{"id":70274,"date":"2008-10-14T11:45:17","date_gmt":"2008-10-14T11:45:17","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/14\/la-legitimite-bouleverse-les-psychologies\/"},"modified":"2008-10-14T11:45:17","modified_gmt":"2008-10-14T11:45:17","slug":"la-legitimite-bouleverse-les-psychologies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/14\/la-legitimite-bouleverse-les-psychologies\/","title":{"rendered":"La l\u00e9gitimit\u00e9 bouleverse les psychologies"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La l\u00e9gitimit\u00e9 bouleverse les psychologies<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t14 octobre 2008  Il est manifeste, et pas vraiment illogique ni inattendu, que notre commentaire de ce jour encha\u00eene directement sur celui d&rsquo;hier  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_homme_face_au_systeme_en_crise_13_10_2008.html\" class=\"gen\">13 octobre<\/a>, \u00e0 partir de l&rsquo;observation des \u00e9v\u00e9nements du week-end et d&rsquo;hier \u00e9galement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous appuyons \u00e9galement sur quelques commentaires d&rsquo;origine britannique, les plus s\u00fbrs en la mati\u00e8re parce qu&rsquo;ils viennent d&rsquo;un pays concern\u00e9 en premier par la crise (effondrement de la <em>City<\/em>), concern\u00e9 en premier par le dogme \u00e9conomique qui s&rsquo;est effondr\u00e9 avec cette crise, concern\u00e9 en premier par les relations transatlantiques. On voit par ailleurs dans notre rubrique <em>Bloc Notes<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-desormais_sans_eux_14_10_2008.html\" class=\"gen\">ce jour<\/a> l&rsquo;analyse d&rsquo;Anatole Kaletsky, du <em>Times<\/em>, faite avant que l&rsquo;on puisse appr\u00e9cier les r\u00e9sultats de l&rsquo;intervention des pays europ\u00e9ens. Cette intervention a constitu\u00e9 sans aucun doute un tournant de la crise,  un de plus dans une crise qui n&rsquo;est faite que de tournants qu&rsquo;on qualifie aussit\u00f4t de d\u00e9cisifs,  sans qu&rsquo;on sache pour autant si celui-ci est, \u00e0 son tour, vraiment d\u00e9cisif. L&rsquo;interpr\u00e9tation des \u00e9v\u00e9nements est ici secondaire; non que ces \u00e9v\u00e9nements ne soient pas importants, certes, mais parce qu&rsquo;une interpr\u00e9tation au jour le jour est tr\u00e8s risqu\u00e9e et le plus souvent futile.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEssentielle, par contre, est l&rsquo;interpr\u00e9tation de ce que ces \u00e9v\u00e9nements nous r\u00e9v\u00e8lent de l&rsquo;\u00e9volution des mentalit\u00e9s et des psychologies. Cette \u00e9volution est \u00e0 mesure,  tr\u00e8s rapide et significative. Les commentaires de ce matin vont effectivement dans le m\u00eame sens du constat de l&rsquo;importance d&rsquo;une action qui est qualifi\u00e9e d&rsquo;<strong>europ\u00e9enne<\/strong>, dans le sens o\u00f9 Kaltesky la d\u00e9crivait hier matin. Pour illustrer ce constat, des extraits d&rsquo;un article du <em>Guardian<\/em> de <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/business\/2008\/oct\/14\/europe-europeanbanks\" class=\"gen\">ce matin<\/a>, prenant en compte l&rsquo;action des gouvernements europ\u00e9ens autant que les effets de cette action. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes trois premiers paragraphes situent effectivement les caract\u00e9ristiques de l&rsquo;action europ\u00e9enne: massive, d\u00e9termin\u00e9e, et fondamentalement bas\u00e9e sur la volont\u00e9 des puissances publiques affirmant leur pr\u00e9pond\u00e9rance. L&rsquo;Europe est devenue <em>the governments of Europe<\/em> et l&rsquo;action entreprise est caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;expression <em>unprecedented state interventions<\/em>,  l&rsquo;action des nations europ\u00e9ennes passant par le moyen exclusif de l&rsquo;intervention de la puissance publique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The governments of Europe yesterday embarked on their biggest financial gamble since the launch of the euro single currency with the boldest financial rescue scheme ever seen. They are pledging to buy up tottering banks, underwrite their lending, and flood the markets with liquidity in a package that could run to a staggering 2tn in total across the EU.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a closely coordinated rash of announcements and observing the same rules and similar conditions, Germany, France, Austria, and Spain unveiled packages worth hundreds of billions of euros aimed at shoring up their banks and financial systems, while Italy, Sweden, Poland, and Norway prepared parallel action.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The radical and risky moves followed an emergency summit of the 15 single currency countries in Paris on Sunday night which agreed a set of rules and instruments for the unprecedented state interventions modelled on the British government&rsquo;s triple-pronged strategy unveiled last week.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e9sultat est aussit\u00f4t mesur\u00e9 en termes politiques, qui sont caract\u00e9ris\u00e9s par les deux paragraphes suivants. La r\u00e9f\u00e9rence est les USA, le constat est le <em>leadership<\/em> affirm\u00e9 de l&rsquo;Europe par rapport aux USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The scale, ambition and potential costs of the programmes announced yesterday suggested that European leaders such as Gordon Brown, President Nicolas Sarkozy of France and Germany&rsquo;s chancellor, Angela Merkel, were determined to rise to the challenge of the financial crisis through concerted action, displaying a degree of leadership that put Washington, the global economic leader, in the shade.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>United Europe has pledged more than the US, said Sarkozy, chairing the EU, as he announced a 360bn package for France. European policymakers are racing ahead of the US in their efforts to solve the crisis, said Italy&rsquo;s Unicredit bank.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe constat est irr\u00e9sistible. La bataille contre la crise est n\u00e9cessairement d\u00e9crite en termes politiques; d&rsquo;une part, par l&rsquo;affirmation de la puissance publique qui implique n\u00e9cessairement une affirmation massive du pouvoir politique; d&rsquo;autre part, par l&rsquo;affirmation sans la moindre pr\u00e9caution de langage du <em>leadership<\/em> europ\u00e9en par rapport \u00e0 la faiblesse dramatique du pouvoir politique US, voire au vide politique qui a \u00e9t\u00e9 la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_desordre_et_la_chambre_30_09_2008.html\" class=\"gen\">caract\u00e9ristique<\/a> de la situation washingtonienne depuis les 7-15 septembre. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sch\u00e9ma non moins \u00e9vident de l&rsquo;action de l&rsquo;Europe est celui des nations europ\u00e9ennes, des <em>governments of Europe<\/em>. Il s&rsquo;agit moins d&rsquo;une volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e que de la force des choses. L&rsquo;inexistence des institutions europ\u00e9ennes depuis le d\u00e9but de la crise a \u00e9t\u00e9 absolument path\u00e9tique. Nous avons eu des \u00e9chos, souvent indign\u00e9s, de la fa\u00e7on dont la haute hi\u00e9rarchie europ\u00e9enne, essentiellement la Commission, a ignor\u00e9 compl\u00e8tement cette crise. Jeudi dernier encore, Barroso faisait une intervention dans un s\u00e9minaire interne de la Commission, o\u00f9 il d\u00e9crivait la situation de l&rsquo;Europe sans r\u00e9f\u00e9rence particuli\u00e8re \u00e0 la crise (il fut rudement accroch\u00e9 par des interventions du public, parmi eux de nombreux fonctionnaires, lui demandant quelle \u00e9tait l&rsquo;action de la Commission dans cette crise, lui-m\u00eame r\u00e9pondant par un path\u00e9tique constat d&rsquo;impuissance). La Commission a \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9e par la perception que toute sa l\u00e9gitimit\u00e9,  une imposture de l\u00e9gitimit\u00e9, en fait,  \u00e9tait fond\u00e9e sur une id\u00e9ologie, un dogme (un <em>outdated dogma<\/em>, selon Brown), dont la crise a montr\u00e9, avec son discr\u00e9dit complet, l&rsquo;extraordinaire perversit\u00e9 en m\u00eame temps que la fragilit\u00e9 pouvant conduire \u00e0 l&rsquo;effondrement de toutes les structures financi\u00e8res du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette d\u00e9route des institutions europ\u00e9ennes accompagne celle des autres institutions internationales fabriqu\u00e9es sur le mod\u00e8le am\u00e9ricaniste h\u00e9rit\u00e9 de Bretton Woods revu postmoderne, qui ont \u00e9volu\u00e9 selon le m\u00eame <em>outdated dogma<\/em>. Le FMI du Fran\u00e7ais Strauss-Khan est un exemple de cette situation, sa contribution se r\u00e9sumant \u00e0 des avis d&rsquo;une platitude rare, qui n&rsquo;ont fait que mettre en \u00e9vidence l&rsquo;incapacit\u00e9 de cette institution \u00e0 pr\u00e9voir les conditions de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA ce point de la crise, et sans pr\u00e9juger en rien de ses suites car il est \u00e9vident que cette crise n&rsquo;est pas termin\u00e9e tant elle n&rsquo;est qu&rsquo;une manifestation de la crise syst\u00e9mique centrale qui s&rsquo;exprime de diverses fa\u00e7ons, les enseignements sont extr\u00eamement riches. Ils sont finalement contenus dans une appr\u00e9ciation centrale qui concerne la question de la l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<h3>L&rsquo;affirmation de la l\u00e9gitimit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;y a rien de planifi\u00e9, de pr\u00e9par\u00e9, de constitutionnellement recommand\u00e9 et autoris\u00e9 dans tous ces \u00e9v\u00e9nements. La puissance extraordinaire de la crise et la pression qu&rsquo;elle a engendr\u00e9e ont d\u00e9gag\u00e9 les psychologies de la carapace de conformisme que repr\u00e9sentent la constante offensive de communication des r\u00e9seaux institutionnels et id\u00e9ologiques mis en place par l&rsquo;am\u00e9ricanisme,  ceux des USA ou ceux que les autres pays, essentiellement europ\u00e9ens, ont adopt\u00e9s et adapt\u00e9s. La n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;action a appel\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 des forces qui peuvent agir, et cette l\u00e9gitimit\u00e9 s&rsquo;est retrouv\u00e9e dans les puissances publiques des principaux pays concern\u00e9s,  c&rsquo;est-\u00e0-dire les gouvernements europ\u00e9ens. L&rsquo;Europe \u00e0 27, ce <em>patchwork<\/em> sans la moindre l\u00e9gitimit\u00e9, s&rsquo;est trouv\u00e9e r\u00e9sum\u00e9e \u00e0 quelques grandes nations traditionnelles de l&rsquo;Europe, qui ont repr\u00e9sent\u00e9 dans cet \u00e9pisode la l\u00e9gitimit\u00e9 retrouv\u00e9e. Ce fut donc l&rsquo;Europe des nations, n\u00e9cessairement repr\u00e9sent\u00e9e par les plus puissantes, les plus historiques d&rsquo;entre elles. La crise dans sa dimension politique fondamentale s&rsquo;est r\u00e9sum\u00e9e \u00e0 un face-\u00e0-face exceptionnel entre les USA et l&rsquo;Europe, entre deux conceptions du monde; la crise du syst\u00e8me financier mondial s&rsquo;est donc exprim\u00e9e par l&rsquo;essentiel, qui est la crise de notre civilisation, la crise \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa l\u00e9gitimit\u00e9 retrouv\u00e9e fouette les psychologies. Elle a trac\u00e9 le cadre de l&rsquo;action voulu par l&rsquo;Histoire, dans ce moment historique, et les hommes d&rsquo;action que sont nos dirigeants en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la pens\u00e9e si courte, s&rsquo;y sont pr\u00e9cipit\u00e9s. L&rsquo;Anglais Brown fut au premier rang, parce que l&rsquo;Angleterre \u00e9tait sous la pression d&rsquo;une menace mortelle, qui valait bien celle de la Bataille d&rsquo;Angleterre en 1940. A ses c\u00f4t\u00e9s, on a \u00e9videmment trouv\u00e9 le Fran\u00e7ais Sarkozy, opportun\u00e9ment pr\u00e9sident de l&rsquo;UE, port\u00e9 par une l\u00e9gitimit\u00e9 fran\u00e7aise qui a retrouv\u00e9 avec un naturel confondant toutes ses r\u00e9f\u00e9rences historiques et qui porte naturellement ses vertus structurantes contre l&rsquo;attaque d\u00e9structurante transform\u00e9e en d\u00e9route. Dans ce cas, l&rsquo;autorit\u00e9 va de soi, elle n&rsquo;a pas besoin de bling-bling, elle coule de source pour l&rsquo;homme, le Pr\u00e9sident quel qu&rsquo;il soit, devenu naturellement le repr\u00e9sentant pour l&rsquo;action politique d&rsquo;un destin collectif qui lui donne sa l\u00e9gitimit\u00e9. Ce fut l&rsquo;affirmation implicite de la vision historique fran\u00e7aise du caract\u00e8re central de la puissance publique, de la psychologie confort\u00e9e et renforc\u00e9e par la l\u00e9gitimit\u00e9 de cette position, de l&rsquo;alacrit\u00e9 dans l&rsquo;action que donne la coh\u00e9rence de ce cadre souverain, enfin d&rsquo;une vision structur\u00e9e du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette Europe-l\u00e0 existe, sans n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rendum ni de constitution. (On peut en faire \u00e9ventuellement, s&rsquo;ils prennent en compte tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9; nous aurons alors de belles majorit\u00e9s.) Qui plus est, elle est per\u00e7ue effectivement comme l&rsquo;Europe, et l&rsquo;expression <em>the governments of Europe<\/em> sonne effectivement comme si l&rsquo;Europe avait trouv\u00e9 une nouvelle d\u00e9nomination; il n&rsquo;y a sans doute jamais eu d&rsquo;Europe plus unie, selon les r\u00eaves des plus exigeants des partisans de l&rsquo;Europe, que dans ces trois derniers jours o\u00f9 le G7 (avec les USA) ne fut qu&rsquo;une ouverture en mode mineur pour les r\u00e9unions entre gouvernements europ\u00e9ens qui suivirent. Les g\u00e9missements d&rsquo;il y a deux semaines sur l&rsquo;absence europ\u00e9enne parce que l&rsquo;Europe ne se comportait pas en calque servile des USA le c\u00e8dent aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence de la situation. Si la Commission veut survivre, elle a grand int\u00e9r\u00eat \u00e0 abandonner son <em>outdated dogma<\/em>, \u00e0 se transformer en bras actif de cette situation nouvelle, en courroie de transmission de cette l\u00e9gitimit\u00e9 des puissances, en d\u00e9fenderesse loyale des int\u00e9r\u00eats de cette Europe-l\u00e0. A ce moment, elle acquerra, elle aussi, une l\u00e9gitimit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInsistons donc, une fois de plus, sur la psychologie. Lorsqu&rsquo;elle est nourrie par la puissante potion magique qu&rsquo;est la l\u00e9gitimit\u00e9, elle se renforce et s&rsquo;envole, elle devient irr\u00e9sistible. Sarkozy est le personnage-type convenant \u00e0 cette situation. Certains le d\u00e9signeront \u00e0 la suite de cette phase de la crise comme un grand homme d&rsquo;Etat. Il ne l&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas, jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre, conscience de ce que fut sa d\u00e9marche (comme Talleyrand et de Gaulle, que nous citions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_homme_face_au_systeme_en_crise_13_10_2008.html\" class=\"gen\">hier<\/a>, eurent d&rsquo;intuition une conscience implicite d&rsquo;\u00eatre chacun cet \u00ab<em>&lsquo;homme du destin, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;identifie \u00e0 un destin collectif, lorsqu&rsquo;il se fait volontairement instrument de ce destin collectif<\/em>\u00bb). Par contre, la situation le met, Sarkozy, dans un cadre dynamique o\u00f9 tout son go\u00fbt de l&rsquo;action donne libre cours. Il a rencontr\u00e9 l&rsquo;Histoire et, plut\u00f4t que se mettre solennellement (pour lui-m\u00eame) \u00e0 son service, il fonce avec la b\u00e9n\u00e9diction de l&rsquo;Histoire; pour le r\u00e9sultat c&rsquo;est aussi bien m\u00eame si l&rsquo;on doit avoir une mesure nuanc\u00e9e de l&rsquo;homme; en l&rsquo;occurrence et pour le cas, le r\u00e9sultat compte plus que tout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour Brown, le cas est peut-\u00eatre un peu diff\u00e9rent. Certains (Steve Richards dans <em>The Independent<\/em> <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/steve-richards\/steve-richards-brown-warned-us-that-markets-fail-960271.html\" class=\"gen\">aujourd&rsquo;hui<\/a>) affirment qu&rsquo;il a toujours eu des doutes gravissimes sur le capitalisme du laisser faire. Brown, l&rsquo;homme du <em>New Labour<\/em> avec Blair, se d\u00e9couvre plut\u00f4t comme un travailliste de l&rsquo;ancien temps, bougon, pas adversaire d&rsquo;un certain interventionnisme sinon d&rsquo;un interventionnisme certain; il aurait pu nous avertir avant. Merkel a jou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;Allemagne; puissante certes, mais plut\u00f4t ind\u00e9cise sur le r\u00f4le politique de la chose, mais finalement align\u00e9e sur la consigne de la l\u00e9gitimit\u00e9 europ\u00e9enne ainsi cr\u00e9\u00e9e par l&rsquo;Europe des nations. L&rsquo;Espagne, la Pologne, m\u00eame l&rsquo;Italie, ont sembl\u00e9 touch\u00e9es par la gr\u00e2ce de cette l\u00e9gitimit\u00e9 europ\u00e9enne <em>new style<\/em>; m\u00eame la Belgique, sans aucun chef politique, a agi comme si elle avait une puissance publique. Par des chemins diff\u00e9rents dont certains sont miraculeux, c&rsquo;est une symphonie europ\u00e9enne qui vaut tous les sommets europ\u00e9ens du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDu c\u00f4t\u00e9 US, le roi est nu au-del\u00e0 de tout ce qu&rsquo;on pouvait attendre, ou craindre, ou esp\u00e9rer c&rsquo;est selon. Comme l&rsquo;\u00e9crit Kaletsky, c&rsquo;est m\u00eame l&#8217;empereur qui est nu: \u00ab<em>Aghast at the dithering incompetence of the US in handling this crisis, European politicians have realised that Henry Paulson, the supposedly brilliant US Treasury Secretary, was an emperor with no clothes.<\/em>\u00bb C&rsquo;est un effondrement psychologique des USA, qui fait craindre une d\u00e9pression profonde du pouvoir am\u00e9ricaniste, avec des r\u00e9actions erratiques inattendues et peut-\u00eatre dangereuses. La n\u00e9vrose am\u00e9ricaniste est aujourd&rsquo;hui \u00e0 d\u00e9couvert,  \u00e0 moins qu&rsquo;un nouveau-venu se r\u00e9v\u00e8le et transforme la situation en mettant en cause le syst\u00e8me qui les \u00e9touffe tous. Impossible de ne pas penser \u00e0 Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour terminer, notre antienne. Ce commentaire est comme un plat du jour. Il ne pr\u00e9juge rien de l&rsquo;avenir, du menu, et la crise n&rsquo;est pas fini. Mais le plat du jour \u00e9tait de qualit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La l\u00e9gitimit\u00e9 bouleverse les psychologies 14 octobre 2008 Il est manifeste, et pas vraiment illogique ni inattendu, que notre commentaire de ce jour encha\u00eene directement sur celui d&rsquo;hier 13 octobre, \u00e0 partir de l&rsquo;observation des \u00e9v\u00e9nements du week-end et d&rsquo;hier \u00e9galement. 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