{"id":70229,"date":"2008-09-26T13:39:06","date_gmt":"2008-09-26T13:39:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/26\/de-wall-street-a-lonu\/"},"modified":"2008-09-26T13:39:06","modified_gmt":"2008-09-26T13:39:06","slug":"de-wall-street-a-lonu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/09\/26\/de-wall-street-a-lonu\/","title":{"rendered":"De Wall Street \u00e0 l&rsquo;ONU"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">De Wall Street \u00e0 l&rsquo;ONU<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t26 septembre 2008  Il est vrai que la session annuelle de l&rsquo;ONU a paru bien p\u00e2le, en sensation m\u00e9diatique et en importance des \u00e9v\u00e9nements, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements de la crise financi\u00e8re puis politique courant de Wall Street \u00e0 Washington. Il n&rsquo;en reste pas moins que la chose a, justement \u00e0 cause des liens qu&rsquo;on peut \u00e9tablir avec la crise de Wall Street-Washington, une importance compl\u00e9mentaire tr\u00e8s int\u00e9ressante. Effectivement, cette crise de Wall Street-Washington fut extraordinairement pr\u00e9sente \u00e0 la tribune des Nations-Unies, ce qui montre certes que les <em>speechwriters<\/em> se sont adapt\u00e9s aux circonstances avec brio, mais surtout que les circonstances \u00e9taient irr\u00e9sistibles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar exemple, le <em>Times<\/em> de Londres (ce <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/news\/world\/us_and_americas\/article4827872.ece\" class=\"gen\">25 septembre<\/a>), comme toujours qualifi\u00e9 par nos soins de peu suspect d&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme pour faire mesurer sa pr\u00e9sentation par contraste, glose sur cette pr\u00e9sence \u00e9crasante de la crise US et de la crise du capitalisme \u00e0 la tribune de l&rsquo;ONU. Le capitalisme US est en proc\u00e8s, si pas d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>As the US sought to find a way out of the financial crisis, its critics at the United Nations were gloating over what they described as the crumbling of US capitalism.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Miguel D&rsquo;Escoto Brockmann, the former Sandinista revolutionary in Nicaragua who is now serving as president of the UN 192-nation General Assembly, broke with protocol in his opening speech to denounce the unbridled greed and irresponsibility of the powerful. More than half the world&rsquo;s people languish in hunger and poverty while more and more money is spent on weapons, war, luxuries and totally superfluous and unnecessary things, he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cristina Kirchner, Argentina&rsquo;s Pernonist president, said the world could no longer talk of the Tequila Effect or Caipirinha Effect emanating from developing nations such as Mexico or Brazil. Now we should talk about the &lsquo;Jazz Effect&rsquo; coming from the centre of the world&rsquo;s leading economy, she said. President Mahmoud Ahmadinejad of Iran, meanwhile, baldly proclaimed: The American Empire is reaching the end of the road.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Even friends of the United States took aim at greed on Wall Street. We must not allow the burden of the boundless greed of a few to be shouldered by all, President Luiz Inacio Lula da Silva of Brazil told the assembly.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAutre commentaire \u00e0 retenir pour entretenir notre propos, celui de P\u00e9p\u00e9 Escobar, qui d\u00e9crit \u00e9galement le lien entre l&rsquo;ONU et Wall Street, sur <em>Atimes.com<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.atimes.com\/atimes\/Middle_East\/JI26Ak02.html\" class=\"gen\">26 septembre<\/a>. Il le place dans un contexte plus large, qui est celui de la transformation du monde vers un ensemble multipolaire, d&rsquo;autant plus \u00e9vidente et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e  \u00e0 cette occasion que l&rsquo;unipolarit\u00e9 essuie un coup terrible avec la crise du syst\u00e8me financier US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The George W Bush administration&rsquo;s US$700 billion no-accountability scheme, globally, informally dubbed cash for trash, is making all the headlines. Simultaneously, there&rsquo;s the small matter of the United Nations General Assembly sanctioning the troubled birth of a new, multipolar world. As a 21st-century counterpart to the Dadaist Manifesto, this chain of events is priceless.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>One just had to listen to the speeches. Brazilian President Lula da Silva passionately expounded the new political, economic and commercial geography of the multipolar world. He praised the Union of Latin American Nations (UNASUR)  the first treaty uniting all South American nations in 200 years. He blast supranational economic institutions that now have no authority  and no policies  to prevent speculative anarchy.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>French President Nicolas Sarkozy correctly described the Wall Street meltdown as the biggest crisis since the 1930s. He is proposing to rebuild capitalism  in fact, in his original French, to moralize capitalism, not subjected to wily market operators, with banks financing development and not engaging in speculation, and with firm control of credit agencies. Sarkozy described speculators as the new terrorists. US Republicans of course call Sarkozy&rsquo;s plan socialism  as if the Ben Bernanke-Hank Paulson bailout scheme was not no-holds-barred socialism for the wealthy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>UN general secretary Ban Ki-moon urged the democratization of the UN. This would mean in practice a new International Monetary Fund and a new World Bank &#8211; both still controlled by the US and Western Europe.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Les langues se d\u00e9lient<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, nous ne pouvons rater l&rsquo;essentiel qui est ici \u00e0 r\u00e9partir sur deux points que nous prendrons comme autant de confirmations. La session de l&rsquo;ONU a \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressante dans cette mesure o\u00f9 elle a constitu\u00e9 une sorte de commentaire de deux \u00e9v\u00e9nements consid\u00e9rables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un commentaire direct d&rsquo;abord, de cet \u00e9v\u00e9nement que nous avons <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_a_tue_le_diktat_20_09_2008.html\" class=\"gen\">d\u00e9sign\u00e9<\/a> comme la mort du <em>diktat<\/em> de l&rsquo;id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale. Le d\u00e9cha\u00eenement a \u00e9t\u00e9 remarquable, contre ce syst\u00e8me de la cupidit\u00e9 aveugle, du creusement stupide des in\u00e9galit\u00e9s, de la d\u00e9stabilisation et de la d\u00e9structuration \u00e9rig\u00e9es en r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral de la civilisation. Ainsi qualifie-t-on aujourd&rsquo;hui, \u00e0 la tribune des Nations-Unies et sans soulever la moindre protestation, le syst\u00e8me qui, il y a seulement treize mois, avant les premiers signes spectaculaires de la crise, au Royaume-Uni en ao\u00fbt 2007, b\u00e9n\u00e9ficiait d&rsquo;un enthousiasme absolument terroriste, d&rsquo;une approbation qui sonnait comme une consigne sans r\u00e9plique. L&rsquo;\u00e9volution est effectivement remarquable, \u00e0 mesure, apr\u00e8s tout, de la force de l&rsquo;\u00e9branlement auquel nous assistons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe calendrier fait donc bien les choses, ou bien est-ce le <em>deus ex machina<\/em> des crises en cours. L&rsquo;explosion de Wall Street encha\u00eenant sur le chaos de Washington a re\u00e7u aussit\u00f4t la confirmation officielle de son importance essentielle dans la plus pompeuse des assembl\u00e9es mondiales. Il est act\u00e9 aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il est presque de bon ton de mettre en cause le dogme, pour un peu cela deviendrait une sorte de mode, presque un conformisme. (Il faut noter que la chose se voit au niveau des hommes politiques en charge des ex\u00e9cutifs, beaucoup moins au niveau des institutions internationales, encore moins bien s\u00fbr au niveau US. C&rsquo;est l\u00e0 une source d\u00e9sormais assur\u00e9e de tensions, alors que n&rsquo;existe plus, effectivement, le <em>diktat<\/em> qui exer\u00e7ait sa dictature sur les esprits.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un commentaire indirect ensuite, sur la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_habits_divers_de_la_crise_24_09_2008.html\" class=\"gen\">connexion imp\u00e9rative<\/a> entre les diff\u00e9rents soubresauts de la crise centrale. Le monstrueuse crise sectorielle de Wall Street suivie du chaos washingtonien qui se poursuit ne peuvent \u00eatre cadenass\u00e9s derri\u00e8re l&rsquo;\u00e9tiquetage des affaires int\u00e9rieures. Les USA le voudraient bien, ils vivent d&rsquo;ailleurs ces \u00e9v\u00e9nements de cette fa\u00e7on, avec cet autisme, cet isolationnisme psychologique qui ont toujours \u00e9t\u00e9 dans leurs traits caract\u00e9ristiques. Cette attitude qui semblait auparavant \u00eatre l&rsquo;apanage d&rsquo;une puissance sans exemple et sans besoin d&rsquo;aide ext\u00e9rieure n&rsquo;a plus aucun cr\u00e9dit ni le moindre effet; on dirait m\u00eame qu&rsquo;elle est contre-productive, qu&rsquo;elle aggrave l&rsquo;acte d&rsquo;accusation port\u00e9 contre les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise sectorielle du syst\u00e8me financier US avec son encha\u00eenement de la crise sectorielle du pouvoir politique \u00e0 Washington constitue donc une cause mondiale. Le monde globalis\u00e9 le veut ainsi, c&rsquo;est donc la pression am\u00e9ricaniste qui a engendr\u00e9 le monde globalis\u00e9 qui l&rsquo;a voulu ainsi. Le monde parlant \u00e0 la tribune de l&rsquo;ONU a comment\u00e9 directement et sans prendre de gants la crise int\u00e9rieure de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, pour en d\u00e9noncer les causes, elles aussi am\u00e9ricanistes, sans la moindre g\u00eane, sans une seule seconde songer que cela aurait pu \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une ing\u00e9rence int\u00e9rieure, que cela aurait \u00e9t\u00e9 exactement cela <em>in illo tempore<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa plaidoirie revient aussit\u00f4t, comme le montre Escobar, \u00e0 imposer cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9 du monde multipolaire, celle que plaide Moscou depuis la crise g\u00e9orgienne. (Et celle qu&rsquo;admettent d&rsquo;autres dont, \u00f4 surprise, les Allemands.) Plus encore, c&rsquo;est une situation de monde multipolaire o\u00f9 l&rsquo;un des p\u00f4les, celui qui pr\u00e9tendait \u00eatre le seul p\u00f4le de puissance du monde l&rsquo;instant d&rsquo;auparavant, est violemment mis en accusation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9cloisonnement est r\u00e9alis\u00e9 entre les deux crises (financi\u00e8re et g\u00e9opolitique, celle du syst\u00e8me \u00e9conomique et celle du syst\u00e8me des relations internationales) et le verdict est sans appel. Contrairement aux d\u00e9clamations de robot de Condi Rice, l&rsquo;isolement, \u00e0 la tribune de l&rsquo;ONU, \u00e9tait plus que jamais celui des USA mis en accusation par <em>the Rest Of the World<\/em>. M\u00eame si c&rsquo;est sans songer \u00e0 mal, Sarkozy a apport\u00e9 son \u00e9cot avec la belle formule de faire des <em>traders<\/em> de Wall Street les inspirateurs et les acteurs d&rsquo;un nouveau terrorisme. La formule est jolie parce qu&rsquo;elle porte sa dose d&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme involontaire, qu&rsquo;elle dissimule \u00e0 peine son potentiel d\u00e9stabilisateur dans la mesure o\u00f9 les <em>traders<\/em> de Wall Street ne sont pas un accident monstrueux du syst\u00e8me mais son prolongement, voire son aboutissement logique. Si l&rsquo;on en fait des nouveaux terroristes, c&rsquo;est implicitement   et certes involontairement, c&rsquo;est notre conviction \u00e9vidente devant le visage sans malice du pr\u00e9sident fran\u00e7ais \u00e0 la tribune de l&rsquo;ONU,  le syst\u00e8me en son enti\u00e8ret\u00e9  qu&rsquo;on charge de l&rsquo;opprobre d&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame terroriste, nouveau ou pas qu&rsquo;importe. Mais qui cela peut-il \u00e9tonner, \u00e0 part Sarko quand on lui r\u00e9v\u00e9lera la chose?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous progressons et le travail de d\u00e9cloisonnement devient un travail de d\u00e9construction. L\u00e0 aussi, Sarko a mis la main \u00e0 la p\u00e2te. Lorsqu&rsquo;il annonce gravement que \u00ab<em>le monde va mal<\/em>\u00bb, il met en cause un syst\u00e8me et son contentement de soi, ce qui est \u00e9videmment la marque de fabrique de la position des Anglo-Saxons, si parfaitement satisfaits du monde qu&rsquo;ils nous ont donn\u00e9s. Le proc\u00e8s est s\u00e9v\u00e8re puisqu&rsquo;il porte sur la vanit\u00e9 de l&rsquo;acteur principal, qui fut le moteur principal du monde anglo-saxon,  vanit\u00e9 qui fut et qui reste sans doute, si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la totale incapacit\u00e9 de cette psychologie de tirer quelque le\u00e7on de ce soit de son propre destin. Le proc\u00e8s s&rsquo;accompagne, pour les Fran\u00e7ais, de la sensation roborative renouvel\u00e9e d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la pointe d&rsquo;un mouvement g\u00e9n\u00e9ral, o\u00f9 ils sont fortement soutenus notamment par les Allemands, eux-m\u00eames d\u00e9cha\u00een\u00e9s contre le syst\u00e8me US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous progressons et les langues se d\u00e9lient.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Wall Street \u00e0 l&rsquo;ONU 26 septembre 2008 Il est vrai que la session annuelle de l&rsquo;ONU a paru bien p\u00e2le, en sensation m\u00e9diatique et en importance des \u00e9v\u00e9nements, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements de la crise financi\u00e8re puis politique courant de Wall Street \u00e0 Washington. 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