{"id":69939,"date":"2008-06-03T00:00:00","date_gmt":"2008-06-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/03\/dune-crise-systemique-lautre\/"},"modified":"2008-06-03T00:00:00","modified_gmt":"2008-06-03T00:00:00","slug":"dune-crise-systemique-lautre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/03\/dune-crise-systemique-lautre\/","title":{"rendered":"<strong><em>D&rsquo;une crise (syst\u00e9mique) l&rsquo;autre<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">D&rsquo;une crise (syst\u00e9mique) l&rsquo;autre<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t3 juin 2008  Nous avons bien du mal \u00e0 suivre,  en fait, nous ne suivons plus&#8230; L&rsquo;Irak, GW, le p\u00e9trole, le dollar, le climat, les <em>subprimes<\/em> En un sens, nous sommes \u00e9puis\u00e9s (intellectuellement ou conceptuellement?) par l&rsquo;amoncellement des crises syst\u00e9miques qui p\u00e8se sur nos psychologies. Dans un autre sens, \u00e0 peine divergent du pr\u00e9c\u00e9dent, notre inattention et notre essoufflement ne sont pas vraiment \u00e9tonnants puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit, pour le cas qui nous occupe aujourd&rsquo;hui, de ce que les experts nomment la crise silencieuse, donc crise discr\u00e8te, furtive (<em>stealthy<\/em>), qui ne veut pas d\u00e9ranger:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Alors que le changement climatique occupe le haut de l&rsquo;agenda international, l&rsquo;enjeu que constitue la pr\u00e9servation de la diversit\u00e9 biologique reste largement ignor\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous citons abondamment <em>Le Monde<\/em>, en approximativement pur fran\u00e7ais,  ce qui plaira \u00e0 nombre de nos lecteurs. La remarque ci-dessus est extraite du compte-rendu, publi\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/web\/imprimer_element\/0,40-0@2-3244,50-1052616,0.html\" class=\"gen\">3 juin<\/a>, \u00e0 propos de la conf\u00e9rence des Nations Unies sur la biodiversit\u00e9 \u00e0 Bonn, qui s&rsquo;est termin\u00e9e le 30 mai, bard\u00e9e de sp\u00e9cialistes et experts (5.000) et rassemblant une foultitude de pays (191).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans l&rsquo;\u00e9dito du m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/opinions\/article\/2008\/06\/02\/une-crise-silencieuse_1052598_3232.html#ens_id\" class=\"gen\">3 juin<\/a> du journal, nous extrayons ce paragraphe qui entend fixer l&rsquo;\u00e9tendue du domaine de cette crise et les observations de bonne morale et de r\u00e9alisme politique auxquelles cela conduit. Ce texte entend ne rien dissimuler de la chose, et c&rsquo;est effectivement le cas:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Dans les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es, les liens avec une nature que l&rsquo;on croyait avoir domestiqu\u00e9e se sont distendus. M\u00eame si ce n&rsquo;est pas facile \u00e0 admettre, l&rsquo;effondrement de notre capital naturel pourrait saper demain les fondements de nos \u00e9conomies. La crise alimentaire mondiale et les tensions sur les mati\u00e8res premi\u00e8res sont un avant-go\u00fbt de ce qu&rsquo;il faut redouter si rien n&rsquo;est fait pour mieux g\u00e9rer les ressources plan\u00e9taires.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le compte-rendu paru dans le m\u00eame journal, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 plus haut, on lit \u00e9galement, pour documenter et renforcer le sens de l&rsquo;urgence \u00e9veill\u00e9 par l&rsquo;\u00e9dito,  ceci notamment:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Signe que l&rsquo;heure est grave, un \u00e9conomiste indien, Pavan Sukhdev, a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de faire sur la biodiversit\u00e9 un travail d&rsquo;\u00e9valuation comparable \u00e0 celui r\u00e9alis\u00e9 par le Britannique Nicholas Stern sur le changement climatique en 2006, dont les conclusions avaient conduit les gouvernements \u00e0 prendre le sujet davantage au s\u00e9rieux. M. Sukhdev, qui, lorsqu&rsquo;il ne dirige par le d\u00e9partement des march\u00e9s de la Deutsche Bank en Inde, milite dans une des grandes associations de conservation du pays, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 Bonn les premiers r\u00e9sultats de son \u00e9tude : l&rsquo;appauvrissement biologique co\u00fbterait 2 000 milliards<\/em> [d&rsquo;euros] <em>par an, soit 6 % du produit national brut mondial. L&rsquo;urbanisation, la standardisation des pratiques agricoles, la pollution, la prolif\u00e9ration d&rsquo;esp\u00e8ces envahissantes introduites par les \u00e9changes commerciaux, le changement climatique enfin, sont les principales causes du ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3300\" class=\"gen\">rapport Stern<\/a> de 2006 pr\u00e9voit que les d\u00e9g\u00e2ts de la crise climatique, s&rsquo;ils ne sont pas contenus par une action d\u00e9cid\u00e9e notamment contre les \u00e9missions de CO2, co\u00fbteraient 20% du PNB mondial par an, la plus Grande de toutes les Grandes D\u00e9pressions qu&rsquo;on puisse imaginer, avec son cort\u00e8ge de d\u00e9sordres, de guerres sauvages de survivance. Il faudrait donc y ajouter ces 6% annonc\u00e9s par monsieur Pavan Sukhdev, qui travaille multiculturellement \u00e0 la Deutsche Bank (en Inde) et milite \u00e0 ses pr\u00e9cieux temps perdus dans une association de conservation de la nature, ou bien ces 6% sont-ils inclus dans les 20% du rapport Stern? On verra. Le d\u00e9bat est int\u00e9ressant et important pour la pr\u00e9vision statistique de notre avenir. Dans tous les cas et dans celui o\u00f9 nous tentons d&#8217;embrasse la <em>big picture<\/em> qui implique de connecter toutes ses crises pour observer leurs effets communs, la perspective n&rsquo;est pas vraiment terrible pour nos \u00e9conomies, sans parler de leurs pr\u00e9cieux fondements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes articles du journal fran\u00e7ais rapportent les divers aspects de cette crise discr\u00e8te, qui est une autre crise syst\u00e9mique, une de plus. Bien entendu, comme on l&rsquo;a vu, les causes et les attendus de cette crise ont leurs racines dans les diverses activit\u00e9s de notre syst\u00e8me; bien entendu, les perspectives sont catastrophiques; bien entendu, la logique, l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 et la rigueur morale impliqueraient que l&rsquo;on m\u00eet en cause notre syst\u00e8me de fond en comble. Bien entendu, ils n&rsquo;en feront rien.<\/p>\n<h3>A chaque jour suffit sa crise (syst\u00e9mique)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t Rien de bien nouveau, rien de bien original. Nous ne cessons plus de rebondir d&rsquo;une crise syst\u00e9mique \u00e0 l&rsquo;autre. Certaines phrases prennent de dr\u00f4les d&rsquo;allure, alors qu&rsquo;on parle,  bof,  de l&rsquo;extinction de nombreuses esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales dans une perspective catastrophique,  dans tous les cas, le rythme est l\u00e0 (\u00ab<em>les esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales disparaissent \u00e0 une cadence beaucoup plus rapide que ne le voudrait le rythme naturel<\/em>\u00bb). L&rsquo;occasion est belle de se quereller sur la proc\u00e9dure, sur l&rsquo;efficacit\u00e9 des services de communication respectifs. Cela pourrait devenir l&rsquo;objet du d\u00e9bat et nous en \u00e9viterait un autre. On d\u00e9couvrirait que certains sont presque choqu\u00e9s, apr\u00e8s tout, des in\u00e9galit\u00e9s de m\u00e9diatisation dont sont victimes telle et telle crise. Chacun r\u00e9clame l&rsquo;attention qui importe pour sa crise syst\u00e9mique et tous n&rsquo;ont pas le m\u00eame traitement. (\u00ab<em>Alors que le changement climatique occupe le haut de l&rsquo;agenda international, l&rsquo;enjeu que constitue la pr\u00e9servation de la diversit\u00e9 biologique reste largement ignor\u00e9<\/em>\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDr\u00f4le d&rsquo;\u00e9poque. Les annonces eschatologiques s&rsquo;amoncellent sans provoquer de r\u00e9actions particuli\u00e8res, on veut dire \u00e0 mesure de la chose; rien, sinon une certaine g\u00eane ou bien une certaine incertitude qui sait,  alors qu&rsquo;on ne dissimule en rien l&rsquo;ampleur catastrophique de la chose eschatologique. L&rsquo;\u00e9dito du <em>Monde<\/em> ne cache pas vraiment les \u00e9l\u00e9ments qui pourraient sugg\u00e9rer qu&rsquo;il y a anguille monstrueuse sous roche, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il existe un lien g\u00e9n\u00e9ral entre toutes ces nouvelles catastrophes, un fameux dossier pour mettre en cause notre syst\u00e8me, pour \u00e9branler, mettre en cause dans un proc\u00e8s au verdict rendu d&rsquo;avance \u00ab<em>les fondements de nos \u00e9conomies<\/em>\u00bb Comment \u00e9viter de penser la chose dans toute son ampleur \u00e9pouvantable, dans ce qu&rsquo;elle signifie de rapidit\u00e9 et de profondeur de notre d\u00e9cadence catastrophique?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa dialectique rationnelle fait pour l&rsquo;instant l&rsquo;affaire, triste affaire au demeurant. Deux phrases comme celles-ci, par exemple, o\u00f9 nous nous permettons de souligner (en gras) les mots qui marquent \u00e0 la fois l&rsquo;h\u00e9sitation et l&rsquo;incertitude, et le doute, tout de m\u00eame, qu&rsquo;il doit se passer quelque chose, mais sans c\u00e9der au catastrophisme. \u00ab<em>Dans les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es, les liens avec une nature que l&rsquo;<\/em><strong><em>on croyait<\/em><\/strong> <em>avoir domestiqu\u00e9e se sont distendus.<\/em> <strong><em>M\u00eame si ce n&rsquo;est pas facile<\/em><\/strong> <em>\u00e0 admettre, l&rsquo;effondrement de notre capital naturel pourrait saper demain les fondements de nos \u00e9conomies.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, parlons d&rsquo;une certaine g\u00eane ou bien une certaine incertitude, qui sait . Cette situation du sentiment que nous ressentons sous la plume de journalistes sans doute bien intentionn\u00e9s, bard\u00e9s des vertus in\u00e9vitables de notre temps, anti-racistes et favorables \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration, d\u00e9mocrates, attentifs aux droits de l&rsquo;homme, pro-am\u00e9ricains avec discr\u00e9tion, tendance-Obama et tout le reste; g\u00eane et incertitude, c&rsquo;est-\u00e0-dire, lorsqu&rsquo;on vous d\u00e9crit une catastrophe absolument d\u00e9chirante pour notre culture, notre conscience, notre psychologie, autant que pour la plan\u00e8te que nous massacrons comme des automates hallucin\u00e9s, se r\u00e9duire soi-m\u00eame au commentaire de quelques mots allusifs comme on croyait, m\u00eame si ce n&rsquo;est pas facile (le m\u00eame vaut son pesant de cacahu\u00e8tes, n&rsquo;est-il pas?).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous trouvons dans une situation int\u00e9ressante pour le sacerdoce de commentateur, de journaliste et ainsi de suite, tout cela mari\u00e9 serr\u00e9 avec le conformisme du syst\u00e8me. (Comment faire autrement qu&rsquo;un mariage serr\u00e9 face \u00e0 une telle exigence terroriste du conformisme?) Ils se trouvent dans la situation de devoir d\u00e9crire un processus de plus en plus rapide, de plus en plus pressant, de plus en plus contraignant,  de plus en plus <strong>g\u00eanant<\/strong> c&rsquo;est le mot; mais surtout sans aller \u00e0 la conclusion \u00e9vidente; l&rsquo;effleurer, l&rsquo;\u00e9voquer, un peu en chroniqueur presque mondain, comme une chose tr\u00e8s lointaine (m\u00eame si ce n&rsquo;est pas facile), mais surtout sans \u00eatre pr\u00e9cis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre monde de nos \u00e9lites sacerdotales est habit\u00e9 d&rsquo;une trouille extraordinaire de devoir, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, dans un d\u00e9rapage du langage qui desserrerait un instant sa propre surveillance de sa pens\u00e9e, mettre en cause par inadvertance le conformisme du syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire le syst\u00e8me lui-m\u00eame. Notre monde est au cur d&rsquo;une civilisation dont l&rsquo;effet av\u00e9r\u00e9, m\u00e9canique et in\u00e9luctable, est la destruction de la beaut\u00e9 du monde, le saccage de la mesure, des \u00e9quilibres, des architectures sublimes. Aucune surprise: <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=4072\" class=\"gen\">la laideur<\/a> entropique et nihiliste comme dessein automatique du syst\u00e8me, aucun doute l\u00e0-dessus. Les contractuels des services de police de la pens\u00e9e que sont les commentateurs officiels sont parfois effleur\u00e9s par la v\u00e9rit\u00e9 (m\u00eame si ce n&rsquo;est pas facile) et ils \u00e9prouvent alors une certaine g\u00eane int\u00e9rieure. Il faut les comprendre et prendre un peu de leur fardeau. C&rsquo;est une question d&rsquo;humanit\u00e9, une question de survie.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;une crise (syst\u00e9mique) l&rsquo;autre 3 juin 2008 Nous avons bien du mal \u00e0 suivre, en fait, nous ne suivons plus&#8230; L&rsquo;Irak, GW, le p\u00e9trole, le dollar, le climat, les subprimes En un sens, nous sommes \u00e9puis\u00e9s (intellectuellement ou conceptuellement?) par l&rsquo;amoncellement des crises syst\u00e9miques qui p\u00e8se sur nos psychologies. 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