{"id":70275,"date":"2008-10-14T12:11:51","date_gmt":"2008-10-14T12:11:51","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/14\/friedman-et-le-dernier-tournant-en-date-de-la-crise\/"},"modified":"2008-10-14T12:11:51","modified_gmt":"2008-10-14T12:11:51","slug":"friedman-et-le-dernier-tournant-en-date-de-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/14\/friedman-et-le-dernier-tournant-en-date-de-la-crise\/","title":{"rendered":"Friedman et le dernier tournant en date de la crise"},"content":{"rendered":"<p><p>Rude t\u00e2che pour George Friedman, de <em>Strafor.com<\/em>, dans sa derni\u00e8re analyse (du <a href=\"http:\/\/www.stratfor.com\/weekly\/20081013_states_economies_and_markets_redefining_rules\" class=\"gen\">13 octobre<\/a> en acc\u00e8s libre): comment expliquer le dernier <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_legitimite_bouleverse_les_psychologies_14_10_2008.html\" class=\"gen\">tournant d\u00e9cisif<\/a> en date de la crise, qui a vu l&rsquo;Europe jouer un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant, aux d\u00e9pens des USA. Il s&rsquo;y emploie avec une certaine habilet\u00e9, qui donne une analyse moins tranch\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude puisque la faire tranch\u00e9e,  comme elle m\u00e9riterait pourtant,  aboutirait \u00e0 un diagnostic aussi s\u00e9v\u00e8re que celui de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-desormais_sans_eux_14_10_2008.html\" class=\"gen\">Kaletsky<\/a> sur l&rsquo;absence compl\u00e8te des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlut\u00f4t que s&rsquo;attacher aux d\u00e9tails labyrinthiques de l&rsquo;analyse, nous nous en tiendrons \u00e0 un point qui peut sembler de d\u00e9tail et qui est, \u00e0 notre sens, simplement essentiel. Il d\u00e9finit la position de l&rsquo;Europe en profondeur, selon la vision de Friedman, en expliquant la structure et la signification de l&rsquo;ordre de bataille qu&rsquo;elle a adopt\u00e9e. Ce sera, on le verra, pour contester compl\u00e8tement le sens de cette analyse-l\u00e0 tout en mettant en \u00e9vidence combien certains des composants de cette analyse sont justes,  un paradoxe auquel Friedman nous a habitu\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>What is most interesting in the long run is the fact the Europeans, even in the eurozone, have not attempted a European solution. Nationalism is very much alive in Europe and has emerged, as one would expect, in a time of crisis. And this raises a crucial question. Some countries have greater exposure and fewer resources than others. Will the stronger members of the eurozone help the weaker? At present it seems any such help would be simply coincidental. This is a global question as well. The Europeans have pointed out that the contagion started in the United States. It is true that the Americans sold the paper. But it is also true that the Europeans bought it readily. If ever there was a systemic failure it was this one.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>However, it has always been our view that the state ultimately trumps the economy and the nation trumps multinational institutions. We are strong believers in the durability of the nation-state. It seems to us that we are seeing here the failure of multinational institutions and the re-emergence of national power. The IMF, the World Bank, the Bank for International Settlements, the European Union and the rest have all failed to function either to prevent the crisis or to contain it. The reason is not their inadequacy. Rather it is that, when push comes to shove, nation-states are not prepared to surrender their sovereignty to multinational entities or to other countries if they don&rsquo;t have to. What we saw this weekend was the devolution of power to the state. All the summits notwithstanding, Berlin, Rome, Paris and London are looking out for the Germans, Italians, French and British. Globalism and the idea of Europe became a lot less applicable to the real world this weekend.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFriedman affirme, avec justesse pour notre compte, que \u00ab<em>it has always been our view that the state ultimately trumps the economy and the nation trumps multinational institutions. We are strong believers in the durability of the nation-state<\/em>\u00bb. Il ajoute, avec justesse toujours, que \u00ab[i]<em>t seems to us that we are seeing here the failure of multinational institutions and the re-emergence of national power<\/em>\u00bb.  Les le\u00e7ons qu&rsquo;il en tire ne peuvent pourtant pas, toujours \u00e0 notre sens, \u00eatre plus infond\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab<em>Nationalism is very much alive in Europe<\/em>\u00bb est un constat fauss\u00e9 par la signification que le conformisme commun de l&rsquo;id\u00e9ologie r\u00e9gnante a donn\u00e9 au mot nationalisme (qui demanderait diverses nuances, puisqu&rsquo;apr\u00e8s tout il pourrait aussi bien renvoyer \u00e0 l&rsquo;expression patriotisme \u00e9conomique, largement employ\u00e9). Il implique automatiquement un certain isolationnisme, un refus d&rsquo;un jeu multinational, le fermeture agressive, etc. Au contraire, ce que nous a montr\u00e9 le week-end est un exemple assez rare de coordination des nations europ\u00e9ennes, chacune ayant bien compris ses int\u00e9r\u00eats nationaux et que ceux-ci seraient renforc\u00e9s par une coordination europ\u00e9enne qui peut \u00eatre conceptualis\u00e9 par le terme solidarit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre d\u00e9fini comme une v\u00e9ritable action europ\u00e9enne. \u00ab[T]<em>he idea of Europe became a lot less applicable to the real world this weekend.<\/em>\u00bb, observe Friedman; acceptons avec indulgence le constat si l&rsquo;on r\u00e9duit l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;Europe au monstre caricatural ou utopique c&rsquo;est selon dont nos \u00e9lites font la promotion aveugle depuis des d\u00e9cennies; mais il y a beaucoup d&rsquo;autres id\u00e9es de l&rsquo;Europe, qui peuvent aussi bien, c&rsquo;est-\u00e0-dire beaucoup mieux figurer l&rsquo;Europe. Nous en avons eu une classique, efficace, l\u00e9gitime durant ce week-end,  l&rsquo;id\u00e9e simple de l&rsquo;Europe des nations,  trop simple pour nos intellectuels id\u00e9ologues sans doute? La r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;a que faire avec les id\u00e9ologues intellectuels, et il leur reste \u00e0 aller jouer avec cette poussi\u00e8re de leur id\u00e9ologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Friedman constate l&rsquo;\u00e9chec des institutions internationales, celles de l&rsquo;Europe en premier, et cela fort justement. L&rsquo;explication qu&rsquo;il en donne n&rsquo;a aucune consistance, d&rsquo;un conformisme bien attristant. \u00ab<em>The IMF, the World Bank, the Bank for International Settlements, the European Union and the rest have all failed to function either to prevent the crisis or to contain it. The reason is not their inadequacy. Rather it is that, when push comes to shove, nation-states are not prepared to surrender their sovereignty to multinational entities or to other countries if they don&rsquo;t have to. What we saw this weekend was the devolution of power to the state.<\/em>\u00bb L&rsquo;erreur est patente: les organisations internationales ont \u00e9chou\u00e9 d&rsquo;abord parce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont strictement rien tent\u00e9, qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas exist\u00e9. Elles ont \u00e9chou\u00e9 non pas parce que les nations ne leur pas d\u00e9volu leur souverainet\u00e9 mais parce que ces organisations sont incapables de g\u00e9n\u00e9rer la moindre l\u00e9gitimit\u00e9, et donc incapables de prendre en charge une souverainet\u00e9 essentielle en temps d&rsquo;urgence, lorsque la chose est vitale. Toute souverainet\u00e9 qui leur est transf\u00e9r\u00e9e en temps normal se transforme en une monstrueuse tracasserie bureaucratique d\u00e9structurante des ensembles auxquels elle s&rsquo;adresse sans pour autant cr\u00e9er la moindre l\u00e9gitimit\u00e9 pour elles-m\u00eames parce que le moteur exclusif de leur action est une id\u00e9ologie elle-m\u00eame d\u00e9structurante et ill\u00e9gitime. En la circonstance de la crise, il ne pouvait \u00eatre question de rien leur transf\u00e9rer. Les institutions internationales ont \u00e9t\u00e9 path\u00e9tiquement absentes, jusqu&rsquo;\u00e0 ignorer officiellement la crise en cours comme dans le cas path\u00e9tique de la Commission europ\u00e9enne, donc ne demandant rien en fait de transfert de souverainet\u00e9. Si les nations l&rsquo;avaient elles-m\u00eame voulu, elles n&rsquo;auraient rien pu transf\u00e9rer de leur souverainet\u00e9 aux institutions internationales (europ\u00e9ennes) parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait <strong>rien<\/strong> \u00e0 quoi transf\u00e9rer cette souverainet\u00e9. L&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 de ces institutions, comme leur impuissance ontologique \u00e0 se cr\u00e9er leur l\u00e9gitimit\u00e9 sont apparues d&rsquo;une fa\u00e7on impressionnante durant ce week-end.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe jugement de l&rsquo;Am\u00e9ricain Friedman est bien effectivement un jugement am\u00e9ricaniste, malgr\u00e9 certaines perceptions chez lui bien plus \u00e9clair\u00e9es que le courant de son parti. Friedman reste \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que la souverainet\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9 ne sont pas des concepts mani\u00e9s par la volont\u00e9 m\u00e9caniste institutionnelle, par la loi si l&rsquo;on veut, mais des concepts enfant\u00e9s par la nature des choses et qui vont l\u00e0 o\u00f9 la nature les cr\u00e9e. Si, en temps normal et courant, c&rsquo;est-\u00e0-dire en temps m\u00e9diocre de notre postmodernit\u00e9, cette \u00e9vidence est transgress\u00e9e par le fait du prince adepte de l&rsquo;<em>outdated dogma<\/em>, en temps de crise, la nature des choses balaie tout cela. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 14 octobre 2008 \u00e0 12H11<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rude t\u00e2che pour George Friedman, de Strafor.com, dans sa derni\u00e8re analyse (du 13 octobre en acc\u00e8s libre): comment expliquer le dernier tournant d\u00e9cisif en date de la crise, qui a vu l&rsquo;Europe jouer un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant, aux d\u00e9pens des USA. Il s&rsquo;y emploie avec une certaine habilet\u00e9, qui donne une analyse moins tranch\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[1463,3228,398,1268,3555,2746,3160],"class_list":["post-70275","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-commission","tag-crise","tag-europe","tag-friedman","tag-legitimite","tag-souverainete","tag-stratfor"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70275","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70275"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70275\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70275"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70275"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70275"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}