{"id":70113,"date":"2008-08-18T01:31:37","date_gmt":"2008-08-18T01:31:37","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/08\/18\/un-desarroi-grand-comme-une-civilisation\/"},"modified":"2008-08-18T01:31:37","modified_gmt":"2008-08-18T01:31:37","slug":"un-desarroi-grand-comme-une-civilisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/08\/18\/un-desarroi-grand-comme-une-civilisation\/","title":{"rendered":"Un d\u00e9sarroi grand comme une civilisation"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Un d\u00e9sarroi grand comme une civilisation<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t18 ao\u00fbt 2008  Est-ce le pr\u00e9sident turc Abdullah G\u00fcl qui voit juste lorsqu&rsquo;il annonce que les USA doivent d\u00e9sormais envisager de partager leur pouvoir devant les nouvelles n\u00e9cessit\u00e9s du monde? \u00ab<em>A new world order, if I can say it, should emerge<\/em>\u00bb, dit-il dans son interview du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2008\/aug\/16\/turkey.usforeignpolicy\" class=\"gen\">16 ao\u00fbt<\/a> au <em>Guardian<\/em>. (Voir aussi notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_singuliere_position_de_la_turquie.html\" class=\"gen\">jour<\/a>.) Le journal de Londres pr\u00e9cise la pens\u00e9e du pr\u00e9sident turc en ces termes, qui d\u00e9crivent l&rsquo;importance de la crise russo-g\u00e9orgienne selon son point de vue: \u00ab<em>The conflict in Georgia, G\u00fcl asserted, showed that the United States could no longer shape global politics on its own, and should begin sharing power with other countries.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes observations de G\u00fcr constituent une des premi\u00e8res appr\u00e9ciations circonstanci\u00e9e et digne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;un dirigeant politique de ce que pourrait ou devrait \u00eatre la situation du monde apr\u00e8s la crise russo-g\u00e9orgienne,  lorsque la crise russo-g\u00e9orgienne sera finie, si elle finit avec nous sains et saufs En attendant, elle se poursuit et la marque principale de la situation politique, du c\u00f4t\u00e9 occidental, c&rsquo;est sans aucun doute le d\u00e9sarroi. Si l&rsquo;on suit G\u00fcr, ce d\u00e9sarroi serait l&rsquo;expression de la douleur de l&rsquo;accouchement du nouveau monde (\u00ab<em>A new world order, if I can say it, should emerge<\/em>\u00bb). L&rsquo;aspect remarquable de la crise russo-g\u00e9orgienne, et la marque de son importance, c&rsquo;est son \u00e9largissement constant \u00e0 partir des \u00e9v\u00e9nements de la crise elle-m\u00eame, \u00e0 partir de ce qu&rsquo;on aurait pu croire \u00eatre la fin de la crise elle-m\u00eame (le cessez-le-feu et tout ce qui s&rsquo;ensuit).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, depuis le 9-10 ao\u00fbt, on observe un processus de d\u00e9structuration de la situation, ou plut\u00f4t de dissolution des caract\u00e9ristiques de cette situation puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation d\u00e9structur\u00e9e elle-m\u00eame, du monde tel qu&rsquo;il \u00e9tait impos\u00e9 par la politique am\u00e9ricaniste depuis le 11 septembre 2001. Les acteurs principaux y tiennent leur r\u00f4le<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La prudence mesur\u00e9e avec n\u00e9cessit\u00e9 de garder tous les contacts avec les Russes des vieux Europ\u00e9ens (France et Allemagne principalement, mais aussi avec l&rsquo;Italie s&rsquo;affirmant proche des positions russes). Cette position des vieux Europ\u00e9ens ne se r\u00e9alise pas dans l&rsquo;all\u00e9gresse mais plut\u00f4t dans un \u00e9tat de pression tr\u00e8s inqui\u00e8te, tant il est manifeste qu&rsquo;elle rend compte, m\u00eame si inconsciemment ou avec des pincettes, de la grande fracture en cours que d\u00e9crit Abdullah G\u00fcl. Pour ces vieux Europ\u00e9ens, l&rsquo;\u00e9volution possible de la crise d\u00e9clenchant la mise en place d&rsquo;un <em>new world order<\/em> signifie n\u00e9cessairement, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, une mise en cause du tr\u00e8s confortable quoiqu&rsquo;assez peu honorable (on parle de la servilit\u00e9 europ\u00e9enne vis-\u00e0-vis des USA) <em>statu quo<\/em> qui caract\u00e9rise la sph\u00e8re transatlantique depuis 1945.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;inqui\u00e9tude fi\u00e9vreuse des nouveaux Europ\u00e9ens (Pologne, pays baltes) affirmant leur solidarit\u00e9 avec un pr\u00e9sident g\u00e9orgien en permanence au bord de la crise de nerfs,  et pour les meilleures raisons du monde, cette proximit\u00e9 de la crise de nerfs; ces nouveaux Europ\u00e9ens pressant d&rsquo;autre part les USA d&rsquo;affirmer une puissance que les USA n&rsquo;ont plus du tout,  dur apprentissage des r\u00e9alit\u00e9s du monde pour les nouveaux. Leur inqui\u00e9tude est compr\u00e9hensible parce que, en ce moment o\u00f9 il s&rsquo;engage plus que jamais dans un sch\u00e9ma de n\u00e9o-Guerre froide o\u00f9 ils auraient une place de choix, dans tous les sens du mot, ils se demandent si un <em>new world order<\/em> (G\u00fcr) n&rsquo;est pas en train d&rsquo;\u00e9merger o\u00f9 leur patron US n&rsquo;aurait pas du tout la place qu&rsquo;ils auraient cru lui voir occuper.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;activisme tardif, diplomatique et rien d&rsquo;autre, d&rsquo;une Am\u00e9rique qui n&rsquo;a plus les moyens de ses ambitions mais qui aimeraient faire subsister intactes ses ambitions. Pourtant, la r\u00e9alit\u00e9 des USA, c&rsquo;est qu&rsquo;elle ne prendra pas de risques outre mesure, risques qu&rsquo;elle n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs plus les moyens d&rsquo;assumer; la r\u00e9alit\u00e9 des USA, c&rsquo;est bien plus un Robert Gates annon\u00e7ant que les relations Russie-USA vont \u00eatre affect\u00e9es pendant des ann\u00e9es par la crise mais r\u00e9pondant \u00e0 une question d&rsquo;un journaliste : Il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;intervention militaire US en G\u00e9orgie, est-ce clair?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;\u00e9nigme russe, la Russie \u00e0 la fois vilipend\u00e9e par la machine de propagande occidentale,  autre nom donn\u00e9 en Occident au quatri\u00e8me pouvoir qu&rsquo;est la presse, qui joue son r\u00f4le d&rsquo;adjoint du pouvoir politique en l&rsquo;occurrence ,  \u00e0 la fois jouant un jeu \u00e9trange de retrait-avancement de ses forces en G\u00e9orgie, d&rsquo;occupation larv\u00e9e ou de retrait qui prend son temps, tout en affirmant qu&rsquo;elle est en train d&rsquo;appliquer les consignes de l&rsquo;accord de cessez-le-feu qu&rsquo;elle a  approuv\u00e9 puis sign\u00e9 semble-t-il,  mais l&rsquo;a-t-elle vraiment sign\u00e9 (oui c&rsquo;est fait depuis le 15 ao\u00fbt assure Medvedev au t\u00e9l\u00e9phone de son ami Nicolas, dit Sarko),  et de quel accord s&rsquo;agit-il, et que dit-il exactement cet accord? Et ainsi de suite, avec cet air d&rsquo;une confusion involontairement ou, apr\u00e8s tout, savamment et machiav\u00e9liquement entretenue.<\/p>\n<h3>De l&rsquo;humanitaire robuste aux t\u00eates nucl\u00e9aires<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais le fait est que, lorsque GW Bush durcit le ton (le 11 ao\u00fbt), comme disent nos gazetiers si obligeant \u00e0 la bonne diffusion de la bonne parole, c&rsquo;est certes pour annoncer qu&rsquo;il a donn\u00e9 aux forces arm\u00e9es US l&rsquo;ordre de lancer une mission robuste en G\u00e9orgie,  mais c&rsquo;est certes qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une mission humanitaire et de rien d&rsquo;autre. L&rsquo;USAF s&rsquo;arrange d&rsquo;ailleurs, par de multiples consultations avec les Russes, pour que ses C-17 passent sans encombre dans l&rsquo;espace a\u00e9rien g\u00e9orgien, marrie \u00e0 l&rsquo;avance de tout incident de parcours. On mesure alors que les temps changent. D\u00e9sormais, lorsqu&rsquo;un brave Premier ministre polonais signe avec un non moins brave haut fonctionnaire du d\u00e9partement d&rsquo;Etat un accord commandit\u00e9 par le Pentagone et par l&rsquo;industrie d&rsquo;armement US (<em>business as usual<\/em>) pour quelques missiles anti-missiles opportun\u00e9ment anti-iraniens, c&rsquo;est pour s&rsquo;entendre dire par l&rsquo;ambassadeur russe \u00e0 l&rsquo;OTAN Rogozine que ce beau syst\u00e8me n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un <a href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/world\/20080815\/116072240.html\" class=\"gen\">chat crev\u00e9<\/a>,  et par un g\u00e9n\u00e9ral russe que son pays risque d\u00e9sormais une attaque nucl\u00e9aire, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2008\/aug\/15\/russia.poland.nuclear.missiles.threat\" class=\"gen\"> \u00e0 100%<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Russia&rsquo;s deputy chief of staff turned on Warsaw and said it was vulnerable to a Russian rocket attack because of Thursday&rsquo;s pact with the US on the missile defence project. By deploying, Poland is exposing itself to a strike  100%, warned Colonel General Anatoly Nogovitsyn. He added that Russia&rsquo;s security doctrine allowed it to use nuclear weapons against an active ally of a nuclear power such as America.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes ne font plus dans le d\u00e9tail. Cela peut ne pas nous plaire, avec moult raisons, et l&rsquo;on peut d\u00e9plorer une certaine rudesse, une attitude un peu cavali\u00e8re avec la fameuse l\u00e9galit\u00e9 internationale (<em>well, old chap<\/em>, qui t&rsquo;a fait roi?). Il faut observer que nous avons bien pr\u00e9par\u00e9 le terrain \u00e0 la chose, en les traitant plus qu&rsquo;\u00e0 leur tour comme des chiens crev\u00e9s. En un sens, nous sommes \u00e0 l&rsquo;heure des comptes, parce que l&rsquo;alternative c&rsquo;est tr\u00e8s vite la perspective d&rsquo;un affrontement avec une puissance dont tout le monde commence \u00e0 se rappeler sans le dire tout haut qu&rsquo;elle dispose actuellement d&rsquo;un tout petit peu plus de 7.300 t\u00eates nucl\u00e9aires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9sarroi occidental, que chaque parti exprime \u00e0 sa fa\u00e7on, c&rsquo;est bien celui d&rsquo;une position renti\u00e8re h\u00e9rit\u00e9e de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et pouss\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 des extr\u00eames extravagants par la folie am\u00e9ricaniste conduite par une logique de syst\u00e8me marchand et bureaucratique, complexe militaro-industriel en t\u00eate, cette position soudain mise en question avec les arguments les plus brutaux et les plus contraignants. Le confort n&rsquo;est plus de mise, la crise irakienne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 c&rsquo;\u00e9tait du nanan puisqu&rsquo;on ne tuait que des Irakiens. (Pardonnez-nous cette rudesse du propos mais c&rsquo;\u00e9tait bien le fond de leur pens\u00e9e confortable.) Ils sonnent vrais et justes, les g\u00e9missements d&rsquo;un Saakachvili au bord de la crise de nerfs, lors de sa conf\u00e9rence de presse du <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/2008\/08\/15\/georgia-signs-cease-fire_n_119174.html\" class=\"gen\">15 ao\u00fbt<\/a>, au c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une Rice rentr\u00e9e paresseusement de vacances: \u00ab<em>Even as Rice stood with Georgian President Mikhail Saakashvili in a show of solidarity, he asked, Who invited the trouble here? Who invited this arrogance here? Who invited these innocent deaths here? Shaky and near tears following a difficult, nearly five-hour meeting with her, Saakashvili answered his own question: Not only those people who perpetrate them are responsible, but also those people who failed to stop it.<\/em>\u00bb Effectivement, les Russes sont responsables certes, mais aussi ces gens qui ne purent ni ne voulurent les arr\u00eater,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, les USA en premier, ma ch\u00e8re Condi, et tous les autres, les suivistes des r\u00e9unions bon chic bon genre et \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 servile de l&rsquo;OTAN. L&rsquo;inattendu Saakachvili nous dit quelques bonnes v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes pass\u00e9s, en quelques jours, au bruit et \u00e0 l&rsquo;odeur puante des chars T-80 de la 58\u00e8me arm\u00e9e russe, de la <em>faith-based community<\/em> \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 terrible et r\u00e9volt\u00e9e du monde. Sortie de virtualisme, rien d&rsquo;autre mais rien de moins Pendant ce temps, McCain clame, avec une incroyable ing\u00e9nuit\u00e9, \u00ab<em>We are All Georgians<\/em>\u00bb,  sans bouger le petit doigt et avec les mains propres, on s&rsquo;en doute, lui toujours dans le virtualisme compl\u00e8tement localis\u00e9e des \u00e9lections US. Dans son commentaire du <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/pat\/?articleid=13305\" class=\"gen\">15 ao\u00fbt<\/a>, Patrick J. Buchanan note justement, cette parole d&rsquo;or d&rsquo;un connaisseur: \u00ab<em>Americans have many fine qualities. A capacity to see ourselves as others see us is not high among them.<\/em>\u00bb (A peu pr\u00e8s: Les Am\u00e9ricains ont beaucoup de qualit\u00e9s, mais certainement pas celle de se mettre \u00e0 la place des autres pour voir les Am\u00e9ricains comme les autres voient les Am\u00e9ricains.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes en G\u00e9orgie, c&rsquo;est une trag\u00e9die de plus de notre histoire agit\u00e9e, et certainement pas la pire. Mais c&rsquo;est bien autre chose. C&rsquo;est, soudain, l&rsquo;Occident am\u00e9ricaniste et am\u00e9ricanis\u00e9e mis devant un miroir et forc\u00e9 \u00e0 se contempler. Le spectacle est, somme toute, int\u00e9ressant, pour nous qui contemplons la chose en train de se contempler.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCar il est vrai que, par instant, l&rsquo;on commence vraiment \u00e0 paniquer. Lisez le <em>Times<\/em> de Londres, c&rsquo;est int\u00e9ressant. Compl\u00e8tement neocon, \u00e0 l&rsquo;image de son patron Rupert Murdoch, visc\u00e9ralement et hypocritement anti-russe au-del\u00e0 de tout, mais parfois, d\u00e9sormais, avec un frisson de lucidit\u00e9 car le <em>Times<\/em> reste britannique. Au milieu de l&rsquo;avalanche de propagande, lisez l&rsquo;article du <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/comment\/columnists\/guest_contributors\/article4525885.ece\" class=\"gen\">15 ao\u00fbt<\/a>, de Michael Binyon d\u00e9crivant, le souffle coup\u00e9, la fa\u00e7on dont le ma\u00eetre Poutine, joueur d&rsquo;\u00e9checs au regard glac\u00e9, a mis l&rsquo;Ouest \u00e9chec et mat (\u00ab<em>Vladimir Putin&rsquo;s mastery checkmates the West<\/em>\u00bb); puis, un jour plus tard, le <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/news\/world\/europe\/article4543775.ece\" class=\"gen\">16 ao\u00fbt<\/a>, la tr\u00e8s rapide analyse de Richard Beeston, qui exprime un sentiment qui commence \u00e0 se r\u00e9pandre \u00e0 Londres: \u00ab<em>A catastrophe in the making<\/em>\u00bb..<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sentiment de la catastrophe, \u00e0 consid\u00e9rer l&rsquo;agenda des semaines et des mois \u00e0 venir, notamment la voie o\u00f9 s&rsquo;est engag\u00e9e l&rsquo;OTAN, qui sera sans doute absurdement confirm\u00e9e car la vaniteuse et satisfaite civilisation occidentale ne recule jamais dans son entreprise de d\u00e9mocratisation des barbares des franges ext\u00e9rieures, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Ukraine bien entendu : \u00ab<em>If the West was surprised by the ferocity of Russia&rsquo;s action in Georgia, the struggle over Ukraine will be far more intense. Many Russians regard their western neighbour as part of their homeland, a view shared by many Russian-speaking Ukrainians. Moscow and Kiev are already locked in a bitter dispute about the future of the Black Sea Fleet base at Sevastopol. Nato membership would exacerbate the row. Any outbreak of violence could have huge repercussions.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est-\u00e0-dire, observe Beeston, effar\u00e9, \u00e0 partir de la crise g\u00e9orgienne agissant comme un d\u00e9tonateur, un incendie qui ne s&rsquo;arr\u00eaterait plus: \u00ab<em>This conflict threatens to trigger a struggle that, if badly handled, could consume an entire continent.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien, nous ne partageons pas n\u00e9cessairement cette sombre appr\u00e9ciation de notre destin pour les semaines et les mois \u00e0 venir. Nous serions plut\u00f4t pour un m\u00e9lange de G\u00fcr, qui commen\u00e7ait notre propos, et de Beeston, qui le termine. Nous pensons \u00e9galement, plut\u00f4t que d&rsquo;applaudir \u00e0 une extraordinaire performance de Poutine dans la crise g\u00e9orgienne comme fait Binyon, que cette crise est surtout, voire exclusivement pour son fondement due \u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 de la politique occidentaliste sous inspiration am\u00e9ricaniste, qui empile partout des puissances agressives sans leur donner aucun moyen de r\u00e9aliser leurs objectifs; c&rsquo;est elle qui enfanta Saakachvili, qui l&rsquo;arma et qui l&rsquo;\u00e9quipa, qui lui donna l&rsquo;illusion de puissance qui le conduisit \u00e0 sa grossi\u00e8re erreur du 7 ao\u00fbt, et c&rsquo;est elle, bien entendu, qui ne fit rien pour tenir la promesse implicite de soutien qu&rsquo;elle lui avait faite. Les circonstances op\u00e9rationnelles et la r\u00e9solution politique font que la Russie \u00e9tait absolument pr\u00eate \u00e0 saisir l&rsquo;occasion qui s&rsquo;offrait \u00e0 elle. Elle la saisit. L&rsquo;affaire g\u00e9orgienne est beaucoup plus une d\u00e9faite majeure de la politique am\u00e9ricaniste qu&rsquo;une victoire de la politique russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl reste que cette circonstance dramatique \u00e9tablit de nouvelles conditions, \u00e9galement dramatiques, qui peuvent justifier certains aspects de la vision apocalyptique de Beeston,  de son point de vue d&rsquo;atlantiste, sans aucun doute, mais gardant \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un point de vue, qui implique une politique bien pr\u00e9cise. Il reste que le moment est sans aucun doute historique. En un sens qui paraphrase le soldat-po\u00e8te Alan Deere \u00e0 Verdun, nous avons rendez-vous avec l&rsquo;Histoire (Alan Deere, lui, \u00e9crivait qu&rsquo;il avait rendez-vous avec la mort, et qu&rsquo;il ne manquerait pas ce rendez-vous, fid\u00e8le \u00e0 la parole donn\u00e9e,  ce qui fut fait car, en ce temps-l\u00e0, on avait encore une parole). Nous rencontrons la trag\u00e9die du monde, avec toutes ses inconnues et ses incertitudes terribles,  mais tout, tout vaut mieux que les \u00e9pouvantables mensonges, que le conformisme collant comme du miel, que la fermeture de l&rsquo;esprit de cette intoxication mortelle de la psychologie qu&rsquo;est leur virtualisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un d\u00e9sarroi grand comme une civilisation 18 ao\u00fbt 2008 Est-ce le pr\u00e9sident turc Abdullah G\u00fcl qui voit juste lorsqu&rsquo;il annonce que les USA doivent d\u00e9sormais envisager de partager leur pouvoir devant les nouvelles n\u00e9cessit\u00e9s du monde? \u00abA new world order, if I can say it, should emerge\u00bb, dit-il dans son interview du 16 ao\u00fbt au&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-70113","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70113"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70113\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}