{"id":69572,"date":"2008-01-04T00:00:00","date_gmt":"2008-01-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/01\/04\/exit-la-guerre-contre-la-terreur\/"},"modified":"2008-01-04T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-04T00:00:00","slug":"exit-la-guerre-contre-la-terreur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/01\/04\/exit-la-guerre-contre-la-terreur\/","title":{"rendered":"<em>Exit<\/em>, la guerre contre la terreur"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Exit<\/em>, la guerre contre la terreur<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t4 janvier 2008  Plus que les candidats, nous estimons que les th\u00e8mes des candidats ont compt\u00e9 dans la premi\u00e8re primaire des pr\u00e9sidentielles US, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/uselections08\/story\/0,,2235323,00.html\" class=\"gen\">dans l&rsquo;Iowa<\/a>. Plus que la question de l&rsquo;\u00e9conomie, c&rsquo;est la question de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique qui a domin\u00e9 cette \u00e9lection. Aux USA, cela se traduit par un message populiste, ce qui a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;essentiel de la d\u00e9marche des principaux candidats. Ce message populiste se traduit par des attaques plus ou moins violentes, plus ou moins explicites, contre les structures capitalistes type<em>corporate<\/em>, contre les b\u00e9n\u00e9fices des grandes entreprises et des dirigeants, etc. Le courant est si fort qu&rsquo;il a boulevers\u00e9 le paysage du c\u00f4t\u00e9 r\u00e9publicain, avec la victoire de Mike Huckabee. Il est aliment\u00e9 par un tr\u00e8s fort activisme des votants (les d\u00e9mocrates affirment avoir enregistr\u00e9 220.000 votes dans l&rsquo;Iowa, contre 125.000 en 2004 dans le m\u00eame Etat.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe commentaire du <a href=\"http:\/\/online.wsj.com\/public\/article\/SB119932030261263557-W3F2v81gJKQs3pG_D5iXNv_efLU_20080201.html\" class=\"gen\">3 janvier<\/a> du Wall Street <em>Journal<\/em>, un quotidien \u00e9videmment proche des milieux d&rsquo;affaire et ultra-capitalistes, donne une bonne mesure de l&rsquo;impression produite dans ces milieux par la tonalit\u00e9 de la campagne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In the frantic closing days, as candidates have touted their r\u00e9sum\u00e9s and needled their opponents, two leading contenders from each party  Democrat John Edwards and Republican Mike Huckabee &#8211; have ramped up their anticorporate, anti-Wall Street rhetoric.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr. Huckabee&rsquo;s campaign represents a new challenge to the historically business-friendly Republican Party, and so far none of his rivals have picked up his rhetoric. But Mr. Edwards is tapping into a long tradition of Democrats&rsquo; receptivity to working-class appeals, and his main competitors are scrambling to echo the populism as economic anxiety has intensified among voters.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Today&rsquo;s report that the price of oil has reached $100 a barrel is just another example of how corporate greed is squeezing the middle class, said Mr. Edwards, a former North Carolina senator, in a statement. At a packed coffeehouse in downtown Iowa City yesterday, he asked the crowd, Are you going to let corporate greed steal your children&rsquo;s future?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr. Huckabee, a former Arkansas governor who frequently cites rising gasoline prices and contrasts stagnant wages with CEOs&rsquo; wealth, told an audience on New Year&rsquo;s Day: A president needs to understand that what&rsquo;s good for the American economy needs to be good for all Americans.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He also contrasts his own humble roots with the privileged life of his chief rival here in Iowa, former Massachusetts Gov. Mitt Romney. If politics is going to end up being nothing more than about who has the most money, then we&rsquo;ve not had a presidency, we&rsquo;ve had a plutocracy, and we might as well put it on eBay and sell it to the highest bidder, he said yesterday in Mason City.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, l&rsquo;observation du d\u00e9roulement de la campagne montre ce tournant, ce gauchissement de l&rsquo;\u00e9lectorat vers des th\u00e8mes populistes (dans le cas am\u00e9ricaniste et compte tenu de la position de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, cette \u00e9volution populiste doit \u00eatre sans aucun doute consid\u00e9r\u00e9e comme allant vers le gauche au sens o\u00f9 l&rsquo;entendent les milieux d&rsquo;affaires,  le terme gauchissement vaut alors au propre et au figur\u00e9). L&rsquo;AFP pr\u00e9sentait le <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/news\/afp\/Iraq_sliding_off_radar_in_White_Hou_01032008.html\" class=\"gen\">3 janvier<\/a> cette \u00e9volution, avec comme titre de sa d\u00e9p\u00eache : \u00ab<em>Iraq sliding off radar in White House race<\/em>\u00bb. Son constat touche notamment l&rsquo;\u00e9volution du s\u00e9nateur Obama, le d\u00e9mocrate vainqueur de cette primaire de l&rsquo;Iowa.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In early October, almost 40 percent of the campaign spots by Democratic candidate Barack Obama over a two-week period mentioned Iraq, compared to only about five percent by his Republican rivals.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But by early December, Republicans were more likely to mention Iraq and the issue had slid well down the list of concerns with Vietnam war veteran John McCain topping the charts by raising the war in about 10 percent of his ads.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>I still think the war is a real important issue, David Axelrod, a senior strategist for Obama, told the Times. But the sense of economic insecurity has grown and pushed those other issues up on the list of concerns.<\/em><\/p>\n<h3>Le populisme a chass\u00e9 la terreur<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous faisons une diff\u00e9rence entre \u00e9conomie et ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique pour marquer combien le courant de l&rsquo;opinion concerne de plus en plus les structures et les modes de fonctionnement du syst\u00e8me bien plus que la situation \u00e9conomique. L&rsquo;importance du th\u00e8me est notamment \u00e9vident avec la victoire de Huckabee, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un r\u00e9publicain, d&rsquo;un parti en g\u00e9n\u00e9ral identifi\u00e9 au grand capitalisme ou comme proche de lui. Alors que ce candidat a un fort aspect religieux dans sa candidature avec le soutien des chr\u00e9tiens \u00e9vang\u00e9listes, ce sont surtout ses th\u00e8mes anti-<em>corporate<\/em> qui ont \u00e9merg\u00e9 (Huckabee propose une r\u00e9forme fiscale, dite <em>fair tax<\/em> qui est fortement critiqu\u00e9e par le monde financier et du <em>business<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe courant populaire dominant est donc un courant de type populiste, ce qui est une situation classique de contestation dans la politique US. On pourrait m\u00eame avancer que le populisme est le seul courant de contestation s\u00e9rieux possible dans ce syst\u00e8me. Le mot a une r\u00e9putation diff\u00e9rente aux USA, par rapport \u00e0 celle qu&rsquo;il a en Europe; il a une forte connotation anti-Washington, alors qu&rsquo;en Europe il a une forte connotation anti-parlementaire. On peut trouver une certaine similitude dans ces deux appr\u00e9ciations, Washington \u00e9tant effectivement le si\u00e8ge du r\u00e9gime am\u00e9ricaniste, qui est notamment parlementaire. Cette similitude concerne le m\u00e9contentement populaire \u00e0 l&rsquo;encontre de sa repr\u00e9sentation politique mais, aux USA, l&rsquo;extr\u00eame d\u00e9centralisation initiale donne une certaine l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 la mise en cause des instruments de la repr\u00e9sentation parce qu&rsquo;ils sont \u00e9galement les instruments de la centralisation. Aux USA, le populisme est vu souvent comme une vertu \u00e0 cause des pesanteurs et des contraintes du syst\u00e8me, et il peut porter aussi bien une marque de droite qu&rsquo;une marque de gauche; alors qu&rsquo;en Europe il est identifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite anti-parlementaire proche du fascisme. Puisque le populisme est le seul courant de contestation s\u00e9rieux dans la politique US, il est le seul outil de pression s\u00e9rieuse anti-Washington,  d&rsquo;o\u00f9 sa vertu pour nombre de jugements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui est absolument remarquable, par contraste n\u00e9gatif, c&rsquo;est l&rsquo;effacement de la question irakienne et, <strong>surtout<\/strong>, la disparition presque compl\u00e8te du th\u00e8me de la guerre contre la terreur et le terrorisme qui domina compl\u00e8tement la campagne de 2004. Si cette tendance initiale se confirme, cette campagne prendrait l&rsquo;allure <em>de facto<\/em> d&rsquo;une campagne anti-9\/11, rejetant toute la rh\u00e9torique sur laquelle ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es la pr\u00e9sidence Bush et la politique de cette pr\u00e9sidence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait que cette tendance affecte \u00e9galement le parti r\u00e9publicain est remarquable. Selon cette appr\u00e9ciation, on pourrait pour l&rsquo;instant faire une analogie entre la campagne 2008 et celle de 1992, lorsque le d\u00e9sarroi US \u00e9tait si profond qu&rsquo;on pouvait parler d&rsquo;une crise d&rsquo;identit\u00e9 profonde de l&rsquo;Am\u00e9rique (voir ce qu&rsquo;en \u00e9crivait <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=936\" class=\"gen\">William Pfaff<\/a> en f\u00e9vrier 1992). A cette \u00e9poque on avait vu surgir, \u00e9galement chez les r\u00e9publicains, avec le succ\u00e8s \u00e9ph\u00e9m\u00e8re (d\u00e9but de la campagne) de Patrick Buchanan, une forte pouss\u00e9e populiste anti-<em>corporate<\/em>. (Buchanan avait ensuite \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9.) Aujourd&rsquo;hui, cette pouss\u00e9e populiste semble \u00eatre beaucoup plus appuy\u00e9e qu&rsquo;en 1992.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est assez probable que les divers candidats vont appuyer leur position dans le sens populiste, y compris, du c\u00f4t\u00e9 d\u00e9mocrate, Hillary Clinton. (La bataille paradoxale d&rsquo;Hillary Clinton, qui s&rsquo;est battue pendant deux ans pour devenir la candidate de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, va \u00eatre de se battre pour ne <strong>plus<\/strong> appara\u00eetre comme la candidate de l&rsquo;<em>establishment<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes dirigeants du syst\u00e8me se trouvent devant un probl\u00e8me potentiel d\u00e9licat, selon la fortune du populisme dans cette campagne. Il est manifeste que ce courant populiste rec\u00e8le des pouss\u00e9es protectionnistes, voire isolationnistes, et des tendances tr\u00e8s hostiles au r\u00e9gime actuel du capitalisme US et \u00e0 la globalisation. Cela va contre toute la politique de l&rsquo;administration Bush (et, en partie, celle de l&rsquo;administration Clinton) alors que cela touche tous les candidats et non plus les seuls marginaux. La question est \u00e9videmment qu&rsquo;une telle pouss\u00e9e, si elle se confirmait tout au long de la campagne, devrait se transcrire au moins en partie dans une politique nouvelle, quel que soit l&rsquo;\u00e9lu, sous peine de risquer des r\u00e9actions de profond m\u00e9contentement. C&rsquo;est sur ce point que le scrutin prendrait, lui aussi, l&rsquo;allure d&rsquo;une critique anti-syst\u00e8me et rejoindrait, par une autre voie, celle qu&rsquo;on signalait <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4792\" class=\"gen\">hier<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est probable qu&rsquo;on assistera dans les prochains mois \u00e0 des pressions de la direction du syst\u00e8me pour obtenir un infl\u00e9chissement de cette orientation populiste initiale. Mais les candidats sont bien trop peu assur\u00e9s pour abandonner ais\u00e9ment un tel argument.  <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exit, la guerre contre la terreur 4 janvier 2008 Plus que les candidats, nous estimons que les th\u00e8mes des candidats ont compt\u00e9 dans la premi\u00e8re primaire des pr\u00e9sidentielles US, dans l&rsquo;Iowa. Plus que la question de l&rsquo;\u00e9conomie, c&rsquo;est la question de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique qui a domin\u00e9 cette \u00e9lection. Aux USA, cela se traduit par un&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[7346,7340,6208,5303,3744],"class_list":["post-69572","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-huckabee","tag-iowa","tag-obama","tag-populisme","tag-terreur"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69572","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69572"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69572\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69572"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69572"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69572"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}