{"id":70211,"date":"2008-09-22T04:57:40","date_gmt":"2008-09-22T04:57:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/22\/verdun-ou-la-repetition-generale\/"},"modified":"2008-09-22T04:57:40","modified_gmt":"2008-09-22T04:57:40","slug":"verdun-ou-la-repetition-generale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/22\/verdun-ou-la-repetition-generale\/","title":{"rendered":"Verdun, ou la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Extrait des \u00ab\u00a0\u00e2mes de Verdun\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous donnons ci-dessous un extrait du dernier chapitre de la derni\u00e8re (sixi\u00e8me) partie du texte de l&rsquo;album photographique <em>Les \u00e2mes de Verdun<\/em>. (Nous proposons ce livre <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-les_ames_de_verdun.html\">en vente<\/a>, sur le site <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.edde.eu\/\">edde.eu<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;album , qui fait 280 pages et est illustr\u00e9 d&rsquo;une centaine de photographies de Bernard Plossu et Michel Castermans, comprend un texte de Philippe Grasset avec une introduction et six Parties :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Introductions: \u00ab\u00a0<em>Voyages \u00e0 Verdun, 2006-2007<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Premier Partie: \u00ab\u00a0<em>Visions et horizons de l&rsquo;Ossuaire<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Deuxi\u00e8me Partie: \u00ab\u00a0<em>Hommes et orages de ferraille<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Troisi\u00e8me Partie: \u00ab\u00a0<em>Sur le chemin de Froideterre<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Quatri\u00e8me Partie: \u00ab\u00a0<em>D&rsquo;une m\u00e9moire l&rsquo;autre<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Cinqui\u00e8me Partie: \u00ab\u00a0<em>Ces villages \u00ab\u00a0morts pour la France\u00a0\u00bb<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Sixi\u00e8me Parie: \u00ab\u00a0<em>Le sens de cette bataille<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Avec cet extrait de la Sixi\u00e8me Partie que nous mettons \u00e0 la disposition de nos lecteurs, nous voulons mettre en \u00e9vidence combien nous avons con\u00e7u et embrass\u00e9 la bataille de Verdun en compl\u00e8te correspondance avec la crise essentielle de notre temps. Pour nous, Verdun n&rsquo;est pas une bataille sans signification, enfouie dans l&rsquo;horreur et la souffrance d&rsquo;un pass\u00e9 \u00e9mouvant mais anachronique. Au contraire, dans cet amas insens\u00e9 d&rsquo;horreur et de souffrances qu&rsquo;est la Grande Guerre, Verdun, qui en eut sa part terrible, nous appara&icirc;t comme l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement guerrier qui a le plus de sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est ce qui est mis en \u00e9vidence, en partie certes, dans l&rsquo;extrait que nous donnons ci-dessous. Notre enqu\u00eate et notre qu\u00eate \u00e0 Verdun, durant deux s\u00e9jours en 2006 et en 2007, ont nourri cette \u00e9vocation poignante et cette r\u00e9flexion qui marquent combien nous nous sentons si proches, aujourd&rsquo;hui, des jeunes hommes martyrs de la bataille de Verdun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>___________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Verdun, ou la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>[&hellip;] Avec la bataille de Verdun, en v\u00e9rit\u00e9, ils entr\u00e8rent, secou\u00e9s par un fracas \u00e9pouvantable, accabl\u00e9s de souffrances indescriptibles, dans le vrai conflit de nos temps historiques et modernistes. Est-ce donc cela, cette bataille qui n&rsquo;a pas de sens ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Paul Val\u00e9ry, dans son discours de r\u00e9ception du mar\u00e9chal P\u00e9tain \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, en 1931, marqua son extr\u00eame compr\u00e9hension de ce que fut la bataille, lorsqu&rsquo;il parla d&rsquo;&laquo;<em>une guerre toute enti\u00e8re ins\u00e9r\u00e9e dans la Grande Guerre<\/em>&raquo;. En avril 1919, il avait conceptualis\u00e9 par avance son propos, dans sa <em>Crise de l&rsquo;esprit<\/em>, que tous nous retenons pour sa premi\u00e8re phrase fameuse (&laquo;<em>Nous, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles<\/em>&raquo;), qui nous dit que &laquo;<em>nous voyons maintenant que l&rsquo;ab&icirc;me de l&rsquo;histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu&rsquo;une civilisation a la m\u00eame fragilit\u00e9 qu&rsquo;une vie<\/em>&raquo;. Ne para&icirc;t-il pas \u00e9crire pour notre Verdun lorsqu&rsquo;il \u00e9crit encore : &laquo;<em>Ainsi la Pers\u00e9polis spirituelle n&rsquo;est pas moins ravag\u00e9e que la Suse mat\u00e9rielle. Tout n&rsquo;est pas perdu, mais tout s&rsquo;est senti p\u00e9rir<\/em>.&raquo; De la crise de l&rsquo;esprit, il disait qu&rsquo;elle &laquo;<em>prend les apparences les plus trompeuses,<\/em> [&#8230;elle] <em>laisse difficilement saisir son v\u00e9ritable point, sa phase<\/em>&raquo; ; ainsi ce conflit terrible, avec Verdun en son c&oelig;ur, marque-t-il un point de rupture o&ugrave; &laquo;[u]<em>n frisson extraordinaire a couru la moelle de l&rsquo;Europe<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le d\u00e9bat \u00e9tait ouvert et il se poursuivrait tout au long des ann\u00e9es 1920. Il n&rsquo;a pas pour th\u00e8me la politique du temps ni l&rsquo;id\u00e9ologie mais le fondement de la civilisation. La France est au premier rang, face aux Etats-Unis. Elle s&rsquo;\u00e9tait tourn\u00e9e, pour la jauger et la juger, vers cette puissante nouvelle recrue de la modernit\u00e9, qui affirmait partout son h\u00e9g\u00e9monie depuis que la Grande Guerre lui en avait laiss\u00e9 l&rsquo;opportunit\u00e9. En 1931, dans un livre qui recueillait l&rsquo;avis de plus de 250 intellectuels, en majorit\u00e9 fran\u00e7ais, r\u00e9unis sur la question de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, G\u00e9rard de Catalogne \u00e9crivit en pr\u00e9face de son <em>Dialogue entre deux mondes<\/em> : &laquo;<em>Nous avons eu l&rsquo;\u00e9poque romaine et grecque ; nous vivons aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00e9poque am\u00e9ricaine et il n&rsquo;est pas t\u00e9m\u00e9raire d&rsquo;\u00e9crire que les principes de la vie sont chang\u00e9s depuis la guerre par l&#8217;emprise des &Eacute;tats-Unis. Nous traversons une p\u00e9riode de transformations historiques, de d\u00e9s\u00e9quilibre mondial qui s&rsquo;accentue au d\u00e9triment de ceux qui n&rsquo;ont pas assez d&rsquo;\u00e9nergie pour se d\u00e9fendre&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La modernit\u00e9 avait choisi un nouveau champion, apr\u00e8s avoir us\u00e9 et abus\u00e9 de la puissance allemande. Au fracas des canons succ\u00e9dait le fracas des cha&icirc;nes de production dont Charlot allait tirer son chef d&rsquo;&oelig;uvre des Temps Modernes. Deux jeunes historiens fran\u00e7ais nomm\u00e8rent cela \u00ab\u00a0<em>De Descartes \u00e0 Ford<\/em>\u00ab\u00a0, ou \u00ab\u00a0<em>Descartes descendu dans la rue<\/em>\u00ab\u00a0, pour d\u00e9signer cette perversion de la raison par la machine, ou la manipulation de la rationalit\u00e9 cart\u00e9sienne par \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;\u00e9conomie de force<\/em>\u00ab\u00a0. Arnaud Dandieu et Robert Aron \u00e9crivirent, dans D\u00e9cadence de la nation fran\u00e7aise, en 1931 encore : &laquo;<em>Enfin Descartes est descendu dans la rue avec l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;industrialisme et du taylorisme. Ainsi par un lent avilissement, la m\u00e9thode cart\u00e9sienne, perdant de plus en plus sa valeur individuelle et sa force r\u00e9volutionnaire, s\u00e9par\u00e9e de tout germe vivant, a pris un nom particulier. Elle s&rsquo;appelle Etats-Unis. Tant il est vrai que les conflits les plus profonds et les plus m\u00e9taphysiques doivent t\u00f4t ou tard s&rsquo;exprimer dans l&rsquo;imm\u00e9diat et le quotidien&hellip;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet affrontement des conceptions forme le c&oelig;ur de notre crise de civilisation, celle que d\u00e9signe Val\u00e9ry. Dans le sens m\u00e9taphysique que d\u00e9finissent Dandieu-Aron, il prolonge Verdun per\u00e7u dans sa v\u00e9ritable dimension, au-del\u00e0 des seuls antagonismes nationaux, au-del\u00e0 de la brutalit\u00e9 des armes, au-del\u00e0 de la Grande Guerre. Il porte les mises en cause les plus fondamentales, les plus d\u00e9cisives, il rythme l&rsquo;\u00e9veil terrible des consciences, il se fait miroir d&rsquo;une civilisation saisie d&rsquo;une angoisse ontologique. Il s&rsquo;interrompra rapidement, disons autour de 1934-1935, avec la brutale irruption sur la sc\u00e8ne du monde des affrontements id\u00e9ologiques. Nous d\u00e9battrons alors, sous le couvert des pr\u00e9occupations de vertu, de la fa\u00e7on la plus rapide d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer notre d\u00e9cadence et notre chute dans le d\u00e9sordre. Nous ferons une nouvelle Guerre mondiale, encore plus sanglante, plus tueuse que la Grande Guerre. Nous ferons la Guerre froide, o&ugrave; nous croirons avoir trouv\u00e9 la formule \u00e9trange de nous imposer \u00e0 nous-m\u00eames la paix sous la menace de l&rsquo;an\u00e9antissement total et r\u00e9ciproque. Avec la chute fantomatique du communisme, les hommes croiront \u00e0 la \u00ab\u00a0fin de l&rsquo;Histoire\u00a0\u00bb, selon le mot aussi mal compris que vite popularis\u00e9 du philosophe du d\u00e9partement d&rsquo;Etat am\u00e9ricain Francis Fukuyama. Les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipiteront, des plus grandes ivresses aux plus extr\u00eames violences, &ndash; et nous voici entrant dans le XXI\u00e8me si\u00e8cle, dans le troisi\u00e8me mill\u00e9naire. C&rsquo;est alors que nous d\u00e9couvrons que ces \u00e9v\u00e9nements eux-m\u00eames, les \u00ab\u00a0crises syst\u00e9miques\u00a0\u00bb comme nous commen\u00e7ons \u00e0 nommer ces choses incontr\u00f4lables, avec la plus redoutable d&rsquo;entre toutes, la plus incontr\u00f4lable, la plus eschatologique, la \u00ab\u00a0crise climatique\u00a0\u00bb n\u00e9e du r\u00e9chauffement climatique d&ucirc; aux activit\u00e9s industrielles de notre civilisation et \u00e0 son \u00ab\u00a0choix du feu\u00a0\u00bb, nous d\u00e9couvrons que ces \u00e9v\u00e9nements nous ram\u00e8nent au d\u00e9bat du \u00ab\u00a0Descartes descendu dans la rue\u00a0\u00bb, \u00e0 la <em>Crise de l&rsquo;esprit<\/em> de Val\u00e9ry en remontant dans le temps, enfin \u00e0 Verdun qui fut l&rsquo;origine de notre p\u00e9riple et qui en est le terme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une \u00e9poque plus tard, c&rsquo;est-\u00e0-dire presque un si\u00e8cle en v\u00e9rit\u00e9, les m\u00eames angoisses nous saisissent. Le sentiment est si pressant que nous irions jusqu&rsquo;\u00e0 croire, et m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 penser qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un sentiment similaire, \u00e9quivalent en tension et en substance, \u00e0 celui de vide affreux et d&rsquo;effondrement des r\u00e9f\u00e9rences et des lignes d&rsquo;horizon qui a saisi le soldat de Verdun au milieu de son univers boulevers\u00e9 par la mitraille. Peut-\u00eatre certains d&rsquo;entre nous r\u00e9alisent-ils qu&rsquo;ils ressentirent cette proximit\u00e9 improbable et pourtant si \u00e9vidente \u00e0 y penser, lorsqu&rsquo;ils d\u00e9couvrirent Verdun et son vaste domaine, sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 retrouv\u00e9e et les \u00e9chos lointains du d\u00e9sordre entropique et d\u00e9structurant de la bataille. En ce sens retrouv\u00e9 des urgences qui nous pressent, notre \u00e9poque est une bataille \u00e0 l&rsquo;image de celle de Verdun. D&rsquo;une bataille l&rsquo;autre, un pont s&rsquo;est \u00e9rig\u00e9 fermement entre la bataille et nous, dans notre d\u00e9but de mill\u00e9naire, pour nous instruire d&rsquo;une continuit\u00e9 qui se joue des \u00e2ges, des modes et des convenances. Il n&rsquo;y a rien de plus moderne, au sens si enrichi de l&rsquo;antimoderne comme nous l&rsquo;avons rencontr\u00e9, que la bataille de Verdun, rien de plus actuel, rien de plus pr\u00e9sent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est une \u00e9trange conclusion qui, lorsqu&rsquo;elle vous a effleur\u00e9, vous devient rapidement si ch\u00e8re et ne vous quitte plus. Le caract\u00e8re essentiel de cette bataille, c&rsquo;est l&rsquo;agression du d\u00e9sordre de la modernit\u00e9 d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e concentr\u00e9e en un espace si d\u00e9limit\u00e9 mais si fortement diversifi\u00e9, comme si le d\u00e9sordre attaquait un monde en soi, form\u00e9 et accompli, fermement et harmonieusement appuy\u00e9 sur son pass\u00e9 et ses traditions, sur son labeur, sur son horizon d&rsquo;esp\u00e9rance, &ndash; et ce monde-l\u00e0, au prix de souffrances si affreuses qu&rsquo;elles conduiraient au d\u00e9sespoir si les \u00e2mes ne veillaient, ce monde a r\u00e9sist\u00e9. C&rsquo;est un pr\u00e9c\u00e9dent qui habille soudain d&rsquo;une substance exceptionnelle cette phrase \u00e9trange et tr\u00e8s belle de Jean Anouilh, que j&rsquo;avais trouv\u00e9e en citation dans mon agenda, cette ann\u00e9e-l\u00e0, qui pourrait s&rsquo;appliquer \u00e0 Verdun visit\u00e9 et revisit\u00e9 : &laquo;<em>Vous ne le savez pas, vous autres, mais tout au bout du d\u00e9sespoir il y a une blanche clairi\u00e8re o&ugrave; l&rsquo;on est presque heureux.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, nous subissons des attaques et des agressions dont la substance, au fond, est semblable \u00e0 celles que subirent les soldats de Verdun. Comme eux, nous sommes menac\u00e9s des plus terribles destin\u00e9es, et leur sacrifice nous en avertit jusqu&rsquo;au bout de leur martyre. Comme eux, nous regardons au fond des yeux le monstre qui p\u00e8se sur nous, cette m\u00e9canique terrible qui brise les structures de notre monde et de notre civilisation. Aujourd&rsquo;hui, nous savons que la temp\u00eate de ferraille qui \u00e9crase le champ de la bataille a quelque chose de commun avec cette temp\u00eate de d\u00e9sordre qui \u00e9crase notre \u00e9poque, la violence du fer et du feu passant du champ de la bataille au champ de l&rsquo;univers. A Verdun, sur le champ de la bataille, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 du murmure des \u00e2mes d\u00e9sormais apais\u00e9es, vous vient l&rsquo;image qui transcende l&rsquo;enqu\u00eate sans but de nos pauvres m\u00e9moires d&rsquo;une bataille de Verdun devenue bataille d\u00e9sincarn\u00e9e, bataille symbolique d\u00e9passant son \u00e2ge. Vous comprenez alors que, dans cette bataille, dans ces terribles trois cents jours, l&rsquo;ouragan de mitraille et de feu avait \u00e9chapp\u00e9 aux hommes; comme la folie vous prive de votre conscience de soi en lui donnant le loisir terrible de s&rsquo;\u00e9chapper de vous; et, aussit\u00f4t r\u00e9alis\u00e9e cette vision de Verdun, de m\u00eame aujourd&rsquo;hui nous \u00e9prouvons cette sensation des \u00e9v\u00e9nements et de leur folie qui semblent nous \u00e9chapper, qui nous \u00e9chappent pour soumettre notre destin \u00e0 un Dieu de la machine, \u00e0 un Dieu usurpateur que nous avons nous-m\u00eames machin\u00e9.&raquo; (&hellip;)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait des \u00ab\u00a0\u00e2mes de Verdun\u00a0\u00bb Nous donnons ci-dessous un extrait du dernier chapitre de la derni\u00e8re (sixi\u00e8me) partie du texte de l&rsquo;album photographique Les \u00e2mes de Verdun. (Nous proposons ce livre en vente, sur le site edde.eu.) 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