{"id":69658,"date":"2008-02-06T00:00:00","date_gmt":"2008-02-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/02\/06\/les-sondages-dans-lincertitude-de-lelecteur-insaisissable\/"},"modified":"2008-02-06T00:00:00","modified_gmt":"2008-02-06T00:00:00","slug":"les-sondages-dans-lincertitude-de-lelecteur-insaisissable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/02\/06\/les-sondages-dans-lincertitude-de-lelecteur-insaisissable\/","title":{"rendered":"Les sondages dans l&rsquo;incertitude de l&rsquo;\u00e9lecteur insaisissable"},"content":{"rendered":"<p><p>Les sondages sont, par d\u00e9finition, une photographie de l&rsquo;instant. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un instant qu&rsquo;on juge g\u00e9n\u00e9ral: la photographie de l&rsquo;instant concerne en principe tout l&rsquo;\u00e9lectorat et non pas les seules personnes sond\u00e9es. A cause du ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;une certaine stabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9lectorat dans les d\u00e9mocraties occidentales facilit\u00e9e par la manipulation des moyens de communication, les sondages sont aussi consid\u00e9r\u00e9s, d&rsquo;une fa\u00e7on <em>stricto sensu<\/em> non scientifique et irrationnelle mais pourtant admise comme acceptable, comme quelque chose qui s&rsquo;approche d&rsquo;une pr\u00e9vision. Disons que la coutume d&rsquo;une \u00e9poque m\u00e9diatique souvent virtualis\u00e9e conduit \u00e0 cette attitude presque inconsciente mais tr\u00e8s puissante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa campagne des primaires aux USA est en train peut-\u00eatre de contribuer \u00e0 la modification importante de cet inconscient. Il y a eu d&rsquo;abord la surprise du New Hampshire, avec la victoire non pr\u00e9vue par les sondages de Clinton chez les d\u00e9mocrates. Les jours pr\u00e9c\u00e9dant le <em>Super Tuesday<\/em> ont fortement accru cette tendance, d&rsquo;autant que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a eu un impact m\u00e9diatique et public sans pr\u00e9c\u00e9dent, aux USA et dans le monde. Le d\u00e9sordre des sondages par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 constat\u00e9e avec le New Hampshire a gagn\u00e9 les sondages eux-m\u00eames qui ont donn\u00e9 des pr\u00e9visions de vote tr\u00e8s diff\u00e9rentes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe site <em>dailykos.com<\/em> mettait en \u00e9vidence, <a href=\"http:\/\/www.dailykos.com\/storyonly\/2008\/2\/5\/2921\/03211\/473\/450068\" class=\"gen\">lundi soir<\/a> un cas limit\u00e9<D> mais d&rsquo;une importance r\u00e9elle puisqu&rsquo;il concernait l&rsquo;Etat de Californie (370 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s). Il concernait \u00e9galement les d\u00e9mocrates (Clintion-Obama), qui voit une course tr\u00e8s disput\u00e9e, dans un mouchoir, et qui pourtant enfante des r\u00e9sultats statistiques extraordinairement contrast\u00e9s et contradictoires, qui sont le contraire d&rsquo;une course dans un mouchoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit de deux r\u00e9sultats publi\u00e9s en m\u00eame temps, quelques heures avant l&rsquo;ouverture du scrutin, pour la Californie, de deux instituts de sondage tr\u00e8s s\u00e9rieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Reuters\/Zogby : 49% \u00e0 Obama, 36% \u00e0 Clinton.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Survey USA : 52% \u00e0 Clinton, 42% \u00e0 Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA de tels niveaux de divergence, il est moins temps de mettre en cause des aspects techniques et m\u00e9thodologiques qu&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne humain qui prend d\u00e9sormais un aspect majeur. Dans une comp\u00e9tition aussi ouverte et passionn\u00e9e que les primaires actuelles, le fait d\u00e9j\u00e0 parfois constat\u00e9 d&rsquo;une certaine volatilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9lectorat s&rsquo;est amplifi\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 menacer la substance m\u00eame de la science statistique. Se combinent dans cette campagne deux ph\u00e9nom\u00e8nes, chacun d&rsquo;eux exacerb\u00e9 et les deux s&rsquo;exacerbant l&rsquo;un l&rsquo;autre: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La formidable activit\u00e9 de la communication, qui r\u00e9pand continuellement des interventions, des commentaires, des manifestations excessives des candidats, dans un sens ou l&rsquo;autre, avec des effets imm\u00e9diats sur les candidats eux-m\u00eames et sur l&rsquo;\u00e9lectorat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La passion qui accompagne cette campagne influe avec force, \u00e0 ce stade de la campagne, sur la volatilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9lectorat. Se combinent l&rsquo;effet m\u00e9diatique et les opinions m\u00eames des \u00e9lecteurs sur les candidats, qui changent effectivement tr\u00e8s rapidement et tr\u00e8s souvent, voire qui dissimulent leurs choix.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes sondages deviennent alors encore plus qu&rsquo;une photographie d&rsquo;un instant. Ils sont la photographie d&rsquo;un instant dont la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame est sujette \u00e0 caution puisque les \u00e9lecteurs sont devenus insaisissables par eux-m\u00eames. Cet instant, m\u00eame en \u00e9tant un instant, c&rsquo;est-\u00e0-dire un espace de temps, n&rsquo;a plus gu\u00e8re de valeur statistique pour la situation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;instant. Des \u00e9lecteurs aussi changeants, s&rsquo;ils sont r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;\u00e9chantillonnage envisag\u00e9, ne peuvent plus donner une certaine certitude de repr\u00e9senter une opinion g\u00e9n\u00e9rale m\u00eame de cet instant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un facteur d&rsquo;incertitude important. Les candidats sont en train de retrouver les situations d&rsquo;incertitude d&rsquo;avant le d\u00e9veloppement sophistiqu\u00e9 des sondages, mais dans une situation g\u00e9n\u00e9rale pourtant caract\u00e9ris\u00e9e par une communication intense et la prolif\u00e9ration des sondages dont on sait l&rsquo;aspect de plus en plus al\u00e9atoire. C&rsquo;est une situation de relativit\u00e9 compl\u00e8te de la situation politique dans un contexte de surinformation o\u00f9 il est extr\u00eamement difficile de distinguer une information cr\u00e9dible parce que l&rsquo;information est elle-m\u00eame devenue compl\u00e8tement relative. Cette situation \u00e9volue moins en faveur de candidats surprises parce que les favoris sont trop puissants (notamment au niveau de la communication) pour \u00eatre d\u00e9boulonn\u00e9s de cette position. Mais cela d\u00e9stabilise les favorise entre eux, par rapport \u00e0 leurs affrontements personnels. Cela ajoute \u00e0 l&rsquo;incertitude de la situation politique en affaiblissant les favoris entre eux, en influant sur leurs positions (mont\u00e9e aux extr\u00eames), plus que modifier la situation connue des uns par rapport aux autres. Le r\u00e9sultat g\u00e9n\u00e9ral est le d\u00e9sordre plus que des bouleversements politiques identifi\u00e9s lorsqu&rsquo;ils se produisent (c&rsquo;est-\u00e0-dire que ces bouleversements, lorsqu&rsquo;ils ont lieu, s&rsquo;effectuent de fa\u00e7on souterraine et apparaissent lorsqu&rsquo;il est trop tard pour r\u00e9agir par rapport \u00e0 eux). Il s&rsquo;agit du d\u00e9sordre <strong>\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur<\/strong> du syst\u00e8me. Cette tendance sp\u00e9cifique confirme la tendance g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;un syst\u00e8me de moins en moins contr\u00f4lable par ceux qui en d\u00e9pendent.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 6 f\u00e9vrier 2008 \u00e0 09H06<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les sondages sont, par d\u00e9finition, une photographie de l&rsquo;instant. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un instant qu&rsquo;on juge g\u00e9n\u00e9ral: la photographie de l&rsquo;instant concerne en principe tout l&rsquo;\u00e9lectorat et non pas les seules personnes sond\u00e9es. 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