{"id":70149,"date":"2008-08-29T18:48:15","date_gmt":"2008-08-29T18:48:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/08\/29\/la-chine-en-enfer-pillages-et-genocides-blancs\/"},"modified":"2008-08-29T18:48:15","modified_gmt":"2008-08-29T18:48:15","slug":"la-chine-en-enfer-pillages-et-genocides-blancs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/08\/29\/la-chine-en-enfer-pillages-et-genocides-blancs\/","title":{"rendered":"La Chine en enfer : pillages et g\u00e9nocides blancs"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La Chine en enfer : pillages et g\u00e9nocides blancs <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tpar Michel Tibon-Cornillot, \u00e9crivain (voir la premi\u00e8re partie sur notre site, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_guerres_de_l_opium_ou_l_ecrasement_de_la_chine_10_08_2008.html\" class=\"gen\">10 ao\u00fbt 2008<\/a>) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Nous avons suivi les \u00e9v\u00e9nements provoqu\u00e9s par le banditisme anglo-saxon et la d\u00e9cision chinoise de faire respecter sa l\u00e9gislation interdisant l&rsquo;introduction frauduleuse de l&rsquo;opium par les marchands-pirates anglais. La Chambre des Communes accepta de d\u00e9clarer la guerre \u00e0 la Chine parce que le gouverneur Lin avait fait d\u00e9truire 20000 caisses d&rsquo;opium. La pr\u00e9paration de cette guerre fut suivie attentivement par les \u00ab\u00e9lites\u00bb politiques et intellectuelles europ\u00e9ennes ; ils leur fallait prendre position \u00e0 propos de ce m\u00e9lange explosif de clivage puritain et du cynisme vulgaire qui amenait le plus grand Etat moderne \u00e0 se pr\u00e9senter officiellement en tant que producteur et pourvoyeur de drogues.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDeux mois apr\u00e8s avoir obtenu le feu vert des Communes, la campagne militaire commen\u00e7a et tr\u00e8s vite, \u00e0 la mi-juin 1840, l&rsquo;exp\u00e9dition de vingt navires de guerre et quatre mille soldats, command\u00e9e par Sir James Gordon Bremer (1) atteignit l&rsquo;estuaire de la rivi\u00e8re des Perles. D\u00e9but juillet, les Anglais d\u00e9barqu\u00e8rent dans l&rsquo;\u00eele de Chusan, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la baie de Hangzhu et bombard\u00e8rent la ville de Tin-Hai, faisant des centaines de morts. Ils se livr\u00e8rent ensuite \u00e0 des pillages accompagn\u00e9s d&rsquo;actes de barbarie (2). Compl\u00e8tement inconscient de la sup\u00e9riorit\u00e9 militaire \u00e9crasante des anglais, l&#8217;empereur rejeta les exigences anglaises pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 la convention de Chuenpi de janvier 1841. Les hostilit\u00e9s reprirent et les Anglais occup\u00e8rent Canton qui dut payer six millions de dollars pour le remboursement des vingt mille caisses d\u00e9truites par Lin ; cette occupation accompagn\u00e9e de nouveaux pillages et actes de barbarie s&rsquo;av\u00e9ra pourtant plus dangereuse que ne le pensaient les Anglais car, en mai 1841, des milliers de paysans chinois arm\u00e9s de piques et de faux encercl\u00e8rent les troupes anglaises du corps exp\u00e9ditionnaire et les auraient mises en charpie si elles n&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es par une intervention des mandarins compradores. Shanghai fut prise et pill\u00e9e \u00e0 la mi-juin 1841; ces combats dur\u00e8rent jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9faite chinoise de Ningpo. Le trait\u00e9 de Nankin du 29 ao\u00fbt 1842 mit fin \u00e0 cette premi\u00e8re guerre de l&rsquo;opium. Il se r\u00e9v\u00e9la catastrophique pour la Chine qui devait indemniser l&rsquo;Angleterre \u00e0 hauteur de vingt et un millions de dollars pour les frais de l&rsquo;exp\u00e9dition et de la destruction des caisses dont la valeur, entre temps, avait \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9e. La Chine devait aussi ouvrir cinq ports aux navires britanniques. Le monopole du Co-Hong \u00e9tait aboli et enfin, l&rsquo;\u00eele de Hong-Kong devenait territoire britannique. Le \u00abn\u00e9gociateur\u00bb britannique Pottinger rejeta l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un contr\u00f4le chinois sur l&rsquo;importation de l&rsquo;opium et la possibilit\u00e9, pour la police chinoise de condamner les contrebandiers. Le trafic reprit donc plus fort que jamais, lib\u00e9r\u00e9 des derni\u00e8res contraintes. \u00abEn fait, le trait\u00e9 ne faisait qu&rsquo;\u00e9noncer ainsi des principes sur lesquels il fallait b\u00e2tir le syst\u00e8me qu&rsquo;on appellerait r\u00e9gime des trait\u00e9s in\u00e9gaux ; il faudrait de nouvelles \u00abn\u00e9gociations\u00bb et une nouvelle guerre pour le voir d\u00e9finitivement s&rsquo;installer alors que le commerce de l&rsquo;opium se d\u00e9velopperait encore plus \u00bb (3). C&rsquo;est alors que les Occidentaux chr\u00e9tiens, catholiques et protestants pour une fois unis, apport\u00e8rent l&rsquo;enfer au peuple chinois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa suite de cette histoire est celle du surgissement de la meute occidentale et du d\u00e9pe\u00e7age de la Chine. En 1856, la police chinoise arr\u00eata \u00e0 Canton, l&rsquo;Arrow, sous pavillon britannique ; les autorit\u00e9s chinoises ayant refus\u00e9 de donner des excuses, une campagne franco-anglaise commence. La France en effet, qui avait des ambitions en Indochine, prend pr\u00e9texte de l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un missionnaire catholique pour intervenir : le pr\u00e9texte \u00e9tait de demander la libre activit\u00e9 des pr\u00eatres catholiques. Les alli\u00e9s op\u00e8rent autour de Canton puis se dirigent vers la capitale. En 1858, un nouveau trait\u00e9 est sign\u00e9 \u00e0 Tianjin ; onze nouveaux ports sont ouverts et les missionnaires protestants et catholiques peuvent librement pr\u00eacher leur abominable \u00abmessage d&rsquo;amour\u00bb. Les alli\u00e9s et particuli\u00e8rement les Fran\u00e7ais, impos\u00e8rent pour chaque r\u00e9gion et chaque ville les quantit\u00e9s de caisses d&rsquo;opium et le nombre de missionnaires qui devaient y \u00eatre admis. A la suite de quelques r\u00e9voltes sporadiques, P\u00e9kin est pill\u00e9e en 1860 et finit par accepter l&rsquo;ensemble des mesures du trait\u00e9 de Tianjin. Au mois d&rsquo;octobre 1860, le Palais d&rsquo;Et\u00e9 des empereurs de Chine est pill\u00e9, saccag\u00e9 puis br\u00fbl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;issu d&rsquo;une exp\u00e9dition militaire franco-anglaise. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes diff\u00e9rents affrontements qui auront lieu par la suite se solderont \u00e0 chaque fois par la d\u00e9faite de l&#8217;empire chinois et l&rsquo;accroissement de la mainmise occidentale sur le pays. La Chine est alors infest\u00e9e par des concessions \u00e9trang\u00e8res qui imposent leurs lois. La plus connue est celle de Shanghai. La perte de la souverainet\u00e9 accompagne donc l&rsquo;histoire de ce pays : faut-il rappeler par exemple que les droits de douane limit\u00e9s \u00e0 5% sont collect\u00e9s pour le compte de P\u00e9kin par une administration sp\u00e9ciale, les douanes imp\u00e9riales de Chine dont le personnel dirigeant est enti\u00e8rement \u00e9tranger, son chef d\u00e9tenant une autorit\u00e9 de fait consid\u00e9rable. Cette situation se d\u00e9gradera encore malgr\u00e9 toutes les tentatives des \u00e9lites chinoises pour moderniser la Chine et pour \u00e9tablir un statu quo amical avec les Occidentaux. La France entame alors la conqu\u00eate du Tonkin et entre en guerre contre la Chine en 1884 ; elle occupe Formose (Taiwan) et les provinces du sud. La cur\u00e9e continue apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec de la r\u00e9volte des boxeurs : chaque nation obtient le droit exclusif sur des provinces enti\u00e8res d&rsquo;\u00e9difier des usines, lever l&rsquo;imp\u00f4t, construire des chemins de fer, \u00e9tablir des bases militaires permanentes. A la Russie, le nord-est avec la Mandchourie, \u00e0 l&rsquo;Allemagne, la p\u00e9ninsule de Shandong, Weihaiwei pour l&rsquo;Angleterre, \u00e0 la France, Guangzhuwan dans le sud du pays. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut ici faire une pause en se rappelant que de 1842 \u00e0 1948, les \u00e9valuations oscillent entre cent et cent cinquante millions de chinois, victimes des occupation occidentales et japonaises ainsi que des seigneurs de la guerre entretenus par les occupants (famines, guerres, travail forc\u00e9, r\u00e9pressions des r\u00e9voltes Tai Ping (4), de la r\u00e9volte des boxers (5). De nombreuses recherches sont venues corroborer, voire amplifi\u00e9es ces estimations. A cet \u00e9gard, le travail de Mike Davis \u00abG\u00e9nocides tropicaux \u00bb (6) est l&rsquo;un des plus complets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;arraisonnement et la mise \u00e0 sac de la Chine, l&rsquo;asservissement du peuple vont s&rsquo;accompagner d&rsquo;un \u00e9trange ph\u00e9nom\u00e8ne, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;intoxication quasi suicidaire des Chinois, intoxication massive induite et mise en sc\u00e8ne par les Etats et les entreprises occidentales. Nous en \u00e9tions rest\u00e9, \u00e0 la veille de la premi\u00e8re guerre de l&rsquo;opium \u00e0 l&rsquo;introduction de 3 200 tonnes d&rsquo;opium (40.000 caisses environ). Au cours des ann\u00e9es 1850, la moyenne s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 68.000 caisses soit \u00e0 peu pr\u00e8s 5 440 tonnes, puis 6 500 tonnes en 1880. Mais ces chiffres ne rendent pas compte de la production int\u00e9rieure chinoise mise en place avec l&rsquo;aide des conseillers occidentaux, production qui fut longtemps difficile \u00e0 estimer mais dont les premi\u00e8res analyses s\u00e9rieuses faites \u00e0 partir de 1901 par le consul de France \u00e0 Shanghai (7)  permettent d&rsquo;affirmer qu&rsquo;elle d\u00e9passait les 15 000 tonnes auxquelles il fallait ajouter les 7 000 tonnes d&rsquo;opium  import\u00e9. Le <em>London and China Telegraph<\/em>, journal de Shanghai il est vrai, tr\u00e8s favorable aux importateurs indiens, comparant les deux opiums, l&rsquo;opium indien et l&rsquo;opium national, estimait que \u00abla culture indig\u00e8ne donnait une quantit\u00e9 huit \u00e0 dix fois sup\u00e9rieure \u00e0 celle issue de l&rsquo;importation\u00bb (8).  Selon le m\u00eame journal, on obtient pour l&rsquo;ann\u00e9e 1905 des chiffres oscillant entre 27.605 et 34.506 tonnes correspondant \u00e0 des importations moyennes de 3.450 tonnes. La consommation totale d&rsquo;opium, au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 1905, devait \u00eatre donc estim\u00e9e \u00e0 37.956 tonnes, soit pour une population de 432 millions d&rsquo;habitants, une consommation moyenne de 87 grammes d&rsquo;opium par personne. Toujours selon le m\u00eame journal, si l&rsquo;on retire de ce chiffre les femmes et les enfants qui ne fument pas d&rsquo;opium, on peut consid\u00e9rer en premi\u00e8re approximation qu&rsquo;un tiers de la population \u00e9tait intoxiqu\u00e9, soit 144 millions de personnes. La moyenne annuelle de consommation d&rsquo;opium par t\u00eate devait s&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 263 grammes. L&rsquo;analyste du journal remarquait cependant que certains fumaient beaucoup plus que d&rsquo;autres, quinze \u00e0 vingt grammes par jours pour les intoxiqu\u00e9s majeurs. En tenant compte des populations paysannes de l&rsquo;int\u00e9rieur qui ne fumaient pas, le chiffre avanc\u00e9 pour l&rsquo;ann\u00e9e 1905 par le <em>London and China Telegraph<\/em> \u00e9tait d&rsquo;une vingtaine de millions d&rsquo;intoxiqu\u00e9s majeurs. La majorit\u00e9 des historiens de cette p\u00e9riode accepte une \u00e9valuation du nombre des opiomanes dans une fourchette comprise entre 50 et 80 millions de personnes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me est si grave que les missionnaires chr\u00e9tiens qui \u00e9taient entr\u00e9s en Chine sous la protection des canonni\u00e8res et accompagn\u00e9s par les caisses d&rsquo;opium commenc\u00e8rent \u00e0 s\u00e9rieusement s&rsquo;inqui\u00e9ter. Leur \u00abmessage d&rsquo;amour\u00bb se heurtait \u00e0 des masses de coolies et de pauvres h\u00e8res h\u00e9b\u00e9t\u00e9s par l&rsquo;opium ; ils comprirent, pour certains d&rsquo;entre eux, l&rsquo;\u00e9tendue du d\u00e9sespoir que provoquait leur pr\u00e9sence d\u00e9test\u00e9e et voulurent faire conna\u00eetre ce d\u00e9sastre. Le m\u00e9decin de premi\u00e8re classe, H. Libermann qui a fait toutes les campagnes d&rsquo;Orient a rapport\u00e9 l&rsquo;\u00e9tendue de cette trag\u00e9die en donnant des chiffres accablant : \u00e0 Tientsin, petite ville de 3.000 habitants, il recense 164 fumeries. A Chunking, il y a, pour 130.000 habitants, 1.200 fumeries. D&rsquo;autres sources anglaises recensent \u00e0 Fuzhou, 3.000 opium-shops. Dans certaines provinces, les consuls britanniques estiment qu&rsquo;aucun homme n&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;intoxication. La situation de Hong Kong est tout simplement \u00e9pouvantable, l\u00e0 o\u00f9 se c\u00f4toient les immenses fortunes des trafiquants anglo-am\u00e9ricains, parsis, juifs, arm\u00e9niens, chinois, men\u00e9s par sir David Sassoon (9), lui-m\u00eame \u00e0 la t\u00eate de la plus grande firme d&rsquo;importation de Hong Kong, qui contr\u00f4lait la ligne de vapeur Apcar par laquelle se faisait le transport de la drogue de Calcutta et Bombay vers Hong Kong (10) , et les milliers de coolies et de paysans en train d&rsquo;agoniser sur les barques du port ou dans les rues. Mais pour les besoins de notre d\u00e9monstration, ces quelques remarques suffisent ; il est bien inutile de d\u00e9velopper davantage cette triste histoire sur laquelle les pays occidentaux ont jet\u00e9 un voile pudique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe travail resterait incomplet s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait accompagn\u00e9 de d\u00e9veloppements concernant l&rsquo;entr\u00e9e en sc\u00e8ne, dans le d\u00e9pe\u00e7age de la Chine d&rsquo;un dernier intervenant, un non-blanc, le Japon. Ce travail sera pr\u00e9sent\u00e9 dans le troisi\u00e8me \u00e9pisode : Singer l&rsquo;Occident n&rsquo;apporte que des ennuis: de l&rsquo;arrogance japonaise \u00e0 son effondrement.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>Notes<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(1) Ce Gordon Bremer anglais ne fait pas parti de la famille du Bremer am\u00e9ricain qui, 150 ans apr\u00e8s, fut le premier repr\u00e9sentant des USA lors de leur invasion de l&rsquo;Irak en 2003. Tout aussi sanglant que son homonyme britannique, il r\u00e9v\u00e8le la tr\u00e8s profonde continuit\u00e9 entre les entreprises g\u00e9nocidaires anglo-saxonnes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(2) Sur l&rsquo;ensemble de ces \u00e9v\u00e9nements, on se r\u00e9f\u00e9rera \u00e0 l&rsquo;ouvrage d&rsquo;A. WALEY, The Opium War through Chinese Eyes, New York, The Macmillan Company, 1958, p. 109-110. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(3) P. BUTEL, L&rsquo;opium, Histoire d&rsquo;une fascination, Paris, op. cit., p. 128.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(4) La R\u00e9bellion Taiping (18511864) a \u00e9t\u00e9 en m\u00eame temps une r\u00e9volte nationale et une guerre civile entre la dynastie mandchoue Qing et les Taiping de Hong Xiuquan. Certains historiens estiment que la combinaison des catastrophes naturelles et des insurrections politiques pourrait avoir provoqu\u00e9 la mort de 200 millions de chinois entre 1850 et 1865 soit la moiti\u00e9 de la population chinoise de l&rsquo;\u00e9poque. On estime le total des victimes de cette guerre civile entre 20 et 50 millions de morts2. Hong Xiuquan et ses disciples ainsi qu&rsquo;une arm\u00e9e de paysans d\u00e9vots, s\u00e9duits par les visions et proph\u00e9ties de leur guide, \u00e9tablirent le Royaume c\u00e9leste de la Paix transcendante et prirent le contr\u00f4le d&rsquo;une part significative du Sud de la Chine. Leur r\u00e9bellion d\u00e9bute en 1850. En 1853, ils prennent la ville de Nankin et en font la capitale du royaume Taiping. A leur apog\u00e9e, les Taiping contr\u00f4lent la majeure partie du sud et du centre de la Chine. Les r\u00e8gles de vie qu&rsquo;ils commenc\u00e8rent \u00e0 instaurer \u00e9taient tr\u00e8s en avance sur leur temps, en particulier pour ce qui concerne l&rsquo;int\u00e9gration des femmes \u00e0 la vie sociale. Une arm\u00e9e chinoise command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral britannique Charles George Gordon sauva la dynastie mandchoue en \u00e9crasant l&rsquo;insurrection des Taiping en 1864. Certains survivants franchiront la fronti\u00e8re et serviront d&rsquo;irr\u00e9guliers (les pavillons noirs) pour le compte de la cour d&rsquo;Annam. Paradoxalement, ils combattront aux c\u00f4t\u00e9s des soldats imp\u00e9riaux chinois au cours de la guerre franco-chinoise (1881-1885), notamment lors du si\u00e8ge de Tuyen Quang. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(5) La guerre des boxers 1900-1901. Initi\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te Yi Ho Tuan (\u00ab la soci\u00e9t\u00e9 des poings justes et harmonieux \u00bb), la r\u00e9volte dite des \u00ab boxers \u00bb a pour but de rendre le tr\u00f4ne imp\u00e9rial \u00e0 un empereur chinois et de chasser les Occidentaux. Planifi\u00e9e par l&rsquo;imp\u00e9ratrice Tseu Hi, l&rsquo;insurrection anti-coloniale est d&rsquo;une violence inou\u00efe. Les l\u00e9gations de P\u00e9kin sont prises d&rsquo;assauts, les chr\u00e9tiens et pr\u00eatres chinois sont massacr\u00e9s. La contre-offensive du corps exp\u00e9ditionnaire international du g\u00e9n\u00e9ral Von Waldersee sera plus meurtri\u00e8re encore. L&rsquo;\u00e9crivain fran\u00e7ais Pierre Loti en fera le th\u00e8me de son roman, Les Derniers jours de P\u00e9kin. Au final, ce sont des dizaines de millions de Chinois qui p\u00e9riront dans ces ann\u00e9es de troubles. Les troupes \u00e9trang\u00e8res s&rsquo;installent durablement en Chine, tandis que le pays est contraint au paiement de lourdes indemnit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(6) Mike Davis, G\u00e9nocides tropicaux, La d\u00e9couverte, Paris, 2003.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(7) Archives nationales, section du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, Quai d&rsquo;Orsay, 594, folio 201, rapport du consul fran\u00e7ais de Shanghai, septembre 1916.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(8) Archives nationales, section du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, Quai d&rsquo;Orsay, 594, folio 201, rapport du consul fran\u00e7ais de Shanghai, septembre 1916, Ibid.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(9) Sir Albert Abdullah David Sassoon (25 juillet 1818 \u00e0 Bagdad &#8211; 24 octobre 1896 \u00e0 Brighton) est un homme d&rsquo;affaires et philanthrope indo-britannique, issu d&rsquo;une famille s\u00e9farade \u00e9migr\u00e9e en M\u00e9sopotamie au XVIe si\u00e8cle. \u00c0 la suite d&rsquo;une r\u00e9volution de palais, son p\u00e8re, David Sassoon, tr\u00e9sorier du gouverneur ottoman Ahmet Pacha, fuit Bagdad avec sa famille et se r\u00e9fugie en Iran, o\u00f9 il ouvre \u00e0 Bushehr un bureau de commerce avec l&rsquo;Inde. Quatre ans plus tard, en 1832, il s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 Bombay, o\u00f9 il vend des tapis dans une \u00e9choppe. Gr\u00e2ce aux alliances qu&rsquo;il noue avec la Compagnie anglaise des Indes orientales, il devient bient\u00f4t l&rsquo;un des hommes les plus riches de Bombay. Lorsqu&rsquo;il meurt \u00e0 Pune en 1864, son fils a\u00een\u00e9 Abdullah h\u00e9rite de son n\u00e9goce. Il se diversifie dans le textile tout en poursuivant l&rsquo;uvre philanthropique de son p\u00e8re. Il fonde l&rsquo;une des principales \u00e9coles de Bombay et fait construire des docks qui portent toujours son nom. En reconnaissance pour son r\u00f4le dans l&rsquo;industrialisation du pays, Sa Majest\u00e9 britannique, Imp\u00e9ratrice des Indes, le fait chevalier et baron. Il visite une premi\u00e8re fois l&rsquo;Angleterre en 1873, puis s&rsquo;y installe en 1876.  Install\u00e9 en Angleterre, il marria fort bien ses enfants : sa fille Sibyl se mariera avec le marquis de Cholmendeley, son fils Philip Albert sera \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la Chambre des communes, et son fils Edward Albert \u00e9pousera Aline Caroline de Rothschild. Plusieurs de leurs descendants s&rsquo;illustreront \u00e0 leur tour dans le m\u00e9c\u00e9nat et les arts, tandis qu&rsquo;Albert Sassoon restera connu sous le nom de \u00ab Rothschild indien \u00bb. A propos de la compagnie Apcar, on peut lire de Philippe Le Failler, Le pilori des chim\u00e8res, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2002.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(10) P. BUTEL, L&rsquo;opium, Histoire d&rsquo;une fascination, op. cit., p. 255-256. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Chine en enfer : pillages et g\u00e9nocides blancs par Michel Tibon-Cornillot, \u00e9crivain (voir la premi\u00e8re partie sur notre site, le 10 ao\u00fbt 2008) R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent Nous avons suivi les \u00e9v\u00e9nements provoqu\u00e9s par le banditisme anglo-saxon et la d\u00e9cision chinoise de faire respecter sa l\u00e9gislation interdisant l&rsquo;introduction frauduleuse de l&rsquo;opium par les marchands-pirates&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[4],"tags":[3977,2631,5181,7744,7593],"class_list":["post-70149","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notes-de-lectures","tag-chine","tag-de","tag-guerres","tag-lopim","tag-tibon-cornillot"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70149"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70149\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}