{"id":69550,"date":"2007-12-29T00:00:00","date_gmt":"2007-12-29T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/12\/29\/la-crise-des-f-15-une-crise-usaf\/"},"modified":"2007-12-29T00:00:00","modified_gmt":"2007-12-29T00:00:00","slug":"la-crise-des-f-15-une-crise-usaf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2007\/12\/29\/la-crise-des-f-15-une-crise-usaf\/","title":{"rendered":"La crise des F-15, une crise US(AF)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">La crise des F-15, une crise US(AF)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous pr\u00e9sentons dans cette rubrique <em>Analyse<\/em> le texte fran\u00e7ais de la rubrique <em>To The Point<\/em> du n&deg;111 de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>Context<\/em>, publi\u00e9 en anglais&hellip; \u00ab\u00a0Publi\u00e9 en anglais\u00a0\u00bb, justement, voil\u00e0 un aspect important du commentaire dont nous jugeons n\u00e9cessaire qu&rsquo;il introduise le texte de cette rubrique. En fait, deux arguments imposent plus que d&rsquo;habitude cette publication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le premier argument est assez simple. Cette analyse correspond effectivement \u00e0 une crise bien r\u00e9elle, qui se manifeste chaque jour. On peut le lire dans notre rubrique <em>Bloc-Notes<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4774\">28 d\u00e9vembre 2007<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le second est plus fondamental et plus important pour nous. Ce n&deg;111 de <em>Context<\/em> ne sera jamais imprim\u00e9. Il sera tr\u00e8s prochainement mis en ligne (bien s&ucirc;r, version compl\u00e8te du num\u00e9ro , \u00e0 la diff\u00e9rence de l&rsquo;analyse qui reprend seulement <em>To The Point<\/em>) sur un site compl\u00e9mentraire de notre site, en version aglaise et en version fran\u00e7aise. Ce site mettra ensuite en ligne (acc\u00e8s payant) <em>Context<\/em> devenu <em>Contexte<\/em>, donc en version fran\u00e7aise et r\u00e9duit \u00e0 la formule \u00e9ditorial-rubrique <em>To The Point<\/em>. Bien entendu, nous vous parlerons de cette \u00e9volution prochaine, &ndash; l&rsquo;une parmi d&rsquo;autres, &ndash; qui vous attend en 2008.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici donc <em>To The Point<\/em> (<em>Context<\/em> n&deg;111), version fran\u00e7aise, de <em>Contexte<\/em>, bient\u00f4t en ligne sur notre site<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La crise des F-15<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le 2 novembre 2007, un F-15C de la Missouri Air National Guard s&rsquo;est \u00e9cras\u00e9. L&rsquo;accident en lui-m\u00eame n&rsquo;est pas exceptionnel mais sa cause l&rsquo;est. Apr\u00e8s les premiers constats, l&rsquo;USAF d\u00e9cr\u00e9ta l&rsquo;immobilisation de 700 F-15 du mod\u00e8le C. Il semble effectivement que l&rsquo;accident \u00e9tait d&ucirc; \u00e0 une fatigue structurelle de l&rsquo;avion, &ndash; autrement dit, son \u00e2ge. Avant m\u00eame que les causes de l&rsquo;accident aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es, l&rsquo;alerte fut sonn\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le 6 novembre, on annon\u00e7ait que les F-15 interrompaient momentan\u00e9ment leurs op\u00e9rations en Afghanistan. Le m\u00eame jour, le d\u00e9put\u00e9 John Murtha, pr\u00e9sident de la sous-commission des forces arm\u00e9es de la Chambre charg\u00e9e des appropriations annon\u00e7ait qu&rsquo;il jugeait comme acquis que de nouveaux F-22, en plus des 183 en production, seraient command\u00e9s pour acc\u00e9l\u00e9rer la modernisation de l&rsquo;Air Force. La raison donn\u00e9e en \u00e9tait la n\u00e9cessit\u00e9 de modernisation de l&rsquo;USAF devant le vieillissement du mat\u00e9riel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deux semaines plus tard, les F-15 \u00e9taient \u00e0 nouveau autoris\u00e9s \u00e0 voler. Mais deux semaines plus tard encore, le 28 novembre, l&rsquo;Air Combat Combat (ACC) de l&rsquo;USAF annon\u00e7ait une nouvelle mesure de suspension de vol s\u00e9lective portant sur tous les mod\u00e8les F-15A, B, C et D (mod\u00e8les produits entre 1975 et 1995). Le communiqu\u00e9 de l&rsquo;ACC du 28 November expliquait :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0<em>For the second time this month, the commander of Air Combat Command has directed a fleet-wide inspection of all ACC F-15 A through D model aircraft.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The directive follows yesterday&rsquo;s findings stemming from the investigation of an F-15C mishap that resulted in the loss of that aircraft on 2 November. Based on those new findings, all F-15 A through D models will undergo a stand down that will require additional inspections and possible repair actions.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il se confirmait ainsi que le probl\u00e8me \u00e9tait identifi\u00e9 comme pouvant \u00eatre s\u00e9rieux. Le communiqu\u00e9 pr\u00e9cisait, \u00e0 propos des probl\u00e8mes identifi\u00e9s: &laquo;<em>These findings, based on a metallurgical analysis of the mishap aircraft, have drawn attention to the F-15&rsquo;s upper longerons near the canopy of the aircraft that appear to have cracked and failed.<\/em>&raquo; Et, plus loin encore, ces remarques qui semblaient insister particuli\u00e8rement sur la potentielle gravit\u00e9 de l&rsquo;incident: &laquo;<em>Manufacturer simulations have indicated a catastrophic failure could result in this particular area.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les pr\u00e9cisions donn\u00e9es sont remarquables, la potentialit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e des accidents \u00e9galement. L&rsquo;USAF ne veut rien dissimuler et annon\u00e7ait d\u00e8s la fin novembre un programme complet de r\u00e9vision et de v\u00e9rification des F-15. Chaque avion devrait, \u00e0 tour de r\u00f4le, subir une inspection minutieuse pour d\u00e9terminer s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas, effectivement, de probl\u00e8mes structurels, notamment &laquo;<em>to the F-15&rsquo;s upper longerons near the canopy<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La chose est de toutes les fa\u00e7ons \u00e9videntes : certains F-15, qui ont entre 25 et 30 ans d&rsquo;\u00e2ge, pourraient tr\u00e8s bien s&rsquo;approcher du terme de leur vie op\u00e9rationnelle normale, au-del\u00e0 duquel des risques (et des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires) existent. C&rsquo;est un probl\u00e8me capital. Le F-15 est l&rsquo;avion de premi\u00e8re ligne de l&rsquo;USAF.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Une op\u00e9ration de RP?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s caract\u00e9ristique, les premi\u00e8res nouvelles de la d\u00e9cision de maintenir au sol la flotte amen\u00e8rent, apr\u00e8s quelques jours de r\u00e9flexion, certains commentaires l\u00e9g\u00e8rement sceptiques. Le 12 November, <em>Aviation Week &#038; Space Technology<\/em> (AW&#038;ST) remarquait \u00e0 ce propos: &laquo;<em>USAF and industry officials say fleet groundings sometimes occur every few months for various safety issues. They say senior USAF leadership is using this grounding to push for a larger F-22 force. And while USAF was grounding its F-15s, military officials briefing an international fighter conference in London said that the F-15Cs wouldn&rsquo;t be retired until 2025-30, and that the F-15E will serve beyond 2035. \u00ab\u00a0The accident in Missouri could be unique to that [one] aircraft,\u00a0\u00bb a veteran F-15 squadron commander says. \u00ab\u00a0And if it&rsquo;s not, there are lots of fixes you can make to keep them flying. The pitch for more F-22s is what&rsquo;s going on.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;argument trouvait d&rsquo;autant plus de cr\u00e9dit que l&rsquo;intervention de Murtha du 6 novembre annon\u00e7ant que l&rsquo;USAF recevrait plus de F-22 que les 183 encore officiellement pr\u00e9vus s&rsquo;appuyait sur l&rsquo;argument de la n\u00e9cessit\u00e9 de la modernisation de l&rsquo;USAF, notamment \u00e0 partir de la r\u00e9f\u00e9rence de l&rsquo;accident du F-15 et de la d\u00e9cision de l&rsquo;USAF d&rsquo;immobilisation d&rsquo;une partie de la flotte. Le 26 novembre, le sp\u00e9cialiste des questions a\u00e9rospatiales, tr\u00e8s proche de l&rsquo;USAF et de l&rsquo;industrie, Richard Aboulafia du Fairfax Group, cit\u00e9 par <em>Defense News<\/em>, d\u00e9veloppait une appr\u00e9ciation critique des arguments d\u00e9velopp\u00e9s pour que l&rsquo;USAF re\u00e7oive plus de F-22 (parmi les raisons cit\u00e9es: le d\u00e9veloppement de chasseurs de m\u00eame cat\u00e9gorie russe et chinois), d&rsquo;o&ugrave; il ressortait que le sort du F-15 \u00e9tait en fait la seule raison s\u00e9rieuse:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0Individually, the cited reasons to buy more F-22s aren&rsquo;t especially compelling, Aboulafia said. It will take Russia and India years of effort and billions of rubles and rupees to develop a rival to the F-22 &mdash; if they can,\u00a0\u00bb he said. As for the Chinese J-12, \u00ab\u00a0Nothing about it is scary,\u00a0\u00bb he said. If more F-15s fall out of the sky, that&rsquo;s \u00ab\u00a0a more compelling reason\u00a0\u00bb to increase F-22 production, he said.<\/em>&raquo; Deux jours apr\u00e8s ces d\u00e9clarations d&rsquo;Aboulafia, une seconde d\u00e9cision d&rsquo;immobilisation s\u00e9lective de la flotte de F-15 \u00e9tait prise par l&rsquo;USAF.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Y a-t-il une op\u00e9ration de RP (Relations Publiques) derri\u00e8re les d\u00e9cisions de l&rsquo;USAF? Les pr\u00e9cisions donn\u00e9es dans l&rsquo;article de AW&#038;ST sur des F-15 pouvant largement tenir jusqu&rsquo;en 2030 ou 2035 portent \u00e9videmment sur les mod\u00e8les les plus r\u00e9cents, et encore apparaissent-elles l\u00e9g\u00e8rement outranci\u00e8res. Il ne faut pas oublier que le F-15 a \u00e9t\u00e9 largement export\u00e9 (Israel, Japan, South Korea, Singapore, Saudi Arabia&hellip;), qu&rsquo;il pourrait encore esp\u00e9rer int\u00e9resser l&rsquo;un ou l&rsquo;autre client, et qu&rsquo;il s&rsquo;agit de ne pas trop contrecarrer par avance les arguments de vente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, il reste que le F-15 est historiquement un vieil avion et sa cellule s&rsquo;en ressent. (La conception du F-X devenu F-15 date de 1966-69, le premier vol prototype de 1972, l&rsquo;entr\u00e9e en service des mod\u00e8les F-15A\/B de 1974-75.) Il reste \u00e9galement que les premiers mod\u00e8les touch\u00e9s par le vieillissement sont les versions sp\u00e9cialis\u00e9es dans la d\u00e9fense et la sup\u00e9riorit\u00e9 a\u00e9riennes, ce que l&rsquo;USAF nomme \u00ab\u00a0Air Dominance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Du F-22 au F-35<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>A la lumi\u00e8re du probl\u00e8me des F-15, qu&rsquo;il soit exag\u00e9r\u00e9 ou pas mais qui existe parce que le temps qui passe est impitoyable, le cas du F-22 appara&icirc;t sous une lumi\u00e8re de plus en plus diff\u00e9rente. Les pol\u00e9miques \u00e0 propos de son co&ucirc;t, de ses probl\u00e8mes techniques, etc., sont de moins en moins \u00e9voqu\u00e9es. L&rsquo;avion est entr\u00e9 en service et profite par cons\u00e9quent d&rsquo;un statut nouveau qui l&rsquo;assimile \u00e0 un avion \u00ab\u00a0normal\u00a0\u00bb. Du coup, la logique op\u00e9rationnelle reprend ses droits et le F-22 r\u00e9pond d\u00e9sormais \u00e0 une logique op\u00e9rationnelle. De ce point de vue, il occupe une place essentielle dans le contexte actuel, o&ugrave; la menace du vieillissement des F-15 appara&icirc;t bien r\u00e9elle. La r\u00e9action de Murtha est tr\u00e8s caract\u00e9ristique : il y aura plus de F-22, annonce-t-il, comme s&rsquo;il ajoutait \u00ab\u00a0puisque les premi\u00e8res tranches de F-15 semblent arriver en bout de vie op\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus de F-22? Combien en plus? On parle de 40 exemplaires de plus assur\u00e9s (en plus des 183) pour les deux prochaines ann\u00e9es mais l&rsquo;USAF tient toujours \u00e0 son exigence pr\u00e9c\u00e9dente (avant la r\u00e9duction \u00e0 183) de 381 exemplaires. Si l&rsquo;on peut \u00e9lever nombre de critiques contre le F-22 et la politique de l&rsquo;USAF ces derni\u00e8res ann\u00e9es, il faut admettre que, dans le contexte actuel, le chiffre de 381, qui permet l&rsquo;\u00e9quipement complet d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;unit\u00e9s structur\u00e9es, est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 un saupoudrage, au gr\u00e9 des budgets, de quelques dizaines de F-22 en plus. C&rsquo;est pourquoi, \u00e0 notre sens, la logique du chiffre 381 (et peut-\u00eatre au-del\u00e0, mais c&rsquo;est une autre histoire) l&#8217;emportera.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le m\u00eame Aboulafia explique, concernant ces F-22 suppl\u00e9mentaires : &laquo;<em>\u00ab\u00a0The F-22&rsquo;s real challenge is going to be its price and the U.S. military&rsquo;s budget for tactical aircraft. The Air Force now spends $3.1 billion a year to buy 20 F-22s annually. But it will only be able to keep that up for a few more years. Then plans call for buying Joint Strike Fighters at a rate of 48 per year or more. It would require a substantial increase in the Air Force&rsquo;s tactical air budget to accommodate both planes. And I don&rsquo;t know anyone who regards procurement<\/em> [spending] <em>as a growth area\u00a0\u00bb for the foreseeable future.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le prudent Aboulafia p\u00e8se ses mots. Il prend garde \u00e0 prot\u00e9ger sa r\u00e9putation de s\u00e9rieux, lui qui n&rsquo;est pas vraiment pro-F-22 (il l&rsquo;est tout de m\u00eame puisque consultant aupr\u00e8s de l&rsquo;USAF), mais qui est plut\u00f4t pro-JSF. Acceptant la logique d\u00e9taill\u00e9e ci-dessus, il soul\u00e8ve le vrai probl\u00e8me qui est budg\u00e9taire : pour les 20-40 F-22 en plus, le probl\u00e8me n&rsquo;est pas impossible \u00e0 r\u00e9soudre, mais au-del\u00e0? Attention, nous dit Aboulafia, pour la troisi\u00e8me ann\u00e9e budg\u00e9taire il faudra choisir entre encore plus de F-22 et le budget annuel du JSF (essais, mise au point, premiers avions de production).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le pauvre JSF (F-35) a beaucoup, beaucoup d&rsquo;ennuis. Celui-ci n&rsquo;est pas pr\u00e9cis\u00e9ment neuf car l&rsquo;on sait depuis longtemps qu&rsquo;il existe une concurrence potentielle entre lui et le F-22. Mais la chose se pr\u00e9cise. On peut avancer sans n\u00e9cessit\u00e9 de sortir sa boule de cristal qu&rsquo;il faudra s&rsquo;attendre \u00e0 un recul suppl\u00e9mentaire de la production du F-35 pour l&rsquo;USAF et \u00e0 une tr\u00e8s s\u00e9rieuse r\u00e9duction de la commande USAF. Aboulafia n&rsquo;en dit pas plus parce qu&rsquo;il y a les pays engag\u00e9s dans le programme JSF qu&rsquo;il ne faut pas d\u00e9courager. Pour le reste, la route est trac\u00e9e&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le F-15 comme sympt\u00f4me de l&rsquo;USAF<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;USAF est dans une situation tr\u00e8s difficile. Actuellement, la moyenne d&rsquo;\u00e2ge de ses avions est de 24 ans, elle sera de 26 ans en 2012. Ses principaux avions de combat (le A-10, le F-15, le F-16) ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre produits dans les ann\u00e9es 1970. Depuis 17 ans, elle est continuellement en action de combat, c&rsquo;est-\u00e0-dire soumise \u00e0 un emploi maximum de ses forces. La modernisation de ses forces de combat devait commencer en 1995; elle commence \u00e0 peine, et au compte-goutte, avec les livraisons de F-22. Le JSF est pr\u00e9vu pour assurer l&rsquo;essentiel de cette modernisation, mais on conna&icirc;t ses probl\u00e8mes. Il ne sera pas op\u00e9rationnel avant 2014 au mieux (et l&rsquo;on sait que ce programme est d\u00e9j\u00e0 coutumier de probl\u00e8mes divers, notamment de d\u00e9lais de d\u00e9veloppement puisqu&rsquo;il a connu un retard de 4 ans depuis 2002). Enfin, les besoins de l&rsquo;USAF sont connus. Dans la situation actuelle (sans prendre en compte d&rsquo;\u00e9ventuelles nouvelles commandes de F-22, comme l&rsquo;annonce Murtha), l&rsquo;USAF est en d\u00e9ficit de $20 milliards par an pour l&rsquo;acquisition, pour les dix prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Air Force <em>Magazine<\/em> r\u00e9sume la situation dans son num\u00e9ro de novembre: &laquo;<em>Today USAF is confronting problems on a scale rarely, if ever, seen since it was officially established on Sept. 18, 1947.<\/em>&raquo; Les divers services sont habitu\u00e9s, au Pentagone, \u00e0 cette sorte d&rsquo;arguments alarmistes pour obtenir des fonds suppl\u00e9mentaires. Cette fois, le jugement est justifi\u00e9. Il est vrai que l&rsquo;USAF n&rsquo;a jamais connu une telle crise. Gav\u00e9e d&rsquo;argent, dans un environnement budg\u00e9taire en pleine expansion, elle se trouve pourtant dans une tr\u00e8s grave situation structurelle. On parle ici des avions de combat puisqu&rsquo;il est question des F-15, mais tous les composants de sa flotte sont affect\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on, en part plus ou moins grande. L&rsquo;USAF affirme que sa priorit\u00e9 des priorit\u00e9s est le remplacement de sa flotte de ravitailleurs en vol <em>Stratotanker<\/em> KC-135, dont la production (autour de 700 exemplaires) s&rsquo;est \u00e9chelonn\u00e9e de 1954 \u00e0 1962.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans toutes ces circonstances, les modernisations ne sont pas une r\u00e9ponse, lorsqu&rsquo;on arrive au point du risque, ou de la faiblesse affich\u00e9e de la fatigue structurelle de l&rsquo;avion affectant la r\u00e9sistance du m\u00e9tal lui-m\u00eame. &laquo;[USAF Secretary Wynne&rsquo;s] <em>\u00ab\u00a0greatest fear\u00a0\u00bb is that the Eisenhower-vintage aircraft will simply start to crash. If that happens, they would either have to be kept flying&mdash;forcing USAF to \u00ab\u00a0essentially accept that risk\u00a0\u00bb&mdash;or be grounded, leaving the nation with only a few dozen 1980s-vintage KC-10s to refuel the nation&rsquo;s air armadas.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le d\u00e9bat est ouvert et l&rsquo;on comprend bien s&ucirc;r que les affirmations diverses trouvent des arguments contraires, pour telle ou telle cat\u00e9gorie d&rsquo;avions. La situation g\u00e9n\u00e9rale, par contre, ne peut \u00eatre d\u00e9ni\u00e9e, par la simple vertu (?) de la comptabilit\u00e9. Il est vrai que l&rsquo;USAF est entr\u00e9e sans aucun doute, comme l&rsquo;\u00e9crit Air Force <em>Magazine<\/em>, dans la plus grave crise de son histoire. Le cas est particuli\u00e8rement \u00e9clairant pour embrasser pr\u00e9cis\u00e9ment le destin de la puissance militaire am\u00e9ricaniste. Il l&rsquo;est d&rsquo;autant plus que l&rsquo;USAF devrait \u00eatre, en principe, la force la moins affect\u00e9e, avec la Navy, par la catastrophe irakienne. Th\u00e9orie, tout cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;USAF comme sympt\u00f4me des USA<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Oui, l&rsquo;USAF est en crise. Si l&rsquo;on consid\u00e8re le volume de ses forces, on a peine \u00e0 croire \u00e0 cette affirmation. Mais ce qui compte, ce sont les missions et les engagements de ces forces. L&rsquo;USAF est engag\u00e9e dans le monde entier, dans de multiples bases et dans de multiples conflits, avec de multiples missions de dissuasion et d&rsquo;engagement. Ce d\u00e9ploiement et cet engagement ne sont pas n\u00e9s du jour au lendemain, par exemple comme une r\u00e9action \u00e0 l&rsquo;attaque du 11 septembre. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une structure fondamentale qui a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre mise en place en 1944-45, avec la victoire en Europe et dans le Pacifique, qui s&rsquo;est construite tout au long de la Guerre froide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agissait moins d&rsquo;une structure \u00e9quivalente \u00e0 la puissance US, ou aux ambitions de la puissance US, qu&rsquo;une structure n\u00e9cessit\u00e9e (selon les \u00e9valuations US) par l&rsquo;existence d&rsquo;une puissance globale et jug\u00e9e mena\u00e7ante. Cette id\u00e9e n&rsquo;a pas surv\u00e9cu \u00e0 la chute de l&rsquo;URSS, sans doute \u00e0 cause de la facilit\u00e9 myst\u00e9rieuse de cette chute, et de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des esprits qui furent charg\u00e9s d&rsquo;en tirer les conclusions. M\u00eame les dirigeants US, &ndash; les dirigeants US les premiers, de la g\u00e9n\u00e9ration Clinton et, dirions-nous, de \u00ab\u00a0l&rsquo;esprit Clinton\u00a0\u00bb, ont vraiment cru que cette puissance \u00e9tait naturelle aux USA. On sent cela dans le mot un peu leste de Madeleine Albright destin\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral Powell, dit en 1993: &laquo;<em>What&rsquo;s the point of having this superb military you&rsquo;re always talking about, if we can&rsquo;t use it?<\/em>&raquo; Pour l'\u00a0\u00bbesprit Clinton\u00a0\u00bb qui s&rsquo;accorde parfaitement \u00e0 la transformation de ces ann\u00e9es-l\u00e0 (le remplacement de la pens\u00e9e politique et strat\u00e9gique par la pens\u00e9e moraliste publicitaire \u00e0 commune aux <em>liberal hawks<\/em>), l&rsquo;essentiel \u00e9tait l&rsquo;affichage de cette puissance, la vision, l&rsquo;image, &ndash; bref, la publicit\u00e9 qu&rsquo;on en pouvait faire. De ce point de vue, il \u00e9tait important de maintenir les structures des forces arm\u00e9es US en l&rsquo;\u00e9tat, ainsi que leurs engagements ext\u00e9rieurs, mais il n&rsquo;\u00e9tait pas question d&rsquo;investir dans des mesures du type modernisation qui permettent de garder les forces et leurs structures en l&rsquo;\u00e9tat. Ces d\u00e9penses-l\u00e0 ne sont pas vraiment \u00ab\u00a0sexy\u00a0\u00bb pour des esprits habitu\u00e9s \u00e0 concevoir l&rsquo;avenir \u00e0 la limite du lendemain ou du surlendemain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Depuis la fin de la Guerre froide, c&rsquo;est toute la puissance US qui vit \u00e0 l&rsquo;heure de cette philosophie-l\u00e0: la satisfaction de l&rsquo;image de l&rsquo;instant, l&rsquo;indiff\u00e9rence pour la programmation des ann\u00e9es, des d\u00e9cennies \u00e0 venir. La chose n&rsquo;aurait pas eu une importance capitale si les \u00e9v\u00e9nements avaient suivi leurs cours comme du temps de Clinton; la chose n&rsquo;aurait pas eu une importance urgente si nous n&rsquo;avions pas \u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9poque post-9\/11, avec les \u00e9v\u00e9nements que l&rsquo;on sait. Ce qui a chang\u00e9 avec le 11 septembre 2001, c&rsquo;est une inflation massive, colossale, des d\u00e9penses de fonctionnement, d&rsquo;entretien, d&rsquo;utilisation en temps de guerre, avec une augmentation \u00e9galement massive et colossale des d\u00e9penses accessoires qui deviennent presque substantielles (contrats ext\u00e9rieurs, intervention du secteur priv\u00e9, \u00ab\u00a0reconstruction\u00a0\u00bb, corruption, gaspillage, etc.). D&rsquo;autre part, les co&ucirc;ts des mat\u00e9riels en d\u00e9veloppement ont \u00e9galement suivi leur tendance naturelle \u00e0 l&rsquo;inflation, avec l&rsquo;habituelle surcharge en technologies, multipli\u00e9e par les m\u00e9thodes post-9\/11 (notamment l&rsquo;appel au priv\u00e9 pour la gestion des programmes). Ces \u00e9normes pressions nouvelles ont submerg\u00e9 le Pentagone qui, malgr\u00e9 un budget \u00e9galement en augmentation radicale, ne parvient plus \u00e0 faire face \u00e0 ses d\u00e9penses, y compris les plus n\u00e9cessaires. Le r\u00e9sultat est \u00e9videmment celui qu&rsquo;on constate pour l&rsquo;USAF. Dans ces temps de vaches grasses jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre ob\u00e8ses (budget DoD pour 2008 de $650 milliards), l&rsquo;USAF se retrouve avec son d\u00e9ficit annuel de $20 milliards pour le seul poste des acquisitions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Oui, l&rsquo;USAF est en crise, mais ce n&rsquo;est pas un accident ni une monstruosit\u00e9 exceptionnelle. C&rsquo;est le reflet r\u00e9el, fid\u00e8le, absolument dupliqu\u00e9 de la crise qui affecte la puissance militaire US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelle solution pour la crise de l&rsquo;USAF? Y a-t-il une solution qui ne soit pas une r\u00e9vision d\u00e9chirante de la politique de puissance des USA?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut accepter le jugement de Air Force <em>Magazine<\/em> selon lequel cette crise est la plus grave qu&rsquo;ait connue l&rsquo;USAF depuis sa cr\u00e9ation, en 1947. En r\u00e9alit\u00e9, cette crise de l&rsquo;USAF est m\u00eame d&rsquo;une autre forme, d&rsquo;une autre dimension, d&rsquo;une substance inconnue de tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit, selon le qualificatif largement employ\u00e9 aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;une crise syst\u00e9mique. L&rsquo;USAF subit le contrecoup de diverses tensions ext\u00e9rieures \u00e0 elle. Il en est de m\u00eame des autres armes, bien s&ucirc;r.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela ne signifie pas que l&rsquo;Air Force (et les autres armes) n&rsquo;a pas sa responsabilit\u00e9. Mais cette responsabilit\u00e9 est elle-m\u00eame li\u00e9e aux pressions syst\u00e9miques dont nous parlons. La crise de l&rsquo;USAF est la confluence de plusieurs crises syst\u00e9miques: une perte totale de contr\u00f4le de la gestion des grands syst\u00e8mes, notamment par absence d&rsquo;organisation contr\u00f4l\u00e9e des bureaucraties qui en sont charg\u00e9es; une absence totale de contr\u00f4le des \u00ab\u00a0groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb partisans, que ce soient ceux de l&rsquo;industrie d&rsquo;armement ou ceux des parlementaires ou groupes de parlementaires ayant leur mot \u00e0 dire dans le budget du Pentagone; un engagement global sur tous les th\u00e9\u00e2tres imaginables pour la puissance US, engagement actif (combat) ou passif (d\u00e9ploiement de paix); une acceptation du syst\u00e8me du virtualisme, largement utilis\u00e9 par le monde politique \u00e0 partir de techniques publicitaires, qui affirme des capacit\u00e9s et des possibilit\u00e9s d&rsquo;apparence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces quatre grands courants, parmi d&rsquo;autres, ont conduit l&rsquo;USAF \u00e0 fonctionner comme si elle poss\u00e9dait bien plus de capacit\u00e9s qu&rsquo;elle n&rsquo;en dispose. L&rsquo;illusion a dur\u00e9 quelques ann\u00e9es, elle est aujourd&rsquo;hui en train de se dissiper pour \u00e9clairer la r\u00e9alit\u00e9 de la situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La premi\u00e8re solution qui vient \u00e0 l&rsquo;esprit est le r\u00e9flexe habituel, illustr\u00e9 par Murtha: des avions suppl\u00e9mentaires, \u00e9ventuellement plus d&rsquo;argent (on verra pour le budget 2008). Mais ce \u00ab\u00a0rem\u00e8de\u00a0\u00bb entre dans les crises syst\u00e9miques dont est victime l&rsquo;USAF au niveau de la gestion des syst\u00e8mes. On conna&icirc;t les difficult\u00e9s du F-22 et, surtout, du JSF\/F-35. Encore ne parle-t-on ici que des avions de combat. Les autres cat\u00e9gories sont \u00e9galement dans des passes difficiles, que ce soient les avions ravitailleurs (question en cours de d\u00e9bat du gigantesque contrat pour remplacer les KC-135) ou la flotte de transport strat\u00e9gique (modernisation des C-5, C-17). Dans tous ces cas, on se trouve devant des imbroglios financiers et de gestion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La seule solution possible, &ndash; qui ne serait que temporaire en \u00e9cartant les principaux effets de la crise en cours, &ndash; ne concerne pas l&rsquo;USAF mais la politique ext\u00e9rieure des USA. Il s&rsquo;agirait d&rsquo;accepter la logique de certains groupes politiques actuellement minoritaires, de l&rsquo;abandon de la politique expansionniste et belliciste, et d&rsquo;un repli sur des ambitions plus mesur\u00e9es et modestes, une sorte d'\u00a0\u00bbisolationnisme s\u00e9lectif\u00a0\u00bb si l&rsquo;on veut. Pour l&rsquo;USAF, cela impliquerait une r\u00e9duction des engagements et, \u00e9ventuellement, des choix d&rsquo;\u00e9quipement plus modestes et plus s&ucirc;rs (l&rsquo;abandon du JSF pour des versions modernis\u00e9es des F-15 et F-16, toujours pour le cas des avions de combat). Nous sommes loin, tr\u00e8s loin de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un tel choix. L'\u00a0\u00bbempire\u00a0\u00bb, et l&rsquo;USAF avec lui, est prisonnier de son destin.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise des F-15, une crise US(AF) Nous pr\u00e9sentons dans cette rubrique Analyse le texte fran\u00e7ais de la rubrique To The Point du n&deg;111 de notre Lettre d&rsquo;Analyse Context, publi\u00e9 en anglais&hellip; \u00ab\u00a0Publi\u00e9 en anglais\u00a0\u00bb, justement, voil\u00e0 un aspect important du commentaire dont nous jugeons n\u00e9cessaire qu&rsquo;il introduise le texte de cette rubrique. 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