{"id":70543,"date":"2009-02-18T06:51:36","date_gmt":"2009-02-18T06:51:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/02\/18\/actualite-de-novembre-2012\/"},"modified":"2009-02-18T06:51:36","modified_gmt":"2009-02-18T06:51:36","slug":"actualite-de-novembre-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/02\/18\/actualite-de-novembre-2012\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9 de novembre 2012"},"content":{"rendered":"<p><p>Puisque la crise va si vite, pourquoi ne pas aller encore plus vite, nous-m\u00eames? C&rsquo;est une fa\u00e7on comme une autre de croire qu&rsquo;on rel\u00e8ve le d\u00e9fi de l&rsquo;Histoire,  puisque Histoire il y a et qu&rsquo;on la voit comme un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 notre syst\u00e8me qui se voudrait anhistorique. Niall Ferguson avait choisi de se placer \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-annus_horribilis_2008_2009_30_12_2008.html\" class=\"gen\">fin 2009<\/a> pour \u00e9valuer ce qu&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e 2009, par rapport \u00e0 2008. Mais depuis cette audacieuse anticipation (fin d\u00e9cembre 2008), le temps a pass\u00e9, un pr\u00e9sident US a \u00e9t\u00e9 install\u00e9, dont on attendait tant de miracle, les r\u00e9alit\u00e9s ont continu\u00e9 \u00e0 s&rsquo;imposer avec toute leur cruaut\u00e9 Autant prendre encore plus de champ, plus que Ferguson, plus que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bho_prend_du_champ_17_02_2009.html\" class=\"gen\">BHO<\/a> \u00e9galement. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, Gideon Rachman, \u00e9ditorialiste r\u00e9put\u00e9 et parfois fantasque du <em>Financial Times<\/em>, nous entretient-il, ce <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/0\/d585da1a-fc3d-11dd-aed8-000077b07658.html\" class=\"gen\">17 f\u00e9vrier<\/a> dans son quotidien favori, de la situation du monde en ce lugubre matin du 7 novembre 2012. Le pr\u00e9sident Obama est \u00e9puis\u00e9. En quatre ans il a vieilli de vingt ans, et l&rsquo;on n&rsquo;a plus qu&rsquo;un vague et nostalgique souvenir de ce presque-jeune homme \u00e0 la d\u00e9marche souple, qui paraissait d&rsquo;autant plus grand qu&rsquo;il \u00e9tait fin, avec sur le visage une r\u00e9solution et un calme qui redonn\u00e8rent espoir au monde entier, au moins pendant quarante-huit heures. Battu, Obama, passez muscade, \u00e9cras\u00e9 par la crise insoluble; \u00e0 la place, la pharamineuse Sarah Palin, 45\u00e8me POTUS, en pleine forme, hyper-populiste, hyper-nationaliste; mangeant du <em>commie<\/em> et du <em>mullah<\/em> au petit d\u00e9jeuner; d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;Iran a fait exploser sa premi\u00e8re bombe en 2011. En Russie, Poutine a repris le pouvoir parce que Medvedev \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9ment trop mou; Merkel et Brown sont pass\u00e9s \u00e0 la trappe et leurs rempla\u00e7ants ne valent gu\u00e8re mieux Le seul \u00e0 rester \u00e0 son aise, nous dit Rachman, c&rsquo;est Sarko, qui a eu le bon sens de r\u00e9pudier Carla et d&rsquo;\u00e9pouser cette vieille roublarde et routarde de Madonna. (Ah oui, la crise continue et porte belle, merci.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>This left President Nicolas Sarkozy of France as the dominant figure in the EU. His divorce from Carla Bruni and marriage to Madonna had only briefly distracted him.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Sarkozy had weathered the denunciations that followed his decision in 2010 formally to withdraw France from the EU&rsquo;s regimes on competition and state aid. All main French banks and industrial conglomerates were instructed to make 90 per cent of their investments at home. Mr Sarkozy&rsquo;s move was widely denounced across the EU  but then equally widely imitated.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>At home, the French president was under pressure to go even further in a nationalist direction from his main political opponents  the postman and the housewife, otherwise known as Olivier Besancenot, a Trotskyste, and Marine Le Pen of the far-right National Front. Ms Le Pen cited the rise of Sarah Palin as an inspiration.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As the morning of November 7 wore on, President Palin herself took to the stage in Anchorage, Alaska. Her supporters cheered and waved ice hockey sticks. I&rsquo;ve got a message for the mullahs and the commies, she roared: America is back.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela est plaisant. Inutile de se demander si cela est historique, ou bien raisonnable. Bref, nous ne nous int\u00e9ressons pas aux \u00e9v\u00e9nements d\u00e9crits mais aux raisons qui, aujourd&rsquo;hui, poussent des chroniqueurs respectables \u00e0 botter en touche leur commentaire (l&rsquo;expression pour d\u00e9crire le choix de commenter une situation future hypoth\u00e9tique plut\u00f4t que la situation courante); et, dans le cas de Gideon Rachman, qu&rsquo;est-ce que le choix de telles situations de novembre 2012 r\u00e9v\u00e8lent de sa pens\u00e9e de f\u00e9vrier 2009.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me qu&rsquo;affronte aujourd&rsquo;hui la fonction d&rsquo;homme de l&rsquo;information (du commentaire, de l&rsquo;analyse, etc.) est celui du d\u00e9passement de l&rsquo;information par l&rsquo;Histoire, une sorte de d\u00e9sactualisation de l&rsquo;actualit\u00e9 si l&rsquo;on ose ce n\u00e9ologisme; cela est \u00e0 un point tel que l&rsquo;information semble parfois \u00eatre l&rsquo;Histoire pure et simple, directement exprim\u00e9e, sans la distance habituelle entre information et Histoire \u00e0 laquelle nous sommes accoutum\u00e9s. Les \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;\u00e9poque se d\u00e9roulent \u00e0 un rythme tel que l&rsquo;impression est de plus en plus forte d&rsquo;\u00eatre d\u00e9pass\u00e9 par l&rsquo;ampleur, la vitesse et le sens des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 la fois, pour effectivement acc\u00e9der directement \u00e0 la substance de l&rsquo;Histoire en train de se faire,  et le commentaire en est tout intimid\u00e9. C&rsquo;est une situation int\u00e9ressante, qui touche \u00e9videmment encore plus les commentateurs les plus institutionnels, qui \u00e9voluaient dans un cadre qu&rsquo;ils jugeaient inalt\u00e9rable, qui prot\u00e9geaient peu ou prou leur position en assurant la stabilit\u00e9 de leurs r\u00e9f\u00e9rences intellectuelles et id\u00e9ologiques. L&rsquo;incapacit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e0 seulement influer sur les \u00e9v\u00e9nements, qui est chaque jour plus largement d\u00e9couverte, constitue un calvaire intellectuel, et surtout psychologique, d&rsquo;une force consid\u00e9rable pour ces commentateurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDonc, on botte en touche. On fol\u00e2tre et on joue \u00e0 la boule de cristal, en s&rsquo;en moquant, en jouant \u00e0 ne pas trop se prendre au s\u00e9rieux, en faisant l&rsquo;exercice tout de m\u00eame. A la seconde lecture ou bien directement si l&rsquo;on a l&rsquo;esprit ouvert dans le sens de cette interpr\u00e9tation, il appara\u00eet que l&rsquo;on parle et que l&rsquo;on dit des choses int\u00e9ressantes, non pas sur le futur de 2012 mais sur aujourd&rsquo;hui m\u00eame. Ainsi Gideon Rachman nous renseigne-t-il sur ses pens\u00e9es secr\u00e8tes et ses impressions profondes du temps en cours (f\u00e9vrier 2009). L&rsquo;on peut aussi bien distinguer une analyse assez caract\u00e9ristique de la situation politique, \u00e0 cur ouvert sinon \u00e0 livre ouvert. Nous pouvons, pour notre compte, distinguer trois enseignements qui nous semblent correspondre assez bien aux grandes tendances du temps, chez les commentateurs institutionnels.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;extraordinaire renversement de l&rsquo;appr\u00e9ciation des possibilit\u00e9s d&rsquo;Obama. Cela a moins \u00e0 voir avec ce que parvient \u00e0 faire Obama et ce qu&rsquo;il ne parvient pas \u00e0 faire, avec ce qu&rsquo;il est finalement, qu&rsquo;avec la manipulation psychologique que ces jugements sur lui imposent, au travers de leurs appr\u00e9ciations, au statut du nouveau pr\u00e9sident US. On a accueilli Obama avec un tel enthousiasme du jugement, une telle perception exacerb\u00e9e d&rsquo;un changement fondamental chez lui, qui serait paradoxalement utilis\u00e9 pour remettre le syst\u00e8me dans son \u00e9tat d&rsquo;apparent triomphe d&rsquo;avant la crise (un changement r\u00e9volutionnaire pour r\u00e9tablir une situation conservatrice), que la d\u00e9ception est \u00e0 la mesure et \u00e0 la rapidit\u00e9 de l&rsquo;absence d&rsquo;un tel r\u00e9sultat au bout de trois semaines de pouvoir. Aujourd&rsquo;hui, Obama est per\u00e7u comme une d\u00e9ception presque tragique, et l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;on en a est celle d&rsquo;un scepticisme noir (si l&rsquo;on peut dire) qui tend par avance \u00e0 d\u00e9truire le cr\u00e9dit que pourrait avoir chacune de ses initiatives. Obama, institu\u00e9 \u00e0 son \u00e9lection comme symbole de la victoire in\u00e9luctable sur la crise, est devenu, en trois semaines, le symbole de la crise in\u00e9luctablement victorieuse. Inutile d&rsquo;ajouter qu&rsquo;aucun \u00e9v\u00e9nement, ni dans un sens ni dans l&rsquo;autre, ne justifie un tel changement du jugement; il s&rsquo;agit bien de r\u00e9actions psychologiques exacerb\u00e9es qu&rsquo;on a par rapport \u00e0 celui qui repr\u00e9sente les USA, en plus avec la charge symbolique qu&rsquo;il supporte; autant les USA ont repr\u00e9sent\u00e9 la puissance et la certitude du syst\u00e8me du temps de son triomphe, autant ils en repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui la crise et l&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;extraordinaire fragilit\u00e9 des directions politiques. L&rsquo;appel \u00e0 la puissance publique a \u00e9t\u00e9 la marque de la crise dans sa premi\u00e8re phase (automne 2009). Aujourd&rsquo;hui, le sentiment g\u00e9n\u00e9ral est celui de l&rsquo;impuissance conceptuelle de cette puissance publique en g\u00e9n\u00e9ral, de son incapacit\u00e9 \u00e0 sembler ma\u00eetriser la crise, notamment mais principalement \u00e0 cause de son incapacit\u00e9 \u00e0 en faire un diagnostic, autant conceptuel que pr\u00e9cis. Le paradoxe est que la confiance ne pourrait \u00eatre r\u00e9tablie dans la puissance publique que si tel ou tel chef de gouvernement osait, si m\u00eame il concevait la chose, proclamer que la crise du syst\u00e8me est telle qu&rsquo;elle constitue la condamnation \u00e0 mort du syst\u00e8me et de ses <em>diktat<\/em>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La perception de la puissance tr\u00e8s grande et peut-\u00eatre la justification de certains courants qui sont les grandes tendances anti-globalisantes (anti-syst\u00e8me), m\u00eame si ces tendances sont caricatur\u00e9es et toujours condamn\u00e9es lorsqu&rsquo;elles sont expos\u00e9es; ces courants sont toujours consid\u00e9r\u00e9s avec m\u00e9pris mais aussi avec de plus en plus d&rsquo;une terreur pas loin d&rsquo;\u00eatre consentante. La France joue son r\u00f4le habituel d&rsquo;inspiratrice naturelle de ces courants dans cette esp\u00e8ce de dramaturgie des psychologies affol\u00e9es, quoi qu&rsquo;elle en veuille, avec un Sarko de plus en plus per\u00e7u comme \u00e9tant le chef de file d&rsquo;une action allant n\u00e9cessairement dans ce sens, quoi qu&rsquo;il en veuille lui aussi. Cette remarque-l\u00e0, avec notre soulign\u00e9 en gras, vaut de l&rsquo;or pour comprendre cette perception qu&rsquo;on tente de d\u00e9crire d&rsquo;une sorte d&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9: \u00ab<em>Mr Sarkozy&rsquo;s move was widely denounced across the EU  but then equally<\/em> <strong><em>widely imitated.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 18 f\u00e9vrier 2009 \u00e0 06H49<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Puisque la crise va si vite, pourquoi ne pas aller encore plus vite, nous-m\u00eames? 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