lib\u00e9rale du Massachusetts,  \u00abc&rsquo;\u00e9tait un exercice mis au point par le Center for Strategic and International Studies [CSIS] dont l&rsquo;objectif \u00e9tait d&rsquo;\u00e9tudier le fonctionnement de la loi sur les pouvoirs politiques en temps de guerre (War Powers Act). Nous jouions bien nos r\u00f4les. J&rsquo;ai accept\u00e9 le r\u00f4le de chef de cabinet parce que je pensais que ce serait ma seule exp\u00e9rience dans ce fauteuil-l\u00e0.\u00bb Il n&rsquo;est pas exclu que Rumsfeld ait ressenti la m\u00eame chose. \u00c0 57 ans, il semblait avoir admis qu&rsquo;il ne serait jamais pr\u00e9sident pour de vrai  il d\u00e9cida donc d&rsquo;en mimer le personnage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTous les t\u00e9moignages concordent pour dire que Rumsfeld a jou\u00e9 cette partition avec tonnerre et fracas. L&rsquo;exercice du CSIS remonte \u00e0 1989. On y vit un Rumsfeld fou de rage devant les objections du Congr\u00e8s, mettant en avant le porte-parole de la Maison-Blanche (le r\u00f4le \u00e9tait jou\u00e9 par un journaliste radio chevronn\u00e9, Daniel Schorr) pour manipuler la presse afin qu&rsquo;elle soutienne son martial point de vue. L&rsquo;exercice auquel Rumsfeld participait n&rsquo;\u00e9tait cependant que de la petite bi\u00e8re \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du r\u00f4le qu&rsquo;il jouait dans des jeux beaucoup plus sophistiqu\u00e9s et beaucoup plus confidentiels. Bien loin de la presse et de tout il d\u00e9pourvu d&rsquo;accr\u00e9ditation officielle, il ne jouait plus seulement le r\u00f4le de dirigeant, mais il assumait la responsabilit\u00e9 de la conduite d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe jeu-l\u00e0 \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 tester un programme connu sous le nom de COG, pour Continuity of Government. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;estimer la capacit\u00e9 du gouvernement \u00e0 continuer \u00e0 fonctionner apr\u00e8s une attaque nucl\u00e9aire. Tout ce qui concernait ces exercices \u00e9tait rigoureusement tenu secret. \u00abIl y a sept classes de secret dans les affaires gouvernementales\u00bb, me dit un ancien cadre du Pentagone lorsque j&rsquo;abordai le sujet devant lui, \u00abc&rsquo;est du sommet que vous me parlez l\u00e0.\u00bb  Des plans pour assurer la continuit\u00e9 du gouvernement en cas d&rsquo;attaque nucl\u00e9aire avaient \u00e9t\u00e9 mis au point d\u00e8s les premiers jours de la Guerre froide, lorsque de vastes bunkers furent creus\u00e9s dans la campagne autour de Washington pour abriter les divers organes de gouvernement. Dans l&rsquo;un d&rsquo;entre eux au moins (sous la petite ville de Culpeper, en Virginie) on avait m\u00eame stock\u00e9 des Barbie pour les enfants des fonctionnaires mis \u00e0 l&rsquo;abri sous terre. Au cours des ann\u00e9es, ces programmes se sont diversifi\u00e9s, ils sont devenus de plus en plus sophistiqu\u00e9s, et bien s\u00fbr de plus en plus chers. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, ils connurent un d\u00e9veloppement important quand Ronald Reagan fut \u00e9lu sur la base de son bouclier antimissile et surtout de la capacit\u00e9 de soutenir une guerre nucl\u00e9aire \u00e0 outrance pendant six mois. Ce concept rendit d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire de s&rsquo;assurer que la machinerie gouvernementale pourrait r\u00e9sister en dessous d&rsquo;un champ de ruines radioactives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn cons\u00e9quence, le budget du programme COG explosa, atteignant des hauteurs dont ses promoteurs n&rsquo;auraient jamais r\u00eav\u00e9. L&rsquo;un des architectes du projet, qui \u00e9tait l\u00e0 depuis sa fondation, ma r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le budget avait atteint un milliard de dollars par an lors du premier mandat de Reagan. Cette co\u00fbteuse initiative \u00e9tait due, intellectuellement parlant, \u00e0 Andrew Marshall, un intellectuel influent dans les cercles de la d\u00e9fense, qui avait d\u00e9j\u00e0 fait la connaissance de Rumsfeld quand celui-ci dirigeait le d\u00e9partement de la D\u00e9fense. Au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re Reagan, Marshall pr\u00e9disait que l&rsquo;Union sovi\u00e9tique en d\u00e9clin pourrait lancer une attaque nucl\u00e9aire surprise, rendant ainsi indispensable les installations blind\u00e9es dans lesquelles Rumsfeld exer\u00e7ait ses talents de chevalier de l&rsquo;Apocalypse. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMarshall et d&rsquo;autres ont longtemps soutenu la th\u00e8se selon laquelle la strat\u00e9gie sovi\u00e9tique impliquait la d\u00e9capitation du gouvernement am\u00e9ricain, et que les premi\u00e8res ogives tomberaient sur Washington, mettant ainsi hors de combat le pr\u00e9sident et le premier cercle de dirigeants. Les planificateurs du programme COG commenc\u00e8rent donc \u00e0 former des \u00e9quipes de hauts fonctionnaires b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une exp\u00e9rience en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 nationale, de fa\u00e7on \u00e0 ce que ces derniers puissent prendre le relais et faire rena\u00eetre une sorte de gouvernement de ses cendres. Les \u00e9quipes \u00e9taient r\u00e9parties par types, une pour la d\u00e9partement de la D\u00e9fense, une pour le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, une pour la Maison-Blanche, et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe programme top-secret avait pour nom de code le Projet 908, et parmi les individus pressentis pour prendre la pouvoir apr\u00e8s l&rsquo;apocalypse nucl\u00e9aire, on trouvait Donald Rumsfeld. De temps \u00e0 autre, ce dernier disparaissait de son bureau de Chicago, sans dire o\u00f9 il allait ni pourquoi. Un avion de transport militaire le menait dans un QG secret quelque part dans le r\u00e9seau du COG. Puis, pendant plusieurs jours, il restait emmur\u00e9 dans une caverne artificielle, \u00e0 observer des \u00e9crans qui lui d\u00e9crivaient le cataclysme nucl\u00e9aire et le bouleversement qui s&rsquo;ensuivait. Il dormait sur des lits de camp, mangeait d&rsquo;aust\u00e8res rations militaires. Les joueurs \u00e9taient parfois convoy\u00e9s vers ces lieux dans des avions dont les hublots avaient \u00e9t\u00e9 aveugl\u00e9s de fa\u00e7on qu&rsquo;ils ne sachent pas o\u00f9 ils \u00e9taient. Un participant de l&rsquo;un de ces exercices se souvint qu&rsquo; \u00abon savait qu&rsquo;on \u00e9tait quelque part dans le Sud \u00e0 cause de l&rsquo;accent des gens, mais on n&rsquo;en savait pas plus.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRumsfeld adorait ces jeux. D&rsquo;autres personnes, comme Dick Cheney, y participaient aussi fr\u00e9quemment. \u00abCheney et les autres avaient souvent d&rsquo;autres priorit\u00e9s. Rumsfeld venait toujours\u00bb, se souvient notre fonctionnaire du Pentagone. Rumsfeld ne faisait pas qu&rsquo;essayer de r\u00e9organiser un pays d\u00e9vast\u00e9. Il jouait \u00e0 la Troisi\u00e8me Guerre mondiale. Ou du moins, \u00e0 la simulation de ce que cela donnerait selon les paradigmes de la guerre nucl\u00e9aire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans ces jeux que g\u00eet un aspect de la carri\u00e8re et de la personnalit\u00e9 de Rumsfeld qui est rest\u00e9 soigneusement cach\u00e9 du public m\u00eame apr\u00e8s que des informations sur les jeux du programme COG eurent commenc\u00e9 \u00e0 filtrer dans la presse. Mis face aux choix les plus difficiles qu&rsquo;un environnement de simulation pouvait imaginer, mis dans une situation qui \u00e9tait clairement cens\u00e9e \u00eatre la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale de ce qui pourrait devenir une r\u00e9alit\u00e9 terrifiante, Rumsfeld n&rsquo;avait qu&rsquo;une seule r\u00e9ponse, toujours la m\u00eame. Il tentait toujours de d\u00e9cha\u00eener le plus de feu nucl\u00e9aire possible. L&rsquo;\u00e9quipe qui jouait le jeu avait deux t\u00e2ches principales : reconstituer quelque chose qui ressemble \u00e0 un gouvernement en \u00e9tat de marche, et lancer des op\u00e9rations de repr\u00e9sailles. Le premier objectif, la reconstruction, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme le plus urgent par la plupart des joueurs. Mais, selon les joueurs, cette partie-l\u00e0 n&rsquo;int\u00e9ressait pas Rumsfeld. \u00abIl voulait toujours passer aux repr\u00e9sailles aussit\u00f4t que possible\u00bb, selon un ancien haut fonctionnaire du bureau du secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense, \u00abil \u00e9tait toujours partisan de l&rsquo;option la plus extr\u00eame.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn ex-participant qui jouait le r\u00f4le d&rsquo;un haut fonctionnaire de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, d\u00e9crivit la premi\u00e8re partie du jeu. La guerre commen\u00e7a par une attaque sovi\u00e9tique limit\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Europe. \u00ab La crise semblait pouvoir \u00eatre circonscrite \u00bb, rapporte-t-il, et l&rsquo;\u00e9quipe du D\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat tentait d&rsquo;\u00e9viter un \u00e9change thermonucl\u00e9aire \u00e0 outrance. Mais Rumsfeld avait une autre feuille de route. D\u00e8s le d\u00e9but, selon ce participant, l&rsquo;ex et futur Secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense n&rsquo;avait qu&rsquo;une id\u00e9e en t\u00eate : \u00abbalancer tout ce qui nous restait\u00bb sur le bloc communiste, Russes et Chinois dans le m\u00eame sac.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa personne qui jouait le r\u00f4le du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat, un ex-diplomate aguerri et subtil, n&rsquo;\u00e9tait pas moins d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher Rumsfeld de tuer des millions de personnes. \u00c0 l&rsquo;aide de toutes les manuvres et de tous les stratag\u00e8mes qu&rsquo;il avait appris au cours d&rsquo;une longue carri\u00e8re, il lan\u00e7a une gu\u00e9rilla bureaucratique dans tout le syst\u00e8me de communication du Programme. Une note de r\u00e9alisme suppl\u00e9mentaire s&rsquo;ajouta lorsqu&rsquo;il devint \u00e9vident que le membre des Affaires \u00e9trang\u00e8res qui jouait le r\u00f4le du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat adjoint pensait que Rumsfeld pourrait lui \u00eatre utile dans sa carri\u00e8re du monde r\u00e9el. Peu importa : le diplomate eut le dessus, malgr\u00e9 les men\u00e9es subreptices de son subordonn\u00e9 qui aidait Rumsfeld en sous-main. L&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord surv\u00e9cut donc. Rumsfeld, vaincu, ne pardonna jamais \u00e0 son adversaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRumsfeld et les autres joueurs ne mettaient bien s\u00fbr pas en jeu, dans leurs bunkers du COG, leur exp\u00e9rience issue du monde r\u00e9el (mise \u00e0 part les poignards de routine dans toute bureaucratie). La guerre nucl\u00e9aire n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un jeu. En fait, les th\u00e9oriciens qui avaient travaill\u00e9 sur la guerre nucl\u00e9aire avaient m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9 la notion de Th\u00e9orie des jeux.  Personne n&rsquo;avait la moindre id\u00e9e de l&rsquo;aspect r\u00e9el d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire. M\u00eame les faits sur lesquels ont se basait \u00e9taient tout sauf des faits : la puissance ou la port\u00e9e des diverses armes, par exemple, la pr\u00e9cision et la fiabilit\u00e9 des missiles intercontinentaux (jamais test\u00e9s en conditions r\u00e9elles) variaient ainsi consid\u00e9rablement d&rsquo;un rapport \u00e0 l&rsquo;autre. Ces t\u00e2tonnements ne figuraient jamais dans la planification de la guerre nucl\u00e9aire, pour ne rien dire des sc\u00e9narios sur lesquels le programme COG se basait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est \u00e0 souhaiter que nous ne sachions jamais ce qu&rsquo;un politicien (pour ne rien dire de Rumsfeld) ferait devant la possibilit\u00e9 d&rsquo;appuyer sur le bouton nucl\u00e9aire dans la vraie vie. Malheureusement, nous savons comment Rumsfeld a r\u00e9agi lorsqu&rsquo;il eut la possibilit\u00e9 d&rsquo;attaquer un pays avec des forces conventionnelles et d&rsquo;en renverser le gouvernement. Nous examinerons l&rsquo;invasion et l&rsquo;occupation de l&rsquo;Irak plus loin, au chapitre 8, mais il est int\u00e9ressant de comparer d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 le comportement de Rumsfeld dans les jeux guerriers du COG avec son comportement en temps de guerre r\u00e9elle. Comme nous le verrons, les d\u00e9cisions l\u00e9g\u00e8res voire irresponsables qu&rsquo;il a prises \u00e9taient issues d&rsquo;attitudes et de r\u00e9actions adapt\u00e9es \u00e0 un jeu vid\u00e9o \u00e9labor\u00e9, dans lequel les co\u00fbts et les cons\u00e9quences n&rsquo;existent pas vraiment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes jeux du COG, dans la mesure o\u00f9 ils se rapprochaient de la r\u00e9alit\u00e9, donn\u00e8rent de dures le\u00e7ons \u00e0 Rumsfeld et aux autres joueurs, particuli\u00e8rement lors de la chute de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique. Cette derni\u00e8re impliqua un certain nombre d&rsquo;adaptations dans les sc\u00e9narios du jeu. Les exercices continu\u00e8rent (ils co\u00fbtaient encore 200 millions par an sous Clinton) mais les Sovi\u00e9tiques avaient \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s sans coup f\u00e9rir par des terroristes. Ces derniers n&rsquo;agissaient toutefois jamais seuls, mais toujours sous le parrainage d&rsquo;un \u00c9tat. \u00abC&rsquo;\u00e9tait le pr\u00e9jug\u00e9 courant\u00bb, se rappelle le colonel Sam Gardner, de l&rsquo;US Air Force, qui a mis au point des dizaines de sc\u00e9narios de jeux pour le Pentagone et d&rsquo;autres organismes. \u00abDerri\u00e8re le terroriste, il y a toujours quelque chose de plus gros, et les jeux refl\u00e8tent \u00e7a.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y eut d&rsquo;autres changements encore. Au d\u00e9but, les sp\u00e9cialistes recrut\u00e9s pour former \u00able gouvernement en exil\u00bb venaient de toutes les couleurs politiques, aussi bien d\u00e9mocrates que r\u00e9publicains. Mais en ce temps-l\u00e0, dans son bunker, Rumsfeld ne se retrouvait plus qu&rsquo;en bonne compagnie politique : le fichier des joueurs ne comportait plus que des noms issus des rangs des faucons r\u00e9publicains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00abPour ces hommes, c&rsquo;\u00e9tait une fa\u00e7on de rester en contact. Ils se mettaient ensemble pour faire l&rsquo;exercice, puis ils tiraient \u00e0 boulets rouges, informellement, sur l&rsquo;administration Clinton\u00bb, se souvient un ancien fonctionnaire du Pentagone, t\u00e9moin direct de ces \u00e9v\u00e9nements. \u00abOn pourrait parler d&rsquo;un gouvernement de l&rsquo;ombre secret. C&rsquo;est extraordinaire comme l&rsquo;administration Clinton a laiss\u00e9 faire, [ils n&rsquo;avaient] aucune id\u00e9e de ce qui se passait.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2888920468?ie=UTF8&#038;tag=dedefensa-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=6746&#038;creativeASIN=2888920468\" class=\"gen\">Caligula au Pentagone<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rumsfeld et le COG, par Andrew Cockburn Nous avons rencontr\u00e9, r\u00e9cemment, la question du COG (Continuity Of Government). Il s&rsquo;agit d&rsquo;une structure parall\u00e8le de gouvernement qui fonctionna \u00e0 partir des d\u00e9buts de l&rsquo;administration Reagan, et \u00e0 laquelle particip\u00e8rent notamment Rumsfeld et Cheney. 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