{"id":70562,"date":"2009-02-24T22:40:31","date_gmt":"2009-02-24T22:40:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/02\/24\/une-lecon-danatomie\/"},"modified":"2009-02-24T22:40:31","modified_gmt":"2009-02-24T22:40:31","slug":"une-lecon-danatomie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/02\/24\/une-lecon-danatomie\/","title":{"rendered":"Une le\u00e7on (?) d&rsquo;anatomie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Une le\u00e7on (?) d&rsquo;anatomie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t24 f\u00e9vrier 2009  Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette crise, quelle est sa r\u00e9elle substance? Nous tenons pour notre part, comme nous l&rsquo;avons \u00e9crit souvent, qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise de civilisation,  mais plus encore, que c&rsquo;est la crise de notre civilisation,  entendant par l\u00e0 que ce n&rsquo;est pas une crise de plus de notre civilisation mais la crise fondamentale de notre civilisation. Que cette crise, comme le remarque l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de nos lecteurs, se soit d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9e, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence sinon une lapalissade compl\u00e8te,  puisqu&rsquo;elle n&rsquo;est pas n\u00e9e d&rsquo;hier et qu&rsquo;elle s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9e \u00e0 diverses reprises. (C&rsquo;est bien entendu <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-verdun_ou_la_repetition_generale_22_09_2008.html\" class=\"gen\">compl\u00e8tement<\/a> la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\" class=\"gen\">th\u00e8se<\/a> du <a href=\"http:\/\/www.lesamesdeverdun.com\/\" class=\"gen\">livre<\/a> <em>Les \u00e2mes de Verdun<\/em>, auquel nous avons apport\u00e9 quelque contribution.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa diff\u00e9rence, aujourd&rsquo;hui, est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise dont on devine bien la nature, de plus en plus fermement, de plus en rapidement, presque en temps r\u00e9el comme on dit;  nous nous regardons \u00eatre en crise en m\u00eame temps que nous sommes en crise, et nous mesurons la gravit\u00e9 formidable de cette crise, d&rsquo;une fa\u00e7on assez mesur\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e apr\u00e8s tout, en m\u00eame temps que nous la subissons. On peut  aller au cin\u00e9ma assez paisiblement et, \u00e0 l&rsquo;entr&rsquo;acte, en mangeant un chocolat glac\u00e9, se faire \u00e0 soi-m\u00eame la remarque : Tiens, au fait, notre civilisation est entr\u00e9e dans sa crise ultime, puis nous installer confortablement pour suivre le film,  par exemple, <em>Die Hard<\/em> n\u00b04 ou n\u00b05 de la s\u00e9rie, avec Bruce Willis et ses cheveux blanchis et ras\u00e9s, en train de sauver la civilisation hollywoodienne \u00e0 bord d&rsquo;un F-35\/JSF qui marche vraiment tr\u00e8s bien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa diff\u00e9rence, encore, avec les pr\u00e9c\u00e9dentes crises de la civilisation, et pour caract\u00e9riser encore plus cette crise comme la crise de notre civilisation, tient dans ce que sa nature, que nous percevons au moment o\u00f9 la crise se d\u00e9veloppe, est li\u00e9e effectivement, directement et d&rsquo;une mani\u00e8re d\u00e9monstrative, \u00e0 la nature du syst\u00e8me qui nous r\u00e9git, qui est aujourd&rsquo;hui le syst\u00e8me central de notre civilisation; il n&rsquo;y a pas dissimulation derri\u00e8re tel ou tel \u00e9v\u00e9nement, le lien entre la crise et le syst\u00e8me est irr\u00e9futable. Ainsi la crise est-elle encore plus confirm\u00e9e et renforc\u00e9e, \u00e0 mesure qu&rsquo;elle se r\u00e9pand, comme la crise de notre civilisation,  crise unique par sa puissance et sa signification, crise ultime \u00e9galement, parce qu&rsquo;apr\u00e8s un tel choc, plus rien ne sera jamais plus comme avant; en ce sens \u00e9galement, une crise sans apr\u00e8s (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-comment_une_crise_peut_en_cacher_beaucoup_beaucoup_d_autres_08_12_2008.html\" class=\"gen\">il n&rsquo;y a plus d&rsquo;apr\u00e8s<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;important, \u00e0 ce point, est la r\u00e9v\u00e9lation et la r\u00e9alisation qu&rsquo;il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement de cette sorte, ou qu&rsquo;il y a une \u00e9volution perceptible vers cela, qu&rsquo;on trouve de plus en plus distinctement dans des d\u00e9clarations, analyses, commentaires, etc. Comme on l&rsquo;a vu, les appr\u00e9ciations officielles \u00e9voluent tr\u00e8s vite, de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-depression_et_protectionnisme_10_02_2009.html\" class=\"gen\">affirmation<\/a> circonstanci\u00e9e et publique qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9pression, \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution vers une dialectique <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-catastrophisme_sollicite_11_02_2009.html\" class=\"gen\">catastrophiste<\/a>, jusqu&rsquo;\u00e0 des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-etat_de_siege_23_02_2009.html\" class=\"gen\">diagnostics<\/a> encore plus pr\u00e9cis. On mesure ainsi, \u00e0 la trace, comme le Petit Poucet suit les cailloux sur le chemin, l&rsquo;\u00e9volution extraordinairement rapide du sentiment, expos\u00e9 publiquement, de nos dirigeants. Il n&rsquo;est pas ici question de savoir si ces dirigeants son aimables ou pas, s&rsquo;ils sont ou non dignes de confiance; il est question ici d&rsquo;appr\u00e9cier l&rsquo;\u00e9volution de leurs appr\u00e9ciations et de peser ces appr\u00e9ciations. Qu&rsquo;on ait quelque estime pour Soros ou qu&rsquo;on n&rsquo;en ait aucunement, \u00e9ventuellement avec d&rsquo;excellentes raisons pour ceci ou cela, n&#8217;emp\u00eache en rien qu&rsquo;il est int\u00e9ressant de l&rsquo;entendre faire une analogie entre la dissolution dans un trou noir de l&rsquo;URSS en 1989-1991, et le sort pr\u00e9sent, actuellement en cours, litt\u00e9ralement \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 il nous parle, du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_american_gorbatchev_a_american_super-gorbatchev__24_02_2009.html?admin=1\" class=\"gen\">Par ailleurs<\/a>, nous nous attachons en d\u00e9tails \u00e0 un texte r\u00e9cent de Robert Reich (le <a href=\"http:\/\/robertreich.blogspot.com\/2009\/02\/hope-and-trust-and-mini-depression.html\" class=\"gen\">20 f\u00e9vrier<\/a>, sur son site). Reich met l&rsquo;accent sur la question fondamentale de la confiance, ou l&rsquo;absence de confiance, comme moteur de la crise. C&rsquo;est \u00e9videmment attirer l&rsquo;attention sur la question beaucoup plus large, \u00e9galement tout \u00e0 fait fondamentale, de la psychologie, du r\u00f4le qu&rsquo;elle joue dans la crise, de son effet sur l&rsquo;\u00e9volution de la crise, etc. Certains des effets de la crise, et pas des moindres, des effets d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration notamment, des effets de multiplication, des effets d&rsquo;effondrement, sont essentiellement dus \u00e0 la psychologie (\u00e0 la perception, \u00e0 l&rsquo;humeur, \u00e0 la confiance et \u00e0 la d\u00e9fiance).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous croyons d&rsquo;autant plus \u00e0 l&rsquo;importance du facteur psychologique que nous jugeons qu&rsquo;il est notablement plus puissant qu&rsquo;en d&rsquo;autres occasions tragiques de la sorte, ce qui fait de cette crise quelque chose qui ne ressemble \u00e0 rien de ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. (Nous sommes plus que jamais dans l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-politique_d_epoque_l_ere_psychopolitique_rubrique_analyse_volume_22_n07_du_10_decembre_2006_25_12_2006.html\" class=\"gen\">\u00e8re psychopolitique<\/a>.) C&rsquo;est \u00e0 ce point qu&rsquo;on touche au domaine d&rsquo;une extraordinaire puissance de la diffusion de la crise, de son entra\u00eenement interne, de son auto alimentation et de son auto d\u00e9veloppement. Lorsque Pauk Volcker remarque \u00ab<em>I don&rsquo;t remember any time, maybe even in the Great Depression, when things went down quite so fast, quite so uniformly around the world<\/em>\u00bb, il se r\u00e9f\u00e8re justement \u00e0 cette vitesse, \u00e0 cette sorte de perfection de la diffusion de la chose, qui est \u00e0 notre sens bien plus la cons\u00e9quence du domaine psychologique qu&rsquo;\u00e9conomique dans son fondement, dans sa dynamique m\u00eame. Les d\u00e9cisions prises, les mesures arr\u00eat\u00e9es, les d\u00e9clarations, etc., sont \u00e9videmment bien plus la cons\u00e9quence de psychologies \u00e9nerv\u00e9es et press\u00e9es, que d&rsquo;une analyse \u00e9conomique sereine,  puisque, par ailleurs, ils vous racontent qu&rsquo;ils n&rsquo;y comprennent rien, qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais vu \u00e7a, qu&rsquo;ils ne savent pas o\u00f9 l&rsquo;on va,  et qu&rsquo;il faut bien faire quelque chose. (Pour rappel de cette impuissance d&rsquo;une imagination \u00e9conomique, m\u00eame un Reich, qui n&rsquo;est pas sot ni aveugl\u00e9 par l&rsquo;arrogance, mais qui est tout de m\u00eame du syst\u00e8me, nous disait, il y a <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_horreur_et_le_tabou_de_1929_et_l_esprit_de_la_religion_du_systeme_19_01_2008.html\" class=\"gen\">un an et un mois<\/a>, \u00e0 une question sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un nouveau 1929,  \u00ab<em>Oh non, certainement pas!<\/em>\u00bb) <\/p>\n<h3>Une crise authentiquement d\u00e9mocratique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;importance consid\u00e9rable de la psychologie  est accept\u00e9e, on peut se demander maintenant comment on est arriv\u00e9 \u00e0 un r\u00e9sultat si remarquable, si exceptionnel par sa rapidit\u00e9, de l&rsquo;importance de la psychologie et de l&rsquo;effet de cette place importante sur la crise, sur son alimentation, sur sa diffusion, etc. Nous pensons que deux aspects doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La puissance de la communication. Comme l&rsquo;on sait, cette puissance est av\u00e9r\u00e9e, et elle constitue sans nul doute une caract\u00e9ristique fondamentale de notre \u00e9poque, peut-\u00eatre avec un changement de substance de ce ph\u00e9nom\u00e8ne de la communication par rapport \u00e0 ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9,  particuli\u00e8rement, \u00e0 notre sens, depuis la fin de la Guerre froide et la fin de l&rsquo;URSS, et en liaison avec ces \u00e9v\u00e9nements. (Essentiellement parce que la disparition de l&rsquo;URSS a laiss\u00e9 le syst\u00e8me seul, sans r\u00e9f\u00e9rence ext\u00e9rieure acceptable,   <em>dixit<\/em> le Sovi\u00e9tique Georgyi Arbatov aux Am\u00e9ricains,  en 1988: \u00ab<em>Nous allons vous faire une chose terrible, nous allons vous priver d&rsquo;Ennemi<\/em>\u00bb,  remplacer Ennemi par r\u00e9f\u00e9rence ext\u00e9rieure acceptable.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ses cons\u00e9quences inattendues, ce d\u00e9veloppement consid\u00e9rable du ph\u00e9nom\u00e8ne de la communication n&rsquo;implique pas seulement la diffusion de l&rsquo;information, la profusion de l&rsquo;information, la relativisation de l&rsquo;information (des ind\u00e9pendants sur le net plus cr\u00e9dibles que les informations officielles); elle implique \u00e9galement un changement des psychologies,  ceci allant avec cela. Nous pensons que nos psychologies sont devenues plus sensibles, plus ouvertes, plus ais\u00e9ment influen\u00e7able et mall\u00e9ables dans tous les sens mais aussi, mais surtout plus difficiles \u00e0 fixer dans une posture d\u00e9sir\u00e9e. Au stade de puissance o\u00f9 elle est arriv\u00e9e, la communication n&rsquo;est plus un facteur conditionnant (enfermant) mais un facteur ouvrant des psychologies; on ne serait pas loin de voir se d\u00e9velopper dans la communication, au stade d&rsquo;intensit\u00e9 de la circulation d&rsquo;informations o\u00f9 nous met la crise, un effet contradictoire, un ph\u00e9nom\u00e8ne absolument inverse de celui que ses promoteurs recherchaient (les gens du syst\u00e8me cherchant une conformation des mentalit\u00e9s, des jugements, etc.), c&rsquo;est-\u00e0-dire un facteur paradoxalement lib\u00e9rateur. Ce n&rsquo;est pas dire que nous atteignons la v\u00e9rit\u00e9, car toutes les sornettes peuvent circuler aussi bien que les grandes choses, c&rsquo;est dire plut\u00f4t que les psychologies ne sont plus contraintes dans la seule v\u00e9n\u00e9ration des sornettes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe ph\u00e9nom\u00e8ne touche m\u00eame les dirigeants, sans qu&rsquo;ils en prennent n\u00e9cessairement conscience, et m\u00eame, au contraire, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;en prennent pas conscience. Leur dramatisation de la crise, qui peut para\u00eetre excessive parfois, qui l&rsquo;est dans tous les cas par rapport \u00e0 la prudence syst\u00e9mique qui devrait \u00eatre de mise, a pour effet d&rsquo;accr\u00e9diter chez eux, par logique antagoniste, une condamnation implicite du syst\u00e8me qu&rsquo;ils servent et que, pourtant, ils sont encore conduits \u00e0 d\u00e9fendre. Mais entre les deux dynamiques, on voit laquelle est la plus puissante : une appr\u00e9ciation de plus en plus tragique de la crise conduit n\u00e9cessairement \u00e0 un jugement de plus en plus s\u00e9v\u00e8re, \u00e0 une condamnation du syst\u00e8me qui l&rsquo;a g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, tandis que la d\u00e9fense ne cesse de s&rsquo;affaiblir. Nous sommes, \u00e0 notre sens, dans ce processus en cours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette \u00e9volution conduit \u00e0 une \u00e9rosion extraordinairement rapide de notre puissance,  de la puissance du syst\u00e8me. C&rsquo;est l\u00e0 le deuxi\u00e8me point, qui d\u00e9pend du premier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Effectivement, le premier ph\u00e9nom\u00e8ne signal\u00e9, la rapidit\u00e9 de la communication et son effet objectivement \u00e9rosif puis brutalement destructeur de l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;on a pour la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance du syst\u00e8me, a naturellement un effet direct sur la confiance objective dans ce syst\u00e8me, sur l&rsquo;appr\u00e9ciation de sa vertu rationnelle, de sa beaut\u00e9 et de son fondement id\u00e9ologique. Le ph\u00e9nom\u00e8ne de la fascination exerc\u00e9e par le syst\u00e8me sur nos psychologies tend \u00e0 s&rsquo;\u00e9vanouir aussi vite que la crise se propage, et ce ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;effacement de la fascination \u00e0 son tour, acc\u00e9l\u00e8re encore, lui-m\u00eame, le rythme de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA notre sens, la crise de confiance signal\u00e9e par Reich est particuli\u00e8rement forte parce qu&rsquo;elle se r\u00e9alise dans les conditions que nous tentons de d\u00e9crire, avec la psychologie devenue ouverte \u00e0 cause de la dynamique de la communication. Cette crise de confiance entra\u00eene un effondrement de la puissance d&rsquo;un syst\u00e8me qui avait acquis cette puissance, d&rsquo;abord par l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9e de cette puissance chez ceux qui le servaient et qui faisaient sa promotion, chez ceux qui, conduits par le conformisme, l&rsquo;admiraient et le respectaient, chez ceux qui s&rsquo;ex\u00e9cutaient devant lui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi le syst\u00e8me fonctionne (a fonctionn\u00e9) dans sa derni\u00e8re phase depuis la chute de l&rsquo;URSS d&rsquo;une fa\u00e7on presque syst\u00e9matique par bulles de puissances, successives ou simultan\u00e9es dans des domaines diff\u00e9rents, c&rsquo;est parce que cette puissance a \u00e9t\u00e9 effectivement cr\u00e9\u00e9e par la perception qu&rsquo;on en a, facilit\u00e9e par la communication, et la communication exer\u00e7ant son influence sur des psychologies mall\u00e9ables d&rsquo;une fa\u00e7on erratique, dans des domaines diff\u00e9rents. Apr\u00e8s que les conditions nouvellement cr\u00e9\u00e9es (depuis la chute de l&rsquo;URSS) ont conduit la communication \u00e0 se d\u00e9velopper diff\u00e9remment, comme on l&rsquo;a d\u00e9crit, d\u00e8s lors que les psychologies r\u00e9agissent diff\u00e9remment parce qu&rsquo;elles le peuvent (parce qu&rsquo;elles sont ouvertes), d\u00e8s lors que les perceptions de la puissance s&rsquo;\u00e9rodent au profit d&rsquo;une perception sceptique, voire hostile \u00e0 cette puissance, c&rsquo;est cette puissance qui s&rsquo;effrite, d\u00e9couvrant par contraste une extraordinaire fragilit\u00e9 du syst\u00e8me. En effet, la grande d\u00e9couverte de la crise n&rsquo;est pas la d\u00e9couverte de la puissance du syst\u00e8me qui s&rsquo;effondre, mais la fragilit\u00e9 de ce syst\u00e8me qu&rsquo;on croyait si puissant. C&rsquo;est l\u00e0, comme pour l&rsquo;URSS, un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne de trou noir: au plus l&rsquo;\u00e9norme chose explose, au plus on d\u00e9couvre qu&rsquo;elle se rapetisse en explosant Peut-\u00eatre aurons-nous en finale (oh, la belle verte), l&rsquo;explosion colossale ultime de l&rsquo;\u00e9norme chose transform\u00e9e en rien. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe ph\u00e9nom\u00e8ne vaut pour la finance et pour l&rsquo;\u00e9conomie, mais il vaut aussi pour tout le reste; pour l&rsquo;arm\u00e9e US, pour le JSF, pour la politique ext\u00e9rieure US, etc. (Si l&rsquo;on cite des artefacts US, c&rsquo;est pour la raison \u00e9vidente, que chacun devine ais\u00e9ment, que l&rsquo;am\u00e9ricanisme est \u00e9videmment le cur du syst\u00e8me.) La crise ne fait pas de jaloux, elle entend r\u00e9pandre ses bienfaits d&rsquo;une mani\u00e8re, en un sens, admirablement et authentiquement d\u00e9mocratique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une le\u00e7on (?) d&rsquo;anatomie 24 f\u00e9vrier 2009 Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette crise, quelle est sa r\u00e9elle substance? 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