{"id":70194,"date":"2008-09-16T17:07:43","date_gmt":"2008-09-16T17:07:43","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/16\/de-1929-a-2008-lantagonisme-psychologique\/"},"modified":"2008-09-16T17:07:43","modified_gmt":"2008-09-16T17:07:43","slug":"de-1929-a-2008-lantagonisme-psychologique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/16\/de-1929-a-2008-lantagonisme-psychologique\/","title":{"rendered":"De 1929 \u00e0 2008, l&rsquo;antagonisme psychologique"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">De 1929 \u00e0 2008, l&rsquo;antagonisme psychologique<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t16 septembre 2008  Cette fois, apr\u00e8s un nombre d\u00e9j\u00e0 respectable de journ\u00e9es noires depuis 25 mois, l&rsquo;analogie est unanime. Ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 hier est bien l&rsquo;\u00e9quivalent historique d&rsquo;octobre 1929,  si l&rsquo;on s&rsquo;en tient bien \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement lui-m\u00eame. Nous citons un texte qui exprime bien ce sentiment, l&rsquo;\u00e9ditorial du <em>Guardian<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2008\/sep\/16\/creditcrunch.marketturmoil\" class=\"gen\">ce jour<\/a>. C&rsquo;est autour de cette analogie qu&rsquo;est construit ce texte, qui emploie pour titre une de ces images (\u00ab<em>Maelstrom in the markets<\/em>\u00bb) dont les commentateurs du monde financier sont friands.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCitons l&rsquo;entame de l&rsquo;\u00e9ditorial.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>It is a moment Karl Marx would have relished. From every angle financial capitalism is taking a battering. Late on Sunday one of the world&rsquo;s biggest investment banks, Lehman Brothers, filed for bankruptcy, while another, Merrill Lynch, sold itself off in a hurry to avoid going the same way. Yesterday brought nose-diving shares and a yo-yoing dollar. AIG was once the world&rsquo;s biggest insurer, but its woes today are only making more of a drama out of the crisis. Two pillars of the modern economic temple &#8211; greed and prosperity &#8211; are trembling in a manner unseen for a very long time. Only a fortnight ago, Alistair Darling attracted derision when he told the Guardian that circumstances were \u00ab\u00a0arguably the worst they&rsquo;ve been in 60 years\u00a0\u00bb. But events of the past 48 hours suggest that  in terms of finance, at least  75 years might have been a better benchmark. The weather in the money markets is now bleaker than it has been since the 1930s.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Fortunately, there is more to economic life than high finance. The economy as a whole is not  yet  in the dire condition it fell into in the mid-70s, early-80s or early-90s  still less the late 1920s and early 1930s. The great danger is that this could change. Many lessons must be learned from what is happening, and in time the rules of casino capitalism will need to be rewritten. But the urgent task for the authorities now is to stop the rot from spreading from the money-men to the rest of us.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mot qui nous arr\u00eate est celui-ci: <em>Fortunately<\/em>, puis ce qui suit sur l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9conomie, qui concerne dans une courte allusion l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9conomie \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1929 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930  (\u00ab<em> the late 1920s and early 1930s<\/em>\u00bb). C&rsquo;est l\u00e0-dessus que nous concentrerons notre commentaire. Nous nous appuyons fortement sur l&rsquo;analogie historique, puisque tout nous invite; en nous concentrons sur les conditions <strong>g\u00e9n\u00e9rales<\/strong> entourant le krach de 1929 et sur celles entourant celui du 15 septembre 2008.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a une m\u00e9thodologie contestable dans cet \u00e9ditorial. Il ne rend pas compte, \u00e0 notre sens, d&rsquo;une description acceptable des conditions respectives des deux \u00e9poques. Il subvertit d&rsquo;autant une analogie comparative qui, par ailleurs, s&rsquo;impose effectivement. Plusieurs remarques pr\u00e9liminaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La r\u00e9f\u00e9rence unanime est celle du krach d&rsquo;octobre 1929 \u00e0 Wall Street. C&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement sp\u00e9cifiquement am\u00e9ricaniste, des USA seuls. Or, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e9conomique faite dans l&rsquo;\u00e9dito renvoie \u00e0 la situation \u00e9conomique hors des USA, particuli\u00e8rement au Royaume-Uni (l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9conomie mauvais \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920, comme si le krach d&rsquo;octobre 1929 en \u00e9tait l&rsquo;expression boursi\u00e8re logique). Les Britanniques ont trop tendance \u00e0 consid\u00e9rer comme communes les situations US et UK (cela correspond aux illusions de leur strat\u00e9gie g\u00e9n\u00e9rale) et ils renvoient cette id\u00e9e \u00e0 1929. Puisque octobre 1929 est un \u00e9v\u00e9nement sp\u00e9cifiquement am\u00e9ricaniste, la seule r\u00e9f\u00e9rence \u00e9conomique qui vaille est la situation \u00e9conomique des USA. Dans ce cas, le jugement est faux. Le krach d&rsquo;octobre 1929 est par excellence le coup de tonnerre dans un ciel bleu, un effondrement dans une \u00e9conomie en pleine expansion,  l&rsquo;\u00e9conomie US, alors compl\u00e8tement d\u00e9connect\u00e9e de l&rsquo;\u00e9conomie hors des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le contexte dans lequel on juge quasi unanimement des \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;hier est celui du seul cadre \u00e9conomico-financier, et r\u00e9duit \u00e0 la sph\u00e8re occidentale. Ce choix nous para\u00eet arbitraire et vicieux. Si l&rsquo;on parle du contexte, alors on ne peut s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie parce que tous les grands domaines d&rsquo;activit\u00e9 sont li\u00e9s et int\u00e9gr\u00e9s. Si l&rsquo;\u00e9conomie US est florissante lorsqu&rsquo;\u00e9clate le krach alors que le reste de l&rsquo;\u00e9conomie ne l&rsquo;est pas, c&rsquo;est parce que les USA sont en pleine p\u00e9riode isolationniste, isol\u00e9s du reste du monde dans tous les domaines de la vie publique et de la politique g\u00e9n\u00e9rale. Le fait, autant que la logique g\u00e9n\u00e9rale que nous privil\u00e9gions invite \u00e0 consid\u00e9rer, lorsque nous jugeons du contexte de la crise, non seulement l&rsquo;\u00e9conomie, mais la vie politique g\u00e9n\u00e9rale, la situation sociale et culturelle, voire la psychologie (plus que voire d&rsquo;ailleurs, on le verra: il s&rsquo;agit de l&rsquo;essentiel). Ce sera notre m\u00e9thode, comme ce l&rsquo;est d&rsquo;une fa\u00e7on syst\u00e9matique. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation g\u00e9n\u00e9rale, il n&rsquo;y a aucune raison de limiter les domaines arbitrairement; il faut prendre la situation g\u00e9n\u00e9rale pour r\u00e9pondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9gration de tous les domaines qui la composent par d\u00e9finition. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est de cette fa\u00e7on que nous allons proc\u00e9der. Nous prendrons le fait fondamental de cette analyse analogique sur le constat qu&rsquo;octobre 1929 est le d\u00e9tonateur de tout le reste (la Grande D\u00e9pression notamment) alors que septembre 2008 est une explosion de plus, m\u00eame si elle est particuli\u00e8rement forte, dans une chaine d&rsquo;explosions. Si l&rsquo;on veut, notre Octobre 1929 a commenc\u00e9 en ao\u00fbt 2007 et s&rsquo;est poursuivi dans plusieurs autres explosions jusqu&rsquo;\u00e0 septembre 2008. (Et sans doute n&rsquo;est-ce pas fini, il y aura d&rsquo;autres explosions,  alors qu&rsquo;en 1929 on s&rsquo;en tint \u00e0 Octobre et il n&rsquo;y eut plus d&rsquo;autres explosion du m\u00eame domaine jusqu&rsquo;\u00e0 la glissade vers la d\u00e9pression \u00e9conomique \u00e0 partir de l&rsquo;automne 1930, et \u00e0 pleine vitesse \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1931.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, oui, l&rsquo;analyse compar\u00e9e des situations g\u00e9n\u00e9rales est n\u00e9cessaire et instructive. Elle doit \u00eatre faite. Elle nous en dira beaucoup sur ce qui nous attend.<\/p>\n<h3>La situation d&rsquo;Octobre 1929<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;image du coup de tonnerre dans un ciel bleu est, pour les USA, une parfaite illustration des circonstances. L&rsquo;\u00e9conomie US est exub\u00e9rante dans les ann\u00e9es et les mois qui pr\u00e9c\u00e8dent octobre 1929.  Elle n&rsquo;a gu\u00e8re de contraintes ext\u00e9rieures, tr\u00e8s peu de d\u00e9penses improductives de s\u00e9curit\u00e9 (forces arm\u00e9es, conflits ext\u00e9rieurs). C&rsquo;est pour cette raison que le crash est un tel choc, dont la violence et le caract\u00e8re inattendu sont la cause de drames terribles (les fameux suicides de Wall Street). Les ann\u00e9es 1920 sont aux USA, \u00e0 part un ralentissement dans la premi\u00e8re partie de la d\u00e9cennie, une p\u00e9riode de triomphe presque surnaturel du mod\u00e8le am\u00e9ricain bas\u00e9 sur le cr\u00e9dit, la publicit\u00e9 et la sp\u00e9culation. (Voir pour cette p\u00e9riode, le krach et la Grande D\u00e9pression, les chapitres 2 et 3 de notre Extrait <em>Le soleil noir de la Beat Generation<\/em>, mis en ligne le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_soleil_noir_de_la_beat_generation_05_09_2007.html\" class=\"gen\">5 septembre 2007<\/a>.) La seule p\u00e9riode r\u00e9cente qui pourrait \u00eatre comparable avec des limitations est, pour les USA, celle des ann\u00e9es 1996-2000. (En Europe, dans les ann\u00e9es 1920, la situation \u00e9conomique est beaucoup plus instable, avec notamment des crises en Allemagne et au Royaume-Uni. Mais il s&rsquo;agit de situations sp\u00e9cifiques europ\u00e9ennes, cons\u00e9quences de la Grande Guerre. Ces situations n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec le crash d&rsquo;octobre 1929, qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne sp\u00e9cifiquement US sans rapport avec l&rsquo;histoire europ\u00e9enne.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation internationale durant la p\u00e9riode est particuli\u00e8rement calme. Le seul risque d&rsquo;affrontement est, en 1927-28, des menaces pr\u00e9cises, surtout d&rsquo;origine US, adress\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Angleterre, \u00e0 cause de la rivalit\u00e9 navale opposant les deux puissances. L&rsquo;URSS est referm\u00e9e sur elle-m\u00eame. La France et l&rsquo;Allemagne tentent de trouver une entente et le concept pacifique naissant d&rsquo;union europ\u00e9enne est tr\u00e8s populaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. La situation ext\u00e9rieure particuli\u00e8rement apaisante durant cette p\u00e9riode n&rsquo;a aucun r\u00f4le sur le processus assez myst\u00e9rieux, surtout psychologique, qui, aux USA, fait passer d&rsquo;une situation de prosp\u00e9rit\u00e9 apaisante \u00e0 un formidable effondrement de la Bourse.<\/p>\n<h3>La situation de Septembre 2008<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout le monde conna\u00eet la situation de 2008. Le 15 septembre 2008 n&rsquo;est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu du point de vue financier puisque les remous se poursuivent depuis plus d&rsquo;un an. Au niveau \u00e9conomique, la population est touch\u00e9e \u00e9galement depuis largement plus d&rsquo;un an, avec les crises du cr\u00e9dit et de l&rsquo;immobilier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation g\u00e9n\u00e9rale, notamment de politique ext\u00e9rieure et de s\u00e9curit\u00e9, est compl\u00e8tement diff\u00e9rente, caract\u00e9ris\u00e9e par une instabilit\u00e9 chaotique. Au contraire de 1929, les Etats-Unis sont engag\u00e9s partout sur la plan\u00e8te, dans des batailles extr\u00eamement incertaines, qui sont per\u00e7ues comme des revers relativement aux certitudes triomphantes de la puissance US. Le poids budg\u00e9taire de ces engagements est consid\u00e9rable, ainsi que les d\u00e9penses militaires en g\u00e9n\u00e9ral qui p\u00e8sent de plus en plus lourd sur le budget f\u00e9d\u00e9ral (le tout d\u00e9passant, en d\u00e9penses r\u00e9elles, les $1000 milliards par an).<\/p>\n<h3>Comparaison et conclusion<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAu contraire de 1929, o\u00f9 la perception \u00e9tait celle d&rsquo;une puissance globale neuve, \u00e0 laquelle tout \u00e9tait d\u00fb et tous les espoirs permis, les USA de 2008 sont une puissance fatigu\u00e9e, meurtrie, extraordinairement endett\u00e9e, un cas \u00e9vident d&rsquo;un <em>overextended empire<\/em>, aux engagements qui d\u00e9passent ses capacit\u00e9s, avec des probl\u00e8mes int\u00e9rieurs sociaux et infrastructurels sans nombre. Il r\u00e9sulte de tout cela que la psychologie am\u00e9ricaine (de la population am\u00e9ricaine) de 2008 est extr\u00eamement pessimiste, d\u00e9senchant\u00e9e, \u00e9galement au contraire de 1929.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est, \u00e0 notre sens, l&rsquo;essentiel de la diff\u00e9rence entre les deux \u00e9v\u00e9nements: la psychologie collective est, aux USA, compl\u00e8tement diff\u00e9rente. On peut avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que la Grande D\u00e9pression fut d&rsquo;abord la cons\u00e9quence du choc psychologique affectant une population prise par surprise. Bien que compl\u00e8tement an\u00e9antie par ce choc, cette population disposait dans certaines conditions d&rsquo;une forte capacit\u00e9 de renaissance. La preuve en fut administr\u00e9e par Franklin Delano Roosevelt. Comme nous l&rsquo;\u00e9crivions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_lundi_vert_de_gris_15_09_2008.html\" class=\"gen\">hier<\/a>: \u00ab<em>c&rsquo;est cet \u00e9tat d&rsquo;esprit d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 qui suscita une r\u00e9action, qui suscita un Roosevelt tel qu&rsquo;il apparut, qui soutint l&rsquo;action de Roosevelt apr\u00e8s son ent\u00e9e en action; \u00e0 l&rsquo;intensit\u00e9 du d\u00e9sespoir r\u00e9pondait la n\u00e9cessit\u00e9 de mesures draconiennes, accept\u00e9es, r\u00e9clam\u00e9es par tous.<\/em>\u00bb M\u00eame si les conditions \u00e9conomiques de d\u00e9pression subsist\u00e8rent peu ou prou jusqu&rsquo;en 1940-41, avec un ch\u00f4mage d\u00e9passant \u00e0 nouveau les 10 millions en 1937-38, presque au niveau de 1931-33, on ne retrouva pas cette atonie et ce d\u00e9sespoir de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;arriv\u00e9e de Roosevelt. Le syst\u00e8me \u00e9tait certes atteint et l&rsquo;on peut consid\u00e9rer qu&rsquo;il ne s&rsquo;est jamais compl\u00e8tement relev\u00e9 du choc du d\u00e9but des ann\u00e9es 1930, qu&rsquo;il a notamment us\u00e9 du substitut \u00e0 la longue d\u00e9bilitant d&rsquo;une \u00e9conomie militaris\u00e9e pour poursuivre son d\u00e9veloppement. Mais la psychologie collective restait encore \u00e0 cette \u00e9poque d&rsquo;imm\u00e9diatement apr\u00e8s la Grande D\u00e9pression un facteur positif de soutien de la puissance US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;en est plus rien. Il appara\u00eet et il appara\u00eetra de plus en plus que cette faiblesse psychologique implique un dramatique manque de civisme constructif, qu&rsquo;elle favorise une direction politique corrompue et d\u00e9magogique, qu&rsquo;elle ne suscite que des croyances irrationnelles et destructrices dans l&rsquo;avenir des USA , qu&rsquo;elle est soumise d&rsquo;autre part \u00e0 des conditions d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 contraignante, d\u00e9structurante, ou bien compl\u00e8tement et grossi\u00e8rement manipul\u00e9e, et sans rapport avec le r\u00e9el. Il s&rsquo;agit \u00e0 notre sens du principal facteur diff\u00e9renciant 2008 de 1929, au-del\u00e0 des facteurs de conjoncture catastrophiques. Malgr\u00e9 la Grande D\u00e9pression, la psychologie US \u00e9tait capable, dans certaines circonstances et sous certaines impulsions (FDR), de ma\u00eetriser la conjoncture catastrophique et d&rsquo;ainsi l&#8217;emp\u00eacher de devenir structurelle. Aujourd&rsquo;hui, elle la nourrit (m\u00eame si involontairement), elle est une partie structurelle d&rsquo;un contexte favorisant ce d\u00e9fil\u00e9 de conditions conjoncturelles catastrophiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous para\u00eet d\u00e9plac\u00e9 de juger de la situation, et des perspectives, en termes \u00e9conomiques si la psychologie ne soutient pas l&rsquo;\u00e9volution. La question de la psychologie a toujours \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e essentielle aux USA, en raison de craintes structurelles \u00e0 propos d&rsquo;une structure f\u00e9d\u00e9rale au d\u00e9part tr\u00e8s centrifuge, en raison d&rsquo;un individualisme nourrie par les pressions du syst\u00e8me \u00e9conomique, en raison enfin d&rsquo;une absence de dimension  historique (r\u00e9galienne) de l&rsquo;Am\u00e9rique. D&rsquo;o\u00f9 le besoin constant d&rsquo;une mobilisation artificielle, d&rsquo;un patriotisme sollicit\u00e9 et fabriqu\u00e9, au besoin contre un Ennemi r\u00e9el ou fabriqu\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste ne parvient pas \u00e0 remobiliser les \u00e9nergies, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 apaiser le d\u00e9sarroi psychologique, l&rsquo;effondrement entam\u00e9 avec les catastrophes financi\u00e8res ne pourra \u00eatre stopp\u00e9 par des mesures de restructuration techniques, quelque radicales qu&rsquo;elle puissent \u00eatre. Bien s\u00fbr, on doit ajouter qu&rsquo;on voit mal comment il pourrait parvenir \u00e0 ce r\u00f4le d&rsquo;apaisement, dans l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9cr\u00e9pitude et de crise syst\u00e9mique o\u00f9 il se trouve, notamment au niveau de sa bureaucratie et de sa gestion, et avec le niveau de m\u00e9diocrit\u00e9 et de corruption, v\u00e9nale mais surtout psychologique, atteint par l&rsquo;<em>establishment<\/em> politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De 1929 \u00e0 2008, l&rsquo;antagonisme psychologique 16 septembre 2008 Cette fois, apr\u00e8s un nombre d\u00e9j\u00e0 respectable de journ\u00e9es noires depuis 25 mois, l&rsquo;analogie est unanime. Ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 hier est bien l&rsquo;\u00e9quivalent historique d&rsquo;octobre 1929, si l&rsquo;on s&rsquo;en tient bien \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement lui-m\u00eame. 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