{"id":70178,"date":"2008-09-10T22:16:48","date_gmt":"2008-09-10T22:16:48","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/10\/victoire-mineure-mais-la-cacophonie-est-plus-ample\/"},"modified":"2008-09-10T22:16:48","modified_gmt":"2008-09-10T22:16:48","slug":"victoire-mineure-mais-la-cacophonie-est-plus-ample","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/10\/victoire-mineure-mais-la-cacophonie-est-plus-ample\/","title":{"rendered":"\u201cVictoire mineure\u201d mais la cacophonie est plus ample"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Victoire mineure mais la cacophonie est plus ample<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t10 septembre 2008  Nous avons pris le temps de reprendre notre souffle. Quatre heures de n\u00e9gociation, cela fatigue. Un journaliste, fran\u00e7ais et attentif, observait que Sarko donnait, en \u00e9voquant son interlocuteur \u00e0 la conf\u00e9rence de presse, du pr\u00e9sident Medvedev,  apr\u00e8s tout, tr\u00e8s gaullien, non? Medvedev, assez badin, presque ironique, plut\u00f4t souriant, tout cela qui est un comble pour un personnage qui nous avait sembl\u00e9 jusqu&rsquo;alors balader une allure de mannequin engonc\u00e9 et plastronn\u00e9 dans des costard \u00e0 ne pas croire,  Medvedev parlait lestement de Nicolas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn g\u00e9n\u00e9ral, les commentaires m\u00e9diatiques ont \u00e9t\u00e9 discrets, du type bout des l\u00e8vres, ou <em>lip service<\/em> pour les pseudo-amis. (Mais cela n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 gu\u00e8re diff\u00e9rent lors de la premi\u00e8re intervention de Sarko \u00e0 Moscou, sur le cessez le feu, \u00e0 part quelques jugements, d&rsquo;ailleurs venus apr\u00e8s coup,  comme celui de <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/mary-dejevsky\/mary-dejevsky-the-destructive-prejudices-of-europes-new-members-915625.html\" class=\"gen\">Mary Deverjsky<\/a> dans <em>The Independent<\/em>: \u00ab<em>In fact, the EU&rsquo;s first moves were positive, as international responses go. The French presidency of the EU placed the onus on Nicolas Sarkozy and his foreign minister, Bernard Kouchner, to react in the name of Europe. Exhibitionist and interventionist politicians both, they made an admirably prompt start, exchanging their sacrosanct August holidays for a few rounds of shuttle diplomacy.<\/em>\u00bb) L&rsquo;explication de cette retenue est sans doute qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la France,  Sarko l&rsquo;Am\u00e9ricain ou pas,  et que la consigne g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me anglo-saxon, en g\u00e9n\u00e9ral suivie par le troupeau, est d&rsquo;\u00e9viter de dire du bien de la France par tous les moyens et de ne jamais rater une occasion d&rsquo;en dire du mal. Par \u00e9limination, on dira enfin qu&rsquo;il \u00e9tait difficile de compl\u00e8tement condamner la tentative et ses r\u00e9sultats d\u00e8s lors qu&rsquo;on n&rsquo;a rien \u00e0 proposer en \u00e9change et qu&rsquo;elle a donn\u00e9 quelques r\u00e9sultats; dans ce cas, le silence est d&rsquo;or. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut s&rsquo;arr\u00eater au commentaire du <em>Spiegel<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.spiegel.de\/international\/world\/0,1518,577163,00.html\" class=\"gen\">9 septembre<\/a>, parce qu&rsquo;il est assez mesur\u00e9, qu&rsquo;il ne d\u00e9nie pas les aspects positifs de la d\u00e9marche de Sarko, tant s&rsquo;en faut, qu&rsquo;il lui rend m\u00eame justice, sans cacher les limites de l&rsquo;exercice. (D&rsquo;o\u00f9 son titre: \u00ab<em>Sarkozy Scored a Minor Victory in Moscow&rsquo;<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Against most expectations, Sarkozy succeeded Monday in getting Russia to approve an updated cease-fire agreement. But many issues remain when it comes to Georgia and its breakaway republics. German commentators are too worried to get caught up in any celebration.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In tense negotiations between the EU and Russia Monday, French President Nicolas Sarkozy and his European counterparts unexpectedly succeeded in getting Russian President Dmitry Medvedev to agree to pull Russian troops out of most of Georgia. But the success really only amounted to cutting off one of the Hydra&rsquo;s heads, leaving many others unresolved.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Europe sent three heavy-hitters  Sarkozy, currently president of the rotating EU presidency, European Commission President Jose Manuel Barroso and EU foreign policy chief Javier Solana  to Moscow for four hours of talks aimed at salvaging what remained of a peace agreement brokered on Aug. 12, which had done little more than bring an end to open warfare between the sides.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The updated cease-fire plans call for Russia troops to withdraw from central Georgian areas by Oct. 11 and for 200 EU monitors to be allowed to deploy to areas surrounding the two breakaway regions of South Ossetia and Abkhazia next month. Russia infuriated the West when it recognized the independence of the two separatist regions recently.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>What Monday&rsquo;s agreement leaves open is the issue of the status of the two regions and whether Russian troops will withdraw from them as well. It is not up to Russia to recognize unilaterally the independence of Abkhazia and South Ossetia,\u00a0\u00bb Sarkozy told reporters Monday. These are international rules. These should be respected.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme on le comprend, la r\u00e9union n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sans tension. Il y eut m\u00eame un moment, selon Reuters repris par <em>Spiegel<\/em>, o\u00f9 Sarkozy mena\u00e7a de rompre la n\u00e9gociation. (\u00ab<em>In fact, at a certain point, Sarkozy reportedly even threatened to call off the negotiations. While Medvedev was not in the room, Russian officials tried to delete a reference to the Aug. 6 pre-conflict positions from the agreement, according to Reuters. The news agency quotes an unidentified official as saying that, upon seeing the changes, Sarkozy got up and said We&rsquo;re going. This is not negotiable.&rsquo; Medvedev reportedly then returned to the negotiations and succeeded in getting them to move forward.<\/em>\u00bb Incident r\u00e9el ou vieille et bonne tactique? Amener un incident par une position dure de la d\u00e9l\u00e9gation russe alors que Medvedev a quitt\u00e9 la pi\u00e8ce, pour voir tout raccommod\u00e9 par le m\u00eame Medvedev revenant en conciliateur, et renfor\u00e7ant sa position dans la n\u00e9gociation.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe principal est qu&rsquo;il y a des dates butoir, et notamment la mi-octobre \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 l&rsquo;on se mettra en conf\u00e9rence, o\u00f9 la partie sera chaude. Donc, on se parle toujours, plus que jamais. De ce point de vue, la mission de Sarko a atteint son objectif: contact r\u00e9tabli, la Russie est l&rsquo;interlocuteur fondamental, l&rsquo;interlocuteur strat\u00e9gique essentiel de l&rsquo;UE, d&rsquo;ailleurs comme elle ne le fut jamais, m\u00eame <strong>auparavant<\/strong> (<em>dito<\/em>, avant la crise g\u00e9orgienne),  m\u00eame si elle est un interlocuteur coriace, pas facile, avec plus d&rsquo;un tour dans son sac. <em>In fine<\/em> c&rsquo;est moins de la G\u00e9orgie que nous parlons, que d&rsquo;autre chose Le voyage \u00e0 Tbilissi n&rsquo;a eu lieu que pour aller chercher la signature de Saakachvili, \u00e9ventuellement en modifiant un peu la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats de Moscou, \u00e0 la col\u00e8re extr\u00eame, deux jours plus tard, du ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res russe Lavrov. Des arrangements de fortune ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s, pour \u00e9voquer des interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes selon les interlocuteurs. Les criailleries morales et les coups fourr\u00e9s de tous les c\u00f4t\u00e9s ne sont pas finis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQu&rsquo;importe, la G\u00e9orgie est en train de passer au second plan (nous parlons des choses qui comptent historiquement), m\u00eame si les grandes \u00e2mes s&rsquo;en \u00e9meuvent, si les diplomates s&rsquo;y \u00e9puisent et si les chars y tra\u00eenent des chenilles. Son r\u00f4le d\u00e9sormais est d&rsquo;appliquer, par la tension qu&rsquo;elle impose, un incitatif pour \u00e9voluer vers d&rsquo;autres questions bien plus graves. (Si le processus actuel butait \u00e0 nouveau sur une menace de rupture, sur des pol\u00e9miques sur l&rsquo;\u00e9volution de la situation, ce serait encore plus vrai: la crise g\u00e9orgienne comme g\u00e9n\u00e9ratrice de tension pour pousser vers la crise g\u00e9n\u00e9rale et les probl\u00e8mes essentiels.)<\/p>\n<h3>Cocktail explosif sur fond de radicalisation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sommet Sarko-Medvedev ne fut pas facile pour le Fran\u00e7ais. Les Russes tiennent beaucoup de cartes en mains et ils en jouent avec habilet\u00e9 et sans vergogne excessive. La situation en G\u00e9orgie en est un bon exemple. Outre certains aspects politiques et op\u00e9rationnels et certaines exigences des militaires (destruction de mat\u00e9riel, g\u00eane maximale \u00e0 opposer pour tenter d&rsquo;entraver les efforts divers de r\u00e9organisation, voire de r\u00e9armement des forces arm\u00e9es, voire m\u00eame pour miner l&rsquo;actuel r\u00e9gime et aider \u00e0 sa d\u00e9stabilisation par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_georgie_apres_l_ukraine_10_09_2008.html\" class=\"gen\">l&rsquo;opposition<\/a> g\u00e9orgienne), l&rsquo;\u00e9valuation qui en est faite est donc qu&rsquo;elle maintient une pression sur les Occidentaux pour qu&rsquo;ils ne perdent pas de vue la gravit\u00e9 de la situation g\u00e9n\u00e9rale. Selon le mot d&rsquo;un commentateur russe \u00e0 l&rsquo;intention d&rsquo;un fonctionnaire europ\u00e9en pr\u00e9sent autour des n\u00e9gociations, \u00ab<em>plus la crise tra\u00eene, plus le retour au business as usual qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la crise, notamment avec l&rsquo;UE, est impossible, et c&rsquo;est probablement ce que veut la direction russe<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes ont r\u00e9alis\u00e9 combien un certain nombre, et un nombre consistant de pays europ\u00e9ens, jusqu&rsquo;alors r\u00e9duits au silence par les pressions conformistes des canaux de communication m\u00e9diatique anti-russes, se sont d\u00e9voil\u00e9s dans leur volont\u00e9 de chercher un arrangement g\u00e9n\u00e9ral avec les Russes, un arrangement qui, dans sa logique induite, d\u00e9passe les seules questions sectorielles (\u00e9nergie, commerce) pour atteindre les domaines g\u00e9n\u00e9raux (s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne). Aujourd&rsquo;hui, ces partisans europ\u00e9ens d&rsquo;un arrangement avec les Russes ont la main parce que, contre eux, les radicaux stridents qui d\u00e9noncent toute tentative d&rsquo;arrangement avec les Russes, n&rsquo;ont strictement rien \u00e0 offrir: une dialectique anti-russe assortie de la pose morale qui va bien sans les moyens (notamment militaires) de soutenir l&rsquo;une et de satisfaire l&rsquo;autre, avec de surcro\u00eet les USA absents. On peut envisager que les Russes, qui ne sont pas idiots, calculent qu&rsquo;en n&rsquo;\u00e9tant pas trop vite arrangeants sur la G\u00e9orgie, ils peuvent aider indirectement (en la manipulant un peu) cette faction pro-europ\u00e9enne et partisane d&rsquo;un grand arrangement avec la Russie, d&rsquo;autant que cette faction peut dire \u00e0 la faction radicale anti-russe, en s\u00e9ance restreinte, que ce sont ses vitup\u00e9rations qui durcissent la Russie dans sa position.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que les indications abondent selon lesquelles, comme Sarko lui-m\u00eame l&rsquo;a \u00e9voqu\u00e9, il est de plus en plus probable que les n\u00e9gociations sur les relations strat\u00e9giques avec la Russie (suspendues au sommet de Bruxelles) vont reprendre en octobre si les accords du 8 septembre sont respect\u00e9s. Dans la logique de la situation, il est \u00e9galement de plus en plus probable qu&rsquo;on les fera \u00e9voluer bien au-del\u00e0 des domaines sectoriels envisag\u00e9s, parce que la radicalisation d&rsquo;un des camps europ\u00e9ens entra\u00eene la radicalisation de l&rsquo;autre. \u00ab<em>On constate chaque jour plus nettement, <\/em> dit une source europ\u00e9enne, <em>qu&rsquo;on se trouve devant une alternative \u00e0 cause notamment des pressions des radicaux anti-russes: ou bien ne rien faire, geler nos relations avec la Russie, d\u00e9cider des sanctions, ce qui est de plus en plus impensable \u00e0 cause des d\u00e9g\u00e2ts inimaginables que cela causerait chez nous, ou bien hausser les n\u00e9gociations \u00e0 un degr\u00e9 sup\u00e9rieur.<\/em>\u00bb Parall\u00e8lement et dans le m\u00eame sens, il faut envisager de r\u00e9activer la question de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-destructuration_et_restructuration_19_07_2008.html\" class=\"gen\">la proposition Medvedev<\/a> pour une architecture de s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne, puisqu&rsquo;une r\u00e9ponse europ\u00e9enne \u00e9tait pr\u00e9vue \u00e0 l&rsquo;automne, ce qui est dans le m\u00eame domaine et va dans le m\u00eame sens; comment envisager de n\u00e9gocier des relations strat\u00e9giques et ne pas se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la proposition Medvedev, et vice-versa, dans la situation pr\u00e9sente?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa bureaucratie europ\u00e9enne a une attitude ambigu\u00eb. Elle pousse en th\u00e9orie pour la r\u00e9activation des n\u00e9gociations strat\u00e9giques avec les Russes, ce qui repr\u00e9sente par ailleurs sa d\u00e9marche naturelle justifiant son existence et son importance; mais elle le fait dans un sens prudentissime, sinon pire, en verrouillant tous les aspects de la chose;  cela implique d&rsquo;abord de rechercher une position commune des 27 sur l&rsquo;architecture europ\u00e9enne puis d&rsquo;obtenir l&rsquo;accord des Am\u00e9ricains sur cette position commune, avant de se tourner vers les Russes. \u00ab<em>Cela veut dire qu&rsquo;on sera pr\u00eat \u00e0 n\u00e9gocier en 2025!<\/em>\u00bb remarque encore notre source europ\u00e9enne. Du point de vue pratique, dans les d\u00e9lib\u00e9rations techniques dans les institutions europ\u00e9ennes, on observe des ruptures radicales entre des fonctionnaires qui adoptent l&rsquo;une (dialogue avec les Russes) ou l&rsquo;autre (anti-russe) attitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est encore \u00e0 ce niveau que la pression russe peut jouer son r\u00f4le, tant que cette pression est per\u00e7ue comme une menace, parce que cette menace ne permet pas de trop tra\u00eener. Dans le cas o\u00f9 il faudrait \u00e9videmment presser le mouvement, et il le faudra sans doute, des affrontements terribles sont \u00e0 pr\u00e9voir, entre Europ\u00e9ens d&rsquo;une part, avec les Am\u00e9ricains d&rsquo;autre part, mais avec les Europ\u00e9ens pro-am\u00e9ricanistes et les Am\u00e9ricains eux-m\u00eames nullement en position de force, comme l&rsquo;a montr\u00e9 la crise g\u00e9orgienne. Si les Russes sont conscients de cela, et s&rsquo;ils manipulent la crise g\u00e9orgienne dans ce sens, cela confirme qu&rsquo;ils veulent effectivement attaquer l&rsquo;influence US en Europe et, au-del\u00e0, mettre directement en cause l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce vaste tableau, Sarko tient un r\u00f4le \u00e0 la fois entra\u00eenant et contraint. Les mines qu&rsquo;il nous a montr\u00e9es \u00e0 Moscou, autour et alentour des conf\u00e9rences de presse, montrent bien cela. A la fois dynamique et s\u00fbr de lui, comme \u00e0 l&rsquo;accoutum\u00e9, pour arriver \u00e0 un accord parce que les coups politiques sont le miel de son existence;  \u00e0 la fois mal \u00e0 l&rsquo;aise, parfois tendu, c&rsquo;est-\u00e0-dire conscient qu&rsquo;il n&rsquo;a pas toutes les cartes en main, que les Russes en ont beaucoup, et que l&rsquo;orientation qu&rsquo;il doit suivre pour poursuivre les contacts avec eux et les faire progresser implique un gauchissement de la situation,  gauchissement dans le sens symboliquement politique, c&rsquo;est-\u00e0-dire pas loin d&rsquo;\u00eatre anti-am\u00e9ricaniste. Sarko l&rsquo;Am\u00e9ricain, tout heureux d&rsquo;\u00eatre un <em>leader<\/em> dans le r\u00f4le de Sarko l&rsquo;Europ\u00e9en, r\u00e9alise-t-il parfois que, pour mener l&rsquo;esquif europ\u00e9en dans la temp\u00eate, il tient une position largement piment\u00e9e d&rsquo;europ\u00e9anisme anti-am\u00e9ricaniste, jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9 un jour d&rsquo;\u00eatre Sarko l&rsquo;anti-am\u00e9ricain? Il ne faut pas trop le dire, mais c&rsquo;est retrouver une diplomatie fran\u00e7aise classique, \u00e0 l&rsquo;insu de son plein gr\u00e9 de notre-Pr\u00e9sident. C&rsquo;est \u00e7a ou bien c&rsquo;est le blocage, peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9chec; comme dans le cas de l&rsquo;OTAN, et encore plus que dans le cas de l&rsquo;OTAN, l&rsquo;Ouest a sans doute plus, beaucoup plus \u00e0 perdre que la Russie dans une telle perspective.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, il y a les analyses satisfaites des Anglo-Saxons, selon lesquelles les march\u00e9s et l&rsquo;\u00e9conomie feront c\u00e9der les Russes dans leur entreprise de bouleversement des structures internationales, \u00e0 cause des cons\u00e9quences pour leur \u00e9conomie. Ils feraient bien de ne pas trop y compter. Les Anglo-Saxons parlent en terme d&rsquo;ann\u00e9es et selon l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une situation stable pour eux-m\u00eames, parce qu&rsquo;ils se croient revenus au temps de la Guerre froide. Les Russes parlent en termes de mois dans la crise actuelle et, si des pressions \u00e9conomiques ou financi\u00e8res trop fortes \u00e9taient per\u00e7ues, c&rsquo;est alors que l&rsquo;Ouest pourrait se retrouver avec l&rsquo;une ou l&rsquo;autre crise de type g\u00e9orgien de plus, o\u00f9 il serait aussi impuissant que dans le cas g\u00e9orgien, et encore bien plus d\u00e9stabilis\u00e9. D&rsquo;ailleurs, d&rsquo;ici l\u00e0, le syst\u00e8me financier anglo-saxon, qui navigue dans sa propre temp\u00eate, pourrait bien conna\u00eetre d&rsquo;\u00e9normes d\u00e9boires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne faisons pas ici une analyse optimiste ou pacifique des perspectives. Nous croyons que la crise g\u00e9orgienne a d\u00e9clench\u00e9 une pouss\u00e9e qui va dans le sens d\u00e9crit, contre laquelle les anti-russes, de plus en plus affich\u00e9s dans une dynamique de vassalisation anglo-saxonne, n&rsquo;ont aucune alternative solide. Cette situation n&rsquo;implique nullement une perspective pacifique, bien au contraire. La tendance actuelle tr\u00e8s puissante et l&rsquo;impuissance politique de ses opposants (les anti-russes) contrastant avec leur puissance m\u00e9diatique et d&rsquo;influence, voil\u00e0 un cocktail explosif.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Victoire mineure mais la cacophonie est plus ample 10 septembre 2008 Nous avons pris le temps de reprendre notre souffle. Quatre heures de n\u00e9gociation, cela fatigue. Un journaliste, fran\u00e7ais et attentif, observait que Sarko donnait, en \u00e9voquant son interlocuteur \u00e0 la conf\u00e9rence de presse, du pr\u00e9sident Medvedev, apr\u00e8s tout, tr\u00e8s gaullien, non? 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