{"id":70344,"date":"2008-11-14T08:50:54","date_gmt":"2008-11-14T08:50:54","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/11\/14\/considerable-bouleversement-discretement-en-cours\/"},"modified":"2008-11-14T08:50:54","modified_gmt":"2008-11-14T08:50:54","slug":"considerable-bouleversement-discretement-en-cours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/11\/14\/considerable-bouleversement-discretement-en-cours\/","title":{"rendered":"Consid\u00e9rable bouleversement discr\u00e8tement en cours"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Consid\u00e9rable bouleversement discr\u00e8tement en cours<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>14 novembre 2008 &mdash; Il devrait suffire de consulter cette r\u00e9ponse du pr\u00e9sident russe Dmitri Medvedev \u00e0 une question, dans l&rsquo;interview du <em>Figaro<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2008\/11\/13\/01003-20081113ARTFIG00293-medvedev-tend-la-main-a-obama-.php\">13 novembre<\/a>, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneurop\u00e9ennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l&rsquo;UE, et plus g\u00e9n\u00e9ralement dans les relations internationales en g\u00e9n\u00e9ral, avec les deux crises successives de G\u00e9orgie (7 ao&ucirc;t 2008) et du syst\u00e8me financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: &laquo;<em>Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous \u00e0 Washington avec des propositions pr\u00e9cises?<\/em>&raquo;, &ndash; et cette question, en v\u00e9rit\u00e9, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l&rsquo;UE, aujourd&rsquo;hui \u00e0 Nice, avant le sommet du G20 \u00e0 Washington&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici la r\u00e9ponse de Medvedev:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9es au pr\u00e9sident Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, \u00e0 la chanceli\u00e8re Merkel, au premier ministre Brown. Ce n&rsquo;est pas un secret, nous partageons la m\u00eame vision de la gen\u00e8se et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le syst\u00e8me financier et le r\u00e9former. Comment minimiser les d\u00e9g\u00e2ts de la crise actuelle ? Comment \u00e9viter la r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;une telle crise ? Nous devons trouver les r\u00e9ponses \u00e0 ces deux questions cl\u00e9s.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>La nouvelle architecture financi\u00e8re mondiale doit \u00eatre en premier lieu plus transparente, plus pr\u00e9visible. Il faut jeter les bases d&rsquo;un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de cr\u00e9dit, un nouveau syst\u00e8me de comptabilit\u00e9, un nouveau syst\u00e8me d&rsquo;assurance du risque. Nous avons propos\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un syst\u00e8me d&rsquo;alerte pr\u00e9alable des risques, qui doit \u00eatre repris \u00e0 leur compte par tous les pays.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nos lecteurs comprendront aussit\u00f4t que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de cette r\u00e9ponse, pour nous, est, plus que dans le contenu des propositions de Medvedev, cette pr\u00e9cision concernant ces m\u00eames propositions, qui nous para&icirc;t essentielle: &laquo;<em>&hellip;je les ai d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9es au pr\u00e9sident Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, \u00e0 la chanceli\u00e8re Merkel, au premier ministre Brown. Ce n&rsquo;est pas un secret, nous partageons la m\u00eame vision de la gen\u00e8se et de la nature de la crise.<\/em>&raquo; Cette id\u00e9e de coop\u00e9ration et de proximit\u00e9 de pens\u00e9e d\u00e9montr\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9 de cette coop\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par le m\u00eame Medvedev hier \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Nice, pour le sommet Russie-UE. Il a estim\u00e9 que la Russie et l&rsquo;Union europ\u00e9enne allaient pouvoir &laquo;<em>parler d&rsquo;une seule voix<\/em>&raquo; au sommet de ce week-end, aux USA, sur la crise financi\u00e8re. (Egalement, cette d\u00e9claration du n&deg;2 du minist\u00e8re russe des affaires \u00e9trang\u00e8res, Alexander Grouchko, parlant \u00e0 la radio <em>Ekho Moskvy<\/em>: &laquo;<em>I think that Russia and the European Union have similar views on essential matters such as market transparency, tighter control and regulation, and the suppression of speculations. It is most important to start a reform of the Bretton Woods system, change the role of the International Monetary Fund (IMF) and bring the financial system in line with the demand of the global economy, which, on one hand, offers vast economic growth opportunities and, on the other hand, is fraught with enormous risks that require a pool of efforts<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 mais dans le m\u00eame sens, bien des signes montrent une coop\u00e9ration renforc\u00e9e du Royaume-Uni avec la France, ce qui doit \u00eatre imp\u00e9rativement plac\u00e9 dans la logique du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_trahison_as_usual_03_11_2008.html\">tournant complet<\/a> op\u00e9r\u00e9 par les Britanniques vis-\u00e0-vis des Russes. (M\u00eame les relations bilat\u00e9rales sont influenc\u00e9es par cette \u00e9volution des relations en g\u00e9n\u00e9ral.). Un diplomate fran\u00e7ais observe, en rappelant que Sarko et Brown se sont vus quatre fois en un peu plus d&rsquo;un mois: &laquo;<em>Le climat de confiance entre les deux hommes est au plus haut, notre relation est aussi positive que possible.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Warwick (Angleterre), Roger Duclaud-Williams, explique de cette fa\u00e7on ce rapprochement: &laquo;<em>Face \u00e0 l&rsquo;ampleur de la crise, le gouvernement de Gordon Brown est pass\u00e9 d&rsquo;une orthodoxie n\u00e9o-lib\u00e9rale \u00e0 une position beaucoup plus interventionniste. En temps normal, les discussions entre la France et la Grande-Bretagne sont difficiles pr\u00e9cis\u00e9ment parce que les gouvernements britanniques ont plus une approche n\u00e9o-lib\u00e9rale et pro-march\u00e9s alors que les gouvernements fran\u00e7ais, au moins en th\u00e9orie, ont une position plus interventionniste, de centre-gauche, que la gauche ou la droite soit au pouvoir<\/em>&raquo;. Fran\u00e7ais et Britanniques s&rsquo;accordent sur l&rsquo;intervention massive de l&rsquo;Etat dans le secteur financier, sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un nouveau Bretton Woods, sur l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;entr\u00e9e des pays \u00e9mergents dans les institutions internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Duclaud-Williams attribue notamment ce rapprochement \u00e0 un certain \u00e9loignement entre Fran\u00e7ais et Allemands, &ndash; ce qui est un mouvement classique des relations europ\u00e9ennes. Par ailleurs et pourtant, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_presidence_tcheque_ou_l_horreur_europeenne__12_11_2008.html\">on sait<\/a> qu&rsquo;Allemands, Anglais et Fran\u00e7ais \u00e9tudient secr\u00e8tement des formules nouvelles de renforcement d&rsquo;une structure capable de susciter une politique europ\u00e9enne plus structur\u00e9e, plus ferme. Les \u00ab\u00a0mouvements classiques des relations europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb subsistent peut-\u00eatre mais, \u00e0 notre sens, ils ne r\u00e8glent plus pour l&rsquo;essentiel les relations internationales en Europe. (Ainsi est-il inutile de voir dans le rapprochement franco-anglais une sorte d'\u00a0\u00bballiance\u00a0\u00bb, temporaire ou pas, selon ces \u00ab\u00a0mouvements classiques\u00a0\u00bb; il faut d&rsquo;abord y voir, bien s&ucirc;r, la pression des crises.) De la m\u00eame fa\u00e7on, le sommet Russie-UE qui a lieu \u00e0 Nice doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 comme une r\u00e9union de travail s\u00e9rieuse, au cours de laquelle on cherche, pour ce qui est des acteurs principaux, \u00e0 \u00e9tablir de nouveaux liens, de nouveaux canaux de coop\u00e9ration, loin des pinaillages acrimonieux, st\u00e9riles et pr\u00e9tentieux sur la d\u00e9mocratie et les droits de l&rsquo;homme qui ont marqu\u00e9 ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es la \u00ab\u00a0politique europ\u00e9enne\u00a0\u00bb vis-\u00e0-vis de la Russie (essentiellement de la Commission europ\u00e9enne, applaudie par l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et le Royaume-Uni style pr\u00e9c\u00e9dent). On passe d&rsquo;une \u00ab\u00a0politique europ\u00e9enne\u00a0\u00bb vis-\u00e0-vis de la Russie, ou plut\u00f4t \u00e0 l&rsquo;encontre de la Russie, dans le chef des acteurs qui comptent, c&rsquo;est-\u00e0-dire les principales nations concern\u00e9es, \u00e0 une politique paneurop\u00e9enne g\u00e9n\u00e9rale dans laquelle la Russie tient un r\u00f4le essentiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les domaines embrass\u00e9s par ces diff\u00e9rents mouvements diplomatiques concernent des questions collectives d\u00e9sormais urgentes, pressantes, si compl\u00e8tement incontr\u00f4lables qu&rsquo;on peut les qualifier d'\u00a0\u00bbeschatologiques\u00a0\u00bb. Une autre perspective europ\u00e9enne importante concerne la s\u00e9curit\u00e9. Elle s&rsquo;\u00e9largit au moment o&ugrave; l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un nouveau pr\u00e9sident US plonge l&rsquo;affaire des anti-missiles BMDE dans une <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-intuitions_polonaises_generalites_moscovites_serieux_doutes_washingtoniens_le_bmde_tremble_13_11_2008.html\">crise<\/a> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_mda_anti-missiles_dont_le_bmde_en_rebellion_soft_mais_ouverte_13_11_2008.html\">profonde<\/a>. Jusqu&rsquo;alors, cette machinerie bureaucratique et de corruption typique du CMI semblait irr\u00e9sistible, comme un artefact autonome et automatique qu&rsquo;on ne peut pr\u00e9tendre stopper, qui paralysait la situation europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9 dans une posture grotesque et artificielle d&rsquo;affrontement; en effet, peut-\u00eatre faut-il employer le pass\u00e9 puisque l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement faiseur d&rsquo;une crise artificielle entre lui-m\u00eame en crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les projets d&rsquo;intervention de l&rsquo;OSCE pour \u00e9tudier une nouvelle architecture europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9, lanc\u00e9s par Sarkozy avec sa proposition d&rsquo;une conf\u00e9rence de l&rsquo;OSCE en 2009, acqui\u00e8rent un corps tr\u00e8s consistant. Les esprits sont ouverts et les id\u00e9es des uns et des autres, quand il y en a, examin\u00e9es avec attention. On observera comme exemplaires et caract\u00e9ristiques les <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/world\/20081111\/118256219.html\">appr\u00e9ciations<\/a> du ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res finlandais Stubb, dont le pays pr\u00e9side l&rsquo;OSCE cette ann\u00e9e, \u00e0 propos du discours de Medvedev du 5 novembre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0Je pense que l&rsquo;on aurait tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 lire ce discours, car il contient, \u00e0 mon avis, beaucoup d&rsquo;id\u00e9es int\u00e9ressantes sur la politique ext\u00e9rieure, la politique int\u00e9rieure et l&rsquo;ordre du jour que le pr\u00e9sident Medvedev cherche \u00e0 promouvoir\u00a0\u00bb,<\/em> [a d\u00e9clar\u00e9 Stubb] <em>mardi \u00e0 Moscou \u00e0 l&rsquo;issue de n\u00e9gociations avec son homologue russe Sergue\u00ef Lavrov. \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9vocation des missiles<\/em> [l&rsquo;implantation possible de missiles <em>Iskander<\/em> dans la r\u00e9gion de Kaliningrad en r\u00e9ponse au d\u00e9ploiement du syst\u00e8me ABM am\u00e9ricain en Europe] <em>n&rsquo;est qu&rsquo;un fragment insignifiant du discours\u00a0\u00bb.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La pression de la crise syst\u00e9mique g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;id\u00e9e n&rsquo;est pas d&rsquo;\u00e9voquer telle ou telle affaire pr\u00e9cis\u00e9ment, telle ou telle crise en particulier, mais d&rsquo;observer l&rsquo;\u00e9volution des relations intra-europ\u00e9ennes (Russie comprise \u00e9videmment), qui ne sont dans ce cas qu&rsquo;un exemple pour l&rsquo;\u00e9volution des relations internationales en g\u00e9n\u00e9ral. (Des indications, avec des premiers contacts pris entre des milieux europ\u00e9ens et des repr\u00e9sentants de la future administration Obama, vont dans le sens qu&rsquo;on d\u00e9veloppe ici. Ainsi, un de ces \u00ab\u00a0\u00e9missaires\u00a0\u00bb pr\u00e9sent \u00e0 Bruxelles ces derniers jours a assur\u00e9 ses interlocuteurs que le but essentiel de la nouvelle \u00e9quipe US vis-\u00e0-vis de la Russie est &laquo;<em>d&rsquo;\u00e9viter \u00e0 tous prix tout risque de conflit et de m\u00e9sentente avec <\/em>[cette puissance]&raquo;.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qu&rsquo;on observe depuis quelques mois et, plus encore, depuis quelques semaines, c&rsquo;est quelque chose qui pourrait \u00eatre d\u00e9crit comme une \u00ab\u00a0pacification\u00a0\u00bb des relations internationales, une volont\u00e9 extr\u00eamement forte des principales nations impliqu\u00e9es dans ces relations de rechercher et de pratiquer une coop\u00e9ration constante sur tous les grands probl\u00e8mes, &ndash; ou, soyons plus pr\u00e9cis et explicites, face \u00e0 toutes les crises qui se d\u00e9veloppent. La n\u00e9cessit\u00e9 pousser \u00e0 l&rsquo;action puis \u00e0 la prise de conscience. &laquo;<em>Les heurts ne manquent pas dans les contacts avec les Russes, <\/em>explique une source europ\u00e9enne,<em> mais ces contacts et ces n\u00e9gociations sont d\u00e9sormais redevenus constants et la volont\u00e9 qui domine absolument est de ne pas permettre de les rompre. C&rsquo;est la r\u00e8gle imp\u00e9rative d\u00e9sormais.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas une seconde: notre jugement n&rsquo;est pas optimiste, il est r\u00e9aliste. Ce jugement porte sur le constat que ces \u00ab\u00a0acteurs essentiels\u00a0\u00bb des relations internationales ont admis la puissance d\u00e9vastatrice, voire <strong>mortelle<\/strong> si l&rsquo;on n&rsquo;y prend garde, de la crise syst\u00e9mique g\u00e9n\u00e9rale qui nous frappe (la \u00ab\u00a0crise syst\u00e9mique g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb, qui rassemble toutes les crises dans un mouvement g\u00e9n\u00e9ral de bouleversement). La n\u00e9cessit\u00e9 s&rsquo;impose de coop\u00e9rer devant cette pression, ce danger universel. R\u00e9p\u00e9tons-le, la globalisation est une r\u00e9ussite sans pr\u00e9c\u00e9dent et au-del\u00e0 de toute attente au niveau des crises, et la r\u00e9ponse n&rsquo;est pas dans la globalisation qui n&rsquo;existe pas dans les autres domaines mais dans la coop\u00e9ration entre des \u00ab\u00a0acteurs essentiels\u00a0\u00bb qui sont, au contraire des principes de la globalisation, bien identifi\u00e9s en tant que tels. Bien entendu, ces \u00ab\u00a0acteurs essentiels\u00a0\u00bb sont et ne peuvent \u00eatre que les nations principales. C&rsquo;est le cas pr\u00e9cis\u00e9ment en Europe, qui est l&rsquo;arch\u00e9type de cette situation, o&ugrave; la tentative de \u00ab\u00a0globalisation r\u00e9gionale\u00a0\u00bb qu&rsquo;est le projet europ\u00e9en dans sa forme initiale se transforme en une r\u00e9affirmation des nations. L\u00e0 aussi, et quoi qu&rsquo;on puisse en penser et qui se devine ais\u00e9ment, notre propos est pour ce cas pr\u00e9cis\u00e9ment enti\u00e8rement celui du r\u00e9alisme, voire du constat, et nullement d&rsquo;un quelconque sentiment partisan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les institutions internationales continuent au mieux \u00e0 tenir le r\u00f4le secondaire o&ugrave; on les voit cantonn\u00e9es depuis le d\u00e9but de la crise, s&rsquo;enfon\u00e7ant dans la paralysie que leur impose le dogme sur lequel elles ont \u00e9t\u00e9 b\u00e2ties. Ce dogme \u00e9tait leur seule l\u00e9gitimit\u00e9. Ce dogme est mis en pi\u00e8ces par les crises. Ces institutions n&rsquo;ont plus aucune l\u00e9gitimit\u00e9. Les \u00ab\u00a0acteurs essentiels\u00a0\u00bb sont les nations car elles seules disposent, tant bien que mal, de la seule arme efficace dans cette bataille, arme qui les rassemble, qui est la l\u00e9gitimit\u00e9 (l\u00e9gitimit\u00e9 dont disposent leurs dirigeants, vaille que vaille). Tant que les gouvernements des nations s&rsquo;appuyaient sur ce m\u00eame dogme dont l&rsquo;\u00e9chec paralyse d\u00e9sormais les institutions internationales, ils voyaient leur l\u00e9gitimit\u00e9 dramatiquement mise en question. Aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;ils se battent, en coop\u00e9rant, pour d\u00e9fendre ce qui peut l&rsquo;\u00eatre dans les structures nationales dont ils ont la responsabilit\u00e9, ils retrouvent ce qui peut \u00eatre retrouv\u00e9 de leur l\u00e9gitimit\u00e9. Ce qui compte d&rsquo;abord aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est la l\u00e9gitimit\u00e9; la puissance tend \u00e0 c\u00e9der la place exclusive qu&rsquo;elle tenait dans les relations internationales ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Europe est particuli\u00e8rement en pointe dans cette transformation, au travers de la transformation ultra-rapide, actuellement en cours, des relations entre les \u00ab\u00a0acteurs essentiels\u00a0\u00bb de l&rsquo;UE et la Russie. La situation ridiculise absolument cette \u00e9valuation des proclamations de la fin ao&ucirc;t 2008 sur l'\u00a0\u00bbisolement de la Russie\u00a0\u00bb (crise g\u00e9orgienne), &ndash; il y a seulement trois mois! &ndash; comme celle d&rsquo;une \u00e9poque ant\u00e9diluvienne. Il y a une dynamique historique en marche qui nous para&icirc;t irr\u00e9sistible. Les USA d&rsquo;Obama, avec quelque retard, devraient chercher \u00e0 suivre, &ndash; cela, au lieu de l&rsquo;analyse convenue d&rsquo;un monde dans l&rsquo;attente d&rsquo;un \u00ab\u00a0<em>leadership<\/em> restaur\u00e9\u00a0\u00bb des USA, antienne d&rsquo;une autre \u00e9poque, d\u00e9pass\u00e9e et obsol\u00e8te. (&laquo;<em>Dans cette bulle<\/em> [d&rsquo;] <em>\u00ab\u00a0obamania\u00a0\u00bb, il y a quelque part en creux l&rsquo;attente d&rsquo;un leadership am\u00e9ricain mais, cette fois, \u00e9clair\u00e9, bon et \u00e9clair\u00e9<\/em>&raquo;; cette analyse \u00e9mouvante de Pierre Lellouche \u00e0 <em>France 24<\/em> le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.france24.com\/fr\/20081107-talk-paris-bill-bradley-pierre-lellouche-revolution-obama-2\">7 novembre 2008<\/a>, aurait sans aucun doute eu son petit succ\u00e8s en 1981, par exemple.) On n&rsquo;a certainement jamais vu autant d&rsquo;activit\u00e9 diplomatique de coop\u00e9ration et de transformation qu&rsquo;en cette p\u00e9riode d&rsquo;une transition si importante aux USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec les USA absents, &ndash; Bush inexistant, Obama pas encore install\u00e9. L&rsquo;activit\u00e9 diplomatique intense en cours montre que le monde n&rsquo;est nullement en attente d&rsquo;une \u00ab\u00a0restauration\u00a0\u00bb du <em>leadership<\/em> US pour recommencer \u00e0 fonctionner, mais qu&rsquo;il fonctionne effectivement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deux choses peuvent \u00eatre avanc\u00e9es comme conclusion de ce qui est le simple constat de la situation en plein changement des relations internationales:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans cette nouvelle phase des relations internationales qui s&rsquo;ouvre et s&rsquo;installe \u00e0 une tr\u00e8s grande vitesse, et qui voit un retour de la r\u00e9affirmation des nations par la simple \u00e9vidence des moyens disponibles et de la l\u00e9gitimit\u00e9 n\u00e9cessaire, l&rsquo;Europe est en tr\u00e8s bonne situation, &ndash; non pour triompher (que signifie ce terme d\u00e9sormais?) mais pour tenir sa place dans la dynamique qui s&rsquo;installe. Elle est au c&oelig;ur de cette \u00e9volution qui est celle d&rsquo;une multipolarit\u00e9 n\u00e9cessaire des \u00ab\u00a0acteurs essentiels\u00a0\u00bb, \u00e0 cause de la n\u00e9cessit\u00e9 de la coop\u00e9ration face aux crises dont on mesure aujourd&rsquo;hui la puissance et la pression. Cela pose \u00e0 l&rsquo;Europe un certain nombre de probl\u00e8mes urgents, avec des proc\u00e9dures dont l&rsquo;archa\u00efsme et l&rsquo;inad\u00e9quation sont consid\u00e9rables. La perspective d&rsquo;une <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_presidence_tcheque_ou_l_horreur_europeenne__12_11_2008.html\">pr\u00e9sidence tch\u00e8que<\/a> de l&rsquo;UE illustre la chose. Des solutions devront \u00eatre trouv\u00e9es pour changer cette situation ou pour la tourner. La situation g\u00e9n\u00e9rale l&rsquo;exige.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Quel est l&rsquo;enjeu de cette transformation? Est-ce de restaurer l&rsquo;ancien syst\u00e8me en crise? Poser cette question, c&rsquo;est y r\u00e9pondre. Il n&rsquo;y a gu\u00e8re que Bush pour plaider d&rsquo;une fa\u00e7on presque paradoxale, dans tous les cas virtualiste selon ses habitudes, que la crise actuelle serait presque un brevet de vertu du syst\u00e8me. La d\u00e9claration du pr\u00e9sident US, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.france24.com\/fr\/20081113-economie-crise-financiere-etats-unis-bush-discours-g20&#038;navi=MONDE\">hier<\/a>, ressemble effectivement \u00e0 l&rsquo;\u00e9trange affirmation selon laquelle la crise du syst\u00e8me aurait d\u00e9montr\u00e9 la validit\u00e9 du syst\u00e8me; mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9marche typique de Bush, \u00e0 l&rsquo;heure o&ugrave; son secr\u00e9taire au tr\u00e9sor change compl\u00e8tement l&rsquo;orientation de son \u00ab\u00a0plan d&rsquo;urgence\u00a0\u00bb de $700 milliards pour en faire un instrument d&rsquo;intervention du gouvernement dans le syst\u00e8me bancaire. L&rsquo;enjeu de cette transformation des relations internationales est difficile \u00e0 d\u00e9terminer par d\u00e9finition, puisque cette transformation se fait sous la pression d&rsquo;une situation de rupture du syst\u00e8me dont l&rsquo;alternative est, par d\u00e9finition \u00e9galement, inconnue. Cette situation permet, par contre, de ressentir avec d&rsquo;autant plus de forces la pression des autres crises syst\u00e9miques, ou plut\u00f4t des autres aspects de la crise syst\u00e9mique g\u00e9n\u00e9rale (\u00e9nergie, climat, etc.), ce qui devrait encore acc\u00e9l\u00e9rer le changement en cours des relations internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est d\u00e9cid\u00e9ment difficile de penser, \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre GW Bush, que l&rsquo;\u00e9branlement qui met \u00e0 jour les tares \u00e9pouvantables du syst\u00e8me en place et force \u00e0 un remodelage du fonctionnement des relations internationales conduise \u00e0 la restauration enthousiaste et en l&rsquo;\u00e9tat de ce syst\u00e8me par les acteurs de ces relations internationales. La crise, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Histoire, ne permet pas cela; c&rsquo;est elle, &ndash; la crise, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Histoire, &ndash; qui m\u00e8ne le bal.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Consid\u00e9rable bouleversement discr\u00e8tement en cours 14 novembre 2008 &mdash; Il devrait suffire de consulter cette r\u00e9ponse du pr\u00e9sident russe Dmitri Medvedev \u00e0 une question, dans l&rsquo;interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneurop\u00e9ennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l&rsquo;UE, et plus g\u00e9n\u00e9ralement dans les&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4038,3228,7909,7907,7910,7908,4590,6277,2609],"class_list":["post-70344","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-brown","tag-crise","tag-internationales","tag-medevedev","tag-nice","tag-relatins","tag-sarkozy","tag-systemique","tag-ue"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70344"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70344\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}