{"id":70411,"date":"2008-12-18T11:57:35","date_gmt":"2008-12-18T11:57:35","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/18\/la-commission-une-crise-systemique\/"},"modified":"2008-12-18T11:57:35","modified_gmt":"2008-12-18T11:57:35","slug":"la-commission-une-crise-systemique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/18\/la-commission-une-crise-systemique\/","title":{"rendered":"La Commission, une crise syst\u00e9mique"},"content":{"rendered":"<p><p>En marge, dirait-on, du discours de Sarko devant le Parlement europ\u00e9en, le 16 d\u00e9cembre, le pr\u00e9sident de la Commission Jos\u00e9-Manuel Barroso a d\u00e9fendu son institution, \u00e9galement devant le PE \u00e0 Strasbourg. S&rsquo;il l&rsquo;a d\u00e9fendue, c&rsquo;est qu&rsquo;il la juge, ou la sent attaqu\u00e9e; c&rsquo;est le cas, malgr\u00e9 toutes les choses sucr\u00e9es, voire mielleuses, que Sarkozy a dispens\u00e9es en public \u00e0 propos de Barroso. Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_des_nations_pianissimo_fortissimo_18_12_2008.html\" class=\"gen\">pan\u00e9gyrique<\/a> de l&rsquo;Europe des nations fait par Sarko \u00e0 Strasbourg a \u00e9t\u00e9 effectivement, et assez justement on le comprend, ressenti par Barroso comme une mise en cause, voire une mise en accusation de la Commission. D\u00e9licat moment, alors qu&rsquo;on arrive au renouvellement de la susdite Commission et que Barroso voudrait bien se succ\u00e9der \u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu \u00ab<em>Il faut des Etats forts pour avoir une Europe forte, cette le\u00e7on de la crise doit nous servir<\/em>\u00bb de Sarko, impliquant indirectement que la question du pouvoir europ\u00e9en est un rapport de forces, Barroso a r\u00e9pliqu\u00e9, assez timidement mais fermement: \u00ab[Au cours des derniers mois], <em>la Commission a confirm\u00e9 qu&rsquo;elle reste un levier indispensable <\/em>[E]<em>n Europe, on n&rsquo;est pas plus fort parce que d&rsquo;autres sont plus faibles.<\/em>\u00bb Cette profession de foi qui n&rsquo;est th\u00e9oriquement pas sans fondement, ne fait en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;exprimer le malaise Barroso-Commission refl\u00e9tant une \u00e9volution qui semble irr\u00e9sistible. Si le pr\u00e9sident de la Commission en arrive \u00e0 dire autre chose que des banalit\u00e9s alors qu&rsquo;il est \u00e0 la p\u00eache aux soutiens pour son deuxi\u00e8me mandat, notamment de la part des Fran\u00e7ais, c&rsquo;est qu&rsquo;il est tr\u00e8s nettement sur la d\u00e9fensive, qu&rsquo;il est attaqu\u00e9 de toutes parts, qu&rsquo;il se sent mis en cause.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, les rumeurs fran\u00e7aises ne laissent aucun doute sur le tr\u00e8s peu d&rsquo;estime o\u00f9, \u00e0 Paris, l&rsquo;on tient actuellement la Commission et surtout son pr\u00e9sident; <em>idem<\/em> du c\u00f4t\u00e9 allemand et du c\u00f4t\u00e9 su\u00e9dois, o\u00f9 cela est dit ouvertement, tandis que, du c\u00f4t\u00e9 britannique, on n&rsquo;est pas pr\u00eat \u00e0 se battre pour le renouvellement du mandat de Barroso. Les reproches pr\u00e9cis faits \u00e0 la Commission sont de deux ordres: l&rsquo;effacement, voire l&rsquo;inexistence de la Commission durant les situations de crise, comme cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 durant la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise; la persistance acharn\u00e9e, voire quasiment aveugle, de l&rsquo;approche id\u00e9ologique (ultra-lib\u00e9ralisme), notamment pour nombre de questions que soul\u00e8ve la crise, impliquant \u00e0 chaque occasion une bataille avec les pays-membres qui r\u00e9agissent, eux, de fa\u00e7on tr\u00e8s pragmatique, voire oppos\u00e9e aux prescriptions ultra-lib\u00e9rales. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la position fran\u00e7aise serait, \u00e0 l&rsquo;image de la pr\u00e9sidence qui se termine, de rel\u00e9guer la Commission dans une position tr\u00e8s secondaire de gardienne des trait\u00e9s et d&rsquo;outil technique pour traiter les probl\u00e8mes, tandis que l&rsquo;accent serait mis irr\u00e9sistiblement sur l&rsquo;approche inter-gouvernementale (importance des nations). Dans ce cas, l&rsquo;importance du pr\u00e9sident de l&rsquo;UE tel qu&rsquo;il appara\u00eet dans le sch\u00e9ma du trait\u00e9 de Lisbonne est d&rsquo;autant plus grande. Les Fran\u00e7ais sont d\u00e9\u00e7us par le comportement durant la crise de Jean-Claude Juncker, qui \u00e9tait jusqu&rsquo;alors dans une bonne position de favori. On reparle d&rsquo;une possible candidature Tony Blair.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut s\u00e9parer cette critique de la Commission de l&rsquo;activisme gouvernemental fran\u00e7ais pendant les crises. Le comportement de la Commission n&rsquo;est pas la cons\u00e9quence de l&rsquo;activisme fran\u00e7ais, qui aurait brid\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 de la Commission. Il est vrai que cette institution est dans une crise profonde de fonctionnement, une crise bureaucratique type. Elle travaille d&rsquo;une fa\u00e7on extraordinairement cloisonn\u00e9e, examinant les probl\u00e8mes d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s fractionn\u00e9e et r\u00e9ductrice, et laissant le soin au conformisme id\u00e9ologique de d\u00e9finir les positions g\u00e9n\u00e9rales. Ainsi d\u00e9c\u00e8le-t-on souvent des contradictions ou des insuffisances tr\u00e8s fortes dans les analyses, avec, par exemple, une Commission fig\u00e9e dans une attitude anti-russe extr\u00eamement dogmatique. Le m\u00eame dogmatisme et le m\u00eame fractionnisme ont emp\u00each\u00e9 la Commission de voir venir la crise puis d&rsquo;en appr\u00e9cier l&rsquo;importance. Aujourd&rsquo;hui encore, la Commission est incapable de prendre la mesure de la crise, notamment ses caract\u00e8res syst\u00e9mique et global. Il ne faut pas voir dans ces positions une attitude id\u00e9ologique active, dans la mesure o\u00f9 la position id\u00e9ologique qu&rsquo;on a rappel\u00e9e plus haut fait partie du conformisme obsol\u00e8te (doublement conformiste!!) auquel elle se r\u00e9f\u00e8re, par simple paralysie de la pens\u00e9e d\u00e9coulant de l&rsquo;absence de capacit\u00e9 de synth\u00e8se des nouveaux \u00e9v\u00e9nements. La crise de la Commission est une crise typique d&rsquo;une bureaucratie \u00e9norme, enferm\u00e9e dans ses cloisonnements, sans aucune unit\u00e9 d&rsquo;action, \u00e9clat\u00e9e avec des nominations impos\u00e9es par les quotas correspondant aux 27 Etats-membres, sans direction et, par cons\u00e9quent, sans aucune capacit\u00e9 de r\u00e9action s\u00e9rieuse. Cette crise tient beaucoup moins dans la qualit\u00e9 du personnel, qui se r\u00e9v\u00e8le parfois remarquable, que dans l&rsquo;inorganisation compl\u00e8te, ou, plut\u00f4t, une situation qui aboutirait <em>de facto<\/em> \u00e0 ce qui semblerait \u00eatre une contre-organisation, emp\u00eachant toute d\u00e9marche d&rsquo;analyse et de synth\u00e8se originale, int\u00e9grant de fa\u00e7on fructueuse les diff\u00e9rents apports du syst\u00e8me, voire m\u00eame luttant contre de telles d\u00e9marches. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise bureaucratique de syst\u00e8me, une crise syst\u00e9mique selon le terme aujourd&rsquo;hui omnipr\u00e9sent.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 18 d\u00e9cembre 2008 \u00e0 11H58<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En marge, dirait-on, du discours de Sarko devant le Parlement europ\u00e9en, le 16 d\u00e9cembre, le pr\u00e9sident de la Commission Jos\u00e9-Manuel Barroso a d\u00e9fendu son institution, \u00e9galement devant le PE \u00e0 Strasbourg. 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