{"id":69723,"date":"2008-03-01T00:00:00","date_gmt":"2008-03-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/03\/01\/bling-bling-fait-des-betises\/"},"modified":"2008-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-03-01T00:00:00","slug":"bling-bling-fait-des-betises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/03\/01\/bling-bling-fait-des-betises\/","title":{"rendered":"<strong><em>\u201cBling-bling\u201d fait des b\u00eatises<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Bling-bling fait des b\u00eatises<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t1er mars 2008  En ce d\u00e9but de mars, qui pourrait \u00eatre le mois des fous mais qui, para\u00eet-il, ne l&rsquo;est pas, quel jugement porter? Abritons-nous derri\u00e8re quelques pointures.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab<em>Ce type est fou, compl\u00e8tement fou je vous dis<\/em>\u00bb (Jean-Fran\u00e7ois Kahn <em>in illo tempore non suspecto<\/em>, lors de la campagne \u00e9lectorale).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab<em>Et pourquoi \u00e7a serait-y pas qu&rsquo;y voudrait foutre le bordel dans le pays, histoire de secouer les Fran\u00e7ais?<\/em>\u00bb (Guillaume Durand, au vol, dans un fauteuil t\u00e9l\u00e9 et en col Mao, type r\u00e9volution culturelle.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;\u00e9dition <em>Global Europe Anticipation Bulletin<\/em> n\u00b022 (f\u00e9vrier 2008) pr\u00e9voit une crise de r\u00e9gime en France \u00ab<em>d&rsquo;ici l&rsquo;automne 2008<\/em>\u00bb, notamment \u00e0 cause du comportement du pr\u00e9sident de la r\u00e9publique par rapport \u00e0 sa fonction. Ce document du groupe LEAP\/E2020 estime que les sondages sont biais\u00e9s favorablement pour le pr\u00e9sident, que le soutien <strong>r\u00e9el<\/strong> de l&rsquo;opinion au pr\u00e9sident est actuellement de l&rsquo;ordre de 20% et qu&rsquo;il pourrait atteindre le seuil critique des 10% \u00e0 la fin du printemps. Le groupe pr\u00e9voit une explosion sociale \u00e0 l&rsquo;automne 2008 entra\u00eenant une crise de r\u00e9gime \u00ab<em>pouvant aboutir \u00e0 la d\u00e9mission du pr\u00e9sident ou \u00e0 son effacement politique au profit du premier ministre<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  \u00ab<em>Euh&#8230; Bien s\u00fbr, c&rsquo;est vrai&#8230; Mais, voyez-vous, je crois qu&rsquo;il ne faut pas porter de jugement trop vite&#8230; C&rsquo;est sur la longueur qu&rsquo;on pourra juger, et alors l\u00e0, je crois que ce sera positif.<\/em>\u00bb (La pr\u00e9sidente du MEDEF, sur <em>I-T\u00e9l\u00e9<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Explication de l&rsquo;algarade du Salon de l&rsquo;Agriculture dans <em>The Independent<\/em> du  <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/europe\/sarkozy-sorry-for-trading-insults-or-is-he-787928.html\" class=\"gen\">27 f\u00e9vrier<\/a>, avec (c&rsquo;est ce qui nous int\u00e9resse) traduction de l&rsquo;interjection: \u00ab<em>The bystander told the President not to touch him. M. Sarkozy replied, Casse-toi, or get lost. The man told him to take his dirty hands off him. The President responded: Casse-toi, alors, pauvre con, va. Con is a fairly mild swear word in French. The President&rsquo;s words can be translated as: Sod off, you arsehole, get lost.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Catherine Nay, \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission <em>Le Grand Journal<\/em> de <em>Canal +<\/em>, estime que le Pr\u00e9sident n&rsquo;est plus lui-m\u00eame depuis son divorce, que quelque chose s&rsquo;est bris\u00e9 en lui. L&rsquo;homme s&rsquo;est-il s\u00e9par\u00e9 de sa fonction de pr\u00e9sident? \u00ab<em>Il devrait se reposer, il est fatigu\u00e9, il tra\u00eene une angine dont il n&rsquo;arrive pas \u00e0 se d\u00e9barrasser.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab<em>Casse-toi, pauvre con&#8230;<\/em>\u00bb (Le visiteur du Salon de l&rsquo;Agriculture, en substance dans ses oeuvres.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Chirac, il y a quelques ann\u00e9es face \u00e0 un anonyme dans la foule qui l&rsquo;avait interpell\u00e9 fa\u00e7on Sarko (\u00ab<em>Connard!<\/em>\u00bb): \u00ab<em>Enchant\u00e9, moi c&rsquo;est Chirac&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t De Gaulle passant en revue des chars de la France Libre en 1944, avisant sur l&rsquo;un d&rsquo;eux cette inscription \u00e0 la craie: <em>Mort aux cons<\/em>, commentant: \u00ab<em>Vaste programme<\/em>\u00bb.<\/p>\n<h3>Quelque chose d&rsquo;\u00e9trangement nouveau<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, nous nous sommes attach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;incident le plus r\u00e9cent et le plus spectaculaire des frasques \u00e9tranges quoiqu&rsquo;assez communes du pr\u00e9sident bling-bling (ou dling-dling, apr\u00e8s tout?). Nos lecteurs savent qu&rsquo;\u00e0 cet \u00e9gard le dossier est \u00e9pais depuis quelques mois, depuis le d\u00e9but de sa pr\u00e9sidence; qu&rsquo;il embrasse tous les aspects d&rsquo;une attitude, d&rsquo;un comportement, jusqu&rsquo;aux d\u00e9tails les plus d\u00e9risoires de l&rsquo;habillement, des vacances en bataclan, des services <em>jet set<\/em>, des com\u00e9dies de boulevard chic (plut\u00f4t Saint-Germain que les Capucines) sur la vie sentimentale et ainsi de suite,  sorte d&rsquo;instinct pour le r\u00f4le de nouveau riche appliqu\u00e9 \u00e0 la fonction pr\u00e9sidentielle. Rien de fondamentalement politique dans tout cela ou bien est-ce que la politique a chang\u00e9 \u00e0 la fois de forme et de substance. On admettra que la deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se est s\u00e9duisante et a le m\u00e9rite,  c&rsquo;est la seule logique qu&rsquo;on lui reconna\u00eet,  de correspondre \u00e0 une \u00e9poque de vertigineuse d\u00e9cadence, o\u00f9 la trag\u00e9die de la chose est balanc\u00e9e par la d\u00e9rision de ses manifestations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, la situation marie une \u00e9trange d\u00e9rision et la possibilit\u00e9 de plus en plus grande d&rsquo;une situation tragique. La disproportion entre les deux choses est stup\u00e9fiante. L&rsquo;ensemble fait un tableau path\u00e9tique et surr\u00e9aliste. La marque principale en est une \u00e9trange absence de coh\u00e9rence, de coh\u00e9sion, de dignit\u00e9 d&rsquo;apparence, comme une sorte d&rsquo;immaturit\u00e9 fonctionnelle dans le comportement de la principale personne en cause. On dirait \u00e9galement,  autre tentative d&rsquo;explication ou explication compl\u00e9metaire,  qu&rsquo;il y a  des erreurs d&rsquo;appr\u00e9ciation des \u00e9v\u00e9nements et de leurs effets par substitution des r\u00e9f\u00e9rences; on dirait que le personnage \u00e9volue dans un monde diff\u00e9rent du r\u00e9el, donc qu&rsquo;il ne peut imaginer les cons\u00e9quences extr\u00eamement dommageables, dans le r\u00e9el, de ce comportement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, nous appuyons sur cet aspect du comportement de l&rsquo;homme par rapport \u00e0 la fonction, car l\u00e0 se situe bien s\u00fbr l&rsquo;originalit\u00e9 extr\u00eame de la situation. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pr\u00e9c\u00e9dent d&rsquo;une chute aussi brutale de la popularit\u00e9 d&rsquo;un pr\u00e9sident, si vite apr\u00e8s son \u00e9lection particuli\u00e8rement r\u00e9ussie du point de vue du soutien populaire, il y a encore moins de pr\u00e9c\u00e9dent d&rsquo;une chute de popularit\u00e9 en raison notamment,  en raison <strong>principalement<\/strong> selon notre sentiment,  de son comportement personnel par rapport \u00e0 sa fonction. Ce m\u00e9lange de l&rsquo;aspect le plus intime d&rsquo;une personne et de l&rsquo;aspect le plus fondamentalement public d&rsquo;une fonction de la plus haute importance r\u00e9galienne possible est un ph\u00e9nom\u00e8ne compl\u00e8tement in\u00e9dit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi est engag\u00e9e une bataille compl\u00e8tement d\u00e9risoire, mais qui s&rsquo;accorde tous comptes faits au caract\u00e8re d&rsquo;une \u00e9poque qui n&rsquo;a plus aucune capacit\u00e9 \u00e0 distinguer des r\u00e9f\u00e9rences s\u00e9rieuses. Si, demain, la crise devenue paroxystique, ce pr\u00e9sident de la R\u00e9publique faisait une d\u00e9claration pour annoncer solennellement, comme une concession fondamentale qu&rsquo;il fait pour d\u00e9nouer la crise, qu&rsquo;il abandonne le port des lunettes <em>Ray Ban<\/em>, on n&rsquo;en serait pas vraiment \u00e9tonn\u00e9. On analyserait la port\u00e9e politique de la d\u00e9cision, avec autant de s\u00e9rieux qu&rsquo;on avait examin\u00e9 le 30 mai 1968 la port\u00e9e politique de la d\u00e9cision du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle de dissoudre l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale. Si le coup des <em>Ray Ban<\/em> ratait, l&rsquo;actuel pr\u00e9sident se replierait-il sur la d\u00e9cision de dissoudre l&rsquo;Assembl\u00e9e? Cela a-t-il un rapport?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa confusion des genres est d\u00e9sormais une pratique universelle, on dirait un sport globalis\u00e9. C&rsquo;est la marque d&rsquo;une civilisation, phase finale. Plus personne ni plus rien ne dissimule dans la recherche forcen\u00e9e et affich\u00e9e de l&rsquo;apparence la plus voyante l&rsquo;ignorance compl\u00e8te du fond des choses qui est la cause \u00e9vidente de cette agitation. Les slogans r\u00e9duits aux rudiments les plus exp\u00e9ditifs qui tiennent lieu de programme des hommes politiques sont pris au pied de la lettre, accept\u00e9s comme tels, consid\u00e9r\u00e9s effectivement comme une ligne de conduite et une orientation politique cons\u00e9quente (nous alions \u00e9crire comme une philosophie mais la plume a refus\u00e9 l&rsquo;obstacle). Le cas de Sarko est extr\u00eame parce que sa psychologie ne semble conna\u00eetre aucun frein \u00e0 cet \u00e9gard. La chose est en train de s&rsquo;av\u00e9rer \u00e0 la fois assez dangereuse et assez fascinante. Comment, se demande-t-on, parvient-il \u00e0 ainsi tenir le trait d&rsquo;une caricature aussi \u00e9pur\u00e9e de ce que lui a intim\u00e9 d&rsquo;\u00eatre le vote populaire?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue s&rsquo;est-il pass\u00e9? Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais actuel est fascinant, n&rsquo;en d\u00e9plaise aux esprits \u00e9troits. Avec des moyens \u00e9tonnants de m\u00e9diocrit\u00e9,  du port des <em>Ray Ban<\/em> au \u00ab<em>Casse-toi, pauvre con&#8230;<\/em>\u00bb,  il remet d&rsquo;actualit\u00e9 un probl\u00e8me absolument fondamental. En nous offrant le d\u00e9fi d\u00e9risoire de la d\u00e9sacralisation de la fonction pr\u00e9sidentielle, il nous d\u00e9montre que la modernit\u00e9, l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme, le bling-bling ne peuvent exister, m\u00eame sous la forme de la seule apparence du comportement (car il lui arrive aussi d&rsquo;\u00eatre, sur le fond, lorsqu&rsquo;il d\u00e9fend un dossier bien ficel\u00e9 sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne, pr\u00e9sident selon les consignes), qu&rsquo;en attaquant la sacralisation de la pr\u00e9sidence. Ainsi place-t-il les Fran\u00e7ais devant l&rsquo;essentiel. Bref, par son comportement, Sarkozy organise un r\u00e9f\u00e9rendum massif sur la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir politique dans le cadre r\u00e9galien de la V\u00e8me R\u00e9publique. L&rsquo;on en conna\u00eet les r\u00e9sultats, qui sont dans les sondages le concernant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn quelques mois et <em>a contrario<\/em>, Sarkozy a restaur\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;architecture institutionnelle du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle comme personne avant lui. Il est \u00e9galement en train de d\u00e9montrer qu&rsquo;ils se font rares, les \u00eatres humains,  puisque les hommes politiques restent partie int\u00e9grante du genre humain,  qui, parvenus au fa\u00eete de l&rsquo;architecture institutionnelle, peuvent endosser avec gr\u00e2ce et justesse la tunique de Nessus de la fonction r\u00e9galienne. (Parmi les trois significations qu&rsquo;on attribue \u00e0 l&rsquo;expression sur la tunique, retenons-en deux: cadeau empoisonn\u00e9 et contrainte morale.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bling-bling fait des b\u00eatises 1er mars 2008 En ce d\u00e9but de mars, qui pourrait \u00eatre le mois des fous mais qui, para\u00eet-il, ne l&rsquo;est pas, quel jugement porter? 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