{"id":70177,"date":"2008-09-10T10:06:52","date_gmt":"2008-09-10T10:06:52","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/10\/danse-autour-de-loption-nucleaire-de-lotan-1\/"},"modified":"2008-09-10T10:06:52","modified_gmt":"2008-09-10T10:06:52","slug":"danse-autour-de-loption-nucleaire-de-lotan-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/10\/danse-autour-de-loption-nucleaire-de-lotan-1\/","title":{"rendered":"Danse autour de l&rsquo;\u201coption nucl\u00e9aire\u201d de l&rsquo;OTAN"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Swing autour de l'\u00a0\u00bboption nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb de l&rsquo;OTAN<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>10 septembre 2008 &mdash; Des indications circulent, imprim\u00e9es ou pas, sur l&rsquo;intention d&rsquo;un ou l&rsquo;autre dirigeant d&rsquo;un des trois pays baltes (notamment le pr\u00e9sident d&rsquo;Estonie), membre de l&rsquo;OTAN, de demander une r\u00e9vision de l&rsquo;Article 5 du Trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord, fondateur de l&rsquo;Alliance Atlantique et de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>C&rsquo;est la bombe nucl\u00e9aire de l&rsquo;OTAN par d\u00e9finition, <\/em>observe une source europ\u00e9enne. <em>On vit depuis 60 ans dans l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 compl\u00e8te, install\u00e9s plus ou moins confortablement selon la conscience qu&rsquo;on en a sur l&rsquo;Article 5 du Trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord, sur la garantie qu&rsquo;il est cens\u00e9 nous donner, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur la garantie qu&rsquo;il ne nous donne pas en r\u00e9alit\u00e9. Ouvrir ce \u00ab\u00a0dossier\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui, dans les conditions de tension qu&rsquo;on conna&icirc;t, c&rsquo;est allumer la m\u00e8che nucl\u00e9aire.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Nous avons r\u00e9cemment \u00e9voqu\u00e9 cet Article 5, en nous attachant, avec un mauvais esprit ent\u00eat\u00e9, \u00e0 justement en montrer l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 compl\u00e8te. C&rsquo;\u00e9tait dans notre <em>F&#038;C<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_otan_combien_de_divisions_20_08_2008.html\">20 ao&ucirc;t<\/a>, qui abordait justement le sujet de l&rsquo;OTAN, des obligations de solidarit\u00e9 et des capacit\u00e9s d&rsquo;intervention, notamment face \u00e0 la puissance russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici le passage sur l&rsquo;Article 5&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>L&rsquo;OTAN qui roule des m\u00e9caniques n&rsquo;est m\u00eame pas oblig\u00e9e \u00e0 faire tout ce qu&rsquo;il faut \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;un de ses membres. Cette m\u00eame affirmation de l&rsquo;expert \u00e9voquant l&rsquo;intervention automatique de l&rsquo;USAF si la G\u00e9orgie \u00e9tait membre de l&rsquo;OTAN, puisque son argument entend faire la promotion de cette adh\u00e9sion de la G\u00e9orgie, implique, au nom du fameux Article 5 du trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord, que l&rsquo;intervention de l&rsquo;OTAN ne ferait pas un pli si la G\u00e9orgie \u00e9tait membre de l&rsquo;OTAN. L\u00e0 aussi, il s&rsquo;agit de \u00ab\u00a0wishful thinking\u00a0\u00bb et non d&rsquo;une certitude. L&rsquo;\u00e9vocation formelle des obligations d&rsquo;intervention des autres pays de l&rsquo;OTAN en cas d&rsquo;attaque de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux est un bon sujet de discours mais un cas juridique ambigu\u00eb. On oublie souvent que l&rsquo;Article 5 du trait\u00e9 n&rsquo;est pas du tout contraignant sur la forme et les moyens de l&rsquo;intervention des autres (contrairement, par exemple, aux obligations \u00e9quivalentes du trait\u00e9 de Bruxelles de l&rsquo;UEO) mais qu&rsquo;il laisse le choix aux pays membres de la forme de leur r\u00e9action.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>La partie essentielle de l&rsquo;Article 5 du trait\u00e9, qu&rsquo;il faut lire en son entier, avec l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 suppl\u00e9mentaire que cet article parle seulement de \u00ab\u00a0la s\u00e9curit\u00e9 dans la r\u00e9gion de l&rsquo;Atlantique Nord\u00a0\u00bb, &ndash; ce qui n&rsquo;inclut pas pr\u00e9cis\u00e9ment le Caucase (le soulign\u00e9 en gras est bien s&ucirc;r la cons\u00e9quence de notre impertinente intervention [NDLR]): \u00ab\u00a0Les parties conviennent qu&rsquo;une attaque arm\u00e9e contre l&rsquo;une ou plusieurs d&rsquo;entre elles survenant en Europe ou en Am\u00e9rique du Nord sera consid\u00e9r\u00e9e comme une attaque dirig\u00e9e contre toutes les parties, et en cons\u00e9quence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d&rsquo;elles, dans l&rsquo;exercice du droit de l\u00e9gitime d\u00e9fense, individuelle ou collective, reconnu par l&rsquo;article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaqu\u00e9es en prenant aussit\u00f4t, individuellement et d&rsquo;accord avec les autres parties,<\/em> <strong><em>telle action qu&rsquo;elle jugera n\u00e9cessaire<\/em><\/strong><em>, y compris l&#8217;emploi de la force arm\u00e9e, pour r\u00e9tablir et assurer la s\u00e9curit\u00e9 dans la r\u00e9gion de l&rsquo;Atlantique Nord\u00a0\u00bb.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il est vrai que l'\u00a0\u00bbOuest\u00a0\u00bb a v\u00e9cu pendant pr\u00e8s de soixante ans (bon anniversaire en avril prochain, \u00e0 Strasbourg) \u00e0 l&rsquo;ombre de cette ambigu\u00eft\u00e9. On savait parfaitement le vague extr\u00eamement volontaire du Trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord sign\u00e9 en avril 1949; s&rsquo;il n&rsquo;en avait pas \u00e9t\u00e9 ainsi, le Congr\u00e8s US, avec son aile isolationniste encore puissante men\u00e9e par le s\u00e9nateur Taft, n&rsquo;aurait pas ratifi\u00e9 le trait\u00e9. Le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9tait dans tous les esprits du refus de la ratification, en 1920, par le m\u00eame Congr\u00e8s, du Trait\u00e9 de paix de Versailles qui \u00e9tait accompagn\u00e9, entre alli\u00e9s du 11 novembre 1918, d&rsquo;une clause sur le maintien d&rsquo;un contingent militaire US en Europe. (Ce contingent ne s&rsquo;installa jamais en Europe. Le refus de la ratification ouvrit une p\u00e9riode d&rsquo;isolationnisme ouvert et actif des USA.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette ambigu\u00eft\u00e9 \u00e9tait supportable \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, comme elle fut au long de la Guerre froide, dans la mesure o&ugrave; les dirigeants europ\u00e9ens faisaient le pari que les USA avaient trop besoin de l&rsquo;Europe pour leur position strat\u00e9gique face \u00e0 l&rsquo;URSS pour laisser faire une agression sans r\u00e9agir, et l&rsquo;URSS sachant bien trop cela pour envisager une agression. C&rsquo;\u00e9tait une analyse en apparence rationnelle et peut-\u00eatre plus sentimentale (\u00ab\u00a0<em>American Dream<\/em>\u00a0\u00bb &#038; compagnie) que l&rsquo;on ne crut; un seul homme n&rsquo;y crut pas, Charles de Gaulle, pas vraiment sentimental lui, qui professait que les USA ne risqueraient pas Chicago pour sauver Francfort ou Bordeaux, donc qu&rsquo;ils n&rsquo;engageraient pas toute leur puissance en cas d&rsquo;attaque sovi\u00e9tique en Europe, ne voulant pas risquer un \u00e9change nucl\u00e9aire strat\u00e9gique USA-URSS; l&rsquo;analyse \u00e9tait d&rsquo;autant plus fond\u00e9e que le fameux Article 5 n&rsquo;obligeait en rien les USA \u00e0 une telle intervention; d&rsquo;o&ugrave; la d\u00e9cision de De Gaulle, notamment pour cette forte raison de l&rsquo;absence d&rsquo;obligation de solidarit\u00e9 active, de d\u00e9velopper sa propre capacit\u00e9 de dissuasion nucl\u00e9aire, dite \u00ab\u00a0du faible au fort\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Article 5 \u00e9quivalent du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.leforum.de\/artman\/publish\/article_539.shtml\">Trait\u00e9 de Bruxelles<\/a> (mentionn\u00e9 dans l&rsquo;extrait ci-dessus), le trait\u00e9 \u00e9quivalent pour l&rsquo;Europe du trait\u00e9 transatlantique, qui r\u00e9gissait notamment l&rsquo;Union de l&rsquo;Europe Occidentale, organisait une toute autre situation. Il est notablement plus contraignant, beaucoup plus bref, sans aucune h\u00e9sitation d&rsquo;interpr\u00e9tation, &ndash; impliquant l&rsquo;intervention automatique, notamment militaire, dans une zone g\u00e9ographique beaucoup plus large (\u00ab\u00a0l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb); il est manifeste que toutes les \u00ab\u00a0Hautes Parties Contractantes\u00a0\u00bb (les pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Ouest) comprenaient que leur s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 tous \u00e9tait li\u00e9e et commune, donc que l&rsquo;intervention automatique \u00e9tait une \u00e9vidence:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Au cas o&ugrave; l&rsquo;une des Hautes Parties Contractantes serait l&rsquo;objet d&rsquo;une agression arm\u00e9e en Europe, les autres lui porteront, conform\u00e9ment aux dispositions de l&rsquo;article 51 de la Charte des Nations Unies, aide et assistance<\/em> <strong><em>par tous les moyens en leur pouvoir, militaires et autres.<\/em><\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>On comprend le sens et le poids des mots. Si la G\u00e9orgie avait \u00e9t\u00e9 membre de l&rsquo;OTAN, il n&rsquo;existait aucune contrainte juridique pour que la r\u00e9action des autres pays de l&rsquo;OTAN ait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente de ce qu&rsquo;elle fut. Si l&rsquo;Article 5 du Trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;Article 5 du Trait\u00e9 de Bruxelles, nous devrions avoir en G\u00e9orgie plusieurs divisions de pays de l&rsquo;OTAN aujourd&rsquo;hui, &ndash; mais o&ugrave; les aurait-on prises au fait (\u00ab\u00a0L&rsquo;OTAN, combien de divisions?\u00a0\u00bb)? O&ugrave; aurait-on trouv\u00e9 la justification et la volont\u00e9 politiques d&rsquo;un tel acte, pour une telle cause, dans de telles conditions? Qu&rsquo;aurait-on dit \u00e0 nos braves citoyens, \u00e9ventuellement en les informant qu&rsquo;on rappelait quelques tranches de r\u00e9servistes, l\u00e0 o&ugrave; il y en a encore? Certes, BHL aurait parl\u00e9 des droits de l&rsquo;homme (quoiqu&rsquo;il ne soit pas r\u00e9serviste, lui, se contentant sans doute du th\u00e9\u00e2tre aux arm\u00e9es); est-ce bien suffisant? Las, les Baltes, qui croient aux articles <em>Op-Ed<\/em> de l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em>, ne s&rsquo;arr\u00eatent pas \u00e0 de telles consid\u00e9rations subversives. Ils semblent vouloir une affirmation juridique formelle de cette solidarit\u00e9 n\u00e9cessaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le \u00ab\u00a0<em>Farewell Speech<\/em>\u00a0\u00bb de George Washington toujours actuel<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La m\u00eame source europ\u00e9enne que nous citons, nous rapportant des contacts r\u00e9guliers avec des coll\u00e8gues de ces pays, r\u00e9sume ainsi la situation dans les pays baltes apr\u00e8s la temp\u00eate:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>En g\u00e9n\u00e9ral, ils disent qu&rsquo;on a senti, dans ces pays, notamment dans les milieux politiques, le vent du boulet avec la crise g\u00e9orgienne, et le boulet n&rsquo;est pas pass\u00e9 loin&hellip; Le sentiment g\u00e9n\u00e9ral est qu&rsquo;on est satisfait d&rsquo;appartenir \u00e0 l&rsquo;OTAN, qu&rsquo;on estime que c&rsquo;est une garantie de s\u00e9curit\u00e9. D&rsquo;autre part, et de fa\u00e7on assez contradictoire finalement, on estime que les USA ont perdu leur cr\u00e9dibilit\u00e9 dans cette crise, parce qu&rsquo;ils ne sont pas intervenus, parce qu&rsquo;ils ont laiss\u00e9 leur alli\u00e9 g\u00e9orgien sans d\u00e9fense, donc que cela pose un probl\u00e8me fondamental du point de vue de la s\u00e9curit\u00e9 de ces pays baltes. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Outre la contradiction de la satisfaction d&rsquo;\u00eatre dans l&rsquo;OTAN et du doute quant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;\u00eatre dans l&rsquo;OTAN au moment ultime, on voit se dessiner dans cet avis toute la logique de la mise en cause de l&rsquo;Article 5. La dialectique transatlantique extr\u00e9miste courante en est la cause directe. La d\u00e9marche de ceux qui mettent en cause l&rsquo;Article 5 est absolument logique. Ils constatent qu&rsquo;ils attendent de l&rsquo;OTAN leur s\u00e9curit\u00e9 face \u00e0 la Russie d\u00e9peinte par la propagande et la pens\u00e9e (m\u00eame chose) occidentalistes courantes comme une puissance brutale, expansionniste et impitoyable. La premi\u00e8re r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 celle de la Pologne qui a publiquement affirm\u00e9, \u00e0 l&rsquo;indignation et au d\u00e9sarroi intimes (non dites en public, au contraire de l&rsquo;attitude polonaise) de nombre de fonctionnaires de l&rsquo;OTAN, que l&rsquo;appartenance \u00e0 l&rsquo;OTAN ne lui donnait aucune s\u00e9curit\u00e9, et qu&rsquo;elle cherchait pour cela une garantie directe des USA, &ndash; d&rsquo;o&ugrave; la signature de l&rsquo;accord BMDE, cens\u00e9 lui donner indirectement cette garantie US. Cette d\u00e9marche implique un profond m\u00e9pris, par ailleurs justifi\u00e9e, pour les capacit\u00e9s militaires et la volont\u00e9 politique des pays non-US de l&rsquo;Alliance. Une deuxi\u00e8me r\u00e9action polonaise (les choses vont vite) a \u00e9t\u00e9 <em>in fine<\/em> de constater que m\u00eame la \u00ab\u00a0garantie US\u00a0\u00bb est une coquille vide, comme l&rsquo;a constat\u00e9 Saakachvili, qui a re\u00e7u quelques lots de couches-culottes transport\u00e9s par des navires de l&rsquo;U.S. Navy, \u00e9ventuellement quelques lots de AK-47 recycl\u00e9s par le Pentagone (ce n&rsquo;est pas s&ucirc;r) et la visite de Dick Cheney. Pour faire partir les chars russes, c&rsquo;est un peu faible. Les chars russes sont toujours en G\u00e9orgie et seules peut-\u00eatre (c&rsquo;est \u00e0 voir) les promesses de Medvedev \u00e0 Sarko pourrait les en faire partir. Quant aux Polonais, ils <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retombees_et_opportunites_du_sommet_de_bruxelles_05_09_2008.html\">nuancent<\/a> leur attitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;o&ugrave; cette logique imparable des pays de l&rsquo;Est, frileusement regroup\u00e9s au sein de l&rsquo;OTAN pour acqu\u00e9rir une protection contre l&rsquo;\u00e9pouvantable Russie: il faut forcer l&rsquo;OTAN, &ndash; les pays de l&rsquo;OTAN, c&rsquo;est-\u00e0-dire les USA, &ndash; \u00e0 acquiescer \u00e0 des conditions juridiques qui les <strong>forcent<\/strong>, et non pas qui les sollicitent et leur sugg\u00e8rent comme avec l&rsquo;actuel Article 5, \u00e0 intervenir \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un pays membre attaqu\u00e9 (par la Russie, notamment&hellip;). La suggestion de modifier l&rsquo;Article 5 est alors in\u00e9vitable et logique. Elle demeurera et ne cessera de s&rsquo;amplifier tant que les relations avec la Russie seront dans l&rsquo;\u00e9tat o&ugrave; elles sont, tant que la campagne m\u00e9diatique anglo-saxonne et occidentaliste anti-russe, &ndash; la v\u00e9ritable \u00ab\u00a0clause de solidarit\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;Occident, &ndash; se poursuivra dans la hargne et l&rsquo;invective. L&rsquo;alternative est la mise en place d&rsquo;une architecture fondamentale de s\u00e9curit\u00e9 en Europe, dont les USA et leurs amis ne veulent pas vraiment parce que, par rapport \u00e0 la situation ant\u00e9rieure, ils perdraient n\u00e9cessairement une part de leur pr\u00e9pond\u00e9rance et de leur influence, parce que les Europ\u00e9ens type-Sarko y verraient une occasion d&rsquo;affirmer l&rsquo;Europe au c\u00f4t\u00e9 de \u00ab\u00a0leurs amis am\u00e9ricains\u00a0\u00bb, &mdash; ce dont les \u00ab\u00a0amis am\u00e9ricains\u00a0\u00bb ne veulent pas entendre parler. Voil\u00e0 la situation o&ugrave; nous sommes, sans une seule issue qui nous permette de retrouver le confortable <em>statu quo ante<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La crise de G\u00e9orgie a d\u00e9montr\u00e9 rapidement, comme dans un script \u00e9crit d&rsquo;avance, que l&rsquo;OTAN n&rsquo;assure la s\u00e9curit\u00e9 de personne et que les USA ne sont pr\u00eats \u00e0 rien risquer pour sauver leurs amis. Si c&rsquo;est le cas, r\u00e9fl\u00e9chissent certains dans les pays de l&rsquo;Est envahis par la crainte parano\u00efaque du voisinage russe, il faut les y forcer. Un nouvel Article 5 fera l&rsquo;affaire. Qui, dans l&rsquo;ambiance m\u00e9diatique de la Guerre froide retrouv\u00e9e, songerait \u00e0 les critiquer?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si l&rsquo;affaire venait \u00e0 se concr\u00e9tiser, elle serait tout simplement d\u00e9vastatrice. Elle poserait \u00e0 tous les pays de l&rsquo;Alliance qui portent beau et proclament l&rsquo;anath\u00e8me anti-russe, de Londres \u00e0 Washington pour faire court, l&rsquo;\u00e9pouvantable dilemme de mettre leurs actes en accord avec leurs paroles. Elle ouvrirait un d\u00e9bat o&ugrave; l&rsquo;Alliance y laisserait sa peau, ce jugement sans la moindre h\u00e9sitation et malgr\u00e9 tous les <em>lobbies<\/em> du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut \u00eatre assur\u00e9 que tous les moyens seront employ\u00e9s, de l&rsquo;influence sous toutes ses formes et Dieu sait si elles peuvent \u00eatre diverses et vari\u00e9es, pour faire changer d&rsquo;avis tel ou tel Premier ministre balte qui voudrait promouvoir un tel acte \u00e0 la fois fondamental et justifi\u00e9. Chaque nouvel anath\u00e8me lanc\u00e9 \u00e0 la Russie r\u00e9duira ces efforts \u00e0 n\u00e9ant et requinquera le PM en question dans son intention de faire avancer son id\u00e9e. Si, effectivement, la question de l&rsquo;Article 5 devient m\u00e9diatique, ouvrant la voie \u00e0 son appr\u00e9ciation institutionnelle et politique, si les journalistes asserment\u00e9s finissent par comprendre le sens de la chose apr\u00e8s les explications indispensables, alors le cas de l&rsquo;Article 5 deviendra une \u00ab\u00a0juste cause\u00a0\u00bb irr\u00e9sistible du cat\u00e9chisme occidentaliste et am\u00e9ricaniste puisqu&rsquo;il sera amarr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;indispensable mobilisation anti-russe et le cas moral qui va avec pour sauver la civilisation. Peut-\u00eatre aurons-nous un article de BHL, qui aura mal interpr\u00e9t\u00e9 les consignes. Quelques masques tomberont avec un bruit sourd, &ndash; notamment du c\u00f4t\u00e9 du Congr\u00e8s US, lorsqu&rsquo;il faudra examiner une telle proposition qui va contre tous les r\u00e9flexes, tous les \u00e9go\u00efsmes am\u00e9ricanistes accumul\u00e9s depuis deux si\u00e8cles derri\u00e8re un vernis m\u00e9diatique moralisant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On s&rsquo;apercevra que Washington vit toujours, avec quelques adaptations n\u00e9cessaires aux temps qui courent, \u00e0 l&rsquo;heure de Georges Washington et de son discours d&rsquo;adieu de 1797 d\u00e9finissant l&rsquo;isolationnisme (selon l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.america.gov\/st\/educ-english\/2008\/April\/20080407113358eaifas0.9864771.html\">interpr\u00e9tation officielle<\/a> : &laquo;MI&gt;Finally, in his Farewell Address, he warned the nation to \u00ab\u00a0steer clear of permanent alliances with any portion of the foreign world.\u00a0\u00bb This advice influenced American attitudes toward the rest of the world for generations to come&raquo;). On s&rsquo;apercevra que l&rsquo;histoire de la politique ext\u00e9rieure des USA est une histoire d&rsquo;int\u00e9r\u00eats calcul\u00e9s, de solidarit\u00e9s pay\u00e9es au centuple (les Anglais l&rsquo;ont bien vu et n&rsquo;ont toujours rien compris avec l&rsquo;accord <em>Lend Lease<\/em> de 1941, comme nous n&rsquo;avons toujours rien compris au v\u00e9ritable sens du Plan Marshall); une histoire de boutiquier qui ne donne pas un sou sans en attendre deux, ni n&rsquo;envoie un soldat sans en attendre une mont\u00e9e des dividendes de ses grandes <em>corporates<\/em>. (Sauf ces derniers temps o&ugrave; la folie a infest\u00e9 la politique et o&ugrave; l&rsquo;on commet par inadvertance de bien grandes sottises par rapport au principe cardinal de la politique ext\u00e9rieure US de retour sur investissement; mais le cas de l&rsquo;Article 5, qui touchera aux obsessions l\u00e9galistes de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, ne sera pas une \u00ab\u00a0inadvertance\u00a0\u00bb o&ugrave; cette folie agira et l&rsquo;on verra revenir les froids calculs et l&rsquo;\u00e9go\u00efsme \u00e9troit de cette nation.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par rapport \u00e0 ses buts et ses ambitions, l&rsquo;OTAN n&rsquo;est pas une \u00ab\u00a0<em>permanent alliance<\/em>\u00a0\u00bb au sens o&ugrave; l&rsquo;entendait George Washington puisqu&rsquo;elle \u00e9carte l&rsquo;obligation de son principal objet. C&rsquo;est un faux-masque, l&rsquo;artifice id\u00e9al d&rsquo;une fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre isolationniste sans le para&icirc;tre, tout en encaissant les dividendes de pas sembler l&rsquo;\u00eatre. Les \u00e9nervements de la parano\u00efa des alli\u00e9s glorieux de l&rsquo;Est, qu&rsquo;on entretient depuis des ann\u00e9es dans cette parano\u00efa, pourraient bien jouer le r\u00f4le estimable de nous faire voir, une fois de plus, que le roi est nu. Par les temps qui courent, on le verrait aussit\u00f4t se mettre \u00e0 grelotter, le roi.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Swing autour de l&rsquo;\u00a0\u00bboption nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb de l&rsquo;OTAN 10 septembre 2008 &mdash; Des indications circulent, imprim\u00e9es ou pas, sur l&rsquo;intention d&rsquo;un ou l&rsquo;autre dirigeant d&rsquo;un des trois pays baltes (notamment le pr\u00e9sident d&rsquo;Estonie), membre de l&rsquo;OTAN, de demander une r\u00e9vision de l&rsquo;Article 5 du Trait\u00e9 de l&rsquo;Atlantique Nord, fondateur de l&rsquo;Alliance Atlantique et de l&rsquo;OTAN. &laquo;&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3845,7726,7768,3035,584,3248],"class_list":["post-70177","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-article","tag-7726","tag-baltes","tag-george","tag-otan","tag-washington"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70177","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70177"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70177\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70177"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70177"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70177"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}