{"id":69521,"date":"2007-12-19T00:00:00","date_gmt":"2007-12-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/12\/19\/ferrero-nous-et-la-politique-de-la-peur\/"},"modified":"2007-12-19T00:00:00","modified_gmt":"2007-12-19T00:00:00","slug":"ferrero-nous-et-la-politique-de-la-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/12\/19\/ferrero-nous-et-la-politique-de-la-peur\/","title":{"rendered":"Ferrero, nous et la politique de la peur"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Ferrero, nous et la politique de la peur<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette rubrique <em>Analyse<\/em>, nous voudrions \u00e0 la fois pr\u00e9senter deux textes compl\u00e9mentaires publi\u00e9s dans notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie<\/em> (<em>dd&#038;e<\/em>) et mis en ligne ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4736\" class=\"gen\">19 d\u00e9cembre<\/a> dans notre rubrique <em>de defensa<\/em>, et les mettre en corr\u00e9lation avec les \u00e9v\u00e9nements n\u00e9s avec la publication de la NIE 2007.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn conna\u00eet d\u00e9sormais l&rsquo;importance de cette publication de la NIE 2007. L&rsquo;\u00e9cho s&rsquo;en est r\u00e9pandu partout, largement au-del\u00e0 des fronti\u00e8res des USA. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ces observations est \u00e9videmment de conduire \u00e0 analyser ces r\u00e9actions, et \u00e0 s&rsquo;interroger \u00e0 leur propos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9sumons ce qui, \u00e0 notre sens, devrait \u00eatre une attitude de bon sens. Depuis plusieurs ann\u00e9es, l&rsquo;Iran est d\u00e9sign\u00e9 comme un redoutable danger essentiellement parce qu&rsquo;il d\u00e9velopperait un programme nucl\u00e9aire militaire. La NIE 2007 est publi\u00e9e. Elle nous dit que tous les services et agences de renseignement US (il y en a 16) sont d&rsquo;accord pour dire que l&rsquo;Iran a arr\u00eat\u00e9 tout programme nucl\u00e9aire militaire en 2003, que ce pays n&rsquo;en a pas red\u00e9marr\u00e9 un, que s&rsquo;il en red\u00e9marrait un il ne pourrait esp\u00e9rer avoir une bombe avant au-del\u00e0 de 2015.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une bonne nouvelle, non? Na\u00eff, celui qui r\u00e9agit de cette fa\u00e7on. Nous avons not\u00e9 que la r\u00e9action la plus satisfaite fut celle du ministre allemand des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Frank-Walter Steinmeier, le 3 d\u00e9cembre. Le rapport NIE 2007 apporte, dit-il, \u00ab<em>un certain nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments int\u00e9ressants<\/em>\u00bb. Il ajoute aussit\u00f4t, pour qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas une seconde, qu&rsquo;il voit dans ces nouvelles la preuve que \u00ab<em>la double approche choisie par la communaut\u00e9 internationale et qui pr\u00e9voit \u00e0 la fois des encouragements et des mesures du conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies est la bonne<\/em>\u00bb. Cette remarque indique d&rsquo;abord que les Allemands n&rsquo;ont pas quitt\u00e9 la ligne g\u00e9n\u00e9rale. Il n&rsquo;y a aucune satisfaction pour l&rsquo;apaisement \u00e9ventuel des trouvailles de la NIE 2007 puisque son propos implique qu&rsquo;il faut poursuivre la politique de sanctions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnsuite, cette remarque indique que ce ministre est un ignorant, un imb\u00e9cile ou un menteur. Lorsque fut obtenu le principal r\u00e9sultat mis en \u00e9vidence par la NIE 2007, l&rsquo;arr\u00eate du programme militaire nucl\u00e9aire iranien en 2003, il n&rsquo;\u00e9tait pas question de \u00ab<em>la double approche choisie par la communaut\u00e9 internationale et qui pr\u00e9voit \u00e0 la fois des encouragements et des mesures du conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies est la bonne<\/em>\u00bb. Il suffit pour s&rsquo;en convaincre de rapporter cette citation de notre <em>F&#038;C<\/em> du  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4721\" class=\"gen\">14 d\u00e9cembre<\/a>, o\u00f9 l&rsquo;on voit que ce qui convainquit les Iraniens ne fut pas des encouragements et des sanctions, mais simplement des encouragements et de la bonne volont\u00e9:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Voir le point de vue de Fran\u00e7ois Nicoullaud , ambassadeur de France \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran de 2001 \u00e0 2005, dans Le Monde du 12 d\u00e9cembre: C&rsquo;est alors<\/em> [en octobre 2003] <em>que, sous l&rsquo;impulsion de Dominique de Villepin, trois ministres europ\u00e9ens des affaires \u00e9trang\u00e8res, Jack Straw, Joschka Fischer et lui-m\u00eame, se rendent ensemble \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran pour offrir une sortie de crise. C&rsquo;est ce geste spectaculaire de bonne volont\u00e9 qui fait baisser la tension et ram\u00e8ne, au moins provisoirement, les Iraniens sur le droit chemin.<\/em> [] <em>contrairement \u00e0 un discours r\u00e9pandu, ce n&rsquo;est pas en alliant sanctions et offre de dialogue que l&rsquo;on fera bouger l&rsquo;Iran. Personne n&rsquo;a jamais attir\u00e9 quiconque \u00e0 soi, m\u00eame un \u00e2ne, en agitant simultan\u00e9ment carotte et b\u00e2ton. Mieux vaut les utiliser en ordre s\u00e9quentiel. C&rsquo;est la le\u00e7on de l&rsquo;\u00e9pisode de 2003. Le m\u00eame un \u00e2ne, selon l&rsquo;id\u00e9e sommaire que le genre humain se fait de cet animal, vaut, on le comprend, jugement de la politique actuelle.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;interpr\u00e9tation courante de la NIE 2007 a \u00e9t\u00e9, chez beaucoup, voire chez l&rsquo;essentiel de nos penseurs politiques ayant pignon sur rue, qu&rsquo;en un sens, l&rsquo;Iran reste coupable puisque, jusqu&rsquo;en 2003 elle cherchait \u00e0 faire du nucl\u00e9aire. Si l&rsquo;on vous prouve que l&rsquo;Iran le faisait depuis les ann\u00e9es 1980 et l&rsquo;attaque irakienne (soutenue par les USA et l&rsquo;Occident,  tiens donc?) et qu&rsquo;il continua \u00e0 le faire jusqu&rsquo;en 2003 parce qu&rsquo;il craignait les ambitions de Saddam, et que vous ne soyez pas encore convaincu de la culpabilit\u00e9 iranienne, l&rsquo;on pourra toujours vous faire remarquer que ce pays est tout de m\u00eame coupable puisque, avant tout cela, dans les ann\u00e9es 1970, le Shah voulait d\u00e9velopper une arme nucl\u00e9aire et qu&rsquo;il avait obtenu l&rsquo;aide des Am\u00e9ricains (ah bon?) pour cela.<\/p>\n<h3>De la politique de la trouille<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, nul n&rsquo;ignore ce que tout le monde pense tout bas. Il y a eu des \u00e9chos de l&rsquo;insatisfaction des Europ\u00e9ens du fait qu&rsquo;on leur ait dissimul\u00e9 les r\u00e9alit\u00e9s de NIE 2007 (voir notamment le  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4694\" class=\"gen\">6 d\u00e9cembre<\/a> et le  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4702\" class=\"gen\">10 d\u00e9cembre<\/a> sur notre site). Mais aucun changement n&rsquo;est envisag\u00e9, moins encore annonc\u00e9. Certains, finauds, veulent m\u00eame en rajouter, comme les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4721\" class=\"gen\">inflexibles<\/a> Fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDes changements dans cette politique de force auront tout de m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4721\" class=\"gen\">lieu<\/a>, sans le moindre doute. Ils sont m\u00eame en cours. Ils sont et seront le fruit du constat d&rsquo;impuissance o\u00f9 les USA se sont mis avec la publication de la NIE 2007, dont on sait par ailleurs la cause et les arcanes. Ils ne seront en rien le fruit d&rsquo;une r\u00e9flexion pacificatrice. Les \u00e9chos r\u00e9percut\u00e9s par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4715\" class=\"gen\">Thomas Friedman<\/a>, parmi bien d&rsquo;autres, montrent que, dans les Etats du Golfe, pourtant peu r\u00e9put\u00e9s pour leur h\u00e9ro\u00efsme, leur sens de la libert\u00e9 et leur audace, tous les experts d\u00e9plorent affreusement qu&rsquo;une \u00e9valuation du renseignement US ait mis \u00e0 nu la r\u00e9alit\u00e9 et \u00f4t\u00e9 une justification \u00e0 la trouille qui conduit leur politique. Soyons juste: si nous parlons de politique de la trouille alors qu&rsquo;\u00e0 lire Ferrero on devrait plut\u00f4t parler, plus noblement quoique sans plus de bon sens, de politique de la peur, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une mesure de la d\u00e9gradation des murs et des esprits qui semble \u00eatre le produit direct du progr\u00e8s accompli en un peu plus de deux si\u00e8cles. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi la politique de la trouille conduit-elle tous ces experts \u00e0 d\u00e9plorer hautement que la NIE 2007 semble avoir interdit, ou, dans tous les cas, s\u00e9rieusement compromis la perspective particuli\u00e8rement rassurante de la politique iranienne de la communaut\u00e9 internationale dont le terme de la logique est (\u00e9tait) une attaque de grand style contre l&rsquo;Iran. Voil\u00e0 comment se mesurent et se calibrent les grandes politiques aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas et du point de vue de la substance de la chose, il y a eu une nuance s\u00e9mantique,  nuance m\u00eame si les termes sont radicalement diff\u00e9rents,  car ce qui est d\u00e9sign\u00e9 revient \u00e0 l&rsquo;expression d&rsquo;attitudes apparentes diverses r\u00e9pondant \u00e0 la m\u00eame r\u00e9action. La politique de la trouille, ou politique de la force, s&rsquo;exprime en fait par une politique de force, une politique belliciste, puisque ceux qui \u00e9prouvent la peur s&rsquo;estiment \u00e9galement les plus forts, ne comprennent pas leur propre peur, veulent la r\u00e9gler inconsciemment en supprimant ce qu&rsquo;ils jugent \u00eatre la cause apparente de cette peur. La soi-disant politique de force n&rsquo;est pas autre chose qu&rsquo;un faux-nez pour la politique de la peur.<\/p>\n<h3>L&rsquo;extr\u00e9misme de la mod\u00e9ration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette politique assise, \u00e9tablie, respectable, <strong>prudente<\/strong> m\u00eame comme le veut le sentiment de la peur, s&rsquo;exprime aujourd&rsquo;hui parfaitement dans cette r\u00e9action vis-\u00e0-vis des cons\u00e9quences de la NIE 2007. Il est jug\u00e9 <strong>catastrophique<\/strong> que la NIE 2007 nous prive psychologiquement de l&rsquo;argument dont nous avons besoin pour \u00e9ventuellement envisager une attaque contre l&rsquo;Iran,  attaque dont tous les experts s&rsquo;accordent \u00e0 penser que les cons\u00e9quences seraient certainement <strong>catastrophiques<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa politique de la peur est au terme de sa logique invers\u00e9e. La mont\u00e9e aux extr\u00eames est achev\u00e9e, devenue une position d\u00e9sormais tenue, raisonnablement affirm\u00e9e et partag\u00e9e avec la plus grande mesure possible. L&rsquo;extr\u00e9misme n&rsquo;est plus un mouvement, une radicalisation en mouvement, c&rsquo;est d\u00e9sormais une position g\u00e9n\u00e9rale exprimant la position prudente du plus grand nombre. L&rsquo;extr\u00e9misme est devenu la substance m\u00eame de la pens\u00e9e mod\u00e9r\u00e9e, de la pens\u00e9e centriste (au sens assez m\u00e9prisant que nous donnons \u00e0 ce mot dans nos politiques int\u00e9rieures : le centrisme mou), caract\u00e9ristique de la majorit\u00e9 politique de nos experts publicistes et de nos directions politiques. La peur a achev\u00e9 la transmutation de la pens\u00e9e politique.<\/p>\n<h3>Arr\u00eatons-nous pour un peu d&rsquo;ironie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t C&rsquo;est en effet avec ironie qu&rsquo;il faut lire ce passage de l&rsquo;excellent texte de Steve Fraser, auquel nous nous sommes d\u00e9j\u00e0 r\u00e9f\u00e9r\u00e9 pour d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4709\" class=\"gen\">autres commentaires<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFraser d\u00e9taille l&rsquo;ironie qui conduit \u00e0 constater que la politique de la peur a son revers ou, plut\u00f4t, selon le terme affectionn\u00e9 par la CIA, son effet-<em>blowback<\/em>. Cela, c&rsquo;est plut\u00f4t rassurant. Le constat de Fraser propose de montrer que les exc\u00e8s extraordinaires de la peur qui conduit aujourd&rsquo;hui toutes nos politiques et nous entra\u00eene dans des guerres absurdes, finissent par produire leur antidote.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9 ces remarques, dans le texte de Fraser du <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/174872\/steve_fraser_concocting_the_perfect_electoral_storm\" class=\"gen\">10 d\u00e9cembre<\/a>, dans un passage intitul\u00e9e \u00ab<em>The Politics of Fear in Reverse<\/em>\u00bb:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Iraq is an albatross that, all by itself, could sink the ship of state. At this point, there&rsquo;s no need to rehearse the polling numbers that register the no-looking-back abandonment of this colossal misadventure by most Americans. No cosmetic fix, like the surge, can, in the end, make a difference  because large majorities decided long ago that the invasion was a fiasco, and because the geopolitical and geo-economic objectives of the Bush administration leave no room for a genuine Iraqi nationalism which would be the only way out of this mess.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The fatal impact of the President&rsquo;s adventure in Iraq, however, runs far deeper than that. It has undermined the politics of fear which, above all else, had sustained the Bush administration. According to the latest polls, the Democrats who rate national security a key concern has shrunk to a percentage bordering on the statistically irrelevant. Independents display a similar been there, done that attitude. Republicans do express significantly greater levels of alarm, but far lower than a year or two ago.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In fact, the politics of fear may now be operating in reverse. The chronic belligerence of the Bush administration, especially in the last year with respect to Iran, and the cartoonish saber-rattling of Republican presidential candidates (whether genuine or because they believe themselves captives of the Bush legacy) is scary. Its only promise seems to be endless war for purposes few understand or are ready to salute. To paraphrase Franklin Delano Roosevelt, for many people now, the only thing to fear is the politics of fear itself.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La seule chose dont il faut avoir peur est la peur elle-m\u00eame<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The only thing to fear is the politics of fear itself<\/em>, disait FDR le 5 mars 1933. Cette exhortation fameuse faite lors de l&rsquo; inauguration du nouveau pr\u00e9sident US pour d\u00e9cr\u00e9ter la mobilisation contre la Grande D\u00e9pression est compl\u00e8tement caract\u00e9ristique de notre temps. Toutes nos politiques sont aujourd&rsquo;hui bas\u00e9es sur une agressivit\u00e9 n\u00e9e de la peur qui est la caract\u00e9ristique psychologique centrale de l&rsquo;Occident. (De ce point de vue, un parmi d&rsquo;autres, l&rsquo;am\u00e9ricanisation est une r\u00e9ussite compl\u00e8te.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes encalmin\u00e9s dans notre peur et ne cessons de produire des politiques qui se d\u00e9duisent automatiquement de cette affection, de cette pathologie psychologique. Le r\u00e9sultat est de plus en plus g\u00e9n\u00e9ral, comme identifi\u00e9 plus haut par Fraser: un effet-<em>blowback<\/em> qui cr\u00e9e des crises sans aucune n\u00e9cessit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on applique un rem\u00e8de de force pour r\u00e9soudre une crise qui n&rsquo;existe pas. Le cas des anti-missiles US en Europe, les syst\u00e8mes BMDE, est lumineux \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa description de cette politique de la peur faussement identifi\u00e9e comme une politique de force malgr\u00e9 qu&rsquo;elle se manifeste comme une politique de force est la mise en \u00e9vidence d&rsquo;une crise fondamentale de nos conceptions, voire du moteur de nos conceptions. C&rsquo;est la mise en \u00e9vidence de la pathologie de la psychologie occidentale.<\/p>\n<h3>Le fondement de notre \u00e9trange politique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi nous proposons comme poursuite de cette analyse qui doit \u00eatre vue ainsi comme une introduction <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4736\" class=\"gen\">deux textes<\/a> sur les conceptions de Guglielmo Ferrero, c&rsquo;est parce que nous consid\u00e9rons ces conceptions comme exceptionnellement actuelles. Notre appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale de la marche \u00e0 la puissance des USA, de la tentative imp\u00e9riale de cette plus grande puissance que la terre ait jamais port\u00e9 a, \u00e0 notre sens, comme fondement psychologique fondamental, la peur. Tout le reste,  la cupidit\u00e9, la vanit\u00e9, le complexe de sup\u00e9riorit\u00e9,  ne sont qu&rsquo;assez peu de chose \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette peur essentiellement puritaine d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, caract\u00e9ristique de l&rsquo;esprit bourgeois et anti-aristocratique (absence du sens du sacrifice) de l&rsquo;autre, caract\u00e9risant la civilisation am\u00e9ricaniste d\u00e8s son origine. Cette peur, rejoignant la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la m\u00e9thodologie politique europ\u00e9enne \u00e0 partir de 1789 que d\u00e9crit Ferrero, est devenue la marque de la modernit\u00e9. Le ph\u00e9nom\u00e8ne  montre que l&rsquo;am\u00e9ricanisme, malgr\u00e9 ses sp\u00e9cificit\u00e9s puissantes, n&rsquo;en est pas moins devenu partie int\u00e9grante sinon avant-garde de la modernit\u00e9,  son arch\u00e9type un peu extr\u00eame si l&rsquo;on veut, finalement destin\u00e9 \u00e0 devenir l&rsquo;arch\u00e9type de cette \u00e9trange mod\u00e9ration qui s&rsquo;est d\u00e9sormais install\u00e9 dans l&rsquo;extr\u00e9misme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFerrero caract\u00e9rise la naissance de la peur devenue essence de la politique dans l&rsquo;esprit d&rsquo;aventure qui s&rsquo;est empar\u00e9 de la politique europ\u00e9enne \u00e0 partir de 1789 (jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;interruption momentan\u00e9e de la p\u00e9riode en 1814-1815 par l&rsquo;intervention de quelques esprits puissants comme Talleyrand,  opposant \u00e0 l&rsquo;esprit d&rsquo;aventure l&rsquo;esprit de la reconstruction). Bonaparte est l&rsquo;arch\u00e9type de l&rsquo;esprit d&rsquo;aventure (ce qui ne met pas en cause son \u00e9ventuel g\u00e9nie mais l&rsquo;orientation que sa psychologie a donn\u00e9e \u00e0 ce g\u00e9nie). Il est l&rsquo;homme de la R\u00e9volution transfigur\u00e9 en guerrier et menant sa campagne d&rsquo;Italie,  plus selon les consignes du Directoire que selon son g\u00e9nie propre, selon Ferrero,  pour exprimer la peur qui s&rsquo;est empar\u00e9e de la politique en une politique de violence et de guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;encha\u00eenement \u00e9tait n\u00e9, vers la transformation paradoxale de la d\u00e9finition de la politique mod\u00e9r\u00e9e par la dynamique de la mont\u00e9e aux extr\u00eames. Plus vous \u00eates prudent, plus vous \u00eates mesur\u00e9, plus votre peur est grande et plus la violence extr\u00eame est la seule voie <strong>raisonnable<\/strong>  de montrer cette mesure et cette prudence. La puissance des moyens de r\u00e9pandre la violence r\u00e9pond \u00e0 cette <strong>prudence<\/strong> d&rsquo;\u00eatre extr\u00e9miste. La civilisation est au terme. Le sens renvers\u00e9 est devenu absence de sens, la puissance extr\u00eame et d\u00e9pourvue de sens est devenue violence insens\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[<strong>Les deux textes qu&rsquo;introduisent cette analyse sont les rubriques<\/strong> <strong><em>Analyse<\/em><\/strong> <strong>de notre Lettre d&rsquo;Analyse<\/strong> <strong><em>dd&#038;e<\/em><\/strong><strong>, Volume 23, n\u00b005 et n\u00b006, 10 novembre et 25 novembre 2007. On les trouvera dans la rubrique<\/strong> <strong><em>de defensa<\/em><\/strong> <B>du site, \u00e0 la date du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4736\" class=\"gen\">19 d\u00e9cembre 2007<\/a>.]<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ferrero, nous et la politique de la peur Dans cette rubrique Analyse, nous voudrions \u00e0 la fois pr\u00e9senter deux textes compl\u00e9mentaires publi\u00e9s dans notre Lettre d&rsquo;Analyse de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie (dd&#038;e) et mis en ligne ce 19 d\u00e9cembre dans notre rubrique de defensa, et les mettre en corr\u00e9lation avec les \u00e9v\u00e9nements n\u00e9s avec la publication&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[5963,7311,2631,2782,3318,2645,5085,5030,4607],"class_list":["post-69521","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-5963","tag-bonaparte","tag-de","tag-ferrero","tag-force","tag-guerre","tag-nie","tag-peur","tag-politique"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69521","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69521"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69521\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69521"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69521"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69521"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}