{"id":70479,"date":"2009-01-22T05:55:42","date_gmt":"2009-01-22T05:55:42","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/01\/22\/etat-durgence\/"},"modified":"2009-01-22T05:55:42","modified_gmt":"2009-01-22T05:55:42","slug":"etat-durgence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/01\/22\/etat-durgence\/","title":{"rendered":"Etat d&rsquo;urgence"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Etat d&rsquo;urgence<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t22 janvier 2009  Les indications ne manquent pas de l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 des temps, et de l&rsquo;urgence qui s&rsquo;impose \u00e0 cet \u00e9gard. Il en faut, du sens de l&rsquo;urgence, dans un syst\u00e8me et dans une capitale o\u00f9 la vertu et le <em>politically correct<\/em> se portent haut, o\u00f9 la m\u00e9canique \u00e0 broyer les individus qui se font prendre dans un scandale ou une situation hors des apparences vertueuses marche \u00e0 plein r\u00e9gime, pour tenter de forcer \u00e0 la d\u00e9signation d&rsquo;un Timothy Geithner comme secr\u00e9taire au tr\u00e9sor. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le titre explicite de Reuters ce <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/topNews\/idUSTRE50K19820090121\" class=\"gen\">21 janvier<\/a>: \u00ab<em> Crisis may force Geithner&rsquo;s approval.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTant pis, BHO pousse les feux. Il veut Geithner malgr\u00e9 l&rsquo;implication de ce dernier dans une affaire de non-paiement d&rsquo;imp\u00f4ts personnels, il insiste pour que le Congr\u00e8s le d\u00e9signe, apr\u00e8s l&rsquo;audition du secr\u00e9taire au tr\u00e9sor-d\u00e9sign\u00e9 le 28 janvier. Il n&rsquo;est pas temps de lambiner, et il est possible que le Congr\u00e8s effectivement n&rsquo;insiste pas trop. \u00ab<em>President Barack Obama&rsquo;s nominee for Treasury secretary, Timothy Geithner, though tarnished by disclosures of his failure to pay taxes, is likely too uniquely qualified for Congress to reject amid hopes to contain the worst economic downturn in decades.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes observations n&rsquo;ont, dans notre chef et sous notre plume, rien \u00e0 voir avec les qualit\u00e9s suppos\u00e9es de Geithner, qu&rsquo;il les ait ou pas, que lui-m\u00eame soit un personnage recommandable ou pas. Ce qui nous importe, c&rsquo;est d&rsquo;observer les mesures extraordinaires qu&rsquo;on prend,   dans ce cas tenter de forcer \u00e0 la confirmation d&rsquo;une personnalit\u00e9 suspect\u00e9e de fraude fiscale,  parce que cette personnalit\u00e9 est une pi\u00e8ce ma\u00eetresse dans le dispositif de l&rsquo;\u00e9quipe de lutte contre la crise. On ne dit pas que Geithner est g\u00e9nial, on dit que la crise n&rsquo;attend pas. Cela en dit long sur l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit d&rsquo;Obama et, <strong>surtout<\/strong>, sur la pression qu&rsquo;il ressent de la crise qui galope.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe m\u00eame n&rsquo;attend-elle pas, la crise, pour les affaires ext\u00e9rieures non plus. D&rsquo;abord, un rythme fr\u00e9n\u00e9tique, comme l&rsquo;annonce le Washington <em>Post<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2009\/01\/19\/AR2009011902726_pf.html\" class=\"gen\">20 janvier 2009<\/a>, d\u00e8s le premier jour de son mandat, et comme le confirme le <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2009\/jan\/21\/barack-obama-president-first-day-in-office\" class=\"gen\">22 janvier 2009<\/a>. Selon le <em>Post<\/em>: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>President-elect Barack Obama will plunge into foreign policy on his first full day in office tomorrow, finally freed from the constraints of tradition that has forced him and his staff to remain muzzled about world affairs during the 78-day transition.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As one of his first actions, Obama plans to name former senator George J. Mitchell (D-Maine) as his Middle East envoy, aides said, sending a signal that the new administration intends to move quickly to engage warring Israelis and Palestinians in efforts to secure the peace. Mitchell&rsquo;s appointment will follow this afternoon&rsquo;s expected Senate vote to confirm Hillary Rodham Clinton as secretary of state. And tomorrow afternoon, aides said, Obama will convene a meeting of his National Security Council to launch a reassessment of the wars in Iraq and Afghanistan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>By the end of the week, Obama plans to issue an executive order to eventually shut down the military detention facility at Guantanamo Bay, Cuba, and to lay out a new process for dealing with about 250 detainees remaining at the prison.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur la question de l&rsquo;Irak, effectivement, l&rsquo;administration Obama, le pr\u00e9sident lui-m\u00eame, se pr\u00e9cipitent pour activer un processus de retrait. Le Washington <em>Post<\/em> donne \u00e9galement des d\u00e9tails sur cette urgence-l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The first concrete evidence of a new foreign policy approach will begin with the meeting tomorrow. Obama will instruct the Pentagon to prepare for a stepped-up withdrawal of combat troops from Iraq, to be completed within 16 months, and will hear proposals for turning around the deteriorating war in Afghanistan. Defense Secretary Robert M. Gates and the chairman of the Joint Chiefs of Staff, Adm. Michael Mullen, will attend, and Gen. David H. Petraeus, head of Central Command, and Gen. Raymond Odierno, U.S. commander in Iraq, will weigh in via live video connection.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Senior officers began late last year to prepare options for withdrawing from Iraq. Obama has said he will listen carefully to their recommendations before approving a plan that meets his specifications. He has said he expects to maintain a residual force in Iraq but has not indicated how many troops will remain over what period.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn trouve dans l&rsquo;article une certaine dualit\u00e9, avec deux orientations politiques, d&rsquo;une part celle de la crise int\u00e9rieure qui semble d\u00e9fensive, d&rsquo;autre part celle de l&rsquo;ext\u00e9rieur qui semblerait plus offensive dans un sens constructif. Ainsi semblerait-il qu&rsquo;on distingue deux urgences dans l&rsquo;action d&rsquo;Obama. Simplement dit, il y a l&rsquo;urgence de la crise int\u00e9rieure et l&rsquo;urgence de la politique ext\u00e9rieure. On pourrait dire, et cela semblerait assez naturel, qu&rsquo;il s&rsquo;agit finalement de la m\u00eame urgence: la crise est partout, Obama le sait, il agit dans l&rsquo;urgence et cela s&rsquo;exprime aussi bien \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, d&rsquo;une fa\u00e7on parall\u00e8le et sans lien n\u00e9cessaire. Cette appr\u00e9ciation \u00e0 premi\u00e8re vue, sur ce dernier point de l&rsquo;absence de lien n\u00e9cessaire, n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement la n\u00f4tre.<\/p>\n<h3>Crise de confiance<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons qu&rsquo;il y a une diff\u00e9rence entre ces deux urgences, et cela r\u00e9pond aussi bien \u00e0 la position d&rsquo;Obama et \u00e0 l&rsquo;analyse qu&rsquo;il fait de la situation, \u00e0 ce qu&rsquo;on a ressenti de son discours d&rsquo;inauguration du 20 janvier. Pour lui, la question int\u00e9rieure passe tout. La crise est profonde et, surtout, elle affecte la psychologie des Am\u00e9ricains. (\u00ab<em> a sapping of confidence across our land  a nagging fear that America&rsquo;s decline is inevitable, and that the next generation must lower its sights<\/em>\u00bb, dit-il dans son discours d&rsquo;inauguration.) Cette crise est la priorit\u00e9 des priorit\u00e9s. Il semble qu&rsquo;elle soit encore plus grave que ce qu&rsquo;on en a per\u00e7u jusqu&rsquo;ici, qu&rsquo;on la per\u00e7oive plus grave chaque jour. Obama \u00e9volue dans le sens d&rsquo;une perception de l&rsquo;aggravation de la crise, et il devrait trouver dans les divers dossiers de l&rsquo;administration des preuves nouvelles de cette aggravation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela implique que cette urgence pour les affaires int\u00e9rieures tend \u00e0 \u00eatre de plus en plus prioritaire, qu&rsquo;elle n\u00e9cessite une attitude de plus en plus active et engag\u00e9. Elle n\u00e9cessite un fort travail au Congr\u00e8s, pour obtenir le soutien au plan de relance public (<em>bailout<\/em>), l\u00e0 aussi dans une situation d&rsquo;extr\u00eame urgence. D&rsquo;autre part, elle n\u00e9cessite un soutien populaire, voire une participation populaire, car la confiance n\u00e9cessaire par-dessus tout pour tenter de redresser ou de changer la situation est quelque chose qu&rsquo;il n&rsquo;est pas simple de regagner. (Dans ce cas, Obama est bien dans la m\u00eame situation que FDR en 1933: comment faire red\u00e9marrer la confiance, donc la consommation, donc l&rsquo;\u00e9conomie?) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tToutes ces circonstances expliquent la pression en augmentation de l&rsquo;urgence de ce front int\u00e9rieur. Cela rend de plus en plus imp\u00e9ratif de r\u00e9duire les charges ext\u00e9rieures, les effets des divers engagements, les pressions des politiques aventuristes en cours. Psychologiquement aussi, sinon plus encore, du simple point de vue de l&rsquo;\u00e9quilibre politique, cette orientation devient de plus en plus int\u00e9ressante, voire imp\u00e9rative; la baisse constante de la confiance du consommateur US a quelque chose de commun avec la lassitude grandissante, voire l&rsquo;exasp\u00e9ration du citoyen US pour les affaires ext\u00e9rieures.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, l&rsquo;urgence constat\u00e9e pour l&rsquo;Irak, comme pour d&rsquo;autres crises ext\u00e9rieures, s&rsquo;expliquerait-elle, de notre point de vue, de plus en plus par la volont\u00e9 grandissante d&rsquo;Obama d&rsquo;\u00eatre quitte le plus vite possible de la charge des crises ext\u00e9rieures pour soulager son front int\u00e9rieur,  c&rsquo;est la n\u00e9cessit\u00e9 qui fait loi, encore plus que la vertu (quand les deux se rencontrent, la circonstance est int\u00e9ressante). Il y a un ph\u00e9nom\u00e8ne de vases communicants entre les deux situations, mais l&rsquo;urgence de la situation irakienne (quitter l&rsquo;Irak), pour poursuivre cet exemple, devient clairement tactique tandis que l&rsquo;urgence int\u00e9rieure est fondamentalement strat\u00e9gique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous parlons d&rsquo;une situation en pleine \u00e9volution (mais \u00e0 quelle vitesse! Nous sommes au second jour de l&rsquo;administration Obama et de son agitation fr\u00e9n\u00e9tique). Nous constatons qu&rsquo;existe la possibilit\u00e9 que le d\u00e9veloppement en cours d&rsquo;une situation peut conduire Obama \u00e0 envisager des d\u00e9cisions importantes au niveau de la politique ext\u00e9rieure. L&rsquo;habituel et tr\u00e8s valable argument qu&rsquo;on oppose \u00e0 cette possibilit\u00e9, l&rsquo;opposition de l&rsquo;<em>establishment<\/em> voulant pr\u00e9server ses engagements ext\u00e9rieurs en leur \u00e9tat expansionniste, tend \u00e0 s&rsquo;affaiblir notablement dans une telle hypoth\u00e8se, ou une telle perspective; l&rsquo;\u00e9quilibre du front int\u00e9rieur  est, pour l&rsquo;<em>establishment<\/em> la chose la plus importante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes toujours dans le m\u00eame cas de figure que nous d\u00e9veloppons r\u00e9guli\u00e8rement; son argument principal est la pression de la crise centrale que nous connaissons, d&rsquo;une puissance stup\u00e9fiante, qui ne cesse de dicter les politiques, d&rsquo;influencer les comportements, de forcer les d\u00e9cisions. Il semble qu&rsquo;Obama puisse \u00eatre un homme sensible \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;\u00e9pouser ce courant, voire de s&rsquo;en faire un alli\u00e9 pour renforcer son statut, son autorit\u00e9. Obama nous semble moins int\u00e9ress\u00e9 par la rigidit\u00e9 des engagements id\u00e9ologiques, des structures politiques, que par l&rsquo;action elle-m\u00eame, la possibilit\u00e9 de prendre des d\u00e9cisions aux effets cons\u00e9quents. (Voyez notre tentative de portrait psychologique du pr\u00e9sident US, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-portrait_en_demi-teinte_analyse_volume_23_n6_25_novembre_2008_06_12_2008.html\" class=\"gen\">6 d\u00e9cembre 2008<\/a>.) De cette fa\u00e7on, le sch\u00e9ma des rapports des situations qu&rsquo;on d\u00e9crit ici a de bonnes chances de l&rsquo;int\u00e9resser, et il peut faire de cette prise en consid\u00e9ration de la crise et de ses effets un argument suppl\u00e9mentaire pour pousser \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution qu&rsquo;on d\u00e9crit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, mais ceci expliquant cela d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;administration Obama s&rsquo;\u00e9tablit en amenant avec elle une sorte de situation d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence. Toutes les pr\u00e9visions raisonnables envisag\u00e9es, tous les plans mesur\u00e9s tir\u00e9s \u00e0 son propos avant l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Obama \u00e0 la Maison-Blanche, sont sujets \u00e0 la caution la plus pressante.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Etat d&rsquo;urgence 22 janvier 2009 Les indications ne manquent pas de l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 des temps, et de l&rsquo;urgence qui s&rsquo;impose \u00e0 cet \u00e9gard. 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