{"id":69935,"date":"2008-06-02T00:00:00","date_gmt":"2008-06-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/02\/philosophies-de-crise\/"},"modified":"2008-06-02T00:00:00","modified_gmt":"2008-06-02T00:00:00","slug":"philosophies-de-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/02\/philosophies-de-crise\/","title":{"rendered":"Philosophie(s) de crise"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Philosophie(s) de crise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tA la mi-mai, le Wall Street <em>Journal<\/em> a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie (AIE) pr\u00e9parait une r\u00e9vision  fondamentale de sa prospective de l&rsquo;alimentation en p\u00e9trole (\u00ab[IEA] <em>is preparing a sharp downward revision of its oil-supply forecast<\/em>\u00bb). Le rapport annuel de l&rsquo;AIE, pr\u00e9vu pour novembre prochain, est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 caract\u00e9ris\u00e9, toujours selon le WSJ, par le constat d&rsquo;une probable n\u00e9cessaire r\u00e9vision radicale vers la r\u00e9duction des fournitures p\u00e9troli\u00e8res disponibles (\u00ab<em>future crude supplies could be far tighter than previously thought<\/em>\u00bb). Le WSJ pr\u00e9cise assez curieusement que les pr\u00e9visions plus optimistes de 2007 de l&rsquo;AEI se sont av\u00e9r\u00e9es fausses parce que bas\u00e9es sur la demande et non sur l&rsquo;offre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2008\/may\/27\/carbonemissions.energy\" class=\"gen\">27 mai<\/a>, Georges Monbiot commente, dans le <em>Guardian<\/em>: l&rsquo;AEI \u00ab<em>had based them on anticipated demand, rather than anticipated supply. It resolved the question of supply by assuming that it would automatically rise to meet demand, as if it were subject to no inherent restraints.<\/em>\u00bb Ainsi, poursuit Monbiot, en est-il du gouvernement britannique qui estime que le prix du baril va redescendre \u00e0 $70 et qui base cette pr\u00e9vision sur ces m\u00eames pr\u00e9visions de 2007 de l&rsquo;AEI.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans cet \u00e9tat d&rsquo;esprit tr\u00e8s r\u00e9visionniste et tr\u00e8s alarmiste qu&rsquo;un expert am\u00e9ricain, Robert Hirsh, interview\u00e9 par MSNBC le 23  mai, annonce que le prix du gallon de super \u00e0 la pompe aux USA, actuellement de $4, va grimper \u00e0 $15 \u00ab<em>within a few years<\/em>\u00bb \u00e0 cause du tarissement des r\u00e9serves. Dans un long article sur la crise globale du p\u00e9trole, <em>The Independent<\/em> r\u00e9sume, le <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/environment\/green-living\/oil-a-global-crisis-834023.html\" class=\"gen\">25 mai<\/a> \u00e9galement, la situation de la prospective: \u00ab<em>Pessimists believe that production has passed its peak. Optimists say it may be 20 years or so away  which would give us some time to prepare  but are now muted.<\/em> [&#8230;] <em>Chris Skrebowski, editor of Petroleum Review&rsquo; and once an optimist himself, believes that the world is now in the foothills of peak oil. Prices may ease a bit over the next few years, but then the real crunch will come. The price then? Pick a number!.<\/em>\u00bb Le prix de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5130\" class=\"gen\">$200 le baril<\/a>, donn\u00e9 comme pr\u00e9vision par Goldman Sachs au d\u00e9but mai, est d\u00e9sormais accept\u00e9 comme un classique pour 2009-2010.<\/p>\n<h3>Consommez moins!<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout le monde n&rsquo;accueille pas ces pr\u00e9visions avec d\u00e9solation. Il y a toute une \u00e9cole de pens\u00e9e qui, au contraire, s&rsquo;en r\u00e9jouit. C&rsquo;est justement le cas de George Monbiot, dans l&rsquo;article cit\u00e9. Pour lui, l&rsquo;augmentation du prix du p\u00e9trole est une b\u00e9n\u00e9diction parce qu&rsquo;elle pousse \u00e0 la r\u00e9duction de plus en plus forte de la consommation de l&rsquo;\u00e9nergie. Monbiot d\u00e9veloppe cet argument au cur d&rsquo;une appr\u00e9ciation tr\u00e8s critique du comportement du gouvernement britannique, qui veut lutter contre les \u00e9missions de CO2 et qui, en m\u00eame temps, veut lutter contre la r\u00e9cession en faisant indirectement la promotion de la consommation d&rsquo;\u00e9nergie et en r\u00e9clamant un p\u00e9trole moins cher:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The government claims that it is seeking to reduce carbon dioxide emissions, by encouraging people to use less fossil fuel. Now, for the first time in years, its wish has come true: people are driving and flying less. The AA reports that about a fifth of drivers are buying less fuel. A new study by the Worldwide Fund for Nature shows that businesses are encouraging their executives to use video conferences instead of flying. One of the most fuel-intensive industries of all, business-only air travel, has collapsed altogether. In other words, [the] restrictions on supply  voluntary or otherwise  are helping the government to meet its carbon targets. So how does it respond? By angrily demanding that<\/em> [these restrictions be removed] <em>so that we can keep driving and flying as much as we did before.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet affrontement de conception n&rsquo;est pas anecdotique. Il est central, au contraire, dans l&rsquo;analyse qu&rsquo;on doit faire des r\u00e9actions des pays consommateurs face \u00e0 la crise p\u00e9troli\u00e8re, dans sa sp\u00e9cificit\u00e9 actuelle qui est la mont\u00e9e tr\u00e8s rapide du prix du p\u00e9trole. De ce point de vue, il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation extr\u00eamement in\u00e9dite, qui m\u00e9lange les crises et va susciter des antagonismes grandissants.<\/p>\n<h3>Int\u00e9gration antagoniste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa comparaison vient souvent sous la plume, de la situation pr\u00e9sente avec le choc p\u00e9trolier des ann\u00e9es 1970 (passage du prix du baril, en 1973, de $4 \u00e0 $15, notamment sous la pression de l&rsquo;Iran du Chah). En 1970, la logique \u00e9tait purement \u00e9conomique, y compris dans l&rsquo;incitation \u00e0 faire des \u00e9conomies d&rsquo;\u00e9nergie. Le choc \u00e9tait uniquement \u00e9conomique \u00e0 partir d&rsquo;une crise politique (volont\u00e9 d&rsquo;affirmation des pays producteurs): comment les \u00e9conomies occidentales pourraient-elles absorber une telle augmentation du  co\u00fbt de leurs importations?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, la situation est compl\u00e8tement diff\u00e9rente, comme on l&rsquo;a vu avec les citations de l&rsquo;argument de George Monbiot. Le ph\u00e9nom\u00e8ne en cours, qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres propos, est celui d&rsquo;une marche vers l&rsquo;int\u00e9gration de crises syst\u00e9miques sp\u00e9cifiques jusqu&rsquo;ici s\u00e9par\u00e9es et cloisonn\u00e9es, et dissimulant ainsi  les contradictions qu&rsquo;elles expriment. (On a vu le ph\u00e9nom\u00e8ne avec l&rsquo;int\u00e9gration des crises du co\u00fbt de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5001\" class=\"gen\">la guerre<\/a> en Irak et de l&rsquo;\u00e9conomie US, des crises du prix du p\u00e9trole et du dollar.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIci, il s&rsquo;agit de l&rsquo;int\u00e9gration de la crise du p\u00e9trole, qui est <em>in fine<\/em> la crise de l&rsquo;\u00e9puisement de cette ressource derri\u00e8re la crise du prix du p\u00e9trole, et de la crise de l&rsquo;environnement dans sa composante de l&rsquo;\u00e9mission de CO2 favorisant le r\u00e9chauffement climatique. Comme on l&rsquo;a vu, c&rsquo;est une int\u00e9gration contradictoire. Monbiot, qui ne cesse de ferrailler contre la pollution de l&rsquo;environnement, affiche sans la moindre ambigu\u00eft\u00e9 sa satisfaction de voir le prix du p\u00e9trole grimper, et les mesures d&rsquo;auto-restriction de la consommation, au niveau individuel ou collectif, suivre naturellement. C&rsquo;est l&rsquo;exemple type du cas de la sagesse par l&rsquo;obligation \u00e9conomique: l&rsquo;un des aspects du syst\u00e8me (co\u00fbt de l&rsquo;\u00e9nergie grimpant selon la loi centrale du march\u00e9 de l&rsquo;offre et de la demande, avec les diverses manuvres de sp\u00e9culation) s&rsquo;oppose brutalement \u00e0 un autre aspect du syst\u00e8me (besoin croissant d&rsquo;\u00e9nergie pour renforcer la croissance, jug\u00e9e d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire pour lutter contre une crise \u00e9conomique per\u00e7ue dans sa dimension universelle).<\/p>\n<h3>Diff\u00e9rences d&rsquo;avec le choc p\u00e9trolier des ann\u00e9es 1970<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa particularit\u00e9 suppl\u00e9mentaire de cette crise, qui la diff\u00e9rencie d&rsquo;une fa\u00e7on encore plus d\u00e9cisive de la r\u00e9f\u00e9rence des ann\u00e9es 1970, est que les tendances naturelles \u00e9videntes poussent les n\u00e9cessit\u00e9s \u00e9conomiques (besoin d&rsquo;\u00e9nergie pour la croissance) vers une position de plus en plus faible devant le caract\u00e8re in\u00e9luctable de ce qui est per\u00e7u comme la r\u00e9duction des r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res. Cette dimension \u00e9tait absente de la crise des ann\u00e9es 1970, sauf dans certains milieux scientifiques tr\u00e8s restreints et dans certains milieux politiques alors tr\u00e8s marqu\u00e9s (les \u00e9cologistes).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fameux discours de 1977 de Jimmy Carter, o\u00f9 le nouveau pr\u00e9sident r\u00e9clamait une mobilisation g\u00e9n\u00e9ral pour lutter contre la consommation d&rsquo;\u00e9nergie, concernait essentiellement la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique des USA. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;assurer l&rsquo;ind\u00e9pendance de cette puissance, et la r\u00e9f\u00e9rence historique choisie par Carter (l&rsquo;urgence de la situation \u00e9tant compar\u00e9e \u00e0 celle de l&rsquo;attaque contre Pearl Harbor) concernait la s\u00e9curit\u00e9. Pour autant, le r\u00e9sultat fut bien faible et, d\u00e8s les ann\u00e9es 1980, la consommation recommen\u00e7ait \u00e0 augmenter de mani\u00e8re exponentielle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec la crise actuelle, il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation diff\u00e9rente, de type eschatologique parce que le syst\u00e8me, et les hommes qui en assurent la gestion, ne disposent plus du contr\u00f4le de la situation \u00e0 cause de leur impuissance par rapport \u00e0 certains facteurs fondamentaux. La crise d\u00e9pend d&rsquo;un facteur naturel puissant, qui va  s&rsquo;affirmer de plus en plus dans la perception jusqu&rsquo;\u00e0 dominer tous les autres, qui est la perspective de l&rsquo;\u00e9puisement de la ressource naturelle. Cette perspective est d\u00e9sormais incontr\u00f4lable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se trouve d\u00e9sormais au cur du caract\u00e8re essentiel de notre syst\u00e8me, qui est aussi sa faiblesse fondamentale, qui est de s&rsquo;appuyer sur des moyens de d\u00e9veloppement qui sont promis \u00e0 l&rsquo;extinction. Leur caract\u00e8re non-renouvelable est de plus en plus fortement per\u00e7u au rythme et dans les conditions o\u00f9 nous les consommons. Cet aspect syst\u00e9mique de la crise nourrit aussit\u00f4t et tr\u00e8s puissamment l&rsquo;argument inverse venu de la crise climatique: pourquoi s&rsquo;acharner \u00e0 consommer une mati\u00e8re promise \u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement, qui alimente par ailleurs une autre crise syst\u00e9mique, \u00e9galement eschatologique, d&rsquo;une gravit\u00e9 fondamentale?<\/p>\n<h3>Une \u00e9nigme enrob\u00e9e de myst\u00e8re : les r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tExpert r\u00e9put\u00e9 en mati\u00e8re p\u00e9troli\u00e8re, consultant et conseiller \u00e0 la Banque Mondial et aupr\u00e8s de l&rsquo;Unido (Industrial Development Organisation) de l&rsquo;ONU, le Dr. Mamdouh Salameh a confi\u00e9 ses appr\u00e9ciations sur les perspectives de la situation de la crise p\u00e9troli\u00e8re, le 25 mai \u00e0 <em>The Independent<\/em>. Salameh estime que la guerre en Irak porte une lourde responsabilit\u00e9 dans l&rsquo;augmentation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du prix du p\u00e9trole. \u00ab<em>The invasion of Iraq by Britain and the US has trebled the price of oil, costing the world a staggering $6 trillion in higher energy prices alone.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSalameh estime que le prix du p\u00e9trole serait aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;ordre de $40 le baril si cette invasion n&rsquo;avait pas eu lieu. Pour lui, l&rsquo;Irak est le seul pays avec des r\u00e9serves importantes, alors que tous les autres ont atteint ou atteignent leur point culminant de production: \u00ab<em>Production in eight of the others<\/em> [world&rsquo;s biggest producing countries] <em> the US, Canada, Iran, Indonesia, Russia, Britain, Norway and Mexico  has peaked,<\/em> [Salamah] <em>says, while China and Saudia Arabia, the remaining two, are nearing the point at of decline.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes appr\u00e9ciations sont int\u00e9ressantes, mais sont-elles imp\u00e9ratives? Qui peut dire quoi d&rsquo;assur\u00e9 sur les r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res encore disponibles et sur les capacit\u00e9s de production? Monbiot a donn\u00e9 des exemples de compl\u00e8te incertitude \u00e0 cet \u00e9gard, notamment pour ce qui concerne l&rsquo;Arabie Saoudite. Il \u00e9crit (comme s&rsquo;il s&rsquo;adressait au roi Abdallah d&rsquo;Arabie): \u00ab<em>I know that the true state of your reserves is a secret so closely guarded that oil analysts now resort to using spy satellites to try to estimate the speed of subsidence of the ground above your oil fields, as they have no other means of guessing how fast your reserves are running down.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, l&rsquo;exemple rappel\u00e9 par le m\u00eame Monbiot de l&rsquo;AEI \u00e9tablissant, en 2007 encore, sa prospective de la production p\u00e9troli\u00e8re sur la demande et non sur l&rsquo;offre est int\u00e9ressant pour ce qu&rsquo;il faut penser de la prospective des r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res. Certains auteurs estiment que l&rsquo;augmentation du prix du p\u00e9trole est un v\u00e9ritable <a href=\"http:\/\/www.mondialisation.ca\/index.php?context=va&#038;aid=9067\" class=\"gen\">montage<\/a> sp\u00e9culatif, qu&rsquo;au contraire les r\u00e9serves sont abondantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa v\u00e9rit\u00e9 simple, venue du constat courant, est que ce domaine est un champ sans fin pour la manipulation, l&rsquo;interpr\u00e9tation, la dissimulation, etc. La v\u00e9rit\u00e9 est que la puissance des communications est telle aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;elles ouvrent effectivement le champ \u00e0 toutes ces manuvres, o\u00f9 il est devenu impossible de distinguer la v\u00e9rit\u00e9, o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 est devenue une valeur relative soumise \u00e0 la dictature de la perception, comme cons\u00e9quence de la perception. La v\u00e9rit\u00e9 est une v\u00e9rit\u00e9 par d\u00e9faut, le concept absolu de v\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;est compl\u00e8tement relativis\u00e9 et devient une variable en constant changement. Finalement, la v\u00e9rit\u00e9 est qu&rsquo;<strong>aucune<\/strong> v\u00e9rit\u00e9 ne pourra \u00eatre \u00e9tablie \u00e0 cet \u00e9gard, qui puisse \u00eatre accept\u00e9e sans discussion par la perception, encore moins impos\u00e9e.<\/p>\n<h3>Le r\u00f4le essentiel de la perception <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est un point capital, car c&rsquo;est un point qui commence \u00e0 \u00eatre de plus en plus \u00e9vident pour la psychologie g\u00e9n\u00e9rale de cette crise. L&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise suscite un torrent de pr\u00e9visions contradictoires, avec la perception compl\u00e9mentaire grandissante que ces pr\u00e9visions sont entach\u00e9es de manipulations dans tous les sens,  m\u00eame si l&rsquo;une ou l&rsquo;autre s&rsquo;av\u00e9rerait juste ou fond\u00e9e, m\u00eame si la v\u00e9rit\u00e9 se trouve quelque part.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe ph\u00e9nom\u00e8ne consolide l&rsquo;appr\u00e9ciation de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9vision juste ou fond\u00e9e, m\u00eame si la raison voudrait \u00e9carter avec fureur un tel constat d&rsquo;\u00e9chec. Dans ce cas, dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral o\u00f9 nous nous trouvons, dans l&rsquo;\u00e9tat de pression grandissante que nous imposent les diverses crises, dans la tension g\u00e9n\u00e9rale qui en r\u00e9sulte, la psychologie r\u00e9agit en se retranchant dans une vision n\u00e9cessairement pessimiste. C&rsquo;est un r\u00e9flexe de prudence, de sagesse, de fatalisme, de simple humeur ou d&rsquo;hyst\u00e9rie,  qu&rsquo;importe; mais c&rsquo;est un r\u00e9flexe in\u00e9vitable et naturel \u00e0 la psychologie humaine. Par cons\u00e9quent, la perception de l&rsquo;avenir \u00e0 cet \u00e9gard privil\u00e9gie le pire et engendre l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe processus nous indique que tout se passe comme si la crise du p\u00e9trole acc\u00e9l\u00e9rait en substance et que la perception passait de la crise du prix du p\u00e9trole \u00e0 la crise plus fondamentale de l&rsquo;extinction des ressources p\u00e9troli\u00e8res. La crise p\u00e9troli\u00e8re entre pleinement dans le champ syst\u00e9mique en devenant eschatologique, c&rsquo;est-\u00e0-dire en \u00e9chappant de plus en plus au contr\u00f4le humain de sa perception \u00e0 cause de la mise en question de nos capacit\u00e9s pr\u00e9visionnelles \u00e0 partir du doute grandissant qui caract\u00e9rise d\u00e9sormais les pr\u00e9visions concernant les r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat du ph\u00e9nom\u00e8ne est de voir un facteur humain extr\u00eamement incertain et complexe comme l&rsquo;est le discr\u00e9dit des pr\u00e9visions sur les r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res et les r\u00e9actions de la psychologie intervenir massivement pour acc\u00e9l\u00e9rer un processus de reconnaissance d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 aussi forte et aussi importante que la crise p\u00e9troli\u00e8re consid\u00e9r\u00e9e en tant que crise syst\u00e9mique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philosophie(s) de crise A la mi-mai, le Wall Street Journal a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie (AIE) pr\u00e9parait une r\u00e9vision fondamentale de sa prospective de l&rsquo;alimentation en p\u00e9trole (\u00ab[IEA] is preparing a sharp downward revision of its oil-supply forecast\u00bb). 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