{"id":70254,"date":"2008-10-06T14:06:07","date_gmt":"2008-10-06T14:06:07","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/06\/le-poisson-pourrit-par-la-tete\/"},"modified":"2008-10-06T14:06:07","modified_gmt":"2008-10-06T14:06:07","slug":"le-poisson-pourrit-par-la-tete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/06\/le-poisson-pourrit-par-la-tete\/","title":{"rendered":"Le poisson pourrit par la t\u00eate\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le poisson pourrit par la t\u00eate<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t6 octobre 2008  Des signes apparaissent, \u00e0 la fois substantiels dans leur contenu et significatifs de l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un climat, \u00e0 propos de la situation de crise au Pentagone, ou de la situation de la crise du Pentagone puisque l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement devient structurel. Il est indubitable que l&rsquo;un de ces signes est l&rsquo;\u00e9tude sur la crise de l&rsquo;USAF publi\u00e9e, le <a href=\"http:\/\/www.csis.org\/media\/csis\/pubs\/081001_aircraft_modernstudy.pdf\" class=\"gen\">1er octobre 2008<\/a>, par le CSIS (Center for Strategic and International Studies) de la George Washington University.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes auteurs sont Anthony H. Cordesman et Hans Ulrich Kaeser. C&rsquo;est sans aucun doute le nom de Cordesman qui porte la cr\u00e9dibilit\u00e9 publique de l&rsquo;\u00e9tude et assurera son \u00e9cho. Cordesman est un expert r\u00e9put\u00e9, un repr\u00e9sentant incontestable et prestigieux du milieu de la s\u00e9curit\u00e9 nationale \u00e0 Washington, repr\u00e9sentant plut\u00f4t de la tendance r\u00e9aliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe titre de l&rsquo;\u00e9tude est : \u00ab<em>America&rsquo;s Self-Destroying Airpower, Becoming Your Own Peer Threat<\/em>\u00bb. Le titre indique bien les lignes de l&rsquo;\u00e9tude, l&rsquo;axe choisi, le principal travers qui est d\u00e9nonc\u00e9, qui est la forme de la crise du Pentagone telle que nous l&rsquo;observons r\u00e9guli\u00e8rement ici. (Il est tr\u00e8s vite compris, \u00e0 la lecture du document, que si l&rsquo;USAF est en position d&rsquo;accus\u00e9e, sa crise se retrouve dans les autres services, \u00e0 hauteur largement \u00e9quivalente dans l&rsquo;U.S. Navy, avec une moindre intensit\u00e9 dans l&rsquo;U.S. Army. La chose est explicitement affirm\u00e9e dans les extraits de l&rsquo;introduction ci-dessous.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPrincipalement, et suivant l&rsquo;ordre du titre et du sous-titre, les deux points suivants caract\u00e9risent l&rsquo;\u00e9tude:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le Pentagone est engag\u00e9 dans un processus d&rsquo;auto-destruction (<em>Self-Destroying<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le Pentagone n&rsquo;a pas, aujourd&rsquo;hui, de pire ennemi que lui-m\u00eame, il est l&rsquo;ennemi int\u00e9rieur dans ce que cette id\u00e9e peut avoir de plus subversif car cet antagonisme existerait dans la substance m\u00eame de la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9tude d\u00e9taille la plupart des grands programmes de l&rsquo;USAF, o\u00f9 le F-22 <em>Raptor<\/em> et le F-35 <em>Lightning<\/em> II (alias JSF) tiennent les places d&rsquo;honneur, et les places catastrophiques que l&rsquo;on imagine. Le constat g\u00e9n\u00e9ral est dramatique: l&rsquo;USAF est enferm\u00e9e dans une n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un r\u00e9\u00e9quipement tr\u00e8s rapide, en raison de l&rsquo;\u00e2ge du capitaine (des avions en service), et tous les programmes, assez peu nombreux par souci de rentabilit\u00e9 (!!), sont dans une crise profonde, comme autant de tonneaux des Dana\u00efdes recyclant des subventions consid\u00e9rables en autant d&rsquo;avatars techniques, de d\u00e9lais et de contre-performances, de blocages et de gaspillages. Ce tableau g\u00e9n\u00e9ral est, si l&rsquo;on se place du point de vue de l&rsquo;Air Force (et de la Navy puisque le JSF est cens\u00e9 \u00e9quiper la Navy \u00e9galement), absolument angoissant pour l&rsquo;avenir op\u00e9rationnel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La pens\u00e9e que huit pays non-US, dont cinq europ\u00e9ens, sont li\u00e9s \u00e0 cette catastrophe en devenir par le biais du JSF inviterait \u00e0 une r\u00e9flexion lat\u00e9rale sur la sottise,  quel autre mot employer?  de ces cadres bureaucratiques, des soi disant militaires, ces divers g\u00e9n\u00e9raux des pays de l&rsquo;OTAN, otanis\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle et fascin\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude, ayant pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 ces choix. On ne parlera pas de corruption, sinon psychologique certes, car l&rsquo;envergure de cette sottise nous fait croire qu&rsquo;ils sont trop sots pour \u00eatre vraiment malhonn\u00eates.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn marge de l&rsquo;\u00e9valuation de la catastrophe en train de se faire, Cordesman-Kaeser introduisent une th\u00e8se sp\u00e9cifique sur la responsabilit\u00e9 de la catastrophe. Leur constat est absolument imp\u00e9ratif : la responsabilit\u00e9 repose sur la direction, tant civile que militaire, du Pentagone, les secr\u00e9taires \u00e0 la d\u00e9fense successifs, les chefs d&rsquo;\u00e9tat-major, etc., qui \u00e9vitent de prendre les d\u00e9cisions qui importent, qui laissent se d\u00e9velopper les affrontements bureaucratiques, etc. (D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;image employ\u00e9e dans le rapport, qui est d\u00e9crite comme un clich\u00e9 courant dans les milieux de la gestion au Pentagone: \u00ab<em>a fish rots from the head down<\/em>\u00bb,  que nous traduisons approximativement, notamment pour justifier notre titre, par le poisson pourrit par la t\u00eate,  la t\u00eate \u00e9tant dans ce cas la direction du Pentagone.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes extraits ci-dessous, tir\u00e9s de l&rsquo;introduction du document, mesurent la vigueur du propos. Les auteurs, outre de d\u00e9signer ceux qui, \u00e0 leur avis, sont coupables, nous disent que la maison br\u00fble. Et c&rsquo;est une immense et mythique baraque, qui porte toute la puissance des USA,   le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-regarder_le_monstre_dans_les_yeux_james_carroll_et_le_pentagone_20_07_2006.html\" class=\"gen\">Pentagone<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Instead of rigorous leadership at the level of Secretary and Chief of Staff, there is an ill-concealed struggle to solve the problems in a failed procurement system by either raising the defense budget or somehow getting more funding at the expense of other services and programs. The US defense procurement system has effectively become a liar&rsquo;s contest in terms of projected costs, risk, performance, and delivery schedules. Effective leadership is lacking in any of these areas. In both shipbuilding and military aircraft manufacturing, the services have become their own peer threats.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>No military service today can point to effective leadership in any of these areas at the level of the Secretary and the Chief of Staff. Instead, there is an ill-concealed struggle to solve the problems in a failed procurement system by either raising the defense budget or somehow getting more funding at the expense of other services and programs. The US defense procurement system has effectively become a liars contest in terms of projected costs, risk, performance, and delivery schedules.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>There also has been no effective leadership from any element of the Office of the Secretary of Defense. The Secretary and Deputy Secretary have failed to manage from the top. DDR&#038;E, the Comptroller, and PA&#038;E have failed in one of their most basic missions. Documents like the Quadrennial Defense Review  like all of the service strategy documents  have become pointless statements of doctrine, policy, and good intentions that are not supported by workable force plans, procurement plans, program budgets, and measures of effectiveness.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The problem does not lie in defense industry, program managers, mid-level officers and officials, or in the procurement process. It lies in a fundamental failure to take hard decisions and force the overall defense procurement process to become realistic in making easily foreseeable judgments about risk and feasibility, to contain costs, and to create a mix of program objective memorandum and PPB goals that the nation can actually afford. It is a management clich\u00e9 in the Department of Defense that, a fish rots from the head down. Today, this is precisely where the fish is rotting.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It is an open contest as to which military service and which aspect of defense procurement is now in the most trouble, but the near term winners in this contest seem to be shipbuilding and production of military aircraft. Both have become their own peer threats. These self-inflicted wounds, in terms of force structure and real-world rates of modernization, pose at least as much of a danger as any current foreign enemy. In fact, major questions exist as to whether key aircraft procurement programs will be force shrinkers rather than force multipliers.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour compl\u00e9ter cette approche offerte par le rapport Cordesman-Kieser d&rsquo;une part, pour donner plus d&rsquo;ampleur et de hauteur \u00e0 la r\u00e9flexion d&rsquo;autre part, il faut consulter un excellent article de William Pfaff, du <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/modules\/news\/article.php?storyid=344\" class=\"gen\">3 octobre<\/a>, sous le titre <em>The Threat of a Pentagon Crash<\/em>. Pfaff aborde la question de la situation du Pentagone, essentiellement au d\u00e9part du point de vue de la bureaucratie en g\u00e9n\u00e9ral. (Il cite notamment le fameux,  pas assez fameux,  discours de Rumsfeld du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_courage_de_rumsfeld_et_un_discours_qui_merite_de_faire_date_11_09_2001.html\" class=\"gen\">10 septembre 2001<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The nuclear physicist Leo Szilard once remarked that the fall of the Soviet system would eventually lead to the fall of the American system. He said that in a two-element structure the interrelationship and interdependence are such that the one cannot survive without the other.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This comment has been relayed by a friend, and as Szilard has passed to his reward I am in no position to explain his meaning, but it is possible to restate it in political terms, and we are seeing the result in finance and in war. I think that Szilard was implying what a very intelligent opponent of the United States also said when the cold war ended. Georgi Arbatov, former head of the U.S.A. and Canada Institute of the Soviet Union, said to an American interlocutor: we are about to do something truly terrible to you. We are going to deprive you of your enemy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Without the enemy, the machinery of power begins to race, with nothing to resist it; megalomania sets in. The end of the cold war coincided with the beginning in the United States of globalized finance, launched under the Clinton administration. It operated with ever more dazzling and daring gambles in which the constraints and tension of the cold war were replaced by the psychology of greed and excess.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The economic crisis that has now overtaken the United States can be interpreted as the logical result of a financial system that had reached the point where there was no limit to what you could take out of it even when you were incapable of understanding the transactions taking place.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Less apparent to most people but just as real are the signs of an impending crash of<\/em> [<em>the<\/em>] <em>American military system<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPfaff termine en citant un discours de Gates, le <a href=\"http:\/\/www.defenselink.mil\/speeches\/speech.aspx?speechid=1279\" class=\"gen\">29 septembre<\/a> dernier, \u00e0 l&rsquo;Air University, o\u00f9 le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense actuel d\u00e9nonce une fois de plus les pratiques de la bureaucratie. La conclusion de Pfaff va au cur de la th\u00e8se, qui est de lier la d\u00e9cadence du Pentagone notamment \u00e0 celle du syst\u00e8me financier et d&rsquo;en faire un signe puissant, voire l&rsquo;une des voies essentielles, d&rsquo;une possible,  d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 probable?  chute de la puissance US \u00e0 bout de souffle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>There could not be a better description of a bureaucracy in decadence. Just as the same adjective must be applied to a financial system for multiplying the apparent value of fundamentally worthless securities. (It was Alan Greenspan who said that American finance had symbolically passed through the sound-barrier of the known financial system, and now was in an entirely new dimension. So it had, as we see now.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>I think that what Leo Szilard was saying is that a system cut free from the opposition that kept it honest, passes into hubris, otherwise known as irrational exuberance, and after hubris, comes the fall.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Juste avant la chute<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCordesman, qu&rsquo;on doit retenir comme principal auteur du rapport cit\u00e9, est un de ces experts exemplaires de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien, qui sont charg\u00e9s d&rsquo;un r\u00f4le bien sp\u00e9cifique; il est juste assez technicien, juste assez d&rsquo;apparence ind\u00e9pendante, juste assez dans la ligne, juste assez d&rsquo;esprit politique pour effectivement tenir ce r\u00f4le de porteur de messages techniques transmut\u00e9s en avertissement politique sous une forme d&rsquo;apparente d&rsquo;objectivit\u00e9. Ses avis sont un signal qu&rsquo;\u00e0 partir des constats techniques qu&rsquo;il fait, les conclusions politiques qu&rsquo;il sugg\u00e8re sont importantes. Dans le cas pr\u00e9sent, son avis est simplement du type apocalyptique tr\u00e8s courant par les temps historiques qui courent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCordesman d\u00e9crit un Pentagone (l&rsquo;USAF) au bord de la paralysie,  non, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 paralys\u00e9. Peu importe la cause qu&rsquo;il lui trouve, Cordesman r\u00e9alise surtout cet acte essentiel d&rsquo;introduire au sein de l&rsquo;<em>establishment<\/em> par la grande porte, celle de l&rsquo;expert incontestable, de l&rsquo;observateur apparemment objectif, l&rsquo;id\u00e9e de la crise du Pentagone expos\u00e9e d&rsquo;un point de vue pratique et r\u00e9aliste, beaucoup plus pressant que la seule conceptualisation de la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPfaff compl\u00e8te cette d\u00e9marche en la transformant, en lui donnant une dimension g\u00e9n\u00e9ralisatrice particuli\u00e8rement convaincante et impressionnante (la crise du Pentagone pour les m\u00eames causes structurelles que la crise financi\u00e8re, comme un des rejetons incontestables de la crise g\u00e9n\u00e9rale des USA et du syst\u00e8me). Combin\u00e9es, les deux approches sugg\u00e8rent un effet particuli\u00e8rement impressionnant, en m\u00eame temps qu&rsquo;elles refl\u00e8tent l&rsquo;\u00e9volution de la perception du monstre (la crise du Pentagone).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise du Pentagone est un \u00e9trange animal. Elle existe depuis des d\u00e9cennies mais elle parvenait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 se faire oublier en tant que telle en se dissolvant avantageusement derri\u00e8re une publicit\u00e9 facilit\u00e9e par la fascination pour l&rsquo;apparence de la force. (Sans aucun doute, le Pentagone parvient encore \u00e0 fasciner hors des murs washingtoniens, notamment en Europe, dans les commentaires de presse, dans les milieux correspondants, chez les intellectuels friands de frissonner au souffle des explosions. C&rsquo;en est au point o\u00f9, pour \u00eatre cliniquement plus pr\u00e9cis, cette fascination doit plut\u00f4t \u00eatre identifi\u00e9e comme de l&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude.) Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la crise du Pentagone a franchi un pas d\u00e9cisif; d\u00e9sormais, la fascination a des rat\u00e9s. La crise du Pentagone est devenue d&rsquo;une gravit\u00e9 difficilement descriptible, absolument monstrueuse, un artefact incommensurable d\u00e9crivant mieux que tout l&rsquo;\u00e9chec de notre civilisation et de ses conceptions appuy\u00e9es sur une doctrine qu&rsquo;on pourrait d\u00e9signer comme le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-epoque_des_evidences_cachees_contradictoires_et_peut-etre_irresistibles.html\" class=\"gen\">technologisme<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la crise du Pentagone menace le cur de toute la puissance US, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 elle constitue l&rsquo;exposition et la d\u00e9monstration gigantesque, <em>in vivo<\/em>, d&rsquo;une inefficacit\u00e9, d&rsquo;une pratique du gaspillage, de la corruption, de la paralysie bureaucratique, port\u00e9es \u00e0 des sommets qu&rsquo;on jugeait inatteignables. On ne peut sans aucun doute trouver sur terre, ni dans le ciel d&rsquo;ailleurs, un rapport co\u00fbt-efficacit\u00e9 aussi absolument d\u00e9sastreux, avec en plus le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange de l&rsquo;accroissement de ce rapport n\u00e9gatif \u00e0 mesure que l&rsquo;argent continue \u00e0 inonder la chose. Il n&rsquo;y a pas plus sordidement b\u00eate au monde que ce monstre gaspilleur, massacreur, aveugle et impotent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes deux textes participent sans aucun doute de l&rsquo;\u00e9volution de la perception \u00e0 cet \u00e9gard. Ils montrent, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, Cordesman en expert technicien, Pfaff avec le regard plus haut de l&rsquo;historien, que la crise du Pentagone est en train d&rsquo;entrer dans sa phase finale. Ce qui \u00e9tait en g\u00e9n\u00e9ral le sujet de plaisanteries un peu inqui\u00e8tes et de rapports vite \u00e9touff\u00e9s s&rsquo;installe dans la vie publique washingtonienne comme un cable de tension de plus dans ce nud gordien de tensions furieuses qu&rsquo;est devenu le centre du syst\u00e8me en cours d&rsquo;effondrement. Le rapport fait par Pfaff entre la crise du Pentagone et la crise financi\u00e8re, et avec d&rsquo;autres crises cela va de soi, est particuli\u00e8rement important. Cela permet de mieux comprendre la <strong>coh\u00e9rence<\/strong> de cette crise, qui se place dans une logique d\u00e9structurante g\u00e9n\u00e9ral, mais d\u00e9structurante paradoxalement puisqu&rsquo;affectant une force elle-m\u00eame d\u00e9structurante. La chose est compl\u00e9t\u00e9e alors par les remarques fondamentales du rapport de Cordesman (le processus auto-destructeur, le Pentagone comme son pire ennemi contre lui-m\u00eame) nous confortant dans l&rsquo;id\u00e9e que la destruction du syst\u00e8me se fait par lui-m\u00eame, en-dedans de lui-m\u00eame, par ses vices fondamentaux qui minent son propre \u00eatre jusqu&rsquo;\u00e0 le d\u00e9truire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa th\u00e8se de Cordesman (la crise vient de l&rsquo;absence de <em>leadership<\/em>), si elle nous para\u00eet trop g\u00e9n\u00e9ralisatrice et trop imp\u00e9rative pour le cas du Pentagone, a une r\u00e9elle pertinence et renforce d&rsquo;une certaine fa\u00e7on le constat de Pfaff. L&rsquo;absence de <em>leadership<\/em> est plus une cons\u00e9quence pour le Pentagone de la crise g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;une cause centrale de la crise du Pentagone, sans aucun doute; mais il est assur\u00e9 qu&rsquo;elle participe elle-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;aggravation de la situation, et alors elle peut sembler \u00eatre une cause. Mais le plus important vient en sortant la remarque de son contexte pr\u00e9cis. On comprend alors que la crise de l&rsquo;absence de <em>leadership<\/em> au Pentagone duplique exactement la crise l&rsquo;absence de <em>leadership<\/em> dans la crise financi\u00e8re, notamment telle que la d\u00e9nonce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_mepris_desenchante_de_krugman_et_la_question_du_temps_03_10_2008.html\" class=\"gen\">Krugman<\/a>. Par ce biais, le lien est fait entre tous les soubresauts sectoriels de la crise syst\u00e9mique centrale, dont la crise du Pentagone qui est un de ces soubresauts, et cette crise centrale. Une fois ces crises mises dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral, se pose toujours la m\u00eame int\u00e9ressante question: par le biais de quel soubresaut la crise centrale va-t-elle exploser? Ou bien, tous ensemble, badaboum?<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le poisson pourrit par la t\u00eate 6 octobre 2008 Des signes apparaissent, \u00e0 la fois substantiels dans leur contenu et significatifs de l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un climat, \u00e0 propos de la situation de crise au Pentagone, ou de la situation de la crise du Pentagone puisque l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement devient structurel. Il est indubitable que l&rsquo;un de ces signes&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4402,3228,3194,1131,7834,7835,4268,41],"class_list":["post-70254","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-cordesman","tag-crise","tag-pentagone","tag-pfaff","tag-poisson","tag-pourri","tag-technologisme","tag-usaf"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70254"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70254\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70254"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}