{"id":70424,"date":"2008-12-24T16:38:09","date_gmt":"2008-12-24T16:38:09","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/24\/rationalisation-de-lapocalypse-ou-desir-de-crise\/"},"modified":"2008-12-24T16:38:09","modified_gmt":"2008-12-24T16:38:09","slug":"rationalisation-de-lapocalypse-ou-desir-de-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2008\/12\/24\/rationalisation-de-lapocalypse-ou-desir-de-crise\/","title":{"rendered":"Rationalisation de l&rsquo;apocalypse ou \u201cd\u00e9sir de crise\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Rationalisation de l&rsquo;apocalypse ou d\u00e9sir de crise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t24 d\u00e9cembre 2008  On lit par ailleurs dans notre <em>Bloc-Notes<\/em> de ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_dislocation_strategique__24_12_2008.html?admin=1\" class=\"gen\">24 d\u00e9cembre 2008<\/a>, une pr\u00e9sentation et quelques commentaires d&rsquo;un rapport de l&rsquo;ancien lieutenant colonel de l&rsquo;U.S. Army et professeur au U.S. Army War College, Nathan P. Freier , pour le Strategic Studies Institute (SSI) de l&rsquo;U.S. Army, notamment \u00e0 propos du concept de dislocation strat\u00e9gique des USA. Ce concept se r\u00e9f\u00e8re au th\u00e8me de la surprise strat\u00e9gique, caract\u00e9risant la situation strat\u00e9gique de notre temps, et alors avec la situation des USA en temps de crise envisag\u00e9e dans le champ de l&rsquo;hypoth\u00e8se de la dislocation strat\u00e9gique. Ces divers termes techniques et quelque peu pompeux,  mais le th\u00e8me, apr\u00e8s tout, justifie la pompe,  recouvrent une hantise aussi vieille que les USA, qui est l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 structurelle des USA. La surprise strat\u00e9gique ultime serait effectivement la dislocation des USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire un \u00e9clatement de cette puissance sous la pouss\u00e9e de mouvements violents alimentant les tensions centrifuges toujours sous-jacentes dans ce pays. La r\u00e9f\u00e9rence de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_guerre_de_secession_postmoderne_15_12_2008.html\" class=\"gen\">guerre de S\u00e9cession<\/a> est fondamentale dans cette perception psychologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette analyse strat\u00e9gique est fondamentalement eschatologique dans la mesure o\u00f9 elle se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements incontr\u00f4lables par la pens\u00e9e strat\u00e9gique, parce que non r\u00e9ductible \u00e0 une pens\u00e9e, ou \u00e0 un projet hostile aux USA qu&rsquo;on pourrait identifier, \u00e9valuer et mesurer. Des troubles n\u00e9s de la crise \u00e9conomique en cours et aboutissant \u00e0 des tensions centrifuges nourrissant une dislocation strat\u00e9gique n&rsquo;ont, au d\u00e9part, aucune r\u00e9f\u00e9rence strat\u00e9gique plausible et ils sont, par nature, \u00e9trangers au champ de la r\u00e9flexion strat\u00e9gique. C&rsquo;est la pression de la crise qui oblige la pens\u00e9e strat\u00e9gique \u00e0 s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rer, et \u00e0 s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rer en avouant son incapacit\u00e9 \u00e0 rien pr\u00e9voir. La surprise strat\u00e9gique, lorsqu&rsquo;elle envisage la dislocation strat\u00e9gique des USA, admet qu&rsquo;elle se trouve devant une situation eschatologique. Pour autant, elle laisse entendre et laisse voir qu&rsquo;elle envisage que cette situation peut, sinon doit rapidement se d\u00e9velopper puisqu&rsquo;elle la lie \u00e0 la crise actuellement en cours, dont on ne cesse pas de mesurer la rapidit\u00e9 du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise eschatologique en cours aux USA nourrit \u00e9galement, dans le domaine mieux identifi\u00e9 de son sujet apparent (la situation \u00e9conomique) des pr\u00e9visions \u00e9galement de caract\u00e8re apocalyptique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette remarque est, dans le cas qui nous occupe, d&rsquo;observer que les services officiels de la s\u00e9curit\u00e9 nationale ne se dissimulent plus de leur int\u00e9r\u00eat \u00e0 eux, et inquiet, pour le domaine. Cela rejoint effectivement le cas du rapport du SSI.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl en est ainsi, \u00e9galement, de ce rapport de l&rsquo;analyste \u00e9conomique James Rickards, pr\u00e9sent\u00e9 le 17 d\u00e9cembre sous les auspices de l&rsquo;U.S. Navy et de l&rsquo;Office of Secretary of Defense (OSD), et dont a rendu compte, ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.politico.com\/news\/stories\/1208\/16663.html\" class=\"gen\">17 d\u00e9cembre<\/a>, le site <em>Politico.com<\/em>. (Pr\u00e9cision, effectivement, sur la pr\u00e9sentation publique de ce rapport pr\u00e9visionnel: \u00ab<em>His lecture comes as part of an annual Rethinking Seminar produced by the Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory<\/em>\u00bb; Rickards fait donc partie du circuit des experts reconnus, gravitant autour du Pentagone.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>What&rsquo;s the worst that could happen?<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>That&rsquo;s a question that James Rickards spends a lot of time pondering these days, as he sifts through the national security implications of the financial crisis facing the United States. Rickards will lay out his worst case scenarios in a lecture sponsored by the Navy and the Office of the Secretary of Defense for Policy tonight. And his forecasts aren&rsquo;t for the faint of heart.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Rickards calls it the A to Z problem: What are the threats that could make the U.S. economy look less like America and more like Zimbabwe? He sees them everywhere  in the Chinese ownership of vast amounts of American debt, in Russia&rsquo;s increased centralization of its economy, in Al Qaeda&rsquo;s long-established fascination with damaging the U.S. economy.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRickards envisage quatre sc\u00e9narios catastrophiques possibles pour la crise de l&rsquo;\u00e9conomie US, avec ses cons\u00e9quences diverses. L&rsquo;un d&rsquo;eux est baptis\u00e9 <em>The Existential Crash<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A pessimist by nature, Rickards believes that many economic forecasters are wrong, and the recession will get far worse than predicted.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He sees an epic disaster scenario in which the U.S. gross domestic product declines by a staggering 35 percent over the next six to seven years. Crippling deflation could take hold. Unemployment, he says, could approach 15 percent. That&rsquo;s a calamitous rate, but it would not be an all-time high: unemployment hit 25 percent during the Great Depression. The national security community needs to be conversant with this, Rickards said. In defense, intelligence, and national security, you earn your money by preparing for things that may be remote, but pose an existential threat if they come to pass.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In this scenario, the possibilities for global unrest increase dramatically as a staggering United States retreats from foreign aid and global diplomacy and the list of dangerous failed states grows sharply.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte de <em>Politico.com<\/em> observe \u00e9galement ceci, \u00e0 partir d&rsquo;une interview de Rickards: \u00ab<em>Rickards argues that government is not doing nearly enough to prepare for the worst. Here&rsquo;s the policy problem for the United States, he said in an interview. We have experts in defense and intelligence, and huge depth in capital markets experience at the Fed and at Treasury. But they&rsquo;re separated by the Potomac River. And they&rsquo;re not talking to each other.<\/em>\u00bb D&rsquo;une fa\u00e7on assez r\u00e9v\u00e9latrice de la justesse du jugement, Rickards semble lui-m\u00eame \u00eatre l&rsquo;arch\u00e9type de ce qu&rsquo;il d\u00e9nonce. Manifestement, il n&rsquo;a pas travers\u00e9 le Potomac pour aller voir qui il faut au Pentagone. Ses pr\u00e9visions manquent des prolongements de s\u00e9curit\u00e9 nationale, sur le th\u00e8me de la dislocation strat\u00e9gique qu&rsquo;envisage Freier dans son rapport du SSI.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est un point int\u00e9ressant de constater l&rsquo;\u00e9closion parall\u00e8le d&rsquo;\u00e9tudes, de rapports officiels ou semi-officiels, de pr\u00e9visions envisageant des prolongements catastrophiques pour les USA. Cela dit beaucoup du sentiment g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9gnant aujourd&rsquo;hui dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien. La pr\u00e9sidence Obama est de moins en moins per\u00e7ue comme la pr\u00e9sidence qui ferme la parenth\u00e8se catastrophique de l&rsquo;administration GW Bush, et de plus comme celle qui va devoir tenter de contr\u00f4ler, d&rsquo;orienter une destin\u00e9e d\u00e9sormais potentiellement catastrophique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi elle n&rsquo;\u00e9tablit pas encore le rapport qui devrait l&rsquo;\u00eatre, comme Rickards le r\u00e9clame et ne le fait pas pour son compte, cette \u00e9closion parall\u00e8le signale pourtant que la perception conduit \u00e0 \u00e9tablir un lien entre les situations ext\u00e9rieures et les situations int\u00e9rieures US. Cela indique une perception implicite, voire encore inconsciente, de la globalit\u00e9 syst\u00e9mique de la crise, de la similarit\u00e9 des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s, de l&rsquo;implication du processus de destruction dans la partie la plus fondamentale de la puissance US. La dislocation strat\u00e9gique appr\u00e9hend\u00e9e par le rapport du SSI renvoie \u00e0 une situation \u00e9tablie par 9\/11 et l&rsquo;Irak, donc des \u00e9v\u00e9nements connect\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;Empire dans la perception qui en est donn\u00e9e, aboutissant \u00e0 des troubles suscit\u00e9es par la crise int\u00e9rieure US. Le lien est fait. Nous sommes pass\u00e9s du mythe de la guerre contre le Terreur au r\u00e9alisme de la <em>strategic dislocation<\/em>. Les esprits m\u00fbrissent \u00e0 mesure que GM et sa bande s&rsquo;\u00e9loignent.<\/p>\n<h3>En rationalisant l&rsquo;apocalypse, on le rend possible, sinon d\u00e9sirable<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans les ann\u00e9es 1974-1982, ou dans les ann\u00e9es 1987-1992, lors des deux passages de crise les plus significatifs des USA dans le dernier quart de si\u00e8cle (la crise 2000-2001 \u00e9tant li\u00e9e \u00e0 la s\u00e9quence dont nous vivons aujourd&rsquo;hui un paroxysme), jamais de telles hypoth\u00e8ses catastrophiques ne furent envisag\u00e9es. M\u00eame durant la crise de 1987-1992, alors que la vogue du d\u00e9clinisme US (Paul Kennedy, <em>The Rise and Fall of Empire<\/em>, 1987) \u00e9tait \u00e0 son comble, le sentiment et le jugement \u00e9taient moroses, pessimistes, mais nullement avec les accents si bouleversants qu&rsquo;on per\u00e7oit aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa m\u00e9canique psychologique est en marche,  ou, plut\u00f4t, elle continue \u00e0 marcher. Le besoin inh\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;esprit du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme de rationaliser les choses, pour tenter de dissimuler leur caract\u00e8re incontr\u00f4lable qui est si insupportable \u00e0 cet esprit, produit effectivement une appr\u00e9ciation d&rsquo;une situation qui se rapproche de l&rsquo;extr\u00eame possible. Cette exploration de l&rsquo;extr\u00eame catastrophique est d&rsquo;autre part machin\u00e9e par une obsession constante du m\u00eame syst\u00e8me, qui est l&rsquo;obsession de son propre an\u00e9antissement, aussi bien visible dans la constance de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Grande D\u00e9pression ou dans l&rsquo;appr\u00e9ciation grandiloquente et outr\u00e9e des dangers comme le terrorisme. Nous avons mis \u00e0 plusieurs reprises l&rsquo;accent sur ce caract\u00e8re psychologique proche de la pathologie, effectivement obsessionnelle, dans un sens qui se traduit presque par une fascination pour sa propre destruction. (Voir, par exemple, nos textes <em>F&#038;C<\/em> des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_peur_et_la_fascination_de_son_propre_aneantissement_22_05_2007.html\" class=\"gen\">22 mai 2007<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fascination_de_la_crise_27_12_2007.html\" class=\"gen\">27 d\u00e9cembre 2007<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA notre sens, la destruction du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme n&rsquo;est nullement assur\u00e9e par des m\u00e9canismes objectifs, par des occurrences politiques, par des d\u00e9faites de type \u00e9conomique, politique, militaire, etc. Il est assur\u00e9,  et il l&rsquo;est compl\u00e8tement \u00e0 cet \u00e9gard, la seule chose qui nous surprenne \u00e9tant la rapidit\u00e9 du processus,  par des facteurs de perception et d&rsquo;interpr\u00e9tation, qui renvoient effectivement au caract\u00e8re principal, et au facteur essentiel et essentiellement original de la puissance US qui est la communication, et cela d\u00e8s l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_defensa_volume_15_n06_du_25_novembre_1999_l_empire_de_l_information_25_11_1999.html\" class=\"gen\">origine<\/a>. On comprend, dans ces conditions, l&rsquo;insistance que nous mettons dans la consid\u00e9ration et la mise en avant du facteur psychologique, qui tient un r\u00f4le fondamental dans tout ce qui concerne le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes planificateurs et pr\u00e9visionnistes prennent leur place aujourd&rsquo;hui dans le processus. C&rsquo;est un signe de la proximit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne du paroxysme de la crise syst\u00e9mique, dans tous les cas un signe que nous sommes psychologiquement entr\u00e9s dans cette phase paroxystique. L&rsquo;ordre d&rsquo;id\u00e9e d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e (par exemple, le terme de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fascination_de_la_crise_27_12_2007.html\" class=\"gen\">2012<\/a> pour une r\u00e9volution aux USA) envisage des termes extr\u00eamement cours, disons de l&rsquo;ordre du premier mandat de Barack Obama. Cette proximit\u00e9 rend compte \u00e9galement de la surprenante rapidit\u00e9 de la d\u00e9gradation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne qui a d\u00e9j\u00e0 fonctionn\u00e9, mais qui reste toujours digne d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9 d&rsquo;\u00e9trange dans la mesure o\u00f9 il cr\u00e9e, par les moyens virtualistes habituels, une r\u00e9alit\u00e9 que dissimulait le virtualisme de la communication (le virtualisme offrant l&rsquo;image de l&rsquo;intouchable puissance am\u00e9ricaniste); c&rsquo;est donc que la m\u00eame capacit\u00e9 virtualiste qui interdisait la vision catastrophique, utilis\u00e9e par ailleurs voire <em>a contrario<\/em>, autorise soudain, voire impose cette vision catastrophique. Les perspectives s&rsquo;\u00e9largissent et s&rsquo;allongent dans le temps vers des situations plus catastrophiques mais en r\u00e9alit\u00e9 elles contractent le temps. En envisageant ces situations qui paraissaient jusqu&rsquo;alors hypoth\u00e9tiques, sinon dissidentes et frapp\u00e9es de l&rsquo;accusation de sacril\u00e8ge et de relaps, et par cons\u00e9quent perdues dans un lointain hypoth\u00e9tique, qui s&rsquo;inscrivent d\u00e9sormais dans la r\u00e9alit\u00e9 possible, on d\u00e9couvre rapidement que cette r\u00e9alit\u00e9 peut s&rsquo;av\u00e9rer extr\u00eamement proche. Plus encore, par ce processus organisant la perception de la possibilit\u00e9 de l&rsquo;extr\u00eame de la crise, on cr\u00e9e une perception, on influence la psychologie dans le sens de l&rsquo;attente de cet extr\u00eame de la crise. La psychologie ainsi influenc\u00e9e retrouve cette \u00e9trange attitude de la fascination pour la crise, on dirait m\u00eame qu&rsquo;elle appelle l&rsquo;extr\u00eame de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes analyses et rapports sont effectivement des tentatives de rationalisation de l&rsquo;extr\u00eame de la crise,  disons, pour faire court et leste, l&rsquo;apocalypse du syst\u00e8me. Cette rationalisation a pour effet indirect et involontaire d&rsquo;accentuer la perception irrationnelle d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 de la crise, voire de nourrir un besoin de crise sinon un d\u00e9sir de crise. Elle tente de dompter les facteurs qui lui \u00e9chappent, qui sont ces facteurs qui permettent de qualifier la crise d&rsquo;eschatologique. Elle rationalise arbitrairement l&rsquo;irrationnel, le justifiant d&rsquo;autant, le rendant d&rsquo;autant plus possible, sinon n\u00e9cessaire. On en vient \u00e0 songer \u00e0 une conclusion qui serait que la psychologie humaine, devant l&rsquo;impasse syst\u00e9mique que le syst\u00e8me lui-m\u00eame a cr\u00e9\u00e9e, ne verrait plus comme issue que la crise cathartique qui briserait le syst\u00e8me. Elle s&rsquo;y emploie sans compter.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rationalisation de l&rsquo;apocalypse ou d\u00e9sir de crise 24 d\u00e9cembre 2008 On lit par ailleurs dans notre Bloc-Notes de ce m\u00eame 24 d\u00e9cembre 2008, une pr\u00e9sentation et quelques commentaires d&rsquo;un rapport de l&rsquo;ancien lieutenant colonel de l&rsquo;U.S. Army et professeur au U.S. Army War College, Nathan P. 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