{"id":69977,"date":"2008-06-19T00:00:00","date_gmt":"2008-06-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/19\/leurope-et-la-logique-de-lhistoire\/"},"modified":"2008-06-19T00:00:00","modified_gmt":"2008-06-19T00:00:00","slug":"leurope-et-la-logique-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/19\/leurope-et-la-logique-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Europe et la logique de l&rsquo;Histoire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Europe et la logique de l&rsquo;Histoire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 juin 2008  Voici deux points de vue remarquables concernant le sort de l&rsquo;Europe et l&rsquo;attitude de la France. Les deux analystes sont deux personnalit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes, aux conceptions \u00e9galement diff\u00e9rentes ; leurs analyses diff\u00e8rent \u00e9galement, dans la forme et sur le fond ; pourtant, ils arrivent, sur un point essentiel, dans l&rsquo;esprit de la chose sans aucun doute, \u00e0 une proximit\u00e9 si remarquable qu&rsquo;elle nous para\u00eet significative. On dirait que cette similitude refl\u00e8te une attente, ou une exigence de l&rsquo;Histoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit de William Pfaff et de George Friedman (de <em>Stratfor.com<\/em>). Les deux hommes sont Am\u00e9ricains. Pfaff est plus historien qu&rsquo;analyste, Friedman plus analyste qu&rsquo;historien. Le premier est de tendance certainement lib\u00e9rale (au sens politique et am\u00e9ricain du terme) mais il se d\u00e9finit volontiers comme un gaulliste am\u00e9ricain \u00e0 cause de ses propres tendances souverainistes et il a sans aucun doute une perception d&rsquo;historien de la politique. Friedman est plus un analyste au sens anglo-saxon du terme, de tendance conservatrice et attentif aux facteurs d&rsquo;armement et de force, dirigeant une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;analyse (Stratfor) dont les proximit\u00e9s conservatrices, notamment du Pentagone, sont connues. Pfaff vit hors des USA (\u00e0 Paris) et il est, avec sa culture historique, l&rsquo;un des commentateurs am\u00e9ricains les plus aptes \u00e0 comprendre les affaires europ\u00e9ennes, et particuli\u00e8rement les affaires fran\u00e7aises; Friedman vit aux USA (au Texas, o\u00f9 se trouve le si\u00e8ge de Stratfor) et cultive une vision de strat\u00e8ge tr\u00e8s am\u00e9ricano-centr\u00e9e, plus attach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation th\u00e9oriques des forces qu&rsquo;\u00e0 celle des nuances historiques. Leurs diff\u00e9rences, \u00e0 partir d&rsquo;un tronc commun qui n&rsquo;a ainsi qu&rsquo;une importance relative, rend d&rsquo;autant plus significative la proximit\u00e9 d&rsquo;une de leurs conclusions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La courte <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/modules\/news\/article.php?storyid=322\" class=\"gen\">chronique<\/a> de William Pfaff mise en ligne sur son site (erron\u00e9ment \u00e0 la date du 12 juin,  il doit s&rsquo;agir du 17 juin) se veut surtout analytique. Elle ne pose pas de diagnostic sur l&rsquo;Europe apr\u00e8s le r\u00e9f\u00e9rendum irlandais mais le ton est tr\u00e8s peu optimiste. Elle observe ce que Pfaff consid\u00e8re certainement comme un ent\u00eatement destructeur, de la part des dirigeants europ\u00e9ens, de poursuivre dans la voie actuelle, et consid\u00e8re ce qu&rsquo;il juge \u00eatre les alternatives n\u00e9cessaire (nous soulignons les mots qui nous paraissent importants dans l&rsquo;analyse de Pfaff): \u00ab<em>No one seems willing to recall what has long been evident, that at least two and possibly three European unions are<\/em> <strong><em>wanted and needed.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPfaff envisage les deux possibilit\u00e9s actuellement consid\u00e9r\u00e9es. D&rsquo;une part, l&rsquo;actuelle situation, qui serait poursuivie et \u00e9largie sans limites, avec une ambition presque globale, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 vers un axe transatlantique, de l&rsquo;autre \u00e9ventuellement jusqu&rsquo;\u00e0 la Russie, voire jusqu&rsquo;au Moyen-Orient,  \u00ab<em>to include the Balkan non-members, Turkey, the ex-Soviet states Ukraine and Georgia, eventually Russia itself  and after that, who knows? Some see this as the great justification for European unification: the pacification of Europe and Eurasia, and even the Middle East, rescuing all from their histories<\/em>\u00bb. D&rsquo;autre part, l&rsquo;Europe \u00e0 deux vitesses, avec peut-\u00eatre jusqu&rsquo;\u00e0 12 pays \u00e0 partir du rassemblement originel, le reste \u00e9tant dans une zone g\u00e9n\u00e9rale de libre-\u00e9change. \u00ab<em>This would be two-speed Europe, at present unacceptable to most EU members.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;orientation actuelle est donc la traditionnelle pouss\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la pouss\u00e9e vers l&rsquo;Est et le Sud, comprend essentiellement la pouss\u00e9e vers l&rsquo;Ouest, pour un march\u00e9 transatlantique. (Du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, c&rsquo;est la th\u00e8se d&rsquo;Edouard Balladur, qui semble avoir le soutien de Sarkozy et \u00e0 laquelle nous nous sommes d\u00e9j\u00e0 r\u00e9f\u00e9r\u00e9: une union UE-USA avec une \u00e9galit\u00e9 de partenariat.) \u00ab<em>However it is a pipe-dream, because the United States is most unlikely ever to be willing to yield even the minimal element of sovereignty this association with major European states would require. Washington might allow the U.K. and some of the small Atlanticist European states into an enlarged version of the North American Free Trade Area, but might hesitate even at that, since the European members would very likely object to some of the economic and security rules the U.S. would demand.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e9sultat concret de cette orientation serait, pour l&rsquo;Europe, la mis\u00e9rable affaire que nous devinons chaque jour davantage: \u00ab<em>The last possibility is for the existing and enlarged Europe to continue as an integrated economy and trade zone, loosely associated with the United States in a subordinate role, but with no foreign policy or international personality of its own because of the conflicting interests and conceptions of its numerous members. This is where Europe seems headed now.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal du propos est que Pfaff introduit une option interm\u00e9diaire et, nous semble-t-il, assez nouvelle. Il nomme cette option l&rsquo;Europe avec un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, avec la particularit\u00e9 qu&rsquo;il y pourrait y en avoir deux<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>It certainly could not include the EU&rsquo;s 27 or 30 members, or even 15, and probably could not accept more than one of the traditional great powers as member. One imagines it with Germany as its core, and including Benelux (possibly without French-speaking Wallonia in Belgium), Austria, and quite possibly Scandinavia and Finland.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It is possible that a second, and parallel, integrated union could also take form, undoubtedly with a different telephone number. It would be composed of France, Spain and Italy, and would have an interventionist and active foreign policy, meant to weigh in world affairs. Spain and France were major imperial powers, Italy a minor one, but all are open to the non-European world, with attachments to the Middle East, Latin America and Africa.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Friedman donne son analyse en date du <a href=\"http:\/\/www.stratfor.com\/weekly\/problem_europe_0\" class=\"gen\">17 juin<\/a> en acc\u00e8s libre. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une longue analyse, qui d\u00e9veloppe la probl\u00e9matique europ\u00e9enne dans toute sa complexit\u00e9. Nombre de ces points de son analyse sont assez contestables, notamment dans les intentions politiques des principaux acteurs; notamment, lorsqu&rsquo;il observe \u00e0 propos du couple franco-allemand et de la volont\u00e9 de ces deux pays de cr\u00e9er une Europe politique, que son but serait de contr\u00f4ler les USA: \u00ab<em>It should be the equal of the United States in shaping the world. This isn&rsquo;t simply a moral position, but a practical one. The United States throws its weight around because it can, frequently harming Europe&rsquo;s interests. The French and Germans want to control the United States.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNon, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;analyse de Friedman est ailleurs, dans sa derni\u00e8re partie o\u00f9 il analyse la position et la politique fran\u00e7aise. Dans ce cas, il montre une certaine finesse historique, peut-\u00eatre assez inattendue. Il ne d\u00e9crit certainement pas la pens\u00e9e fran\u00e7aise actuelle, qui se r\u00e9duit \u00e0 foncer comme un taureau dans la voie sans issue d\u00e9crite par Pfaff, mais devine peut-\u00eatre des tendances plus profondes qui pourraient s&rsquo;imposer aux petits esprits en place, qui sont de faible r\u00e9sistance aux tendances historiques. Le passage sur la France vaut donc citation compl\u00e8te, apr\u00e8s avoir pr\u00e9cis\u00e9 que la conclusion pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 laquelle Friedman est arriv\u00e9e sur l&rsquo;Europe en g\u00e9n\u00e9ral (celle qui est actuellement en place) est celle-ci: \u00ab<em>There will be no collective European foreign or defense policy simply because the Europeans do not have a common interest in foreign and defense policy.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuis il encha\u00eene&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<strong><em>Paris Reads the Writing on the Wall<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The French have realized this most clearly. Once the strongest advocates of a federated Europe, the French under President Nicolas Sarkozy have started moving toward new strategies. Certainly, they remain committed to the European Union in its current structure, but they no longer expect it to have a single integrated foreign and defense policy. Instead, the French are pursuing initiatives by themselves. One aspect of this involves drawing closer to the United States on some foreign policy issues. Rather than trying to construct a single Europe that might resist the United States  former President Jacques Chirac&rsquo;s vision  the French are moving to align themselves to some degree with American policies. Iran is an example.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The most intriguing initiative from France is the idea of a Mediterranean union drawing together the countries of the Mediterranean basin, from Algeria to Israel to Turkey. Apart from whether these nations could coexist in such a union, the idea raises the question of whether France (or Italy or Greece) can simultaneously belong to the European Union and another economic union. While questions  such as whether North African access to the French market would provide access to the rest of the European Union  remain to be answered, the Germans have strongly rejected this French vision.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The vision derives directly from French geopolitical reality. To this point, the French focus has been on France as a European country whose primary commitment is to Europe. But France also is a Mediterranean country, with historical ties and interests in the Mediterranean basin. France&rsquo;s geographical position gives it options, and it has begun examining those options independent of its European partners.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The single most important consequence of the Irish vote is that it makes clear that European political union is not likely to happen. It therefore forces EU members to consider their own foreign and defense policies  and, therefore, their own geopolitical positions. Whether an economic union can survive in a region of political diversity really depends on whether the diversity evolves into rivalry. While that has been European history, it is not clear that Europe has the inclination to resurrect national rivalries.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>At the same time, if France does pursue interests independent of the Germans, the question will be this: Will the mutual interest in economic unity override the tendency toward political conflict? The idea was that Europe would moot the question by creating a federation. That isn&rsquo;t going to happen, so the question is on the table. And that question can be framed simply: When speaking of political and military matters, is it reasonable any longer to use the term Europe to denote a single entity? Europe, as it once was envisioned, appears to have disappeared in Ireland.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Divorce franco-allemand et la suite<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes originalit\u00e9s de ces deux propos sont nombreuses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, les deux auteurs s&rsquo;accordent \u00e0 consid\u00e9rer que l&rsquo;actuelle orientation (Europe \u00e0 27+, union transatlantique, etc.) est catastrophique. Pour Friedman, elle est morte, pour Pfaff elle conduit \u00e0 la suj\u00e9tion de l&rsquo;Europe aux USA. Dans tous les cas, l&rsquo;affaire irlandaise a d\u00e9finitivement mis en \u00e9vidence le vice de l&rsquo;orientation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les deux auteurs consid\u00e8rent que les rapports avec les USA sont pervertis, dans un sens ou l&rsquo;autre, s&rsquo;ils se placent dans le sch\u00e9ma actuel (Europe \u00e0 27+ cherchant un rapprochement avec les USA, ce qui est la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5196\" class=\"gen\">tendance<\/a> actuelle, y compris des Fran\u00e7ais bien entendu).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Enfin, les deux auteurs consid\u00e8rent que la seule possibilit\u00e9 d&rsquo;une Europe r\u00e9duite ayant une coh\u00e9sion politique forte et une politique \u00e0 mesure, parmi les myriades de formules envisag\u00e9es, est celle, r\u00e9duite, qui se forme autour de la France. (Pfaff, \u00e0 propos de la deuxi\u00e8me Europe avec un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, avec France, Italie et Espagne au moins, ouverte sur la M\u00e9diterran\u00e9e: \u00ab<em> and would have an interventionist and active foreign policy, meant to weigh in world affairs<\/em>\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les deux auteurs en viennent naturellement, Friedman avec l&rsquo;originalit\u00e9 d&rsquo;accorder toute son importance au projet d&rsquo;union m\u00e9diterran\u00e9enne de la France, \u00e0 envisager la s\u00e9paration du couple franco-allemand. Cela a la logique de s\u00e9parer deux conceptions oppos\u00e9es (l&rsquo;Europe int\u00e9gr\u00e9e, r\u00e9gionalis\u00e9e et politiquement d\u00e9sengag\u00e9e des Allemands, l&rsquo;Europe-puissance r\u00e9duite en nombre des Fran\u00e7ais). Friedman pose le plus nettement la question de savoir si une telle s\u00e9paration ne va pas faire rena\u00eetre l&rsquo;antagonisme franco-allemand que l&rsquo;Europe est cens\u00e9e avoir enterr\u00e9 \u00e0 tout jamais : \u00ab<em> Will the mutual interest in economic unity <\/em>[between France and Germany] <em>override the tendency toward political conflict?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes deux visions ont leurs originalit\u00e9s propres. On a vu celles de Friedman, \u00e0 laquelle il faut ajouter une vision tr\u00e8s tactique, et nullement id\u00e9ologique, du rapprochement entre la France et les USA,  faite pour servir les int\u00e9r\u00eats europ\u00e9ens des Fran\u00e7ais et nullement pour amarrer la France aux USA. Celle de Pfaff a l&rsquo;originalit\u00e9 de constater le divorce franco-allemand, avec la formation de deux rassemblements r\u00e9duits autour des deux pays, et l&rsquo;originalit\u00e9 r\u00e9gionale et tr\u00e8s actuelle de faire de la Belgique le point de rupture; dans son sch\u00e9ma, en effet, appara\u00eet implicitement l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00e9clatement de la Belgique, avec la Wallonie rejoignant la France et la Flandre rejoignant l&rsquo;association f\u00e9d\u00e9rale autour de l&rsquo;Allemagne. Pour les deux auteurs, les deux rassemblements se placent dans des conceptions politiques diam\u00e9tralement oppos\u00e9s, qui prennent en compte une \u00e9vidente r\u00e9alit\u00e9 que les Fran\u00e7ais ont toujours voulu se dissimuler: la conception non-politique et r\u00e9gionaliste de l&rsquo;Allemagne, contre la conception politique de puissance de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUtopie tout cela, <em>wishful thinking<\/em>? Eh bien non, \u00e0 notre sens,  plut\u00f4t logique historique, avec le constat r\u00e9aliste d&rsquo;une fondamentale incompatibilit\u00e9 d&rsquo;esprit et de conception entre Paris et Berlin, de l&rsquo;impossibilit\u00e9 de la poursuite du sch\u00e9ma actuel sinon \u00e0 voir l&rsquo;Europe totalement d\u00e9natur\u00e9e et r\u00e9duite \u00e0 la vassalisation, de la prise en compte de la grande incompatibilit\u00e9 existant entre Europe du Sud et Europe du Nord et la tendance naturelle de l&rsquo;Europe du Sud \u00e0 devenir la force impulsive d&rsquo;un rassemblement m\u00e9diterran\u00e9en qui retrouve l&rsquo;Histoire pass\u00e9e en inspirant l&rsquo;Histoire pr\u00e9sente,  ou en acceptant l&rsquo;inspiration historique pr\u00e9sente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes id\u00e9es sont totalement \u00e9trang\u00e8re aujourd&rsquo;hui aux \u00e9lites europ\u00e9ennes, surtout fran\u00e7aises, plus que jamais europ\u00e9istes, pro-anglo-saxonnes, pro-am\u00e9ricanistes id\u00e9ologiquement, adeptes de l&rsquo;Europe \u00e0 27+ et ainsi de suite. Mais que valent les conceptions de ces \u00e9lites, hors de l&rsquo;esprit de mode et d&rsquo;un conformisme de fer absolument ferm\u00e9? Rien, sans nul doute,  avec la r\u00e9serve que la m\u00e9diocrit\u00e9 est aujourd&rsquo;hui la vertu la plus ais\u00e9ment triomphante sans aucun doute si l&rsquo;on s&rsquo;en remet aux forces politiciennes, non-historiques en jeu. Donc, il ne faut pas trop compter sur les hommes, surtout en France. Mais il y a les \u00e9v\u00e9nements, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Histoire, qui fait tr\u00e8s vite ces hommes petits, leur restituant leur r\u00e9alit\u00e9 sans fard. Le fait est qu&rsquo;apr\u00e8s le non irlandais, la sauvegarde de la catastrophique orientation actuelle est de plus en plus malais\u00e9e, comme le note le <em>Guardian<\/em> <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2008\/jun\/19\/eu.france\" class=\"gen\">aujourd&rsquo;hui<\/a>, avec la marque symbolique de cette orientation, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5194\" class=\"gen\">d\u00e9j\u00e0<\/a> annonc\u00e9e, que Barroso commence \u00e0 \u00eatre mis en cause.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question, pour compl\u00e9ter Pfaff et Friedman, dont les analyses et les hypoth\u00e8ses ont effectivement le poids de la coh\u00e9rence historique, est de savoir si nous n&rsquo;arrivons pas \u00e0 un autre moment maistrien de l&rsquo;Europe. L&rsquo;effacement bienvenu des sc\u00e9l\u00e9rats selon Maistre, pour laisser l&rsquo;Histoire faire son travail avant de leur restituer leur place consistant \u00e0 ent\u00e9riner le nouveau courant historique, serait une chose bienvenue et enrichissante. La d\u00e9gradation de la crise irlandaise, malgr\u00e9 les certitudes initiales des sc\u00e9l\u00e9rats, est une chose qui va dans ce sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne derni\u00e8re note, significative, pour conclure: l&rsquo;absence compl\u00e8te du Royaume-Uni dans les sch\u00e9mas de nos deux auteurs, comme dans leurs textes en g\u00e9n\u00e9ral sinon d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement accessoire. Dont acte, sans trouver fondamentalement \u00e0 y redire. Dans l&rsquo;\u00e9tat actuel du pays, il faudrait au Royaume-Uni un Churchill en sens inverse dans ses orientations politiques pour peser d&rsquo;une fa\u00e7on constructive sur les affaires europ\u00e9ennes. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Europe et la logique de l&rsquo;Histoire 19 juin 2008 Voici deux points de vue remarquables concernant le sort de l&rsquo;Europe et l&rsquo;attitude de la France. 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