{"id":69796,"date":"2008-03-31T00:00:00","date_gmt":"2008-03-31T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/03\/31\/carla-peut-elle-sauver-nicolas-en-devenant-evita\/"},"modified":"2008-03-31T00:00:00","modified_gmt":"2008-03-31T00:00:00","slug":"carla-peut-elle-sauver-nicolas-en-devenant-evita","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/03\/31\/carla-peut-elle-sauver-nicolas-en-devenant-evita\/","title":{"rendered":"<strong><em>Carla peut-elle sauver Nicolas en devenant Evita?<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Carla peut-elle sauver Nicolas en devenant Evita?<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t30 mars 2008  A Londres, on l&rsquo;a assez \u00e9crit et dit, Carla fut divine. Le royal prince consort et duc d&rsquo;Edimbourg, Philip, se croyait revenu au temps de sa jeunesse s\u00e9millante. Sarko? Boh Comme l&rsquo;\u00e9crit John Lichfield le  <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/europe\/the-view-from-france-pride-and-shame-in-equal-measure-801748.html\" class=\"gen\">28 mars<\/a> dans <em>The Independent<\/em>: \u00ab<em>Carla was perfect. Sarko was, despite his best efforts, Sarko.<\/em>\u00bb Tout est dit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a deux fa\u00e7ons de prendre l&rsquo;enthousiasme londonien pour Carla: la fa\u00e7on <em>people<\/em> (plut\u00f4t que son sous-sous-produit, la r\u00e9f\u00e9rence bling-bling) ou la fa\u00e7on de la tentation de la perspective historique. L&rsquo;image qui est le plus souvent venue \u00e0 l&rsquo;esprit imag\u00e9e des commentateurs est celle de Jackie Kennedy en visite en Europe en 1962, avec les phrases fameuses de JFK, utilis\u00e9es et essor\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 plus soif, par l&rsquo;auteur comme par les commentateurs (\u00ab<em>Bonjour. Je suis le type qui accompagne Jackie Kennedy en visite en Europe<\/em>\u00bb ou bien: \u00ab<em>I am the man who accompanied Jacqueline Kennedy to Paris  and I have enjoyed it.<\/em>\u00bb). Bien que la r\u00e9f\u00e9rence soit du tr\u00e8s haut de gamme, elle reste dans la cat\u00e9gorie <em>people<\/em>, parce que Jackie Kennedy n&rsquo;a jamais eu,  peut-\u00eatre parce que le temps lui a tragiquement manqu\u00e9,  d&rsquo;influence politique sur son mari. Pour Carla, nous parlons de l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une influence politique et au-del\u00e0, et alors la r\u00e9f\u00e9rence qui vient \u00e0 l&rsquo;esprit est beaucoup plus celle d&rsquo;Evita Peron.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e implicite,  non, m\u00eame, explicite,  d\u00e9velopp\u00e9e par Kate Weinberg, dans le <em>Sunday Telegraph<\/em>,  <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/main.jhtml?xml=\/news\/2008\/03\/30\/nfirst130.xml\" class=\"gen\">hier<\/a> par cons\u00e9quent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Eva Peron and Carla Bruni, one feels, would have enjoyed shopping together. In the musical Evita, which dramatises the short life of the glamorous First Lady of Argentina, Eva sings:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>They need to adore me, So Christian Dior me, From my head to my toes.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Words that could just as easily have belonged to Carla Bruni, singing to John Galliano as she prepared the five costume changes for her 36-hour trip to London.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Carla and Eva have more than a taste for Dior in common. As with Carla, Eva worked as a model (and actress) before she met the soon-to-be President of Argentina, Juan Peron. Peron&rsquo;s description of meeting her, and being captured by those fevered eyes, has been a charge variously dumped on Prince Philip, Prince Charles and Gordon Brown this week.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The difference, of course, is that Eva cast herself as a powerful political figure in her own right, speaking for the descamisados (those without shirts), and highlighting her own humble beginnings to show solidarity with the masses. But that wasn&rsquo;t always the case. Her biographers tell how, in the early days, she sat in meetings between Peron and his advisers, absorbing what she heard. A not-so-distant echo of Carla Bruni, speaking on her State visit to Africa, who said: For the moment, I am listening to what everyone tells me. That is how I see my role.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>For the moment<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autres comparaisons sont faites par Kate Weinberg dans le texte cit\u00e9, comme Grace Kelly devenue princesse ou m\u00eame Marie-Antoinette, qui ne venait pourtant pas du <em>show-business<\/em>: \u00ab<em>When I later asked Lady Antonia <\/em>[Fraser] <em>how Carla might compare to Marie Antoinette, the glamorous queen to Louis XVI of whom she has written a critically acclaimed biography, she pointed out that the difference between them was what was most interesting. Marie Antoinette was a private person who wasn&rsquo;t really in control of her image, she said. What I liked about Carla Bruni was that she knew exactly what she was doing. No one could put something over her. If she were dressed as a call girl, I wouldn&rsquo;t mind because I would know it was planned. Poor Marie Antoinette, who was married at 14, never had that chance.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on cite Kate Weinberg, c&rsquo;est parce que l&rsquo;analogie avec Evita Peron, qui est le principal dans ce texte, est la plus int\u00e9ressante hypoth\u00e8se qui ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e pour notre propos. Mais ce type de sp\u00e9culation n&rsquo;est certes pas isol\u00e9. La presse londonienne en a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement farcie durant le voyage pr\u00e9sidentiel \u00e0 Londres. Il y a l\u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat spontan\u00e9 qui n&rsquo;est pas sans signification, entre l&rsquo;in\u00e9vitable \u00e9cume des jours des commentaires \u00e0 sensation et la plus profonde r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un v\u00e9ritable probl\u00e8me politique.<\/p>\n<h3>Les deux corps du Roi postmoderne: Nicolas et Carla?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on cite ces divers extraits et si l&rsquo;on avance des consid\u00e9rations situ\u00e9es \u00e0 \u00e9gale distance de la rubrique <em>people<\/em> et d&rsquo;une rubrique aux marges de la grande politique institutionnelle, c&rsquo;est parce que des questions importantes de politique institutionnelle ont surgi en France \u00e0 cet \u00e9gard. La chute de popularit\u00e9 du pr\u00e9sident fran\u00e7ais de ces derniers mois est essentiellement due \u00e0 une question de comportement dont les liens avec la rubrique <em>people<\/em>, sous-sous-rubrique bling-bling, sont bien connus, beaucoup plus qu&rsquo;\u00e0 une question politique de fond. Cela justifie qu&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse au cas soulev\u00e9 par le comportement de Carla Sarkozy-Bruni \u00e0 Londres, aux commentaires qui ont \u00e9t\u00e9 faits \u00e0 cette occasion, et notamment \u00e0 ce commentaire de Kate Weinberg qui un de ceux \u00e0 tisser le plus nettement le lien entre la rubrique <em>people<\/em> et la question politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;analogie d&rsquo;Evita Peron est alors un cas immanquable. Outre les remarques que fait Kate Weinberg en rappelant le r\u00f4le politique fondamental d&rsquo;Evita Peron, il y a aussi les analogies des deux maris. Nicolas Sarkozy s&rsquo;est montr\u00e9 souvent ais\u00e9ment influenc\u00e9 par sa pr\u00e9c\u00e9dente femme, qui occupait des fonctions politiques effectives au minist\u00e8re des finances avec son mari et qui avait son mot \u00e0 dire, et un mot de poids, sur les nominations qu&rsquo;effectuait son mari. Cette pratique s&rsquo;est poursuivie avec les premiers mois de la pr\u00e9sidence, qui furent les derniers du mariage. On a aussi pu constater la facilit\u00e9 avec laquelle le pr\u00e9sident fran\u00e7ais envisageait de confier des missions politiques \u00e0 sa femme (intervention de C\u00e9cilia dans l&rsquo;affaire des infirmi\u00e8res bulgares d\u00e9tenues en Libye). De ce point de vue et de ce qu&rsquo;on sait, et de ce qu&rsquo;on d\u00e9couvre encore plus du caract\u00e8re de Sarkozy, on n&rsquo;est pas infond\u00e9 \u00e0 croire qu&rsquo;il existe certaines similitudes de caract\u00e8re, dans le sens de la m\u00e9diocrit\u00e9, entre Nicolas Sarkozy et Juan Peron. (Il est assez connu que, dans le couple Peron, l&rsquo;ascendant d&rsquo;Evita fut consid\u00e9rable. La mort tragique d&rsquo;un cancer d&rsquo;Evita, en 1952, entra\u00eena une rapide d\u00e9gradation de la position politique de Juan, incapable d&rsquo;assurer l&rsquo;h\u00e9ritage d&rsquo;un r\u00e9gime autoritaire marqu\u00e9 par l&rsquo;enthousiasme populiste de sa femme, et dont la seule l\u00e9gitimit\u00e9 reposait, on s&rsquo;en aper\u00e7ut, sur le r\u00f4le d&rsquo;Evita.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation fran\u00e7aise est aujourd&rsquo;hui extraordinaire, avec la question du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique pos\u00e9e non pas tant au niveau de sa politique qu&rsquo;au niveau de son caract\u00e8re. Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois qu&rsquo;un probl\u00e8me de caract\u00e8re affecte un dirigeant supr\u00eame mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une occurrence extraordinaire dans la mesure o\u00f9 ce probl\u00e8me de caract\u00e8re est publiquement expos\u00e9 et donc chaque jour rappel\u00e9, par le comportement de la personne. Le probl\u00e8me p\u00e8se de tout son poids comme un ferment permanent d&rsquo;instabilit\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les variations de l&rsquo;opinion publique sont mesur\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on apparemment pr\u00e9cise, r\u00e9guli\u00e8re, et qu&rsquo;elles p\u00e8sent \u00e0 leur tour d&rsquo;autant plus sur la stabilit\u00e9 de la position du chef de l&rsquo;ex\u00e9cutif.  L&rsquo;instabilit\u00e9 actuelle n&rsquo;est pas soluble par de simples variations ou artifices politiques. Qui plus est, la d\u00e9monstration est donn\u00e9e chaque jour que le comportement du chef de l&rsquo;Etat ne change \u00e9videmment pas la fonction et ses exigences, qui ont \u00e9t\u00e9 sacralis\u00e9es par la marque du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle et qu&rsquo;on ne manipule pas ais\u00e9ment; on dirait m\u00eame que tout apprenti-manipulateur, qui l&rsquo;est par \u00e9vidente m\u00e9diocrit\u00e9 de conception comme il faut avoir pour former un tel dessein, ne peut qu&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec puisqu&rsquo;il s&rsquo;attaque \u00e0 une institution d&rsquo;une telle puissance avec de tels moyens d\u00e9risoires. L&rsquo;actuel chef de l&rsquo;Etat se trouve par cons\u00e9quent menac\u00e9 d&rsquo;\u00eatre de plus en plus en d\u00e9calage avec sa fonction, avec les effets irr\u00e9sistibles de perte d&rsquo;autorit\u00e9 qui en r\u00e9sultent. C&rsquo;est une sorte d&rsquo;\u00e9trange duplication postmoderne et r\u00e9publicaine de la fameuse doctrine des deux corps du Roi d&rsquo;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ernst_Kantorowicz\" class=\"gen\">Ernst Kantorowicz<\/a>, le corps terrestre se trouvant de plus en plus d\u00e9tach\u00e9 de l&rsquo;apparat du corps divin et en d\u00e9calage contradictoire grandissant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans de telles conditions exceptionnelles que Carla Sarkozy-Bruni, si elle acquiert une dimension symbolique et politique dans le couple, peut jouer un r\u00f4le politique important. Si elle se transforme en une sorte d&rsquo;Evita \u00e0 la fran\u00e7aise, version postmoderne, elle peut effectivement contribuer \u00e0 stabiliser la pr\u00e9sidence par l&rsquo;influence exerc\u00e9e sur son mari, et\/ou par un r\u00f4le politique effectif. La chose est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9e \u00e0 des Italiennes en France, comme la M\u00e9dicis exer\u00e7ant une influence pr\u00e9pond\u00e9rante sur ses trois fils Fran\u00e7ois II, Charles IX et Henri III.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, nous passerions de la rubrique <em>people<\/em> \u00e0 la rubrique politique, selon des normes surr\u00e9alistes mais correspondant assez bien aux temps postmodernes. En attendant, effectivement, nous sommes entre le domaine <em>people<\/em> et la politique, suspendus entre une sc\u00e8ne politique grotesque et la possibilit\u00e9 de modifications compl\u00e8tement in\u00e9dites. Cette possibilit\u00e9 reste encore minime ou dans tous les cas incertaine, vu le nombre de variables en jeu, dont la personnalit\u00e9 pr\u00e9cise de Carla Sarkozy-Bruni et l&rsquo;influence de son r\u00f4le sur cette personnalit\u00e9 ne sont pas les moindres. Tout cela rend un son \u00e0 la fois d\u00e9risoire et tragique, balan\u00e7ant entre l&rsquo;un et l&rsquo;autre, toujours selon une interpr\u00e9tation maistrienne o\u00f9 les \u00eatres ne peuvent tenir un r\u00f4le que s&rsquo;ils se conforment aux exigences des forces historiques en action.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carla peut-elle sauver Nicolas en devenant Evita? 30 mars 2008 A Londres, on l&rsquo;a assez \u00e9crit et dit, Carla fut divine. Le royal prince consort et duc d&rsquo;Edimbourg, Philip, se croyait revenu au temps de sa jeunesse s\u00e9millante. Sarko? Boh Comme l&rsquo;\u00e9crit John Lichfield le 28 mars dans The Independent: \u00abCarla was perfect. 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