{"id":69535,"date":"2007-12-24T00:00:00","date_gmt":"2007-12-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/12\/24\/bonne-annee-camarade-of-the-year\/"},"modified":"2007-12-24T00:00:00","modified_gmt":"2007-12-24T00:00:00","slug":"bonne-annee-camarade-of-the-year","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/12\/24\/bonne-annee-camarade-of-the-year\/","title":{"rendered":"<strong><em>Bonne ann\u00e9e, \u201ccamarade of the Year\u201d<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Bonne ann\u00e9e, camarade <strong><em>of the Year<\/em><\/strong><\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t24 d\u00e9cembre 2007  Certains ont \u00e9t\u00e9 prompts \u00e0 voir dans la chose le dernier coup en date du KGB et de l&rsquo;ennemi n\u00b01 de la d\u00e9mocratie triomphante. C&rsquo;est une fa\u00e7on de ne pas rompre ses racines (avec le raisonnement type Guerre froide, hyst\u00e9rie prolong\u00e9e); la d\u00e9marche est honorable m\u00eame si le r\u00e9sultat est douteux. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et hors du cadre de r\u00e9f\u00e9rence de la Guerre froide, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement,  car c&rsquo;en est un que Poutine soit MI>Person of the Year<D> de <em>Time Magazine<\/em> dans les conditions et les circonstances o\u00f9 il l&rsquo;est,  est salu\u00e9 comme d&rsquo;importance, m\u00eame par ceux qui ne sont pas pr\u00e9cis\u00e9ment des admirateurs de Poutine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVladimir Poutine est <em>Person of the Year<\/em> (2007) de <em>Time Magazine<\/em> ce 22 d\u00e9cembre, avec une vid\u00e9o d&rsquo;extraits d&rsquo;une <a href=\"http:\/\/www.time.com\/time\/specials\/2007\/personoftheyear\/article\/0,28804,1690753_1691763,00.html\" class=\"gen\">interview<\/a> de trois heures et demie dans la <em>datcha<\/em> du pr\u00e9sident russe pr\u00e8s de Moscou, et quelques articles, dont le juste nomm\u00e9 <em>A Tsar is Born<\/em>, sur <a href=\"http:\/\/www.time.com\/time\/specials\/2007\/personoftheyear\/article\/0,28804,1690753_1690757_1690766,00.html\" class=\"gen\">le personnage<\/a>, sa psychologie et sa vision politique. L&rsquo;ensemble d&rsquo;informations accompagnant la nomination est consid\u00e9r\u00e9 comme aussi important que cette nomination. Dans les conditions et les circonstances actuelles, o\u00f9 l&rsquo;hostilit\u00e9 visc\u00e9rale \u00e0 Poutine, surtout aux USA et dans l&rsquo;<em>intelligentsia<\/em> transatlantique, est exacerb\u00e9e, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement journalistique et symbolique a de l&rsquo;importance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes articles et analyses de <em>Time<\/em> sur Poutine rendent compte d&rsquo;un personnage dot\u00e9 d&rsquo;une forte conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 du redressement de la Russie, de l&rsquo;affirmation russe, d&rsquo;une perception souverainiste de la politique russe, etc. L&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.time.com\/time\/specials\/2007\/personoftheyear\/article\/0,28804,1690753_1690757,00.html\" class=\"gen\">explication<\/a> de <em>Time<\/em> pour la d\u00e9signation de Poutine comme <em>Person of the Year<\/em> est int\u00e9ressante:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>TIME&rsquo;s Person of the Year is not and never has been an honor. It is not an endorsement. It is not a popularity contest. At its best, it is a clear-eyed recognition of the world as it is and of the most powerful individuals and forces shaping that worldfor better or for worse. It is ultimately about leadershipbold, earth-changing leadership. Putin is not a boy scout. He is not a democrat in any way that the West would define it. He is not a paragon of free speech. He stands, above all, for stabilitystability before freedom, stability before choice, stability in a country that has hardly seen it for a hundred years. Whether he becomes more like the man for whom his grandfather prepared bliniswho himself was twice TIME&rsquo;s Person of the Yearor like Peter the Great, the historical figure he most admires; whether he proves to be a reformer or an autocrat who takes Russia back to an era of repressionthis we will know only over the next decade. At significant cost to the principles and ideas that free nations prize, he has performed an extraordinary feat of leadership in imposing stability on a nation that has rarely known it and brought Russia back to the table of world power. For that reason, Vladimir Putin is TIME&rsquo;s 2007 Person of the Year.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est int\u00e9ressant de mettre en parall\u00e8le avec ces divers constats quelques remarques de Jean-Marie Chauvier, \u00e0 partir d&rsquo;un article mis en ligne sur <em>MichelCollon.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.michelcollon.info\/articles.php?dateaccess=2007-12-15%2017:29:38&#038;log=invites#\" class=\"gen\">15 d\u00e9cembre<\/a>. L&rsquo;article, datant du 8 d\u00e9cembre, commente les \u00e9lections l\u00e9gislatives du d\u00e9but du mois en Russie. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ces commentaires (qui reprend \u00e9galement une analyse de Jacques Sapir) est de pr\u00e9senter une appr\u00e9ciation synth\u00e9tique des grands courants qui caract\u00e9risent la situation politique en Russie aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est une appr\u00e9ciation de la situation qui fixe la r\u00e9alit\u00e9 des enjeux par l&rsquo;identification pr\u00e9cise des grandes forces en action.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Des analystes plus rationnels voient l&rsquo;av\u00e8nement en Russie d&rsquo;un r\u00e9gime de parti dominant, \u00e0 l&rsquo;instar du Parti lib\u00e9ral japonais au pouvoir de 1945 \u00e0 2000. C&rsquo;\u00e9tait, il y a plus d&rsquo;un an d\u00e9j\u00e0, l&rsquo;exemple cit\u00e9 par le politologue Andranik Migranian, proche du Kremlin. D&rsquo;autres citent les exemples de Ta\u00efwan, du Mexique, de la Turquie, de la Cor\u00e9e du Sud comme autant de cas historiques de r\u00e9gimes forts au service de la construction du capitalismemenant \u00e0 la d\u00e9mocratie.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>On est loin du totalitarisme notent plusieurs observateurs peu favorables \u00e0 Poutine, mais soucieux de mod\u00e9ration.  Le sp\u00e9cialiste fran\u00e7ais Jean-Robert Raviot parle de d\u00e9mocratie non comp\u00e9titive.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mais il est \u00e9galement convenu que la majorit\u00e9 de la population est en demande d&rsquo;un r\u00e9gime fort, ramenant plus d&rsquo;ordre et de s\u00e9curit\u00e9, de protection sociale de la part de l&rsquo;Etat. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un p\u00e8re de la nation, assurant la stabilit\u00e9, a \u00e9galement fait son chemin.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<MI>A voir les jeunes criant Poutine! Poutine!, note la <em>Nova\u00efa Gazeta<\/em>, il faut croire que le culte du chef, en Russie, est inscrit dans les g\u00e8nes.<D> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mais les enjeux sont parfois pr\u00e9sent\u00e9s sous un autre angle, comme en t\u00e9moigne l&rsquo;analyse d&rsquo;un \u00e9conomiste fran\u00e7ais tr\u00e8s au fait des d\u00e9bats russes au sommet, Jacques Sapir D&rsquo;apr\u00e8s lui, la politique russe s&rsquo;\u00e9loignerait du lib\u00e9ralisme:<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le remaniement minist\u00e9riel de f\u00e9vrier 2007, qui a vu le ministre de la D\u00e9fense, Sergue\u00ef Ivanov, \u00eatre promu au poste de premier vice-premier ministre, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un symbole important de ce mouvement. Sergue\u00ef Ivanov est en effet parmi les dirigeants russes celui qui peut passer pour le plus engag\u00e9 en faveur d&rsquo;une politique industrielle active. Le r\u00e9cent d\u00e9part du gouvernement de German Gref, un des derniers ministres lib\u00e9raux&rsquo;, est encore un signe de la coh\u00e9rence qu&rsquo;a d\u00e9sormais acquise la politique \u00e9conomique russe.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Ce processus n&rsquo;est pas circonscrit au cercle gouvernemental restreint. Il s&rsquo;inscrit dans le cadre global d&rsquo;une \u00e9volution qui voit l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9lite politique et \u00e9conomique russe se rallier \u00e0 des conceptions interventionnistes et qui se traduit par la mont\u00e9e d&rsquo;une forme de patriotisme \u00e9conomique&rsquo;. Aujourd&rsquo;hui, des notions comme la politique industrielle, la n\u00e9cessaire pr\u00e9sence d&rsquo;un secteur public ou le protectionnisme ne font plus clivage entre ceux que l&rsquo;on appelle les lib\u00e9raux&rsquo; et les interventionnistes&rsquo;.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Ce volontarisme russe s&rsquo;est traduit par un double mouvement de r\u00e9affirmation de l&rsquo;\u00c9tat dans l&rsquo;\u00e9conomie et de re-concentration des activit\u00e9s. Dans les faits, on a vu appara\u00eetre une organisation de l&rsquo;\u00e9conomie autour de trois secteurs dans lesquels le r\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat est diff\u00e9renci\u00e9:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> un secteur prioritaire, celui de l&rsquo;\u00e9nergie et des mati\u00e8res premi\u00e8res qui doit \u00eatre \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9 par l&rsquo;\u00c9tat;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> un secteur des industries strat\u00e9giques qui se d\u00e9finit dans une logique de diversification o\u00f9 l&rsquo;entr\u00e9e des acteurs \u00e9trangers est possible et m\u00eame souhait\u00e9e, comme c&rsquo;est le cas pour la production automobile;<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> un secteur des autres industries o\u00f9 l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;intervient que pour faire respecter la l\u00e9gislation commune.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La diversification de l&rsquo;\u00e9conomie est devenue un axe strat\u00e9gique de la politique \u00e9conomique, justifi\u00e9 par un risque de d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des mati\u00e8res premi\u00e8res. Cet objectif a \u00e9t\u00e9 repris par Alexandre Chokhine, le pr\u00e9sident de l&rsquo;Union des industriels et des entrepreneurs de Russie (le RSPP), qui appelle \u00e0 la mobilisation d&rsquo;une partie des moyens du fonds de stabilisation et la mise en place de ce qu&rsquo;il qualifie de protectionnisme raisonnable&rsquo;.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L&rsquo;analyse de Sapir montre qu&rsquo;il y a au moins deux approches de l&rsquo;\u00e9volution russe, tant en Occident qu&rsquo;en Russie, et tant \u00e0 droite qu&rsquo;\u00e0 gauche. L&rsquo;une voit surtout l&rsquo;aspect autoritaire et se retrouve sur une ligne de d\u00e9fense des libert\u00e9s qui est celle des lib\u00e9raux et des oligarques d\u00e9chus par Poutine, des mouvements de Droits de l&rsquo;Homme anim\u00e9s en Russie par des militants en vue du lib\u00e9ralisme des ann\u00e9es 90.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L&rsquo;autre retient davantage les choix strat\u00e9giques de d\u00e9veloppement interne et de relations internationales. Sur ce terrain, la ligne souverainiste qu&rsquo;adopterait Poutine s&rsquo;\u00e9loigne forc\u00e9ment des conceptions n\u00e9olib\u00e9rales (au sens de ce terme chez nous), des recommandations (pass\u00e9es) du FMI et des exigences pos\u00e9es par les Etats-Unis, tant \u00e0 l&rsquo;adh\u00e9sion de la Russie \u00e0 l&rsquo;OMC qu&rsquo;\u00e0 son acceptation dans la communaut\u00e9 internationale en tant que pays v\u00e9ritablement d\u00e9mocratique.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb[La premi\u00e8re approche]<em>, celle des lib\u00e9raux russes et du plus large spectre de l&rsquo;opinion occidentale  allant de l&rsquo;administration Bush et \u00e0 la gauche europ\u00e9enne y compris radicale  voit dans le r\u00e9gime poutinien une nouvelle dictature en puissance, obs\u00e9d\u00e9e par le complexe de l&rsquo;encerclement, et d\u00e8s lors un pays qui, dot\u00e9 des armes nucl\u00e9aire et \u00e9nerg\u00e9tique, menace l&rsquo;Union Europ\u00e9enne et la paix internationale.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb[La deuxi\u00e8me approche]<em>, d\u00e9bouche sur un parti-pris politique en faveur de Poutine, consid\u00e9r\u00e9 comme alternative \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monisme am\u00e9ricain, voire davantage selon Sapir: la Russie redevient dans les faits une alternative cr\u00e9dible en mati\u00e8re de strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et industriel.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Destins de Poutine et de la Russie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi l&rsquo;interview de Poutine a-t-il particuli\u00e8rement impressionn\u00e9 nombre d&rsquo;observateurs, notamment, comme nous en avons eu l&rsquo;\u00e9cho, dans certaines bureaucraties europ\u00e9ennes qui sont d&rsquo;habitude et dans le courant de leur travail politique dans une posture critique souvent hostile vis-\u00e0-vis de Poutine (de la Russie)? Parce que le pr\u00e9sident russe exprime avec force le sens d&rsquo;une politique \u00e0 partir de r\u00e9f\u00e9rences historiques elles-m\u00eames tr\u00e8s fortes. <em>Time<\/em> a raison de nous dire que Poutine \u00ab<em> is not a boy scout <\/em>[] <em>not a democrat in any way that the West would define it <\/em>[] <em>not a paragon of free speech<\/em>\u00bb. Mais il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;essentiel: lancer un travail de restructuration, de re-stabilisation d&rsquo;un immense pays totalement plong\u00e9 dans le chaos par l&rsquo;infamie communiste multipli\u00e9e par son double capitaliste de la p\u00e9riode des ann\u00e9es 1990,  double infamie dont l&rsquo;effet est la d\u00e9structuration, le d\u00e9sordre nihiliste,  le pire ennemi imm\u00e9morial de l&rsquo;immense Russie. Il l&rsquo;a fait par la seule voie acceptable, la r\u00e9affirmation historique de la puissance russe, par l&rsquo;affirmation de l&rsquo;Etat appuy\u00e9 sur la souverainet\u00e9. C&rsquo;est pour cette raison que Sapir parle justement de souverainisme, mot mis \u00e0 toutes les sauces selon les circonstances mais qui garde sans aucun doute sa puissance \u00e0 cause de ses racines tremp\u00e9es au fondement de l&rsquo;id\u00e9e de la nation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon ce point de vue, il n&rsquo;est pas s\u00fbr qu&rsquo;il importe essentiellement que Poutine soit un personnage vertueux, moral si l&rsquo;on veut (mais le mot au sens moderniste du terme). L&rsquo;Histoire est faite de grands personnages dont l&rsquo;un ou l&rsquo;autre caract\u00e8re essentiel est d\u00e9fini par l&rsquo;immoralit\u00e9 ou l&rsquo;amoralit\u00e9 selon les conventions et le conformisme du temps, y compris la corruption et l&rsquo;accusation de corruption (Talleyrand, certes). La question pos\u00e9e derri\u00e8re ce terme (corruption) est devenue toute diff\u00e9rente dans notre \u00e9poque et mesure bien la relativit\u00e9 du jugement \u00e0 cet \u00e9gard. Elle est de savoir ce qui importe le plus, entre la corruption v\u00e9nale dont il est difficile de fixer les bornes, et la corruption psychologique qui existe avec ou sans la corruption v\u00e9nale, qui repr\u00e9sente une pens\u00e9e politique r\u00e9duite \u00e0 l&rsquo;acquiescement aveugle, empress\u00e9 ou cynique au conformisme id\u00e9ologique d&rsquo;une \u00e9poque nihiliste et catastrophique. (Voir notre parall\u00e8le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4331\" class=\"gen\">Talleyrand-Prince Bandar<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes trois prochains mois seront difficiles pour la Russie, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Les accusations, les mises en cause et les entreprises de d\u00e9stabilisation volent bas, et Poutine est une cible r\u00eav\u00e9e. Un accident peut arriver en Russie, sous la forme d&rsquo;interventions violentes, de soubresauts interrompant le processus en cours. Nous ne devrions pas trop le souhaiter, y compris les publicistes moralistes droit-de-l&rsquo;hommistes, tant une Russie menac\u00e9e \u00e0 nouveau de d\u00e9sordre constituerait un facteur formidable de d\u00e9stabilisation de ce qui reste des lambeaux de relations internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, en suivant l&rsquo;hypoth\u00e8se tout de m\u00eame la plus probable du processus de succession-continuit\u00e9 de Poutine sous la forme de l&rsquo;\u00e9lection de la paire Medvedev-Poutine (pr\u00e9sident-Premier ministre), il faut r\u00e9aliser que l&rsquo;\u00e9lection de mars 2008 sera une date importante parce qu&rsquo;elle constituera du point de vue de la perception une officialisation du nouveau statut de la Russie. Cette position ainsi marqu\u00e9e par un \u00e9v\u00e9nement politique devenu symbolique constituera un formidable d\u00e9fi et un \u00e9norme enjeu pour l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJusqu&rsquo;ici, l&rsquo;Europe institutionnelle s&rsquo;est content\u00e9e d&rsquo;\u00eatre \u00e9gale \u00e0 elle-m\u00eame: conformiste, aveugle, nihiliste et attentive aux publicistes moralistes droit-de-l&rsquo;hommistes. Ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, elle a cochonn\u00e9 ses relations avec la Russie. D\u00e9sormais, elle n&rsquo;a plus l&rsquo;excuse polonaise, les jumeaux \u00e9tant divis\u00e9s en deux et quasiment neutralis\u00e9s, au profit d&rsquo;un Tusk qui veut <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4659\" class=\"gen\">mettre en place<\/a> une politique russe constructive. Cette Russie stabilis\u00e9e et restaur\u00e9e dans sa puissance posera \u00e0 l&rsquo;UE un probl\u00e8me particuli\u00e8rement d\u00e9licat. Il faudra bien que l&rsquo;Europe sorte du bois pour ce qui concerne les relations avec la Russie, qu&rsquo;elle fasse la part entre l&rsquo;accessoire et l&rsquo;essentiel, qu&rsquo;elle prenne le risque inhabituel d&rsquo;une grande politique en choisissant l&rsquo;essentiel ou qu&rsquo;elle assume les cons\u00e9quences d&rsquo;une confirmation de sa vassalisation terroris\u00e9e \u00e0 l&rsquo;accessoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonne ann\u00e9e, camarade of the Year 24 d\u00e9cembre 2007 Certains ont \u00e9t\u00e9 prompts \u00e0 voir dans la chose le dernier coup en date du KGB et de l&rsquo;ennemi n\u00b01 de la d\u00e9mocratie triomphante. C&rsquo;est une fa\u00e7on de ne pas rompre ses racines (avec le raisonnement type Guerre froide, hyst\u00e9rie prolong\u00e9e); la d\u00e9marche est honorable m\u00eame&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1463,398,916,2730,5258],"class_list":["post-69535","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-commission","tag-europe","tag-poutine","tag-russie","tag-time"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69535","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69535"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69535\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69535"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69535"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69535"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}