{"id":69980,"date":"2008-06-19T00:00:00","date_gmt":"2008-06-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/19\/lotan-qui-attend-la-france-ou-lotan-postmoderne\/"},"modified":"2008-06-19T00:00:00","modified_gmt":"2008-06-19T00:00:00","slug":"lotan-qui-attend-la-france-ou-lotan-postmoderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/06\/19\/lotan-qui-attend-la-france-ou-lotan-postmoderne\/","title":{"rendered":"L&rsquo;OTAN qui attend la France, ou l&rsquo;OTAN postmoderne"},"content":{"rendered":"<p><h3>L&rsquo;OTAN qui attend la France<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn France, le retour dans l&rsquo;OTAN est un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5203\" class=\"gen\">grand \u00e9v\u00e9nement<\/a>, diversement comment\u00e9, applaudi fi\u00e8vreusement par les uns, d\u00e9nonc\u00e9 comme une trahison par les autres. Cela vaut pour le symbole et pour l&rsquo;esprit de la bataille en cours en France, dont nous pensons qu&rsquo;elle tient beaucoup plus de la circonstance pol\u00e9mique et  paradoxalement  de la politique int\u00e9rieure que du fond du probl\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn retour dans l&rsquo;OTAN de la France a beaucoup moins de signification aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;hier (du temps o\u00f9 la France s&rsquo;en retira); il en a d&rsquo;autant moins que, techniquement, ce retour est quasiment effectu\u00e9 depuis 1990 par l&rsquo;addition de diff\u00e9rentes mesures techniques au cours des ann\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, il y a la question de savoir dans quelle OTAN revient la France. L&rsquo;Organisation a beaucoup chang\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans cette rubrique <em>Analyse<\/em> de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie<\/em> du 25 avril 2008, nous tra\u00e7ons un portrait de la situation de l&rsquo;OTAN aujourd&rsquo;hui. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une chose bien diff\u00e9rente que ce qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;OTAN en 1966, ou m\u00eame en 1989.<\/p>\n<h2 class=\"common-article\">L&rsquo;OTAN postmoderne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tCommen\u00e7ons,  une fois n&rsquo;est pas coutume, nous le jurons,  par nous citer.  Le 20 d\u00e9cembre 1991 se r\u00e9unissait \u00e0 Bruxelles le Conseil de Coordination de l&rsquo;Atlantique Nord. Pour la premi\u00e8re fois, des pays non-membres,  neuf pays de l&rsquo;ancien Pacte de Varsovie et de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est,  y assistaient. Dans notre num\u00e9ro (Volume 7, n\u00b09) du 25 janvier 1992, nous \u00e9crivions: \u00ab<em>Il appara\u00eet qu&rsquo;en ouvrant ses assises \u00e0 neuf pays de l&rsquo;ancien Est, m\u00eame sans en faire des membres effectifs, l&rsquo;OTAN installe ceux-ci comme des parties prenantes en son sein. D\u00e8s cette premi\u00e8re r\u00e9union, remarque encore notre source, ils se conduisaient comme des membres \u00e0 part enti\u00e8re.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e8s cette \u00e9poque, effectivement, au moins depuis le sommet de Londres de juillet 1990, on ne parlait que de hors-zone, d&rsquo;\u00e9largissement, voire de fuite en avant pour les plus sceptiques. Il ne s&rsquo;agissait de rien de moins que d&rsquo;une op\u00e9ration-survie, une fa\u00e7on de tenter de sauver l&rsquo;OTAN d&rsquo;une terrible l\u00e9thargie engendr\u00e9e par une soudaine absence de sens o\u00f9 elle semblait destin\u00e9e \u00e0 sombrer. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 certains \u00e9mettaient l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il y avait dans cette sauvegarde le ferment d&rsquo;un p\u00e9ril plus grand encore,  un rem\u00e8de pire que le mal?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab&#8230;<em>On appr\u00e9cie \u00e9galement qu&rsquo;il y a un v\u00e9ritable processus de dilution de l&rsquo;OTAN. Le processus engag\u00e9 au sommet de Londres, en juillet 1990, se poursuit et \u00e9chappe au contr\u00f4le de ceux qui l&rsquo;ont activ\u00e9.<\/em> [&#8230; Les] <em>Britanniques, plus chauds partisans de l&rsquo;OTAN dans sa forme classique, voient dans la situation actuelle une in\u00e9luctable \u00e9volution vers une transformation de substance. Mais de telles oppositions ne changent rien, dit une de nos sources \u00e0 l&rsquo;OTAN. La logique du processus actuel est trop forte.<\/em> [&#8230; Le] <em>processus devient pervers, explique encore notre source. Que peut devenir une OTAN \u00e0 23, puis \u00e0 plus de 30, et peut-\u00eatre au-del\u00e0? Elle devient une sorte d&rsquo;OCDE de la d\u00e9fense, avec des capacit\u00e9s et des responsabilit\u00e9s dilu\u00e9es dans les positions contradictoires. Et il n&rsquo;y a m\u00eame pas, comme \u00e0 l&rsquo;ONU, de votes pr\u00e9pond\u00e9rants et de droits de veto pour certains&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Seize ans plus tard, \u00e0 Bucarest&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCes notes remontant \u00e0 seize ann\u00e9es avant le sommet de Bucarest d\u00e9crivent un moment important de l&rsquo;alliance, qui est rarement rapport\u00e9 comme tel. Elles montrent combien, d\u00e8s la fin brutale de la Guerre froide, l&rsquo;orientation de l&rsquo;alliance fut fermement \u00e9tablie, dans l&rsquo;urgence des n\u00e9cessit\u00e9s. Il s&rsquo;agissait de l&rsquo;\u00e9largissement, de l&rsquo;agrandissement, d&rsquo;une sorte d&rsquo;universalisation de l&rsquo;OTAN. A cette \u00e9poque d\u00e9j\u00e0, les contacts pour une telle orientation ne se limitaient pas \u00e0 l&rsquo;Europe (l&rsquo;ancienne Europe de l&rsquo;Est), mais \u00e0 d&rsquo;autres pays hors de la zone, comme le Japon ou l&rsquo;Australie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut \u00e9galement observer  qu&rsquo;\u00e0 cette m\u00eame \u00e9poque, les Am\u00e9ricains \u00e9taient loin d&rsquo;\u00eatre dans une position d&rsquo;inspirateurs de l&rsquo;alliance. Certes, ils \u00e9taient partisans d&rsquo;explorer le processus qu&rsquo;on d\u00e9crit, qui deviendra celui de l&rsquo;\u00e9largissement, mais d&rsquo;une fa\u00e7on bien d\u00e9tach\u00e9e par rapport \u00e0 leurs pr\u00e9occupations centrales. Apr\u00e8s l&rsquo;euphorie de la guerre du Golfe et de la victoire du d\u00e9but 1991, les Am\u00e9ricains \u00e9taient tr\u00e8s rapidement tomb\u00e9s dans une situation de d\u00e9sarroi psychologique qu&rsquo;on a rappel\u00e9e par ailleurs dans notre Analyse du 10 mars 2008 (<em>1992 revisit\u00e9<\/em>). L&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tait que les USA, d&rsquo;abord \u00e0 cause d&rsquo;une situation \u00e9conomique difficile, ensuite et surtout \u00e0 cause d&rsquo;une sorte de profonde crise d&rsquo;identit\u00e9, allaient se replier dans une position de retrait qu&rsquo;on aurait pu qualifier de n\u00e9o-isolationnisme. On peut ais\u00e9ment avancer l&rsquo;argument que ce fut le cas jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;automne de 1995 (implication US dans la crise de l&rsquo;ex-Yougoslavie avec les accords de Dayton).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut interpr\u00e9ter alors cette tendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement, non pas initialement comme une id\u00e9e am\u00e9ricaine, mais, d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente malgr\u00e9 l&rsquo;apparence, comme une id\u00e9e otanienne (une id\u00e9e de l&rsquo;OTAN elle-m\u00eame, de l&rsquo;OTAN prise comme une bureaucratie). Si l&rsquo;on accepte cette hypoth\u00e8se historique, on est d&rsquo;autant plus conduit \u00e0 lire avec int\u00e9r\u00eat la rapide analyse de la situation de l&rsquo;OTAN publi\u00e9e le 2 avril par Novosti, puis reprise par UPI, par Alexander Khramchikhine, chef des analyses \u00e0 l&rsquo;Institut des Analyses Politiques et Militaires de Moscou. Khramchikhine attribue le processus de l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;OTAN beaucoup plus \u00e0 une dynamique bureaucratique qu&rsquo;\u00e0 une intention politique ou \u00e0 un sch\u00e9ma strat\u00e9gique quelconque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous aurions tendance \u00e0 \u00e9carter la proposition chronologique de Khramchikhine (\u00ab<em>The eastward extension of the bloc has entirely lost its military purpose, instead becoming an end in itself<\/em>\u00bb), puisque le rappel des circonstances de fin 1991 nous a permis d&rsquo;avancer l&rsquo;argument que l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;OTAN fut d\u00e8s l&rsquo;origine une fin en soi. Au reste, Khramchikhine lui-m\u00eame, qui semble se contredire ici ou, plut\u00f4t, ne pas oser aller jusqu&rsquo;au bout de son constat, admet effectivement cette analyse lorsqu&rsquo;il observe: \u00ab<em>NATO lost its original purpose in 1991. As any bureaucratic structure that loses its raison d&rsquo;\u00eatre will do, the bloc shifted its priorities to self-preservation.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e9crivant effectivement ce qu&rsquo;il suppose avoir \u00e9t\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit \u00e0 l&rsquo;origine de cette pouss\u00e9e d&rsquo;\u00e9largissement, d&rsquo;universalisation, et justement selon notre point de vue, Khramchikhine observe: \u00ab<em>From this point on, eastward expansion became the priority for the Brussels bureaucrats running the alliance  not for any security considerations, but because it provides them with a big job, for a long time. European security is no longer a priority, especially as nothing threatens it now. The new NATO members do not gain anything but the psychological satisfaction of belonging to the club of civilized nations and a soothing sense of security, even though they are safe as they are.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRetenons cette remarque sur la question de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne (personne ne la menace aujourd&rsquo;hui) et sur la satisfaction psychologique des nouveaux membres entrant dans ce club des nations civilis\u00e9es. Elle correspond assez justement \u00e0 la situation dont nous tentons de rendre compte. La remarque la plus int\u00e9ressante de Khramchikhine concerne le r\u00e9sultat de cette \u00e9volution au niveau de la puissance, au niveau de la capacit\u00e9 de ce qui est toujours pr\u00e9sent\u00e9 comme une alliance militaire,  et ce r\u00e9sultat est un affaiblissement consid\u00e9rable par rapport \u00e0 l&rsquo;origine&#8230; Les capacit\u00e9s militaires des pays-membres d&rsquo;origine ne cessent de se r\u00e9duire (la situation en Afghanistan est une d\u00e9monstration de cette situation). Les capacit\u00e9s militaires des nouveaux membres sont extr\u00eamement faibles et leur apport en termes de s\u00e9curit\u00e9 est n\u00e9gatif: un fardeau de s\u00e9curit\u00e9 plus grand pour l&rsquo;Alliance, avec un ridicule appoint par eux-m\u00eames en termes de capacit\u00e9s, \u00e0 un point o\u00f9 l&rsquo;on peut ais\u00e9ment avancer qu&rsquo;ils ne sont pas plus en s\u00e9curit\u00e9 au sein de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKhramchikhine \u00e9crit encore: \u00ab<em>NATO lives to grow. Military might matters no longer. Eastern European countries that joined NATO in 1999 and 2004 are powerless to protect even themselves. They are security consumers. Old and new NATO members are steadily reducing their armed forces, so it has ever smaller means to defend an ever larger area. Things will become still worse with the extremely weak Albanian and Macedonian armies.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette approche de la situation de l&rsquo;OTAN a bien entendu ceci de particulier qu&rsquo;elle  offre une autre interpr\u00e9tation de la substance de cette Organisation. A nouveau, nous allons un peu plus loin que Khramchikhine. De ce point de vue, l&rsquo;OTAN n&rsquo;est pas seulement un instrument d&rsquo;influence et de manipulation des USA, m\u00eame si elle l&rsquo;est effectivement dans une part importante. De ce point de vue, l&rsquo;OTAN n&rsquo;est pas seulement un <em>club of civilized nations<\/em> pour les nouveaux pays-membres. De ce point de vue, l&rsquo;OTAN existe <em>per se<\/em>, en tant que corps autonome. Bien entendu, il s&rsquo;agit d&rsquo;un corps bureaucratique, qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne classique de notre syst\u00e8me. Mais admettre cette identification conduit \u00e0 poser un nouveau regard sur l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<h3>L&rsquo;OTAN transform\u00e9 en un corps livr\u00e9 aux int\u00e9r\u00eats particuliers<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;y a pas de danger russe. Toute la machinerie de propagande atlantiste qui n&rsquo;a m\u00eame pas la vertu purement am\u00e9ricaniste de cr\u00e9er un monde virtualiste, ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;hyst\u00e9rie et \u00e0 la corruption psychologique h\u00e9rit\u00e9e du communisme des directions des nouveaux pays-membres d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est ne peut esp\u00e9rer ressusciter ce mythe du danger russe. Il n&rsquo;y a aucune assise historique et politique irr\u00e9sistible qui puisse donner quelque cr\u00e9dit \u00e0 cette hypoth\u00e8se.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe danger russe a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces par des groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat priv\u00e9s, \u00e0 la fois industriels et de communication, peinturlur\u00e9s d&rsquo;un vernis sommaire d&rsquo;id\u00e9ologie, depuis la fin des ann\u00e9es 1990. Le fait qu&rsquo;un des plus grands h\u00e9ros de cette entreprise soit un homme, l&rsquo;Am\u00e9ricain Bruce P. Jackson,  qui cumule un poste d&rsquo;influence chez les n\u00e9o-conservateurs, un pass\u00e9 d&rsquo;agent de renseignement de l&rsquo;U.S. Army, un pass\u00e9 si proche qu&rsquo;il est encore pr\u00e9sent de vice-pr\u00e9sident de Lockheed Martin et la fonction de lobbyiste en chef de diverses fondations et autres groupes de pression aupr\u00e8s des directions de la plupart des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, ce fait r\u00e9sume l&rsquo;\u00e9volution de la substance de l&rsquo;OTAN. Jackson est un homme de grande influence aupr\u00e8s de l&rsquo;OTAN. C&rsquo;est lui qui a supervis\u00e9 le contrat de 48 F-16 pour la Pologne, livr\u00e9s dans un \u00e9tat d\u00e9plorable par Lockheed Martin auquel Jackson voue une fid\u00e9lit\u00e9 exemplaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe m\u00eame, dirions-nous comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de la m\u00eame op\u00e9ration, est-ce un groupe semi-priv\u00e9, semi-officiel, agissant sous la houlette de John Bolton n&rsquo;agissant nullement \u00e8s-qualit\u00e9 (charg\u00e9 des questions de d\u00e9sarmement au d\u00e9partement d&rsquo;Etat) mais s&rsquo;en pr\u00e9valant tout de m\u00eame, qui lan\u00e7a en 2002, au cours d&rsquo;une tourn\u00e9e europ\u00e9enne, l&rsquo;id\u00e9e du d\u00e9ploiement d&rsquo;anti-missiles en Europe. Le sponsor de cette affaire, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, \u00e9tait bien plus le complexe militaro-industriel qu&rsquo;une strat\u00e9gie quelconque, assez divinatoire pour pr\u00e9voir d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;on serait plus tard sur le point de d\u00e9couvrir qu&rsquo;un jour peut-\u00eatre l&rsquo;Iran aurait des missiles, \u00e0 peu pr\u00e8s comme Saddam d\u00e9ployait alors (en 2002) des avions sans pilote ressemblant \u00e0 des maquettes d&rsquo;adolescent mais pourtant porteurs des plus graves menaces contre le continent nord-am\u00e9ricain. Tout cela n&rsquo;est pas s\u00e9rieux mais tout cela est tr\u00e8s s\u00e9rieux. Commentant la d\u00e9cision du sommet de Bucarest d&rsquo;accueillir favorablement le r\u00e9seau anti-missiles US comme une contribution \u00e0 la d\u00e9fense des pays de l&rsquo;OTAN contre les missiles balistiques, une source militaire belge de haut niveau qui a particip\u00e9 aux travaux techniques de l&rsquo;OTAN sur cette question pr\u00e9cise qu&rsquo;effectivement ce syst\u00e8me ne r\u00e9pond \u00e0 aucune logique strat\u00e9gique, qu&rsquo;il s&rsquo;agit purement et simplement d&rsquo;une \u00ab<em>entreprise industrielle du complexe militaro-industriel<\/em>\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;est form\u00e9 en effet en Europe, plut\u00f4t \u00e0 l&rsquo;Est, un conglom\u00e9rat d&rsquo;int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s, fait de fondations sans but lucratif mais en g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;origine US, d&rsquo;hommes-lige, de subventions du CMI et de l&rsquo;encouragement actif des dirigeants est-europ\u00e9ens, qui constitue d\u00e9sormais la force motrice de l&rsquo;OTAN. On y ajoutera tr\u00e8s vite, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour une entr\u00e9e rapide dans cette \u00e9quation et pour compl\u00e9ter le tableau, une solide dimension mafieuse que vont apporter d&rsquo;autres nouveaux membres sp\u00e9cialis\u00e9s dans la chose, ainsi que les techniques de la m\u00eame chose exp\u00e9riment\u00e9es et d\u00e9velopp\u00e9es par le Kosovo libre et ind\u00e9pendant qui semble devoir inspirer l&rsquo;OTAN plus que le contraire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi l&rsquo;OTAN est-elle en train de subir une transformation de substance qui passe inaper\u00e7ue. L&rsquo;essentiel du coeur de cette Organisation est un ensemble bureaucratique tr\u00e8s puissant mais qui a de moins en moins de direction ou d&rsquo;orientation politique pour ce qui concerne les affaires europ\u00e9ennes. Celles-ci ne sont plus en effet men\u00e9es que par le mouvement d&rsquo;\u00e9largissement qu&rsquo;on conna\u00eet, pour les causes qu&rsquo;on a vues, et la seule activit\u00e9 politique \u00e0 cet \u00e9gard est l&rsquo;affrontement,  qui s&rsquo;est largement pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 Bucarest,  entre ceux qui y poussent et ceux qui y r\u00e9sistent d\u00e9sormais. Cet affrontement politique se fait de plus en plus en-dehors des structures bureaucratiques, entre Etats-membres. Pour le reste, en Europe m\u00eame, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;orientation politique de l&rsquo;OTAN puisque, par ailleurs, il n&rsquo;y a plus de v\u00e9ritable probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 intrins\u00e8quement li\u00e9 \u00e0 la situation g\u00e9n\u00e9rale du continent. M\u00eame l&rsquo;aspect politique de la question des anti-missiles est une affaire qui se traite entre Etats-membres, hors des canaux de l&rsquo;Alliance (et la prise en compte du sommet de Bucarest n&rsquo;y changera rien). La seule dimension collective de cette affaire, on l&rsquo;a vu, concerne l&rsquo;activisme du complexe militaro-industriel et tout ce qui gravite autour.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi l&rsquo;aspect militaire et de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Alliance dispara\u00eet-il de plus en plus de la sc\u00e8ne europ\u00e9enne, laiss\u00e9e libre pour les activit\u00e9s parall\u00e8les qu&rsquo;on a d\u00e9crites. La chose est d&rsquo;autant plus compr\u00e9hensible que les moyens et ressources des pays de l&rsquo;OTAN sont extr\u00eamement limit\u00e9s et qu&rsquo;ils sont presque exclusivement r\u00e9serv\u00e9s au th\u00e9\u00e2tre ext\u00e9rieur. Ainsi en arrive-t-on au dernier point,  d\u00e9cisif, sans aucun doute,  de cette transformation de l&rsquo;OTAN. L&rsquo;activit\u00e9 purement militaire et de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Alliance a compl\u00e8tement d\u00e9sert\u00e9 l&rsquo;espace europ\u00e9en pour se concentrer sur les th\u00e9\u00e2tres ext\u00e9rieurs,  et m\u00eame, devrait-on dire, sur un th\u00e9\u00e2tre ext\u00e9rieur que tout le monde conna\u00eet bien puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;Afghanistan. Ainsi s&rsquo;ach\u00e8ve la transformation de l&rsquo;OTAN, telle qu&rsquo;on pouvait en distinguer les pr\u00e9misses d\u00e8s 1991, comme on l&rsquo;a rappel\u00e9 au d\u00e9but de cet article. Pour son territoire fondateur et fondamental, qui est l&rsquo;Europe et sa s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;OTAN est devenue inop\u00e9rante et a chang\u00e9 de substance. Les cons\u00e9quences ne sont pas spectaculaires parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de graves probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9, mais elles sont profondes. Pendant ce temps, effectivement, tout se joue \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>L&rsquo;Afghanistan, ou le pi\u00e8ge mortel de l&rsquo;OTAN<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe est donc que c&rsquo;est dans du hors-zone, hors de sa zone d&rsquo;action traditionnelle et fondamentale, que se joue le sort de l&rsquo;OTAN. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;Afghanistan, cette guerre paradoxale, d\u00e9sormais  devenue arch\u00e9typique, comme l&rsquo;Irak, de ce qu&rsquo;on nomme la guerre de 4\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (G4G), guerre asym\u00e9trique aux conditions r\u00e9volutionnaire. Une guerre o\u00f9 ni la victoire ni la d\u00e9faite ne semble possible, o\u00f9 le but de l&rsquo;adversaire (le soi-disant plus faible) semble \u00eatre d&rsquo;attirer et de fixer la puissance ext\u00e9rieure qui intervient dans une lutte \u00e9puisante qui la vide de ses forces diverses,  y compris, de ses propres forces de volont\u00e9 politique et de coh\u00e9sion interne. Ce dernier point est d&rsquo;autant plus essentiel que la volont\u00e9 politique et la coh\u00e9sion interne ont toujours form\u00e9 ce qu&rsquo;on pourrait d\u00e9signer comme le talon d&rsquo;Achille de l&rsquo;Alliance. C&rsquo;est plus que jamais le cas depuis que cette Alliance a subi la transformation que l&rsquo;on sait, depuis que les  activit\u00e9s qui en sont le fondement,  la s\u00e9curit\u00e9 et la capacit\u00e9 militaire,  ont quitt\u00e9 l&rsquo;espace fondamental de cette Alliance, o\u00f9 chacun jugeait son destin concern\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelle a \u00e9t\u00e9 la cons\u00e9quence de cette d\u00e9cision? Un simple mot suffit \u00e0 la r\u00e9ponse: l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9. Toute organisation, toute structure, toute individualit\u00e9 qui pr\u00e9tend au pouvoir et est charg\u00e9e d&rsquo;en user pour une mission, quels que soient ses caract\u00e8res et ses buts, doit \u00eatre investie d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9. Ses membres, ses constituants, ses mandants doivent reconna\u00eetre dans ce pouvoir une force qui les repr\u00e9sente et parle en leur nom, sans quoi cette force s&rsquo;av\u00e8re tr\u00e8s vite vide de substance et devient impuissante. C&rsquo;\u00e9tait le cas de l&rsquo;OTAN originelle. Qu&rsquo;on f\u00fbt ou non d&rsquo;accord avec ses buts, avec les m\u00e9thodes qu&rsquo;elle employait, avec les manipulations qu&rsquo;elle impliquait et les th\u00e8ses qu&rsquo;elle servait, avec les conditions m\u00eame de sa l\u00e9gitimit\u00e9 et les moyens employ\u00e9s pour l&rsquo;obtenir, il  reste que cette OTAN avait sa l\u00e9gitimit\u00e9. On comprend alors que la l\u00e9gitimit\u00e9 n&rsquo;est pas une vertu en soi ni m\u00eame un principe th\u00e9orique, mais que c&rsquo;est une r\u00e9alit\u00e9 bien terrestre, un verrou qu&rsquo;il faut savoir ouvrir, une clef qu&rsquo;il faut pouvoir tourner. (Bien s\u00fbr, si la l\u00e9gitimit\u00e9 ne peut \u00eatre tenue pour une vertu ou\/et pour un principe au sens o\u00f9 l&rsquo;entendent les moralistes et les philosophes, elle doit \u00eatre par contre tenue comme une vertu pratique indiquant le fonctionnement de la chose politique et un principe actif permettant son fonctionnement; en ce sens, vertu historique et principe historique, dans le sens le plus r\u00e9aliste possible.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette l\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;OTAN \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 une situation sp\u00e9cifique, qui \u00e9tait la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Europe. (L\u00e0 aussi, quoi qu&rsquo;on pense de cette situation sp\u00e9cifique, \u00e9ventuellement m\u00eame si l&rsquo;on pense qu&rsquo;elle \u00e9tait maquill\u00e9e \u00e0 dessein. Reste qu&rsquo;elle \u00e9tait per\u00e7ue dans le sens o\u00f9 on la d\u00e9crit.) Tant que la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne parut exiger l&rsquo;existence d&rsquo;une organisation comme l&rsquo;OTAN et que l&rsquo;OTAN r\u00e9pondit \u00e0 la protection de cette s\u00e9curit\u00e9, la l\u00e9gitimit\u00e9 subsista. Ce qu&rsquo;on a d\u00e9crit est l&rsquo;\u00e9rosion puis la disparition de cette l\u00e9gitimit\u00e9. L&rsquo;aventure afghane est le point d&rsquo;orgue du processus. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;engagement de l&rsquo;OTAN en Afghanistan n&rsquo;a aucune l\u00e9gitimit\u00e9 fondamentale. Il se fait hors de l&rsquo;espace l\u00e9gitime de l&rsquo;Alliance, pour des motifs dont le fondement n&rsquo;est en rien d\u00e9montr\u00e9. Il n&rsquo;est effectivement en rien d\u00e9montr\u00e9 que ce qui se passe (ce qui se passait au moment de l&rsquo;intervention) en Afghanistan menace la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;OTAN. La pol\u00e9mique \u00e0 ce propos est toujours active et montre la fragilit\u00e9 de l&rsquo;argument, qui repose sur des argumentations souvent poussives ou entach\u00e9es d&rsquo;affirmations contestables. Le comportement des Etats-membres de l&rsquo;OTAN, leurs r\u00e9ticences \u00e0 s&rsquo;engager, leur pusillanimit\u00e9 dans leur fa\u00e7on de combattre constituent une d\u00e9monstration convaincante \u00e0 cet \u00e9gard. <em>Dito<\/em> pour les conditions m\u00eames du combat, les difficult\u00e9s consid\u00e9rables de l&rsquo;Alliance, l&rsquo;absence flagrante d&rsquo;unit\u00e9 entre les divers pays de l&rsquo;OTAN sur les conditions de cette bataille. C&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;Afghanistan, bien loin de donner un nouvel \u00e9lan \u00e0 l&rsquo;OTAN, continue \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;\u00e9rosion de sa l\u00e9gitimit\u00e9, en la transformant en un instrument mercenaire ou un instrument de conqu\u00eate qui n&rsquo;est justifi\u00e9 par aucune cause fondamentale affectant la politique centrale des Etats-membres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus s&rsquo;ajoutent les conditions de la bataille, ce qu&rsquo;on nomme la fameuse G4G, que nous d\u00e9taillons par ailleurs dans notre rubrique Journal. L&rsquo;insucc\u00e8s \u00e9vident des formes de combat dont sont capables la majorit\u00e9 des pays de l&rsquo;Alliance, pire encore, le renforcement dont cette forme de bataille fait b\u00e9n\u00e9ficier l&rsquo;adversaire (en fait, une multitude d&rsquo;adversaires apparaissant \u00e0 mesure), interdisent la victoire de l&rsquo;OTAN alors que, par ailleurs, les conditions g\u00e9n\u00e9rales lui interdisent d&rsquo;accepter ce qui pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une d\u00e9faite. La d\u00e9l\u00e9gitimation de l&rsquo;OTAN se poursuit plus rapidement encore en Afghanistan: d\u00e9l\u00e9gitimation par le combat qu&rsquo;elle m\u00e8ne, sans victoire possible, d\u00e9l\u00e9gitimation si elle tentait de rompre le combat en reconnaissant de facto sa d\u00e9faite, donc en confirmant l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 de son intervention. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;aventure afghane est sans aucun doute le compl\u00e9ment naturel du processus de d\u00e9l\u00e9gitimation de l&rsquo;OTAN en Europe depuis la fin de la Guerre froide et sa transformation en une organisation aux buts douteux et aux pratiques de plus en plus li\u00e9es au d\u00e9sordre postmoderne tel qu&rsquo;il appara\u00eet \u00eatre de plus en plus: bureaucratie prolif\u00e9rante, \u00e9clatement du dessein initial au profit de groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, corruption v\u00e9nale et psychologique du complexe militaro-industriel, jusqu&rsquo;\u00e0 la possibilit\u00e9 de la prolif\u00e9ration de m\u00e9thodes mafieuses de certains nouveaux membres. Mais l&rsquo;aventure afghane est certainement le point (l&rsquo;abc\u00e8s) de fixation de cette situation. Elle est ce par quoi tout le reste est d&rsquo;autant plus mis en \u00e9vidence, elle est une d\u00e9monstration par l&rsquo;absurde de l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9sormais av\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;OTAN, donc de son destin d\u00e9sormais trac\u00e9 de la fin de soi.<\/p>\n<h3>L&rsquo;OTAN sur sa course finale: responsabilit\u00e9s et opportunit\u00e9s des uns et des autres<D><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe de la situation actuelle est que l&rsquo;effritement de la l\u00e9gitimit\u00e9, donc de l&rsquo;existence de l&rsquo;OTAN, est la d\u00e9monstration a contrario de la justesse de certaines observations US. Les plus extr\u00e9mistes des \u00e9lites US (Richard Perle) voudraient que l&rsquo;OTAN devienne une sorte d&rsquo;ONU arm\u00e9e, rempla\u00e7ant l&rsquo;ONU, bien s\u00fbr au profit des USA. Ils arguent que le d\u00e9clin de l&rsquo;ONU justifie ce projet. Le paradoxe est que la r\u00e9alit\u00e9 du d\u00e9clin de l&rsquo;OTAN perdant sa substance au profit d&rsquo;un faux renforcement montre que l&rsquo;OTAN est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 cette ONU qu&rsquo;ils voudraient qu&rsquo;elle soit. Mais l&rsquo;on comprend aussit\u00f4t la cause centrale du processus: c&rsquo;est bien le courant d\u00e9structurant, d\u00e9l\u00e9gitimant, que les USA ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es (pour eux-m\u00eames et pour les autres) qui est la cause du ph\u00e9nom\u00e8ne. Le renforcement m\u00eame de l&rsquo;OTAN constitue une des causes de cette d\u00e9structuration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce contexte, que certains croient en l&rsquo;opportunit\u00e9 de l&rsquo;OTAN comme d&rsquo;une plus-value fondamentale est confondant. C&rsquo;est le cas de certains chez les Fran\u00e7ais. Un rapprochement de la France de l&rsquo;OTAN, s&rsquo;il est plaid\u00e9 pour des raisons tactiques qui resteraient \u00e0 d\u00e9montrer, a certainement sa valeur propre. S&rsquo;il est consid\u00e9r\u00e9 comme une d\u00e9marche fondamentale pouvant amener un renforcement de la substance de la politique fran\u00e7aise, alors il r\u00e9v\u00e8le chez ceux qui con\u00e7oivent une telle chose un aveuglement bien singulier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais ce ne sont l\u00e0 que de vaines sp\u00e9culations. A notre sens, l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la d\u00e9gradation de l&rsquo;OTAN vers une situation de d\u00e9sordre et de chaos, comme le sommet de Bucarest en a montr\u00e9 les pr\u00e9misses, rendra la transformation de l&rsquo;OTAN en une masse en voie de d\u00e9composition bien plus rapide que la concr\u00e9tisation structurelle de projets de rapprochement ou d&rsquo;int\u00e9gration en elle. On ne s&rsquo;int\u00e8gre pas dans une masse g\u00e9latineuse en voie de d\u00e9composition.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;OTAN qui attend la France En France, le retour dans l&rsquo;OTAN est un grand \u00e9v\u00e9nement, diversement comment\u00e9, applaudi fi\u00e8vreusement par les uns, d\u00e9nonc\u00e9 comme une trahison par les autres. 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