{"id":70302,"date":"2008-10-27T07:20:22","date_gmt":"2008-10-27T07:20:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/27\/un-president-de-guerre\/"},"modified":"2008-10-27T07:20:22","modified_gmt":"2008-10-27T07:20:22","slug":"un-president-de-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/10\/27\/un-president-de-guerre\/","title":{"rendered":"Un pr\u00e9sident de guerre?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Un pr\u00e9sident de guerre?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t27 octobre 2008  C&rsquo;est bien connu, le site <em>WSWS.org<\/em> poursuit Obama d&rsquo;une vindicte farouche. L&rsquo;exp\u00e9rience trotskiste, \u00e9ventuellement l&rsquo;obsession trotskiste, d\u00e9busquent chez le candidat d\u00e9mocrate la vieille tromperie sociale-d\u00e9mocrate (d\u00e8s la situation allemande de 1918-1919) d&rsquo;utilisation par la bourgeoisie de la gauche mod\u00e9r\u00e9e comme instrument trompeur et privil\u00e9gi\u00e9 pour r\u00e9cup\u00e9rer d&rsquo;\u00e9ventuelles pouss\u00e9es r\u00e9volutionnaires des masses prol\u00e9taires.  <em>WSWS.org<\/em> (sur son site brillamment r\u00e9nov\u00e9 depuis une petite semaine) publie le <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/francais\/News\/2008\/oct08\/guer-o25.shtml\" class=\"gen\">25 octobre<\/a> (traduction fran\u00e7aise de l&rsquo;article original, en anglais, du 24 octobre) un article intitul\u00e9 \u00ab<em>la crise \u00e9conomique et la guerre<\/em>\u00bb; il pourrait s&rsquo;intituler: Obama, pr\u00e9sident de guerre, tant il est ax\u00e9 sur le comportement probable d&rsquo;Obama, bien s\u00fbr selon l&rsquo;appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;Obama l&#8217;emportera le 4 novembre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici un extrait de cet article:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La mauvaise posture militaire et politique des Etats-Unis en Afghanistan est devenue un point focal de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, et c&rsquo;est le d\u00e9mocrate Barack Obama, en t\u00eate dans les sondages, qui s&rsquo;est montr\u00e9 le plus enthousiaste \u00e0 promettre une escalade majeure de l&rsquo;intervention am\u00e9ricaine. Dans un discours prononc\u00e9 en Virginie mercredi, Obama a dit qu&rsquo;il enverra des troupes am\u00e9ricaines en renfort, peut-\u00eatre 15 000 soldats ou plus, d\u00e8s qu&rsquo;il devient l&rsquo;occupant de la Maison-Blanche. Il est temps d&rsquo;entendre l&rsquo;appel de ceux qui r\u00e9clament plus de soldats, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;enverrais au moins deux ou trois brigades additionnelles en Afghanistan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama a fait passer pour des envol\u00e9es rh\u00e9toriques des d\u00e9clarations faites \u00e0 une collecte de fonds \u00e0 Seattle par son colistier, le s\u00e9nateur Joseph Biden, selon qui six mois apr\u00e8s l&rsquo;inauguration d&rsquo;Obama, le nouveau pr\u00e9sident r\u00e9pondrait \u00e0 toute crise majeure de politique \u00e9trang\u00e8re en prenant des d\u00e9cisions incroyablement dures et impopulaires. Biden a cit\u00e9 cinq centres possibles de conflit : le Moyen-Orient, l&rsquo;Afghanistan, le Pakistan, la Cor\u00e9e du Nord, et la Russie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Les remarques \u00e0 glacer le sang de Biden n&rsquo;\u00e9taient pas des envol\u00e9es rh\u00e9toriques, ce qui est corrobor\u00e9 par un long article publi\u00e9 jeudi dans le New York Times par le correspondant du journal \u00e0 la Maison-Blanche, David E. Sanger. Analysant les positions prises en politique \u00e9trang\u00e8re par Obama et son opposant r\u00e9publicain, le s\u00e9nateur John McCain, Sanger souligne des questions cl\u00e9s sur lesquelles Obama a une position encore plus agressive que celle de McCain.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Sur l&rsquo;Iran, par exemple, le camp McCain a sugg\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;il serait pr\u00eat \u00e0 accepter un accord qui permettrait \u00e0 l&rsquo;Iran de produire de l&rsquo;uranium sur son territoire, alors que le camp Obama a fait savoir au journal qu&rsquo;une Maison-Blanche dirig\u00e9e par Obama ne permettrait pas \u00e0 l&rsquo;Iran de produire de l&rsquo;uranium sur le sol iranien, ce qui rejoint la ligne dure \u00e9nonc\u00e9e par le gouvernement Bush.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Sanger note qu&rsquo;Obama a d\u00e9clar\u00e9 que nous n&rsquo;\u00e9carterons jamais l&rsquo;option militaire et qu&rsquo;il ne donnerait pas aux Nations Unies un droit de veto sur une d\u00e9cision d&rsquo;attaquer les installations nucl\u00e9aires iraniennes. Sanger continue en disant que des responsables du renseignement am\u00e9ricains soutiennent que le seuil d&rsquo;une possible frappe militaire  le point \u00e0 partir duquel l&rsquo;Iran produit assez de mat\u00e9riel nucl\u00e9raire pour fabriquer une arme  peut \u00eatre atteint assez t\u00f4t durant le prochain mandat pr\u00e9sidentiel.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tToutes ces observations sont justes et correspondent effectivement \u00e0 un aspect remarquable de la campagne d&rsquo;Obama. Le caract\u00e8re belliciste souvent pr\u00eat\u00e9 \u00e0 McCain, par opposition \u00e0 Obama, repose beaucoup plus sur ce que l&rsquo;on per\u00e7oit du caract\u00e8re du premier (emport\u00e9, incontr\u00f4l\u00e9) par rapport au caract\u00e8re du second (calme, mesur\u00e9). Sur les intentions politiques affich\u00e9es, il est vrai qu&rsquo;Obama ne para\u00eet certes pas moins belliciste que McCain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne autre argumentation dans ce sens, c&rsquo;est-\u00e0-dire contre Obama, peut \u00eatre lue sous la plume d&rsquo;Alexander Cockburn, dans <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/alexander-cockburn-obama-the-firstrate-republican-973691.html\" class=\"gen\">26 octobre<\/a>. Cockburn est un homme de gauche, mais certes sans les attaches id\u00e9ologiques du groupe de <em>WSWS.org<\/em>. Son attaque, si elle porte sur Obama pr\u00e9sident de guerre, s&rsquo;attache plus aux liens du d\u00e9mocrate avec les forces du complexe militaro-industriel et connexes. Il se demande joliment si Obama ne va pas prendre \u00e0 sa charge le <em>white man&rsquo;s burden<\/em> des guerres n\u00e9o-colonialistes de la p\u00e9riode Bush-Blair, qui deviendrait ainsi une sorte de <em>white-black man&rsquo;s burden<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Obama invokes change. Yet never has the dead hand of the past had a reform candidate so firmly by the windpipe. Is it possible to confront America&rsquo;s problems without talking about the arms budget? The Pentagon is spending more than at any point since the end of the Second World War. In real dollars  an optimistic concept these days  the $635bn (\u00a3400bn) appropriated in fiscal 2007 is 5 per cent above the previous all-time high, reached in 1952. Obama wants to enlarge the armed services by 90,000. He pledges to escalate the US war in Afghanistan; to attack Pakistan&rsquo;s territory if it obstructs any unilateral US mission to kill Osama bin Laden; and to wage a war against terror in a hundred countries, creating a new international intelligence and law enforcement infrastructure to take down terrorist networks. A fresh start? Where does this differ from Bush&rsquo;s commitment on 20 September 2001, to an ongoing war on terror against \u00ab\u00a0every terrorist group of global reach and any nation that continues to harbour or support terrorism?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama&rsquo;s liberal defenders comfort themselves with the thought that he had to say that to get elected. He didn&rsquo;t. After eight years of Bush, Americans are receptive to reassessing America&rsquo;s imperial role. Obama has shunned this opportunity. If elected, he will be a prisoner of his promise that on his watch Afghanistan will not be lost, nor the white man&rsquo;s burden shirked.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As a political organiser of his own advancement, Obama is a wonder. But I have yet to identify a single uplifting intention to which he has remained constant if it has presented any risk to his progress. We could say that he has not yet had occasion to adjust his relatively decent stances on immigration and labour-law reform. And what of public funding of his campaign? Another commitment made becomes a commitment betrayed. His campaign treasury is a vast hogswallow that, if it had been amassed by a Republican, would be the topic of thunderous liberal complaint.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama&rsquo;s run has been the negation of almost every decent progressive principle, with scarcely a bleat of protest from the progressives seeking to hold him to account. The Michael Moores stay silent. Obama has crooked the knee to bankers and Wall Street, to the oil companies, the coal companies, the nuclear lobby, the big agricultural combines. He is more popular with Pentagon contractors than McCain, and has been the most popular of the candidates with Washington lobbyists. He has been fearless in offending progressives, constant in appeasing the powerful.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>So no, this is not an exciting or liberating moment in America&rsquo;s politics.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela est bel et bon, autant qu&rsquo;incontestable. Mais on ne peut s&rsquo;en tenir l\u00e0. Le nud du raisonnement \u00e0 propos d&rsquo;Obama se trouve bien entendu dans le rapport entre cette perspective guerri\u00e8re, furieuse et d&#8217;emprisonnement du syst\u00e8me en m\u00eame temps que de simple accomplissement de basses ambitions,  et l&rsquo;autre, ce pour quoi en v\u00e9rit\u00e9 Obama est si populaire, la perspective de la crise \u00e9conomique, bien entendu. <em>WSWS.org<\/em> l&rsquo;exp\u00e9die par une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Grande D\u00e9pression: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La crise \u00e9conomique, de caract\u00e8re global quoique centr\u00e9e autour du d\u00e9clin de la position \u00e9conomique de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain dans le monde, va in\u00e9vitablement pousser cette politique dans une direction encore plus agressive et belliqueuse, peu importe quel parti capitaliste occupe la Maison-Blanche. La crise \u00e9conomique repr\u00e9sente dans les affaires mondiales une source croissante de tension et de conflit entre nations imp\u00e9rialistes et capitalistes rivales.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Plus encore qu&rsquo;au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, les Etats-Unis chercheront, dans un contexte de turbulence financi\u00e8re et de r\u00e9cession \u00e9conomique, \u00e0 compenser leur d\u00e9clin \u00e9conomique par des moyens militaires. Il faut tirer les le\u00e7ons de l&rsquo;histoire. La derni\u00e8re grande crise \u00e9conomique  la D\u00e9pression des ann\u00e9es 30  a entra\u00een\u00e9 une s\u00e9rie de conflits militaires qui ont abouti dans l&rsquo;holocauste de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette r\u00e9f\u00e9rence nous para\u00eet bien rapide. La chose, le nud du raisonnement \u00e0 propos d&rsquo;Obama, m\u00e9rite bien plus que d&rsquo;\u00eatre une simple r\u00e9f\u00e9rence. La question centrale de la prochaine pr\u00e9sidence,  Obama ou McCain, et Obama dans ce cas,  est celle de la corr\u00e9lation entre les deux volets, ou entre les deux crise. Nous ne pouvons \u00e9chapper \u00e0 cette interrogation, sans pourtant avoir l&rsquo;espoir s\u00e9rieux d&rsquo;y r\u00e9pondre fermement.<\/p>\n<h3>Options et dilemmes sans suite et sans fin<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDr\u00f4le d&rsquo;affaire  Qui est donc Obama? Ce gauchiste qui va r\u00e9volutionner l&rsquo;Am\u00e9rique, comme le pr\u00e9sente Gerard Baker le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-finalement_obama_sera-t-il_oui_il_pourrait_bien_etre_fdr_dit_baker_17_10_2008.html\" class=\"gen\">17 octobre<\/a>, ou bien ce monstre de guerre acquis aux pires  pratiques de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricaniste que d\u00e9crivent <em>WSWS.org<\/em> et Alexander Cockburn (et <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/justin\/?articleid=13623\" class=\"gen\">Justin Raimondo<\/a>, et tant d&rsquo;autres)? Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ou bien l&rsquo;un et l&rsquo;autre? Ce sont moins des questions que des invitations \u00e0 la sp\u00e9culation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes dans la <em>terra incognita<\/em> de Barack Obama, candidat notablement myst\u00e9rieux comme l&rsquo;on ne cesse de l&rsquo;\u00e9crire (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_paradoxes_autour_d_obama_decidement_enigmatique_08_07_2008.html\" class=\"gen\">l&rsquo;\u00e9nigme<\/a> Obama). Comment trancher? Nous pr\u00e9f\u00e9rons nous int\u00e9resser aux circonstances et aux faits.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les circonstances. Un Obama pr\u00e9sident sera \u00e9videmment soumis \u00e0 des pressions tr\u00e8s fortes dans les deux sens, d&rsquo;une part pour lutter contre la crise \u00e9conomique avec des mesures dramatiques, d&rsquo;autre part pour poursuivre une politique d&rsquo;engagement belliciste affirm\u00e9e.  Ces pressions viendront autant de ses conseillers, ministres, etc., que des autres pouvoirs (le Congr\u00e8s principalement, les m\u00e9dias, les milieux d&rsquo;experts, etc.). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne s&rsquo;agit l\u00e0 que de la situation am\u00e9ricaniste structurelle, Obama ou pas Obama. Cette situation existe d\u00e9j\u00e0, dramatis\u00e9e et pr\u00e9cipit\u00e9e par la crise. La paralysie et l&rsquo;inertie de l&rsquo;administration GW Bush, la pusillanimit\u00e9 du Congr\u00e8s, ont conduit \u00e0 la simple gestion de la situation de crise structurelle, parfois dans des conditions dramatiques (crise de Wall Street). De ce point de vue, dans la mesure de la tension ainsi accumul\u00e9e et des pressions des divers d\u00e9s\u00e9quilibres qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s, la prochaine pr\u00e9sidence devrait \u00eatre un moment d\u00e9cisif d\u00e8s son d\u00e9but. C&rsquo;est d\u00e8s ce moment que seront confront\u00e9es les n\u00e9cessit\u00e9s antagonistes, principalement celles qui sont d\u00e9crites ci-dessus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous parlons de n\u00e9cessit\u00e9s antagonistes  parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien du point central du d\u00e9bat. Il appara\u00eet d\u00e9sormais \u00e9vident que les USA ne peuvent plus assumer \u00e0 la fois leur charge ext\u00e9rieure et leur charge int\u00e9rieure. La premi\u00e8re (les guerres ext\u00e9rieures et les engagements militaires divers) p\u00e8se toujours aussi lourd, sans qu&rsquo;on entrevoit la plus petite am\u00e9lioration. La seconde (la crise financi\u00e8re et la crise \u00e9conomique) est brutalement devenue conjoncturellement dramatique et pressante alors que la situation structurelle des USA (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fable_des_termites_et_des_conduites_pourries_22_09_2008.html\" class=\"gen\">les termites<\/a>) est dans un \u00e9tat \u00e9galement catastrophique. L&rsquo;\u00e9vidence dont nous parlons est que les deux fronts ne peuvent \u00eatre tenus en m\u00eame temps, et la crise financi\u00e8re suivie de la crise \u00e9conomique met tout cela en pleine lumi\u00e8re.  La prochaine administration est n\u00e9cessairement celle du choix.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les faits, donc, car ils ne cessent d&rsquo;appara\u00eetre de plus en plus t\u00eatus. C&rsquo;est peut-\u00eatre l\u00e0 la piste principale de la prochaine administration, certainement s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une administration Obama (mais sans doute pas tellement moins avec une hypoth\u00e9tique administration McCain). Les faits importants pour \u00e9tudier cette question de l&rsquo;orientation se situent essentiellement \u00e0 la jointure des deux n\u00e9cessit\u00e9s. On les trouve donc rassembl\u00e9s dans ce que nous nommons la crise du Pentagone, que certains <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-alerte_rouge_a_propos_du_coming_crash_du_pentagone_25_10_2008.html\" class=\"gen\">nomment<\/a> le <em>coming crash<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_usaf_et_le_trou_noir_du_pentagone_24_10_2008.html\" class=\"gen\">Pentagone<\/a>. En effet, le Pentagone est bien cette jointure dont nous parlons: il repr\u00e9sente un \u00e9norme trou noir de gaspillage de biens et de richesses dans une \u00e9conomie et un pays qu&rsquo;on d\u00e9couvre exsangue. Chaque jour, un expert ou un connaisseur,  et il n&rsquo;en manque pas,  nous donne son analyse catastrophique, c&rsquo;est-\u00e0-dire r\u00e9aliste, sur la question. C&rsquo;est le cas de Nick Turse, sur <em>TomDispatch.com<\/em>, hier <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/174994\/nick_turse_putting_the_pentagon_on_the_auction_block\" class=\"gen\">26 octobre<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>While we may never know if it was bin Laden&rsquo;s knowledge of America&rsquo;s \u00ab\u00a0expeditionary\u00a0\u00bb history that drove him to plan out the 9\/11 attacks, he certainly goaded the Bush administration into a Soviet-style military spending spree, complete with a Soviet-style ruinous war in Afghanistan. With some caves for bases, he managed to sink Americans into a multi-trillion dollar financial quagmire.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If the United States had never wasted the better part of a trillion dollars fighting a war in Vietnam and, following defeat there, embarked on a scheme to saddle the Soviets with a similarly ignominious loss  which has now led to wars with a multi-trillion dollar price tag  the United States might not be in such dire financial straits today. And yet, despite the worst economic downturn since the Great Depression, the U.S. continues to sink money into costly wars fought from expensive bases overseas with no end in sight. The result is sheer waste in every sense of the word.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>When Americans want to get serious about a long-term bailout strategy that brings genuine financial and national security, they&rsquo;ll look to real cost-cutting options like stopping America&rsquo;s string of costly wars and getting rid of the Pentagon&rsquo;s vast network of overseas bases&#8230;<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres mots, l&rsquo;option pr\u00e9sident de guerre est la question d&rsquo;un choix, mais c&rsquo;est aussi la question des moyens de ce choix. Dans la situation actuelle, le Pentagone ne peut fournir les renforts suppl\u00e9mentaires en Afghanistan qu&rsquo;Obama a annonc\u00e9s sans les prendre sur le contingent d\u00e9ploy\u00e9 en Irak; la promesse d&rsquo;Obama d&rsquo;\u00e9carter cette sorte de dilemme strat\u00e9gique en augmentant les forces arm\u00e9es de 95.000 hommes implique des augmentations budg\u00e9taires \u00e0 mesure. Cela signifie que m\u00eame le choix de l&rsquo;option ext\u00e9rieure signifie des ponctions budg\u00e9taires suppl\u00e9mentaires, aux d\u00e9pens de la situation int\u00e9rieure. Plus encore: m\u00eame cette orientation n&rsquo;est pas assur\u00e9e du tout d&rsquo;\u00eatre rencontr\u00e9e, y compris avec ces \u00e9ventuels ponctions budg\u00e9taires suppl\u00e9mentaires. Le Pentagone est dans un tel \u00e9tat qu&rsquo;il n&rsquo;est plus capable,  c&rsquo;est notre avis,  de renforcer ses capacit\u00e9s de mani\u00e8re efficace, m\u00eame avec de l&rsquo;argent suppl\u00e9mentaire qui ne ferait qu&rsquo;aggraver d\u00e9sordre et gaspillage. Plus encore (<em>bis<\/em>) M\u00eame les situations d&rsquo;urgence absolue et de guerre majeure ne sont pas assur\u00e9es d&rsquo;\u00eatre rencontr\u00e9es. Nous avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 qu&rsquo;une \u00e9tude datant de 2007, envisageant le cas extr\u00eame d&rsquo;une attaque terrestre de l&rsquo;Iran, comptait qu&rsquo;il faudrait un peu plus d&rsquo;un million d&rsquo;hommes (ce qui est une comptabilit\u00e9 acceptable, si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re aux m\u00e9thodes US), qu&rsquo;il faudrait alors d\u00e9cider une mobilisation comme dans un \u00e9tat de guerre totale,  et qu&rsquo;il faudrait <strong>quatre ans<\/strong> pour rassembler cette arm\u00e9e d&rsquo;un peu plus d&rsquo;un million d&rsquo;hommes! On imagine le nombre de crises et d&rsquo;effondrements divers que nous aurions entre temps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous mettons en question jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;estimer comme quasiment impraticable, c&rsquo;est l&rsquo;hypoth\u00e8se classique de <em>WSWS.org<\/em> d&rsquo;\u00e9carter les probl\u00e8mes int\u00e9rieurs par une fuite en avant, ou une poursuite de la fuite en avant ext\u00e9rieure (\u00ab<em>Plus encore qu&rsquo;au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, les Etats-Unis chercheront, dans un contexte de turbulence financi\u00e8re et de r\u00e9cession \u00e9conomique, \u00e0 compenser leur d\u00e9clin \u00e9conomique par des moyens militaires<\/em>\u00bb). Il nous appara\u00eet \u00e9vident que les USA sont bien au-del\u00e0 de cette formule, et que le dilemme \u00e9voqu\u00e9 entre deux choix n&rsquo;en est pas un. M\u00eame l&rsquo;option qu&rsquo;on jugerait objectivement optimiste (choix de l&rsquo;action int\u00e9rieure en supprimant l&rsquo;option ext\u00e9rieure, \u00e0 supposer qu&rsquo;une telle politique soit possible, sinon permise) nous para\u00eet ferm\u00e9e \u00e0 double tour; m\u00eame sans le fardeau des aventures du Pentagone, les USA n&rsquo;auraient pas les moyens ni la capacit\u00e9 de se relever On l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs vu lors de la Grande D\u00e9pression, o\u00f9 la v\u00e9ritable solution fut la guerre Et comme le Pentagone ne peut plus aujourd&rsquo;hui faire de guerre efficace Et ainsi de suite, sorte de mouvement perp\u00e9tuel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertainement, l&rsquo;un des points centraux des mois \u00e0 venir, avec la nouvelle administration, sera la situation de cette jointure des deux situations int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, le Pentagone. L&rsquo;hypoth\u00e8se du <em>coming crash<\/em> est \u00e0 envisager s\u00e9rieusement, comme cadeau de bienvenue de la nouvelle administration.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un pr\u00e9sident de guerre? 27 octobre 2008 C&rsquo;est bien connu, le site WSWS.org poursuit Obama d&rsquo;une vindicte farouche. L&rsquo;exp\u00e9rience trotskiste, \u00e9ventuellement l&rsquo;obsession trotskiste, d\u00e9busquent chez le candidat d\u00e9mocrate la vieille tromperie sociale-d\u00e9mocrate (d\u00e8s la situation allemande de 1918-1919) d&rsquo;utilisation par la bourgeoisie de la gauche mod\u00e9r\u00e9e comme instrument trompeur et privil\u00e9gi\u00e9 pour r\u00e9cup\u00e9rer d&rsquo;\u00e9ventuelles pouss\u00e9es&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[5603,1135,7869,5118,6208,3194,7794,5169],"class_list":["post-70302","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-belliciste","tag-cockburn","tag-coming","tag-crash","tag-obama","tag-pentagone","tag-termites","tag-wsws-org"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70302","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70302"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70302\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70302"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70302"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70302"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}