{"id":70170,"date":"2008-09-08T05:23:04","date_gmt":"2008-09-08T05:23:04","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/08\/la-crise-se-precise\/"},"modified":"2008-09-08T05:23:04","modified_gmt":"2008-09-08T05:23:04","slug":"la-crise-se-precise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/08\/la-crise-se-precise\/","title":{"rendered":"La crise se pr\u00e9cise"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">La crise se pr\u00e9cise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>8 septembre 2008 &mdash; Depuis le sommet de Bruxelles, la crise a chang\u00e9 de forme. On a not\u00e9 (<em>Bloc Notes<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retombees_et_opportunites_du_sommet_de_bruxelles_05_09_2008.html\">5 septembre<\/a>) l&rsquo;activisme soudain des pays-membres de l&rsquo;UE qui ont soutenu le plus fermement la tendance majoritaire affirm\u00e9e par ce sommet de la recherche d&rsquo;une entente avec la Russie. L&rsquo;Italie et l&rsquo;Autriche, la Belgique, m\u00eame la Pologne ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s, et bien entendu la France qui est \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;UE pour la p\u00e9riode. Cet activisme est une marque certaine de l&rsquo;engagement des diverses diplomaties concern\u00e9es pour la recherche d&rsquo;une entente avec la Russie. Les signes sont suffisamment nombreux pour qu&rsquo;on puisse parler d&rsquo;un \u00ab\u00a0courant significatif\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne faut pas y voir le seul produit de la crise g\u00e9orgienne. Potentiellement, cette tendance d&rsquo;un arrangement avec la Russie existait <strong>avant<\/strong> la crise, sous forme d&rsquo;une dynamique potentielle qui \u00e9tait contrainte et brid\u00e9e par les conditions g\u00e9n\u00e9rales, notamment la dialectique radicale impos\u00e9e par l&rsquo;\u00e9largissement et la fa\u00e7on dont cet \u00e9largissement \u00e9tait de plus en plus li\u00e9 \u00e0 la politique am\u00e9ricaniste maximaliste, au travers de l&rsquo;OTAN. Si l&rsquo;on veut, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est concr\u00e9tis\u00e9 au sein de l&rsquo;UE, en 2004, l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;UE \u00e9tait plus de nature otanienne et am\u00e9ricaniste qu&rsquo;influenc\u00e9 par la tendance europ\u00e9enne qu&rsquo;aurait repr\u00e9sent\u00e9e l&rsquo;UE. Cette situation a \u00e9t\u00e9 vigoureusement secou\u00e9e par la crise g\u00e9orgienne. La position de la Pologne (maximalisme anti-russe puis recherche d&rsquo;une entente depuis le sommet) montre que la r\u00e9cente surench\u00e8re maximaliste de la tendance a ses limites et peut procurer des effets contraires d&rsquo;autant plus significatifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En d&rsquo;autres mots, la crise a fait \u00e9clater le cadre de la dialectique radicale impos\u00e9e par l&rsquo;am\u00e9ricanisme otanien, tout en rappelant que le probl\u00e8me des relations de l&rsquo;UE (l&rsquo;Europe) avec la Russie pr\u00e9c\u00e8de la crise. (Le blocage du nouvel accord de partenariat strat\u00e9gique pr\u00e9c\u00e8de largement la crise. Il est en lui-m\u00eame le signe du probl\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral des relations UE-Russie que les pressions am\u00e9ricanistes relay\u00e9es par l&rsquo;\u00e9largissement emp\u00eachent de traiter. Les n\u00e9gociations sur cet accord sont \u00ab\u00a0gel\u00e9es\u00a0\u00bb, mais la mesure ne fait que mettre plus en \u00e9vidence son caract\u00e8re central. Le v&oelig;u austro-italien qu&rsquo;on relance les n\u00e9gociations sur le sujet montre que certains sont pr\u00eats \u00e0 r\u00e9tablir ces n\u00e9gociations, mais cette fois pour en faire un cadre puissant des relations UE-Russie.) De ce point de vue, qui est \u00e0 notre sens le plus central, la crise se d\u00e9finit encore plus par la mise en \u00e9vidence de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9finir formellement et puissamment les relations UE-Russie que par l&rsquo;affirmation de puissance de la Russie, m\u00eame si ceci existe comme cela, et parce que ceci pourrait avoir \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour arriver \u00e0 cela. La crise en vient indirectement \u00e0 poser la fameuse question, la plus fondamentale, la plus \u00ab\u00a0philosophique\u00a0\u00bb \u00e0 long terme: la Russie fait-elle partie de l&rsquo;Europe? La dynamique mise en marche apr\u00e8s le sommet de Bruxelles, celle de la tendance \u00e0 l&rsquo;arrangement, fournit une r\u00e9ponse: oui, bien s&ucirc;r, pour de multiples raisons bien connues qui, cette fois, sont r\u00e9unies en une appr\u00e9ciation fondamentale et g\u00e9n\u00e9rale, &ndash; \u00ab\u00a0oui, la Russie fait partie de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb. (On pourrait m\u00eame ajouter que cette tendance r\u00e9pond: \u00ab\u00a0oui, la Russie fait partie de l&rsquo;Europe, et le plus vite la chose sera act\u00e9e dans le contexte actuel, le mieux ce sera\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On comprend d&rsquo;autant plus ce \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb que l&rsquo;alternative, et l\u00e0 c&rsquo;est un \u00e9l\u00e9ment nouveau que la crise a montr\u00e9, est dans l&rsquo;\u00e9tat de tension pr\u00e9sent un affrontement dont le d\u00e9veloppement a toutes les chances (sic) d&rsquo;\u00eatre militaire; et les Europ\u00e9ens savent qu&rsquo;\u00e0 cet \u00e9gard, ils sont d\u00e9sarm\u00e9s au sens propre du terme (outre le fait, pour repousser ce terme de l&rsquo;alternative, que leur philosophie au sein de l&rsquo;UE est celle de la recherche d&rsquo;une structure paneurop\u00e9enne pacifi\u00e9e). Ce dernier point est compl\u00e8tement antagoniste du fait que \u00ab\u00a0leur philosophie\u00a0\u00bb (celle de ces m\u00eames pays europ\u00e9ens) au sein de l&rsquo;OTAN telle qu&rsquo;elle est aujourd&rsquo;hui est devenue antagoniste de la Russie et menant \u00e0 l&rsquo;affrontement avec la Russie; c&rsquo;est l&rsquo;incroyable contradiction mise en \u00e9vidence par les liens de vassalit\u00e9 de l&rsquo;Europe vis-\u00e0-vis des USA, cohabitant \u00e9trangement avec son d\u00e9sir d&rsquo;affirmation d&rsquo;ind\u00e9pendance substantiel au projet europ\u00e9en. Cette contradiction est rendue insupportable par la crise g\u00e9orgienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Il est simplement surr\u00e9aliste dans le sens de la schizophr\u00e9nie d&rsquo;entendre le ministre fran\u00e7ais Kouchner dire, au nom des 27 de l&rsquo;UE, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/world\/20080906\/116596231.html\">6 septembre<\/a> \u00e0 Avignon, que le d\u00e9ploiement de \u00ab\u00a0navires de l&rsquo;OTAN\u00a0\u00bb en Mer Noire, &ndash; par ailleurs fort \u00e9trange concept car qui a jamais dit que l&rsquo;OTAN poss\u00e8de en propre une marine? &ndash; complique le r\u00e8glement de la crise g\u00e9orgienne: &laquo;<em>Cela ne sert \u00e0 rien, il faut d\u00e9tendre la situation.<\/em>&raquo; Qu&rsquo;on sache, la France fait partie de l&rsquo;OTAN, ainsi que grand nombre de ces 27-l\u00e0 au nom desquels parle le ministre, et les d\u00e9cisions se prennent \u00e0 l&rsquo;OTAN \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9. Mais l&rsquo;on comprend bien de quoi il s&rsquo;agit, et jamais l&rsquo;absurde contradiction de faire partie des deux mondes, &ndash; l&rsquo;Europe et sa vocation d&rsquo;ind\u00e9pendance et l&rsquo;Europe vassale des USA, &ndash; n&rsquo;aura autant \u00e9clat\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Forc\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements et l&rsquo;effrayante alternative du conflit, l&rsquo;Europe est d\u00e9sormais \u00e0 la recherche d&rsquo;un cadre nouveau de s\u00e9curit\u00e9 et d&rsquo;apaisement qui doit n\u00e9cessairement comprendre la Russie. Cette recherche indique bien que la situation d&rsquo;apaisement o&ugrave; elle a v\u00e9cu depuis 1987 (signature du trait\u00e9 [INF] sur les forces nucl\u00e9aires de th\u00e9\u00e2tre USA-URSS en d\u00e9cembre 1987), quel que soit le bienfait de cet apaisement, \u00e9tait un faux-semblant. Les raisons sont que, d&rsquo;une part, l&rsquo;un des signataires est le promoteur aujourd&rsquo;hui, comme il l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 plus discr\u00e8tement auparavant, d&rsquo;une politique de d\u00e9stabilisation de l&rsquo;Europe, ce qui est une contradiction insupportable, en plus qu&rsquo;il <strong>n&rsquo;est pas<\/strong> europ\u00e9en et parce qu&rsquo;il <strong>n&rsquo;est pas<\/strong> europ\u00e9en; d&rsquo;autre part, que l&rsquo;autre signataire a disparu, remplac\u00e9 par la Russie qui <strong>n&rsquo;est pas<\/strong> l&rsquo;URSS mais qui pourrait s&rsquo;av\u00e9rer, elle, europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les pays europ\u00e9ens lanc\u00e9s dans des contacts avec la Russie, Sarkozy \u00e0 Moscou aujourd&rsquo;hui sont-ils conscients de tout cela? Ce n&rsquo;est pas s&ucirc;r. L&rsquo;inconv\u00e9nient de l&rsquo;absence d&rsquo;une telle vision pourrait para&icirc;tre un handicap terrible. Dans les conditions rocambolesques de la politique aujourd&rsquo;hui, o&ugrave; l&rsquo;on craint la moindre chose qui puisse mettre en question le \u00ab\u00a0lien\u00a0\u00bb Europe-USA, c&rsquo;est moins s&ucirc;r, comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 dit souvent. Il est pr\u00e9f\u00e9rable que ces gens ne sachent pas ce qu&rsquo;ils font, mais qu&rsquo;ils le fassent; il est pr\u00e9f\u00e9rable que l&rsquo;apprenti-relaps ignore le sacril\u00e8ge qu&rsquo;il c\u00f4toie d\u00e9sormais, car combien de nos entreprenants dirigeants r\u00e9sisteraient \u00e0 la panique de la perspective de ce sacril\u00e8ge de mettre en cause leur politique de vassalit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Mais il faut constater qu&rsquo;ils agissent tout de m\u00eame, m\u00eame si petitement. Ils ne font alors que servir un grand courant de l&rsquo;Histoire dont ils ignorent la force; s&rsquo;ils la connaissaient, leur conformisme ou leur absence de pens\u00e9e visionnaire les conduirait \u00e0 s&rsquo;en effrayer. Il vaut mieux qu&rsquo;ils soient les jouets de l&rsquo;Histoire que des esprits conscients de l&rsquo;Histoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, cette approche est th\u00e9orique, en tentant d&#8217;embrasser la plus grande signification de la crise. Reste l&rsquo;essentiel, qui est la marche des choses. La visite de Sarko \u00e0 Moscou donnera-t-elle des fruits dans ce sens (normalisation avec les Russes, nouvelles d\u00e9cisions comme une \u00e9ventuelle force europ\u00e9enne d&rsquo;interposition en G\u00e9orgie, &ndash; polici\u00e8re et non militaire, &ndash; etc.)? Les Russes joueront-ils le jeu? (Leurs r\u00e9actions depuis le sommet de Bruxelles ont \u00e9t\u00e9 encourageantes.) Nous sommes encore loin de la coupe aux l\u00e8vres.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Paralysie ET absence US en Europe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Que les USA soient diplomatiquement paralys\u00e9s, ce n&rsquo;est pas nouveau. Mais qu&rsquo;ils soient, <strong>en plus<\/strong>, \u00ab\u00a0absents\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire incapables de s&rsquo;imposer comme n&deg;1 en Occident, y compris comme n&deg;1 dans la pouss\u00e9e anti-russe, voil\u00e0 qui est nouveau. M\u00eame lors de la r\u00e9union du 19 ao&ucirc;t de l&rsquo;OTAN, qui est leur enceinte favorite, ils n&rsquo;ont pas impos\u00e9 leur marque sur un terrain pourtant r\u00eav\u00e9. Les pays de l&rsquo;Est ont men\u00e9 la charge, presque autant que le Royaume-Uni. Justement, en mati\u00e8re d&rsquo;activisme de communication type \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb, c&rsquo;est le Royaume-Uni qui m\u00e8ne la charge, plus que les USA. M\u00eame dans le domaines de l&rsquo;action subversive et de la provocation o&ugrave; ils excellent sans aucun doute, les USA sont <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/lobe\/?articleid=13420\">extr\u00eamement prudents<\/a>, &ndash; jusqu&rsquo;au paradoxe, puisque c&rsquo;est la Russie qu&rsquo;on nous d\u00e9peint comme \u00ab\u00a0isol\u00e9e\u00a0\u00bb, d&rsquo;appara&icirc;tre <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-cheney_en_balade_et_le_paradoxal_isolement_us_dans_la_crise_06_09_2008.html?\">isol\u00e9s<\/a> dans cette crise. (Les d\u00e9clarations officielles et convenues, comme tous les articles du <em>Times<\/em> de Londres n&rsquo;y changent rien: nous parlons d&rsquo;une solitude politique, conceptuelle, pas d&rsquo;une \u00ab\u00a0solitude\u00a0\u00bb de forme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a donc un grand vide dans cette crise, qui est celui des USA, que n&rsquo;arrive certainement pas \u00e0 combler l&rsquo;OTAN (sans parler du Royaume-Uni, qui fait que de la figuration hargneuse et besogneuse). Laiss\u00e9e \u00e0 elle seule, l&rsquo;OTAN va d&rsquo;humiliation en humiliation; la derni\u00e8re en date \u00e9tant celle de la situation en Ukraine, &ndash; quand l&rsquo;OTAN ouvre les bras \u00e0 ce pays pour consolider son action en G\u00e9orgie, ce pays qui devrait absolument se transformer en une fontaine de bonheur \u00e0 cette id\u00e9e (entrer dans l&rsquo;OTAN); pour se voir, l&rsquo;OTAN, confront\u00e9e \u00e0 une crise int\u00e9rieure qui fait s&rsquo;interroger sur l&rsquo;opportunit\u00e9 de seulement \u00e9voquer la possibilit\u00e9 \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb, du domaine de la simple politique int\u00e9rieure, d&rsquo;une adh\u00e9sion ukrainienne, &ndash; par exemple avec une Timochenko envisageant d\u00e9sormais de s&rsquo;allier avec l&rsquo;opposition du Parti des r\u00e9gions pour former un bloc et un gouvernement pro-russe; qui danse la sarabande sur sa t\u00eate dans cette affaire? Ainsi saupoudr\u00e9 de rocambolesque slave, le grand vide se confirme, et l&rsquo;on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il concerne bien plus qu&rsquo;un arrangement des relations commerciales et \u00e9nerg\u00e9tiques, qu&rsquo;il concerne en v\u00e9rit\u00e9 les arrangements strat\u00e9giques fondamentaux en Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A ce point, revenons \u00e0 un argument envisag\u00e9 plus haut. Comme on l&rsquo;a dit, si l&rsquo;on ajoute l&rsquo;absence des USA en Europe constat\u00e9 avec cette crise de G\u00e9orgie, on s&rsquo;aper\u00e7oit que les deux piliers fondateurs de l&rsquo;arrangement de la s\u00e9curit\u00e9 en Europe (p\u00e9riode de stabilit\u00e9 strat\u00e9gique depuis le trait\u00e9 INF de d\u00e9cembre 1987), &ndash; l&rsquo;URSS et les USA, &ndash; sont absents. L&rsquo;arrangement de s\u00e9curit\u00e9 en Europe \u00e9tant en crise, les acteurs restants devront tenter de s&rsquo;arranger entre eux. La situation actuelle pourrait bien donner une chaude, tr\u00e8s chaude actualit\u00e9 \u00e0 certaines questions: quand on voit ce que les USA font pour leur \u00ab\u00a0alli\u00e9\u00a0\u00bb g\u00e9orgien, que seront donc amen\u00e9s \u00e0 penser les pays europ\u00e9ens, lorsque la pens\u00e9e aura progress\u00e9, de la garantie nucl\u00e9aire US qui est toujours brandie comme un argument pour les privil\u00e8ges exorbitants accord\u00e9s aux USA sur l&rsquo;orientation politique de l&rsquo;Europe? N&rsquo;est-il pas temps de r\u00e9activer certaines questions sulfureuses, jusqu&rsquo;ici consid\u00e9r\u00e9es comme seulement th\u00e9oriques? On veut parler, bien entend de la garantie que l&rsquo;une ou l&rsquo;autre force nucl\u00e9aire europ\u00e9enne, &ndash; et l&rsquo;on pense \u00e9videmment \u00e0 la fran\u00e7aise puisque le Royaume-Uni est dans la situation chaotique qu&rsquo;on voit dans sa politique ext\u00e9rieure et europ\u00e9enne, &ndash; pourrait apporter aux autres pays de l&rsquo;UE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le vide strat\u00e9gique, certes, mais pas l&rsquo;absence de ceux qui vivaient jusqu&rsquo;ici dans un \u00e9tat de joyeuse irresponsabilit\u00e9. C&rsquo;est cela que garantissait le trait\u00e9 INF. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;enjeu se pr\u00e9cise. Les relations des Europ\u00e9ens avec Moscou, ce n&rsquo;est pas simplement une question de gros sous (commerce, \u00e9nergie, etc.), c&rsquo;est aussi, c&rsquo;est <strong>surtout<\/strong>, d\u00e9sormais, une question de s\u00e9curit\u00e9. Et, face aux Russes, ou \u00e9ventuellement et plut\u00f4t \u00ab\u00a0avec les Russes\u00a0\u00bb (avec la question que pose la Russie), les Europ\u00e9ens se trouvent des obligations nouvelles. Bien qu&rsquo;on fasse grande confiance aux pressions des grands courants de l&rsquo;Histoire, on esp\u00e8re tout de m\u00eame qu&rsquo;\u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, un conseiller avis\u00e9 glissera l&rsquo;id\u00e9e dans l&rsquo;oreille du dynamique pr\u00e9sident Sarkozy, dont on sait qu&rsquo;il pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;action \u00e0 la pens\u00e9e.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise se pr\u00e9cise 8 septembre 2008 &mdash; Depuis le sommet de Bruxelles, la crise a chang\u00e9 de forme. On a not\u00e9 (Bloc Notes, le 5 septembre) l&rsquo;activisme soudain des pays-membres de l&rsquo;UE qui ont soutenu le plus fermement la tendance majoritaire affirm\u00e9e par ce sommet de la recherche d&rsquo;une entente avec la Russie. 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