{"id":69888,"date":"2008-05-10T00:00:00","date_gmt":"2008-05-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/05\/10\/les-scelerats-da-bord\/"},"modified":"2008-05-10T00:00:00","modified_gmt":"2008-05-10T00:00:00","slug":"les-scelerats-da-bord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/05\/10\/les-scelerats-da-bord\/","title":{"rendered":"Les \u201csc\u00e9l\u00e9rats\u201d d&rsquo;\u00e0-bord"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Les \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rats\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00e0-bord<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>10 mai 2008 &mdash; Pour rappel, cette citation de Joseph de Maistre que nos lecteurs ont d\u00e9j\u00e0 lue, qu&rsquo;il est bon de relire tant elle contient d&rsquo;int\u00e9ressantes perspectives, et qui va introduire et soutenir notre propos:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces remarques pour d\u00e9crire le puissant courant de la R\u00e9volution fran\u00e7aise: &laquo;<em>On a remarqu\u00e9, avec grande raison, que la r\u00e9volution fran\u00e7aise m\u00e8ne les hommes plus que les hommes la m\u00e8nent. Cette observation est de la plus grande justesse&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>Les sc\u00e9l\u00e9rats m\u00eames qui paraissent conduire la r\u00e9volution, n&rsquo;y entrent que comme de simples instruments; et d\u00e8s qu&rsquo;ils ont la pr\u00e9tention de la dominer, ils tombent ignoblement.<\/em>&raquo; (Dans <em>Consid\u00e9rations sur la R\u00e9volution<\/em>, publi\u00e9 en 1796. Le jugement qu&rsquo;implique le terme \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rat\u00a0\u00bb rejoint le jugement de Maistre sur la R\u00e9volution, on le comprend. Cela n&rsquo;interf\u00e8re en rien sur sa m\u00e9thode, qui est ce qui nous int\u00e9resse, et le mot peut alors \u00eatre pris dans un sens g\u00e9n\u00e9rique, pour d\u00e9signer les dirigeants institutionnels de notre \u00e9poque, pour la plupart membre d&rsquo;une caste nomm\u00e9e <em>establishment<\/em>; le mot appara&icirc;t alors amusant et pas moins justifi\u00e9 qu&rsquo;un autre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous allons examiner le sort pr\u00e9sent de trois \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rats\u00a0\u00bb et tenter d&rsquo;en tirer des commentaires sur l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;\u00e9poque o&ugrave; ils sont cens\u00e9s figurer comme des meneurs de notre destin, et les enseignements qu&rsquo;on en peut tirer. Il s&rsquo;agit de Gordon Brown, de GW Bush et de Nicolas Sarkozy (ordre alphab\u00e9tique pour ne l\u00e9ser personne).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Gordon Brown a essuy\u00e9, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de son parti travailliste dit <em>New Labour<\/em>, une d\u00e9faite historique et humiliante aux \u00e9lections municipales du d\u00e9but du mois. Son parti est tr\u00e8s bas, vraiment tr\u00e8s bas dans les sondages (un sondage en date du 8 mai le place \u00e0 26% des personnes consult\u00e9es, contre 45% aux conservateurs, ce qui est sans doute un triste et historique record.) Les conservateurs l&rsquo;accusent de perdre <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/politics\/2008\/may\/09\/scotland.scotland.\">le contr\u00f4le<\/a> de son parti et de n&rsquo;\u00eatre plus ainsi en position de gouverner. Le pauvre Brown ne doit pas \u00eatre clou\u00e9 au pilori. Beaucoup moins sexy que son pr\u00e9d\u00e9cesseur et n\u00e9anmoins \u00ab\u00a0ami d&rsquo;au moins vingt-cinq ans\u00a0\u00bb, il h\u00e9rite de tous les effets de toutes les polissonneries et tours de passe-passe de l&rsquo;in\u00e9ffable Blair. Il n&#8217;emp\u00eache, s&rsquo;il ne doit pas \u00eatre clou\u00e9 au pilori, le pauvre Brown trinque. L&rsquo;Histoire ne fait pas de d\u00e9tail et peu lui chaut de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la justice terrestre. Brown est l\u00e0, Brown trinque; mais qu&rsquo;il se rassure, c&rsquo;est aussi Blair qui, historiquement, dispara&icirc;t comme une poup\u00e9e gonflable crev\u00e9e par un coup d&rsquo;une aiguille mani\u00e9e par un garnement. La politique blairiste est r\u00e9duite \u00e0 une peau de chagrin au terme de son processus balzacien. Rarement dans l&rsquo;Histoire qui n&rsquo;en est pas avare, politicien c\u00e9l\u00e9br\u00e9 de son temps ne se sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aussi d\u00e9pourvu de substance que Tony Blair. Tant pis, Gordon Brown, \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rat\u00a0\u00bb par inadvertance (quoi qu&rsquo;il ait bien pr\u00eat\u00e9 la main \u00e0 son ami Blair), subit le sort exemplaire de l&rsquo;\u00e9clatant \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rat\u00a0\u00bb anglo-saxon. Il est donc conduit par les pressions et les reflux de son impopularit\u00e9 \u00e0 occuper une position d&rsquo;assi\u00e9g\u00e9 par une temp\u00eate politique permanente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; On a d\u00e9j\u00e0 tout dit de GW Bush, le \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rat\u00a0\u00bb candide, insensible au doute, ent\u00eat\u00e9 comme une mule, fi\u00e9rot et s&ucirc;r de l&rsquo;\u00eatre, aussi solide que du granit et avec le front \u00e0 mesure. C&rsquo;est un miracle bien caract\u00e9ristique de notre temps historique et exotique qu&rsquo;un tel personnage soit parvenu au sommet, s&rsquo;y soit maintenu huit ans, ait accompli jusqu&rsquo;au bout toutes les sottises qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait promis de faire, et se pr\u00e9pare \u00e0 se retirer dans son ranch sans avoir d\u00e9m\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire dout\u00e9 une seule seconde. Bien entendu, il bat tous les records d&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5097\">impopularit\u00e9<\/a> et nul doute qu&rsquo;il doit en \u00eatre \u00e9mu, comme d&rsquo;une confirmation de son destin historique; apr\u00e8s tout, qu&rsquo;est-ce qui distingue la solitude du g\u00e9nie de celle de l&rsquo;imb\u00e9cile? On s&rsquo;y tromperait, &ndash; on veut dire: lui, GW, il s&rsquo;y tromperait. Brave homme, au fond. (Les pires, impossible de leur en vouloir vraiment.) Sur le fond des choses et consid\u00e9r\u00e9e objectivement, la pr\u00e9sidence GW Bush a pr\u00e9sid\u00e9 au plus formidable \u00e9clatement du pouvoir qu&rsquo;on puisse imaginer et la l\u00e9gitimit\u00e9 de la pr\u00e9sidence est aujourd&rsquo;hui r\u00e9duit \u00e0 une circonstance accessoire. GW a lanc\u00e9 avec une maestria \u00e0 ne pas croire l&rsquo;entreprise de destruction de la position h\u00e9g\u00e9monique de puissance des USA, qu&rsquo;il a remarquablement avanc\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Enfin, \u00ab\u00a0notre\u00a0\u00bb Sarko. Un cas, celui-l\u00e0. Un an apr\u00e8s son \u00e9lection, il a \u00e9tabli tous les records absolus de chute acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de popularit\u00e9 dans les sondages. Le cas constitue l&rsquo;extr\u00eame de la crise de la politique dans notre \u00e9poque, puisqu&rsquo;une part essentielle des reproches qui lui sont faits concerne son attitude, son comportement, sa \u00ab\u00a0fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire, sa \u00ab\u00a0fa\u00e7on de ne pas \u00eatre\u00a0\u00bb pr\u00e9sidentiel). C&rsquo;est un cas presque unique d&rsquo;impasse politico-statistique suscit\u00e9 par la forme de l&rsquo;exercice du pouvoir. La chose est d&rsquo;autant plus impressionnante que le pr\u00e9sident fran\u00e7ais a laiss\u00e9 voir tr\u00e8s vite dans sa fonction des certitudes sur sa conception \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb des choses, &ndash; lesquelles impliquent la \u00ab\u00a0d\u00e9sacralisation\u00a0\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire la \u00ab\u00a0modernisation\u00a0\u00bb) de la fonction pr\u00e9sidentielle et la vertu de l&rsquo;action comme dynamique cr\u00e9atrice de politique. Ces conceptions devaient le prot\u00e9ger des avatars qu&rsquo;il conna&icirc;t aujourd&rsquo;hui, en imposant un rythme et une nouvelle conviction \u00e0 la direction de la France, dont le dynamisme devait emporter l&rsquo;adh\u00e9sion populaire. Le contraire s&rsquo;est tr\u00e8s rapidement produit et Sarkozy est tomb\u00e9 dans le travers de l&rsquo;homme politique moderniste, dans sa faiblesse ontologique. Son absence de sens du tragique, sa croyance dans l&rsquo;id\u00e9ologie moderniste de la communication qui suppose d&rsquo;imposer un unanimisme de soutien de son action, le rendent extraordinairement sensible \u00e0 la lecture des sondages et extraordnairement fragile par cons\u00e9quent, si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;\u00e9tat de ces sondages. L&rsquo;effondrement statistique du soutien populaire p\u00e8se sur lui comme une chape de plomb et transforme sa politique en un exercice tactique constant de r\u00e9actions pour tenter de peser sur les chiffres.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Exercice massif de destruction de la l\u00e9gitimit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Laissons les cas particuliers pour observer l&rsquo;\u00e9volution du statut du pouvoir politique illustr\u00e9e par ces trois cas. Ils sont assez diff\u00e9rents les uns des autres pour \u00e9carter les explications circonstancielles et pour susciter le besoin d&rsquo;une explication g\u00e9n\u00e9rale sur le sort du pouvoir politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un premier paradoxe est d&rsquo;observer que le besoin presque maladif de soutien populaire de l&rsquo;homme politique moderniste, qui se traduit par son obsession du sondage, produit un effet presque math\u00e9mathiquement inverse. Bien entendu, l&rsquo;explication se trouve dans le moyen favoris\u00e9 pour obtenir ce soutien. L&#8217;emprisonnement complet de l&rsquo;homme politique aux comportements d&rsquo;apparence que r\u00e9clame l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication est \u00e0 son \u00e2ge de maturit\u00e9. L&rsquo;homme politique ne cache plus, il affiche au contraire que l&rsquo;essentiel de son comportement est fait dans un but de plaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectorat alors que l&rsquo;\u00e9lectorat r\u00e9clame naturellement une attitude presque inverse. (Tout est dans la m\u00e9thode: la communication n&rsquo;impose pas \u00e0 l&rsquo;homme politique une politique mais que sa politique, quelle qu&rsquo;elle soit, soit faite d&rsquo;abord avec l&rsquo;objectif de plaire. L&rsquo;effet de la communication n&rsquo;est pas dans la politique elle-m\u00eame et ses effets mais dans ce que cette politique est per\u00e7ue comme un instrument de soumission de l&rsquo;homme politique \u00e0 son objectif de s\u00e9duction d&rsquo;apparence.) L&rsquo;attitude de l&rsquo;homme politique implique le transfert de sa responsabilit\u00e9 personnelle vers les techniques de la communication, c&rsquo;est-\u00e0-dire une \u00ab\u00a0d\u00e9-responsabilisation\u00a0\u00bb syst\u00e9matique. Le r\u00e9sultat est que sa l\u00e9gitimit\u00e9 est compl\u00e8tement d\u00e9truite, ce que per\u00e7oivent \u00e9videmment le peuple autant que les commentateurs. En voulant affirmer ce qu&rsquo;il croit \u00eatre la formule de sa force, il affirme une constante faiblesse. La \u00ab\u00a0d\u00e9-l\u00e9gitimation\u00a0\u00bb de l&rsquo;homme politique est aujourd&rsquo;hui compl\u00e8te.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le deuxi\u00e8me paradoxe est que cette gesticulation, qui aurait pu abaisser et d\u00e9truire la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir politique \u00e0 mesure de la \u00ab\u00a0d\u00e9-l\u00e9gitimation\u00a0\u00bb des hommes politiques, au profit de pouvoirs alternatifs (le pouvoir \u00e9conomique par exemple, mais surtout le pouvoir de la communication), renforce au contraire, comme par \u00e9vidence antinomique, le besoin d&rsquo;un pouvoir politique l\u00e9gitime. Les hommes politiques n&rsquo;ont pas d\u00e9truit le pouvoir politique, ou le besoin de pouvoir politique, ils l&rsquo;ont exalt\u00e9 en s&rsquo;offrant comme coupables expiateurs de son abaissement. Ils sont une r\u00e9f\u00e9rence n\u00e9gative. Au plus ils sont ill\u00e9gitimes au plus nous avons besoin d&rsquo;un pouvoir politique. Les hommes politiques sont plus ill\u00e9gitimes qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9, le pouvoir politique est plus l\u00e9gitime que jamais. Le grand divorce n&rsquo;est pas entre le pouvoir politique et le peuple mais entre les hommes politiques et le pouvoir politique. Le r\u00e9sultat n&rsquo;est pas la fin du politique mais la trahison du politique. La perception est que le pouvoir politique est plus fort et plus n\u00e9cessaire que jamais et que plus personne dans le processus existant ne peut se mettre \u00e0 son service pour en user d&rsquo;une fa\u00e7on cr\u00e9atrice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le troisi\u00e8me paradoxe est que les hommes politiques, en \u00e9pousant compl\u00e8tement l&rsquo;id\u00e9ologie de la communicaton n&rsquo;en sont pas devenus les jouets mais les complices. Ils se sont encalmin\u00e9s dans les m\u00eames travers que l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication et partagent son sort funeste. Ils sont plut\u00f4t prisonniers du pouvoir politique qu&rsquo;ils n&rsquo;arrivent plus \u00e0 pratiquer. Ils sont constamment compar\u00e9s \u00e0 ce qu&rsquo;ils auraient pu et du \u00eatre, et leur ill\u00e9gitimit\u00e9 est constamment renforc\u00e9e. Leur action est \u00e0 mesure, erratique et inf\u00e9conde. Dans ce paradoxe, il faudrait donc ajouter l&rsquo;absence de complot, contrairement au proc\u00e9s qui est fait \u00e0 ces hommes politiques. Ils ne complotent pas pour imposer une vision ou un vaste plan de subversion des peuples et des souverainet\u00e9s, &ndash; parce que de l&rsquo;un de l&rsquo;autres ils sont \u00e9videmment d\u00e9pourvus, &ndash; ni vision, ni vaste plan. Ils sont ce qu&rsquo;ils sont: des \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rats\u00a0\u00bb balott\u00e9s dans la paralysie de leur pens\u00e9e qui vaut inexistence et rejoint peut-\u00eatre une v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 peine dissimul\u00e9e. Ils sont constamment en retraite et leurs actions sont d\u00e9sordonn\u00e9es (Sarko) ou bien enferm\u00e9es dans un maximalisme aveugle qui les conduit \u00e0 exposer \u00e0 nu leur politique r\u00e9duite \u00e0 un spasme extr\u00e9miste et leur incomp\u00e9tence (plut\u00f4t que dissimuler leur \u00e9ventuel complot); cette situation alimente d\u00e9cisivement leur discr\u00e9dit et compromet toutes les chances d&rsquo;un hypoth\u00e9tique complot. Ainsi, Bush est-il le principal artisan de l&rsquo;\u00e9chec constant du v\u00e9ritable \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb de communication des forces radicales qui le soutiennent, qui avaient lanc\u00e9 ce complot en son nom et m\u00eame avec son approbation tacite, et que lui-m\u00eame n&rsquo;a cess\u00e9 de saboter par ses exc\u00e8s et ses agitations dans le sens de la r\u00e9affirmation publique d&rsquo;absurdit\u00e9s sans nombre. (Ainsi des ADM de Saddam, dont Cheney, &ndash; fr\u00e8re de lait de GW jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre son clone apr\u00e8s tout, au point qu&rsquo;on peut prendre sa parole pour celle du pr\u00e9sident, &ndash; continue \u00e0 affirmer l&rsquo;existence, ce qui discr\u00e9dite sa cause par la pire des tares, &ndash; le ridicule. Un v\u00e9ritable complot aurait pu, aurait d&ucirc; \u00eatre mont\u00e9 pour \u00ab\u00a0planter\u00a0\u00bb des fausses ADM en Irak et confirmer la justesse de la cause.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le quatri\u00e8me paradoxe est que le peuple, ou plut\u00f4t la population ou encore la <em>vox populi<\/em> dans son sens le plus large, de manipul\u00e9e qu&rsquo;on aurait pu croire qu&rsquo;elle est, est devenue manipulatrice. Tout acquis qu&rsquo;ils sont aux forces du temps historique, &ndash; communication, \u00e9conomie, th\u00e9ologie \u00e9volutionniste du progr\u00e8s, etc. &ndash; les hommes politiques \u00ab\u00a0d\u00e9-l\u00e9gitim\u00e9s\u00a0\u00bb se battent pour tenter de satisfaire la force principale de contestation de la <em>vox populi<\/em>, &ndash; le sentiment de la <em>vox populi<\/em> per\u00e7ue comme un fait en soi, comme si elle \u00e9tait une au-del\u00e0 des clivages et des revendications. Cette contradiction d\u00e9sormais permanente est devenue une sorte de \u00ab\u00a0r\u00e9volution permanente\u00a0\u00bb \u00e0 la pression de laquelle sont soumis les hommes politiques. Comme d\u00e9fense, certains choisissent le virtualisme, d&rsquo;autres un r\u00f4le \u00e9pisodique de conformit\u00e9 aux exigences anarchiques de la <em>vox populi<\/em>, d&rsquo;autres la manoeuvre politicienne poussive. Dans tous les cas, c&rsquo;est ajouter le moyen de la d\u00e9magogie \u00e0 une ill\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 av\u00e9r\u00e9e, qui renforce cette ill\u00e9gitimit\u00e9 au lieu de la renverser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quel est l&rsquo;enseignement qu&rsquo;on peut tirer de cette situation? Une autre question le r\u00e9sume: la <em>vox populi<\/em> est-elle devenue le porte-parole inconscient de grands courants historiques que les hommes politique non seulement trahissent mais encore ne peuvent plus distinguer? Est-elle devenue le juge \u00ab\u00a0maistrien\u00a0\u00bb qui s&rsquo;occupe \u00e0 les handicaper mortellement, pour les neutraliser et les r\u00e9duire \u00e0 rien, plut\u00f4t que les faire \u00ab\u00a0tomber ignoblement\u00a0\u00bb \u00e0 la fa\u00e7on de la R\u00e9volution (on est un peu moins exp\u00e9ditif, aujourd&rsquo;hui), ce qui revient \u00e0 la m\u00eame chose ou \u00e0 pire encore? Mais pour les remplacer par quoi?, nous dit-on encore (par exemple, lorsqu&rsquo;on nous reproche de nous en tenir \u00e0 une critique fond\u00e9e, sans avancer de r\u00e9ponses aux questions qu&rsquo;implique cette critique). Comment faire, puisque le pouvoir politique est ainsi vacant? Mais faut-il faire quelque chose? C&rsquo;est justement le fondement de l'\u00a0\u00bbhypoth\u00e8se maistrienne\u00a0\u00bb. Il n&rsquo;y a plus besoin de pouvoir politique dans ces grandes p\u00e9riodes r\u00e9volutionnaires (au sens historique de l&rsquo;absence de l&rsquo;exercice du pouvoir et non au sens politique de l&rsquo;\u00e9meute et de la prise du pouvoir pour l&rsquo;exercer diff\u00e9remment). Les grands courants historiques se chargent de r\u00e9gler notre destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les extraordinaires modifications de statuts de puissance, d&rsquo;orientation politique, par exemple dans les sept derni\u00e8res ann\u00e9es depuis 9\/11 (la crise US r\u00e9v\u00e9l\u00e9e puis devenue le centre de la r\u00e9volution du monde, le terrorisme presque oubli\u00e9 alors qu&rsquo;il \u00e9tait proclam\u00e9 complot universel du Malin contre la Civilisation), voil\u00e0 qui semble conforter ce jugement. En l&rsquo;absence presque absolue et universelle du pouvoir politique, la situation politique n&rsquo;a jamais progress\u00e9 aussi vite et de fa\u00e7on aussi radicale.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rats\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00e0-bord 10 mai 2008 &mdash; Pour rappel, cette citation de Joseph de Maistre que nos lecteurs ont d\u00e9j\u00e0 lue, qu&rsquo;il est bon de relire tant elle contient d&rsquo;int\u00e9ressantes perspectives, et qui va introduire et soutenir notre propos: Ces remarques pour d\u00e9crire le puissant courant de la R\u00e9volution fran\u00e7aise: &laquo;On a remarqu\u00e9, avec grande&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4038,868,3555,4596,4607,4590,6591],"class_list":["post-69888","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-brown","tag-bush","tag-legitimite","tag-maistre","tag-politique","tag-sarkozy","tag-scelerats"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69888","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69888"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69888\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69888"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69888"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69888"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}