{"id":70410,"date":"2008-12-18T06:50:32","date_gmt":"2008-12-18T06:50:32","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/18\/leurope-des-nations-pianissimo-fortissimo\/"},"modified":"2008-12-18T06:50:32","modified_gmt":"2008-12-18T06:50:32","slug":"leurope-des-nations-pianissimo-fortissimo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/18\/leurope-des-nations-pianissimo-fortissimo\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u201cEurope des nations\u201d, \u2013 <em>pianissimo<\/em>, <em>fortissimo<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Europe des nations,  <em>pianissimo<\/em>, <em>fortissimo<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t18 d\u00e9cembre 2008  Le probl\u00e8me que Sarkozy pose aux \u00e9chotiers, c&rsquo;est sans doute qu&rsquo;il n&rsquo;a pas vraiment l&rsquo;air de se rendre compte de la port\u00e9e de ce qu&rsquo;il dit, m\u00eame s&rsquo;il le dit approximativement (ou parce qu&rsquo;il le dit approximativement),  et c&rsquo;est, peut-\u00eatre, qu&rsquo;il ne s&rsquo;en rend pas vraiment compte lui-m\u00eame. Quoi qu&rsquo;il en soit, continuons<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9, un Sarko devant le Parlement europ\u00e9en le 16 d\u00e9cembre, une fin de pr\u00e9sidence dans l&rsquo;enthousiasme, un succ\u00e8s consid\u00e9rable, avec applaudissements, concert de louange, pour un discours et des d\u00e9clarations de-ci de-l\u00e0 qui disent aux europarlementaires qu&rsquo;ils applaudissent le contraire de ce qu&rsquo;ils sont accoutum\u00e9s \u00e0 penser. Il faut remarquer qu&rsquo;on ne pouvait refuser ces applaudissements puisque Sarko a fait marcher l&rsquo;Europe dans les deux grandes crises de sa pr\u00e9sidence, au pas cadenc\u00e9 et \u00e0 tr\u00e8s haute visibilit\u00e9, au son d&rsquo;une chanson qui dit <em>forte<\/em>, voire <em>fortissimo<\/em>, que rien n&rsquo;importe plus que les nations et leurs Etats. Donc, pr\u00e9sidence tr\u00e8s r\u00e9ussie et tr\u00e8s applaudie, r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la gloire de l&rsquo;Europe des nations, \u00e0 laquelle 90% \u00e0 95% des parlementaires europ\u00e9ens sont visc\u00e9ralement et confortablement oppos\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9dito du <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/opinions\/article\/2008\/12\/17\/m-sarkozy-et-l-europe_1132135_3232.html\" class=\"gen\">17 d\u00e9cembre<\/a> du <em>Monde<\/em> est tr\u00e8s caract\u00e9ristique \u00e0 cet \u00e9gard, sachant le peu d&rsquo;estime qu&rsquo;on porte, au <em>Monde<\/em> et dans les salons, \u00e0 un th\u00e8me aussi horripilant et relaps que l&rsquo;Europe des nations. Il pratique, mi-figue mi-raisin, ce qui est presque une comptabilit\u00e9 des motifs d&rsquo;applaudissements, des \u00e9tapes du succ\u00e8s, et il se garde bien d&rsquo;en faire une analyse ou d&rsquo;en tirer une conclusion. Il est aga\u00e7ant de devoir dire qu&rsquo;une pr\u00e9sidence europ\u00e9enne a \u00e9t\u00e9 un grand succ\u00e8s \u00e0 cause de la r\u00e9affirmation tonitruante des nations. La vertu d&rsquo;objectivit\u00e9 est parfois arrangeante, qui permet de ne pas s&rsquo;engager sur l&rsquo;analyse du fond de la chose et de pr\u00e9tendre s&rsquo;en tenir aux faits.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quents, allons plus aux faits, aux vrais. Voici, dans le texte <a href=\"http:\/\/www.elysee.fr\/documents\/index.php?mode=cview&#038;cat_id=7&#038;press_id=2135&#12296;=fr\" class=\"gen\">officiel<\/a> du discours tel qu&rsquo;il fut dit devant le Parlement, parfois dans un fran\u00e7ais approximatif, ou disons un fran\u00e7ais plus soi disant efficace que grandiose, le passage sp\u00e9cifique concernant le r\u00f4le des nations:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Enfin, je voudrais remercier les chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement et, Mesdames et Messieurs, on ne construira pas l&rsquo;Europe contre les \u00e9tats. C&rsquo;est une \u00e9vidence, aussi europ\u00e9ens que vous le soyez, l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas l&rsquo;ennemie des nations et les nations ne sont pas les ennemies de l&rsquo;Europe. Je vais vous dire une chose, c&rsquo;est que si nous n&rsquo;avions pas cherch\u00e9 \u00e0 comprendre les probl\u00e8mes de chaque gouvernement d\u00e9mocratique, on n&rsquo;y serait pas arriv\u00e9. Vouloir passer par-dessus la t\u00eate de ceux qui sont \u00e9lus dans leur pays c&rsquo;est une erreur. Cela ne s&rsquo;appelle pas un id\u00e9al europ\u00e9en, cela s&rsquo;appelle un int\u00e9grisme et les int\u00e9grismes, je les ai toujours combattus dans ma vie. M\u00eame l&rsquo;int\u00e9grisme europ\u00e9en, parce que dans l&rsquo;int\u00e9grisme europ\u00e9en, j&rsquo;oublie le mot Europe et j&rsquo;entends le mot int\u00e9grisme et jamais l&rsquo;int\u00e9grisme n&rsquo;est de bon conseil. Vouloir construire l&rsquo;Europe contre les nations serait une erreur historique. Chaque chef de gouvernement a pris ses responsabilit\u00e9s, chaque nation les a assum\u00e9es. <\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre \u00e9l\u00e9ment du dossier, un extrait d&rsquo;un article du <em>Figaro<\/em> du m\u00eame  <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2008\/12\/17\/01003-20081217ARTFIG00055-sarkozy-veut-garder-un-il-vigilant-sur-l-europe-.php\" class=\"gen\">17 d\u00e9cembre<\/a>, avec diverses d\u00e9clarations de Sarkozy, sans doute lors de la conf\u00e9rence de presse suivant le discours ou \u00e0 d&rsquo;autres occasions. Certaines sont plus pr\u00e9cises, avec mode d&#8217;emploi sur l&rsquo;Europe des nations, ici, maintenant et en g\u00e9n\u00e9ral (coup d&rsquo;il vigilant et contraignant par avance de la France sur la pr\u00e9sidence tch\u00e8que qui suit, n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;Etats forts pour une Europe forte, tous les Etats de l&rsquo;Europe ont les m\u00eames droits mais les plus grands ont plus de responsabilit\u00e9s,  ce qui vaut bien une d\u00e9finition <em>soft<\/em> du fameux constat selon lequel certains sont un peu plus \u00e9gaux que les autres).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>L&rsquo;union europ\u00e9enne voit s&rsquo;effacer la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise, mais elle devra encore compter avec Nicolas Sarkozy. \u00c0 quinze jours de c\u00e9der la barre \u00e0 des Tch\u00e8ques r\u00e9put\u00e9s plus ti\u00e8des, le chef de l&rsquo;\u00c9tat a clairement signal\u00e9 mardi qu&rsquo;il gardera un il vigilant sur l&rsquo;Europe et sur son pilotage par gros temps. L&rsquo;inqui\u00e9tude du pr\u00e9sident va d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie puisque l&rsquo;Europe entre dans une crise tr\u00e8s grave. Un premier plan de relance \u00e0 peine mis en uvre, il en esquisse d\u00e9j\u00e0 un second: Peut-\u00eatre faudra-t-il faire autre chose, l\u00e2che-t-il. Pour l&rsquo;avenir, il pousse encore son projet de r\u00e9unir plus souvent les dirigeants des pays de l&rsquo;euro. D&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, il faudra que nous prenions l&rsquo;habitude de parler d&rsquo;\u00e9conomie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La certitude du m\u00eame coup s&rsquo;impose: en quittant la pr\u00e9sidence de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, Nicolas Sarkozy ne se sent astreint \u00e0 aucun devoir de r\u00e9serve. La France restera un tr\u00e8s grand pays en Europe <\/em>[]<em> Je prendrai des initiatives. Devant le Parlement de Strasbourg, le chef de l&rsquo;\u00c9tat pr\u00e9sentait mardi un bilan salu\u00e9 de droite \u00e0 gauche pour ses succ\u00e8s. J&rsquo;ai essay\u00e9 de bouger l&rsquo;Europe, mais l&rsquo;Europe m&rsquo;a aussi chang\u00e9, reconna\u00eet-il sous les applaudissements des d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Sur le fond, le succ\u00e8s du semestre fran\u00e7ais r\u00e9pond \u00e0 la vision europ\u00e9enne d\u00e9fendue par Nicolas Sarkozy, comme par ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs : L&rsquo;Europe, pour \u00eatre forte, doit s&rsquo;appuyer sur des \u00c9tats forts, explique-t-il. C&rsquo;est quand m\u00eame aux grands pays qu&rsquo;il revient d&rsquo;entra\u00eener les petits! Non pas qu&rsquo;ils aient plus de droits. Mais ils ont simplement de plus lourdes responsabilit\u00e9s.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, voici les choses au net. Elmisa Vucheva, dans <em>The EUObserver<\/em> du <a href=\"http:\/\/euobserver.com\/9\/27307\/?rk=1\" class=\"gen\">17 d\u00e9cembre<\/a>, traduit le plus nettement et le plus clairement possible l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de l&rsquo;intervention au Parlement europ\u00e9en, sans s&rsquo;attarder aux susceptibilit\u00e9s et aux discr\u00e9tions du politiquement correct. Il y a  d&rsquo;abord son titre qui sent le souffre gaulliste: Sarkozy plaide pour l&rsquo;Europe des nations (\u00ab<em>Sarkozy pleads for Europe of nations<\/em>\u00bb); puis les observations tranch\u00e9es qui structurent son texte, qu&rsquo;on retrouve du texte du <em>Figaro<\/em> mais bien et justement renforc\u00e9es par les interpr\u00e9tations qui conviennent:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Outgoing EU president Nicolas Sarkozy on Tuesday<\/em> (16 December) <em>pleaded for a Europe built on strong states as opposed to a federal Europe, arguing that all countries within the EU had the same rights, but maybe not the same responsibilities.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We shall not build Europe without the<\/em> [nation] <em>states. As European as you may be, Europe is not the enemy of nations, Mr Sarkozy told MEPs gathered for a plenary session in Strasbourg. Wanting to pass above the heads of those who have been elected in their countries, it is not a mistake, it is a fundamentalism Wanting to build Europe against the<\/em> [sovereignty of] <em>nations would be a historical mistake, he said in a speech presenting the outcomes of France&rsquo;s six months at the EU helm.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A strong Europe cannot be built on weak states, Mr Sarkozy stressed. Europe is strong when it leans on strong and responsible states The mistake is to believe that we need weak states to build a strong Europe, he told MEPs.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In addition, and in order to have a more political Europe, it should also be made clear that all EU member states enjoy the same rights. The big<\/em> [EU] <em>countries do not have greater rights than the smaller ones,\u00a0\u00bb he said, adding: but perhaps<\/em> [they have] <em>more responsibilities.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, pendant cette journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9e une feuille de route de l&rsquo;Europe des nations, devant un public enthousiasme, peut-\u00eatre par inadvertance, peut-\u00eatre parce que, apr\u00e8s tout, comme on disait que Paris vaut bien une messe,  un public id\u00e9ologiquement ennemie de l&rsquo;Europe des nations, applaudissant la feuille de route de l&rsquo;Europe des nations. Les plus amus\u00e9s devaient \u00eatre sans doute les soutiens apparemment paradoxaux du pr\u00e9sident Sarko (<em>Le Monde<\/em> : \u00ab<em>Le pr\u00e9sident du groupe communiste, Francis Wurtz, va jusqu&rsquo;\u00e0 vanter les m\u00e9thodes iconoclastes du chef de l&rsquo;Etat qui ont favoris\u00e9 une approche plus politique de la pr\u00e9sidence europ\u00e9enne<\/em>\u00bb). Ainsi se d\u00e9roula, sans en avoir l&rsquo;air, une sorte de journ\u00e9e des dupes qui est quelque chose de tr\u00e8s r\u00e9confortant dans le domaine de la manipulation, sans doute involontaire, en r\u00e9duisant \u00e0 un peu de poussi\u00e8res \u00e0 peine g\u00eanantes les grandes et molles tirades id\u00e9ologiques des partisans de l&rsquo;Europe du type conformiste, d\u00e9mocratique, institutionnelle, vertueuses, droitdel&rsquo;hommiste, moralisantes et de bonne gouvernance, et ainsi de suite. (Un document comique \u00e0 cet \u00e9gard, de type comique involontaire pour une fois, doit \u00eatre trouv\u00e9 au niveau des r\u00e9ponses <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/web\/chat\/0,46-0@2-3214,55-1131686@51-1057332,0.html\" class=\"gen\">variables<\/a>, dans un <em>chat<\/em> du <em>Monde<\/em>, de l&rsquo;ex-Dany le rouge reconverti en Daniel Cohn-Bendit, bien oblig\u00e9 d&rsquo;applaudir mod\u00e9r\u00e9ment mais assez fort \u00e0 cette affirmation de l&rsquo;Europe qu&rsquo;est la pr\u00e9sidence de Sarkozy, mais se doutant de quelque chose, r\u00e9pondant toutes en nuances contraintes, gainsbouriennes, type Je t&rsquo;aime moi non plus).<\/p>\n<h3>La puissance de la l\u00e9gitimit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPersonnage \u00e9pisodique, tout en outrances dont certaines contestables, Sarko n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement un cadeau. (Remarque qui vaut plus que pour la rime.) Mais le fait est qu&rsquo;il est encore moins un cadeau pour ceux qui se croyaient ses amis, qui se r\u00e9jouissaient d&rsquo;avoir trouv\u00e9 un <em>people<\/em> utile, version postmoderne de l&rsquo;idiot utile, \u00e0 mettre en lieu et place des insupportables badernes post- et pseudo-gaullistes qui l&rsquo;avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais on ne peut pas se d\u00e9juger. Sarkozy a men\u00e9 tambours battants une pr\u00e9sidence europ\u00e9enne \u00e9trangement favoris\u00e9e par les crises, en proclamant plus haut que jamais sa foi europ\u00e9enne et en intervenant sans vergogne en tant que pr\u00e9sident d&rsquo;une nation qui cultive sa sp\u00e9cificit\u00e9 dite exceptionnelle, souvent au m\u00e9pris des r\u00e8gles communautaires, en \u00e9touffant compl\u00e8tement la Commission qui s&rsquo;est bien arrang\u00e9e, avec un naturel distrait dirait-on, de la chose. Sarko est intervenu avec une alacrit\u00e9 extr\u00eame, une \u00e9nergie sans aucun frein, avec un sens tactique incontestable, une capacit\u00e9 assez rare d&rsquo;imposer un \u00e9v\u00e9nement, un courant d&rsquo;action, tous ces caract\u00e8res qui constituent sans aucun ses qualit\u00e9s \u00e9videntes et naturelles. Mais il n&rsquo;a pu faire ce qu&rsquo;il a fait, avec l&rsquo;efficacit\u00e9 qu&rsquo;il a montr\u00e9e, que parce qu&rsquo;il s&rsquo;appuyait sur quelque chose d&rsquo;une tr\u00e8s grande puissance, et qui le d\u00e9passe en l&rsquo;occurrence, comme cela est naturel et par d\u00e9finition m\u00eame: sa l\u00e9gitimit\u00e9 de pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d&rsquo;une nation dont la puissance et la souverainet\u00e9, dans le concert europ\u00e9en, sont incontestables quels que soient les commentaires acides du <em>Financial Times<\/em> et de l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em>. C&rsquo;est ce qui appara\u00eet dans ce passage du discours, indirectement et presque involontairement, dans le jargon postmoderne qui est sans beaucoup de substance parce qu&rsquo;il sacrifie aux seules n\u00e9cessit\u00e9s de l&rsquo;apparence du moment, mais exprimant cette fois, d&rsquo;une fa\u00e7on involontaire r\u00e9p\u00e9tons-le, la seule chose qui garde une substance puissante, et qui est la l\u00e9gitimit\u00e9: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab[O]<em>n ne construira pas l&rsquo;Europe contre les Etats. C&rsquo;est une \u00e9vidence, aussi europ\u00e9ens que vous le soyez, l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas l&rsquo;ennemie des nations et les nations ne sont pas les ennemies de l&rsquo;Europe. Je vais vous dire une chose, c&rsquo;est que si nous n&rsquo;avions pas cherch\u00e9 \u00e0 comprendre les probl\u00e8mes de chaque gouvernement d\u00e9mocratique, on n&rsquo;y serait pas arriv\u00e9. Vouloir passer par-dessus la t\u00eate de ceux qui sont \u00e9lus dans leur pays c&rsquo;est une erreur.<\/em>\u00bb Ce passage est tr\u00e8s significatif. S&rsquo;appuyant sur la r\u00e9alit\u00e9 puissante des nations et de leurs Etats, et de la l\u00e9gitimit\u00e9 transcendantale que ces nations donnent \u00e0 ceux qui les repr\u00e9sentent (ce qui est traduit par l&rsquo;expression-bouillie pour le chats ceux qui sont \u00e9lus dans leur pays), Sarko dit aux d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens, en un sens, que lui-m\u00eame est comme eux, qu&rsquo;il s&rsquo;incline devant la puissance de la l\u00e9gitimit\u00e9, et qu&rsquo;il en use donc dans le sens qu&rsquo;il faut, qui est l&rsquo;affirmation des nations, comme eux-m\u00eames doivent l&rsquo;accepter; ayant compris la le\u00e7on, les d\u00e9put\u00e9s applaudissent; o\u00f9 l&rsquo;on mesure que tout le monde est la dupe des illusions courantes, sur la d\u00e9mocratie, la langue molle de la postmodernit\u00e9 et ainsi de suite, pour finir par reconna\u00eetre que l&rsquo;homme politique \u00e0 la tribune, aujourd&rsquo;hui dans son immense faiblesse, dans son immense absence de dessein et de substance, met sans le savoir ce qui lui reste, qui est son \u00e9nergie, au service des seules forces qui demeurent, qui sont historiques; et l&rsquo;on comprend que la l\u00e9gitimit\u00e9 est la plus grande d&rsquo;entre elles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDevant le Parlement, Sarkozy s&rsquo;est vraiment montr\u00e9 tel qu&rsquo;il est; un personnage sans substance et sans dessein mais d&rsquo;une immense \u00e9nergie, parfaitement \u00e0 l&rsquo;image du syst\u00e8me fou de la modernit\u00e9, extr\u00eamement puissance et sans le moindre dessein, et ayant ainsi perdu sa substance. Le paradoxe est qu&rsquo;un tel personnage postmoderne, plac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Etat, est litt\u00e9ralement <strong>investi<\/strong> par la seule chose qui ait une substance dans ce cirque. On comprend effectivement que c&rsquo;est la l\u00e9gitimit\u00e9, seule transcendance \u00e0 r\u00e9sister au lavage de cerveau postmoderne; seule transcendance, c&rsquo;est-\u00e0-dire seul ph\u00e9nom\u00e8ne (on n&rsquo;ose dire mati\u00e8re) permettant \u00e0 une \u00e9nergie vide de tout dessein et de toute substance de s&rsquo;exprimer soudain avec une r\u00e9elle jubilation et une immense efficacit\u00e9, une \u00e9nergie \u00e0 laquelle les autres pantins ne r\u00e9sistent pas longtemps. Du coup, Sarko roule pour l&rsquo;Europe des nations,  et comment!<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, cette journ\u00e9e du 16 d\u00e9cembre a-t-elle \u00e9t\u00e9 une vraie journ\u00e9e de dupes, et pour Sarko sans doute \u00e9galement,  mais lui ne s&rsquo;en offusque gu\u00e8re, puisqu&rsquo;il a trouv\u00e9 son rythme qui lui permet d&rsquo;exprimer son \u00e9nergie. Ainsi les d\u00e9put\u00e9s ont-ils applaudi Sarko, parce qu&rsquo;ils ils ne pouvaient faire autrement, qu&rsquo;il est effectivement l&rsquo;un des leurs, personnage postmoderne comme eux; mais, ce faisant, ils se sont inclin\u00e9s devant la transcendance et ont applaudi l Europe des nations qu&rsquo;ils d\u00e9testent en g\u00e9n\u00e9ral, et pour toutes les meilleures raisons du monde (de leur point de vue de postmodernes). D&rsquo;o\u00f9 cette impression g\u00e9n\u00e9rale assez \u00e9trange, \u00e0 la fois d&rsquo;enthousiasme oblig\u00e9e mais de toutes les fa\u00e7ons in\u00e9vitable et donc nullement contraint, parce que la performance fut fameuse et que l&rsquo;\u00e9tiquette Europe en profite in\u00e9vitablement, et de g\u00eane \u00e9galement in\u00e9vitable, parce que cette performance fut accomplie finalement au nom d&rsquo;une cause bien inattendue, bien suspecte \u00e0 leurs yeux d&rsquo;eurod\u00e9put\u00e9s, mais qu&rsquo;ils aval\u00e8rent comme une couleuvre bien grasse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTant pis,  avec Sarko, \u00e7a passe ou \u00e7a casse,  en l&rsquo;occurrence, \u00e7a passe parce que personne n&rsquo;est capable, personne n&rsquo;a les tripes de casser contre lui. Sarko, qui est un personnage \u00e9galement sans h\u00e9sitation, a embrass\u00e9 la cause de l&rsquo;Europe des nations parce que \u00e7a marche et que, d\u00e9sormais, \u00e7a passe. Il croit certainement avoir trouv\u00e9 un outil id\u00e9al pour s&rsquo;affirmer et affirmer sa pr\u00e9pond\u00e9rance; il est inutile de lui dire qu&rsquo;en l&rsquo;occurrence, c&rsquo;est lui qui est l&rsquo;outil id\u00e9al, notre parfait pr\u00e9sident <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_nos_lecteurs_a_propos_de_maistre_de_sarko_de_l_histoire_et_du_reste_21_05_2007.html\" class=\"gen\">maistrien<\/a>, celui qui agit plut\u00f4t que penser, et qui agit bien dans ce cas, pour affirmer ce dont il est l&rsquo;outil et affirmer la pr\u00e9pond\u00e9rance de ce dont il est l&rsquo;outil,  la nation dont il est l&rsquo;expression l\u00e9gitime, et l&rsquo;Europe des nations qui s&rsquo;engouffre avec lui dans la br\u00e8che. (Cela n&rsquo;implique <strong>nullement<\/strong> que Sarkozy agit toujours bien, car les occasions d&#8217;emprunter des courants d\u00e9structurants postmodernes ne manquent certainement pas. En l&rsquo;occurrence, et parce que, vraiment, la force de la l\u00e9gitimit\u00e9 est irr\u00e9sistible pour exprimer son \u00e9nergie, il agit bien.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, le 16 d\u00e9cembre, saluant comme il se doit la superbe pr\u00e9sidence fran\u00e7aise, le Parlement europ\u00e9en a applaudi \u00e0 tout rompre au suicide de la notion europ\u00e9enne que lui-m\u00eame repr\u00e9sente. La chose fut faite avec une certaine inconsistance, une sorte d&rsquo;inconscience g\u00e9n\u00e9rale sur l&rsquo;expression et l&rsquo;explication des circonstances dira-t-on, par cons\u00e9quent une certaine g\u00eane du type je me doute qu&rsquo;il se passe quelque chose mais je ne sais pas quoi, mais nullement avec discr\u00e9tion parce que Sarkozy n&rsquo;en est pas coutumier, et donc d&rsquo;une fa\u00e7on marqu\u00e9e et marquante (\u00ab<em>L&rsquo;Europe, pour \u00eatre forte, doit s&rsquo;appuyer sur des \u00c9tats forts. <\/em>[] <em>C&rsquo;est quand m\u00eame aux grands pays qu&rsquo;il revient d&rsquo;entra\u00eener les petits!<\/em>\u00bb). De cette fa\u00e7on, Sarkozy, sous les applaudissements, et, peut-\u00eatre, lui-m\u00eame parfois avec un \u00e9clair de satisfaction matoise parce qu&rsquo;il est toujours plaisant de voir une assembl\u00e9e par d\u00e9finition croupion \u00eatre conduite \u00e0 Canossa, conduisit le Parlement europ\u00e9en \u00e0 Canossa.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Europe des nations, pianissimo, fortissimo 18 d\u00e9cembre 2008 Le probl\u00e8me que Sarkozy pose aux \u00e9chotiers, c&rsquo;est sans doute qu&rsquo;il n&rsquo;a pas vraiment l&rsquo;air de se rendre compte de la port\u00e9e de ce qu&rsquo;il dit, m\u00eame s&rsquo;il le dit approximativement (ou parce qu&rsquo;il le dit approximativement), et c&rsquo;est, peut-\u00eatre, qu&rsquo;il ne s&rsquo;en rend pas vraiment compte&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[2757,2604,398,3555,6697,5006,4590,2746],"class_list":["post-70410","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-crises","tag-des","tag-europe","tag-legitimite","tag-nations","tag-parlement","tag-sarkozy","tag-souverainete"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70410","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70410"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70410\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70410"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70410"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70410"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}