{"id":70388,"date":"2008-12-08T07:02:26","date_gmt":"2008-12-08T07:02:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/08\/la-foi-vacille\/"},"modified":"2008-12-08T07:02:26","modified_gmt":"2008-12-08T07:02:26","slug":"la-foi-vacille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/08\/la-foi-vacille\/","title":{"rendered":"La foi vacille"},"content":{"rendered":"<p><p>Nous promenant dans les diverses pages que nous offre le <em>Web<\/em>, nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s \u00e0 un commentaire de Guy Damman dans <em>The Observer<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2008\/dec\/07\/free-market-morality\" class=\"gen\">7 d\u00e9cembre<\/a>, o\u00f9 le chroniqueur faisait rapport d&rsquo;un s\u00e9minaire organis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Institute of Directors, v\u00e9n\u00e9rable et discret organisme de l&rsquo;<em>establishment<\/em> londonien. On y d\u00e9battait d&rsquo;une grande question, celle de savoir si le march\u00e9 libre corrompt le caract\u00e8re de la moralit\u00e9. Damman signale \u00e9galement un acc\u00e8s au site <em>The John Templeton Foundation<\/em>, organisatrice de la r\u00e9union, qui <a href=\"http:\/\/www.templeton.org\/market\/\" class=\"gen\">enqu\u00eate<\/a> aupr\u00e8s de contributeurs prestigieux sur cette <em>Big Question<\/em>,  \u00ab<em>Does the free market corrode moral character?<\/em>\u00bb. (La Fondation Tampleton, du nom de <a href=\"http:\/\/www.templeton.org\/newsroom\/press_releases\/sir_john_templeton\/\" class=\"gen\">Sir John Tampleton<\/a>, pr\u00e9sentant le cas rarissime d&rsquo;un investisseur de Wall Street devenu milliardaire et philanthrope \u00e0 la mani\u00e8re US, citoyen US bien entendu, choisissant la naturalisation britannique et d\u00e9veloppant ses uvres de philanthropie en faveur de la science et du march\u00e9 au Royaume-Uni.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDamman entendit \u00e0 ce s\u00e9minaire tr\u00e8s chic trois intervenants. Parmi eux, on trouve l&rsquo;in\u00e9vitable BHL, auquel Damman consacre quelques commentaires. Sur le lien Templeton, on peut retrouver notre BHL, y compris sur une vid\u00e9o, nous parlant en excellent anglais germanopratin, disant des choses parfois surprenantes, entre un gargouillis o\u00f9 il tente de rester dans la norme courante en affirmant que le march\u00e9 libre garde toutes ses vertus, et des d\u00e9clarations soudainement incendiaires o\u00f9 il d\u00e9crit les USA comme un pays au bord de l&rsquo;effondrement \u00e0 cause de son inextinguible rapacit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici la pr\u00e9sentation de la chose (le s\u00e9minaire et les trois intervenants) et les remarques consacr\u00e9es \u00e0 notre BHL. (Remarquable observation de Dammann sur BHL, et sur les Fran\u00e7ais en g\u00e9n\u00e9ral, demandant continuellement \u00e0 son auditoire anglophone d&rsquo;excuser son pitoyable anglais. Les Anglais, ou encore les Britanniques, experts en f\u00e9lonie dissimul\u00e9e et continuellement en guerre avec leurs voisins d&rsquo;outre-Manche, ont toujours pens\u00e9 que les Fran\u00e7ais, de Jeanne d&rsquo;Arc \u00e0 de Gaulle et \u00e0 BHL, font semblant, depuis des si\u00e8cles, de mal parler anglais pour mieux rester sur leur quant-\u00e0-soi et pr\u00e9parer leurs coups en vache. C&rsquo;est leur pr\u00eater beaucoup, aux Fran\u00e7ais.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Does the free market corrode moral character? This was the topic of a panel discussion in the palatial Pall Mall headquarters of the Institute of Directors last Wednesday. Answering the question were the libertarian (broadly speaking) Indian economist Jagdish Bhagwati, the French philosopher Bernard-Henri L\u00e9vy, darling of the champagne-drinking left, and John Gray, to whom I don&rsquo;t think the word \u00ab\u00a0darling\u00a0\u00bb could be stretched to apply, but who was none the less once the object of Lady Thatcher&rsquo;s political affections, and, more recently, of those of fellow curmudgeon Will Self.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In the event, no one really said yes, and no one really said no<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L\u00e9vy, a beautiful and beautifully spoken man who continually apologises for his broken English (usually a clear indicator of conscious strategy), argued that the free market hadn&rsquo;t corrupted man so much as the reverse. Markets should be regulated, in other words, not because the free market principle is in any way morally defunct (it is certainly preferable to any of the other socio-economic models humanity has witnessed) but because the ability of the super-greedy super-rich to subvert the principle to their own ends had to be curbed by the powers that be, or at least by the powers that should be.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>As for L\u00e9vy, the fine analysis I&rsquo;m sure he could have offered was passed over for a play of sophism. To say that it is we who corrupt the free market, while admitting that in virtue of this the free market has become the principle vehicle through which we become morally corrupted, is simply to blame a bad chicken for laying a bad egg.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tN&rsquo;y tenant plus, Dammann termine en nous ass\u00e9nant son propre avis. Lui, au moins, au contraire du courant des intervenants, ne prend pas de gants. Il nous dit que la ruse v\u00e9ritablement diabolique du march\u00e9 libre est qu&rsquo;une fois qu&rsquo;on s&rsquo;y trouve, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;alternative; et que, par ailleurs, c&rsquo;est un syst\u00e8me qui tue la notion de bien et de mal, donc qui pulv\u00e9rise le caract\u00e8re moral bien plus que de le corroder, et qu&rsquo;au bout du compte ce syst\u00e8me est cette chose, ce Faust r\u00e9duit aux acqu\u00eats de la rapacit\u00e9, \u00e0 laquelle l&rsquo;humanit\u00e9 a sold\u00e9 son \u00e2me (libre concurrence oblige, pour complaire \u00e0 Juan Manuel Barroso).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In this sense, as a system, it is not simply morally corrupt; it is the principal agent through which distinctions between good and bad have become voided of meaning. The consequent progressive, rampant commodification of the entire sphere of human desire, subjecting to a principle of exchange everything from birth, sex and death, has left us with a subjectivity no longer able to comprehend any alternative to the market. The very concept of the individual &#8211; which though it may be a convenient fiction, is none the less that without which the notions of morality and human value are completely empty  has had its assets summarily stripped, broken up and repackaged. In the free market, mankind has short-sold its soul.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObservons la duret\u00e9 des jugements, implicite chez l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, explicite chez Dammann. Un coup d&rsquo;il sur le site de la Fondation Templeton, o\u00f9, \u00e0 ce moment o\u00f9 nous \u00e9crivons, 12 personnalit\u00e9s prestigieuses (dont BHL, <em>of course<\/em>), toutes plus ou moins <em>economically correct<\/em> avec des nuances, donnent leurs positions sur la  <em>Big Question<\/em>. A notre surprise, les r\u00e9sultats, tels qu&rsquo;on peut les appr\u00e9cier, sont fortement diversifi\u00e9s: 4 des personnalit\u00e9s disent non, le march\u00e9 ne corrode pas le caract\u00e8re moral, 5 (<em>included<\/em> BHL) disent peut-\u00eatre bien que oui, peut-\u00eatre bien que non, 3 disent oui, le march\u00e9 corrode le caract\u00e8re moral. Quand on sait combien la religion du libre \u00e9change a besoin d&rsquo;\u00eatre soutenu par la morale puritaine, ce r\u00e9sultat est remarquable. Nous n&rsquo;en avons pas la preuve mais il nous semble raisonnable de penser qu&rsquo;un tel r\u00e9sultat eut \u00e9t\u00e9 impensable il y a seulement un an, voire seulement 6 mois, et qu&rsquo;il eut \u00e9t\u00e9 probablement impensable, dans cette sorte de milieu de l&rsquo;<em>establishment<\/em> transatlantique et n\u00e9o-lib\u00e9ral,  \u00e0 n&rsquo;importe quel moment depuis que ce courant de pens\u00e9e domine (au moins depuis 1945). La question elle-m\u00eame est remarquable, car elle suppose qu&rsquo;un institut qui est parfaitement ins\u00e9r\u00e9 dans le syst\u00e8me et qui est comptable de la religion qui tient ce syst\u00e8me trouve tout \u00e0 fait justifi\u00e9 d&rsquo;interroger les plus brillants de ses clercs sur la validit\u00e9 fondamentale de cette religion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe n&rsquo;est pas une enqu\u00eate statistique, ce qui est aussi bien lorsqu&rsquo;on sait combien les enqu\u00eates statistiques donnent de certitudes qui s&rsquo;av\u00e8rent souvent avoir \u00e9t\u00e9 trop vite pos\u00e9es lorsqu&rsquo;elles sont d\u00e9menties par les faits. Nous tiendrons donc ces observations comme une indication empirique, mais comme n\u00e9anmoins significative. Il appara\u00eet alors tr\u00e8s significatif de constater combien, dans ces milieux infiniment <em>correct<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire conformistes, particuli\u00e8rement devant le saint du saint qu&rsquo;est la doctrine \u00e9conomique et id\u00e9ologique des march\u00e9s, effectivement le doute est grand aujourd&rsquo;hui. Les certitudes tressaillent et la foi vacille.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 8 d\u00e9cembre 2008 \u00e0 07H09<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous promenant dans les diverses pages que nous offre le Web, nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s \u00e0 un commentaire de Guy Damman dans The Observer, le 7 d\u00e9cembre, o\u00f9 le chroniqueur faisait rapport d&rsquo;un s\u00e9minaire organis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Institute of Directors, v\u00e9n\u00e9rable et discret organisme de l&rsquo;establishment londonien. 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