{"id":70617,"date":"2009-03-18T14:56:59","date_gmt":"2009-03-18T14:56:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/03\/18\/un-bonus-trop-loin-pour-wall-street-ou-pour-bho\/"},"modified":"2009-03-18T14:56:59","modified_gmt":"2009-03-18T14:56:59","slug":"un-bonus-trop-loin-pour-wall-street-ou-pour-bho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/03\/18\/un-bonus-trop-loin-pour-wall-street-ou-pour-bho\/","title":{"rendered":"Un bonus trop loin, \u2013 pour Wall Street ou pour BHO?"},"content":{"rendered":"<p><p>La fureur d\u00e9clench\u00e9e \u00e0 Washington et dans tout le pays par l&rsquo;affaire des bonus de AIG pourrait \u00e9ventuellement constituer un tournant dans la crise aux USA. On conna\u00eet le principe, qui renvoie aux plus saines et morales pratiques du capitalisme financier: $165 millions de bonus, la plus r\u00e9cente tranche, en cours de paiement depuis vendredi dernier \u00e0 des employ\u00e9s et des dirigeants de AIG pour 2008, pour les r\u00e9compenser de leur travail, notamment \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;automne dernier, alors que le g\u00e9ant de l&rsquo;assurance s&rsquo;effondrait, qu&rsquo;il \u00e9tait nationalis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine,  c&rsquo;est-\u00e0-dire b\u00e9n\u00e9ficiant sans aucun contr\u00f4le du gouvernement d&rsquo;une aide express, puis d&rsquo;une autre et d&rsquo;une autre, et ainsi de suite, pour un total qui doit approcher les $170 milliards.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe vrai est que nous avons de la peine \u00e0 suivre tous ces montants d&rsquo;aide publique sans le moindre contr\u00f4le et laiss\u00e9e \u00e0 la discr\u00e9tion de la moralit\u00e9 laborieuse des gens de Wall Steet, avec pour r\u00e9sumer notre propos et notre r\u00e9action une id\u00e9e un peu dans le genre (comme Joseph Staline disait des morts): $1.000 c&rsquo;est de l&rsquo;argent, $170 milliards c&rsquo;est de la comptabilit\u00e9; enfin, nous repliant sur la remarque que tout cela pr\u00eate \u00e0 sourire avec un air incr\u00e9dule, comme devant une \u00e9norme caricature de la vie courante de la crise \u00e0 Wall Street, comme pour dire: Allez, il ne faut pas trop exag\u00e9rer, tout de m\u00eame&#8230; Et puis, il y eut les $165 millions de bonus. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9sum\u00e9 des chapitres pr\u00e9c\u00e9dant la d\u00e9couverte de l&rsquo;horrible pot aux roses, d&rsquo;apr\u00e8s le rapport de CNN du <a href=\"http:\/\/edition.cnn.com\/2009\/POLITICS\/03\/17\/obama.aig\/index.html\" class=\"gen\">17 mars<\/a>:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>AIG came under attack in October when it spent hundreds of thousands on a retreat for executives after it accepted the billions in bailout funds. AIG maintained that most of the event was paid for by the participants and partners at the conference.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>AIG, which has more than 74 million insurance policies issued in 130 countries around the world, lost a record $62 billion in the fourth quarter of 2008. After reporting the losses, AIG received another $30 billion from the Treasury Department.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne autre pr\u00e9cision nous est donn\u00e9e par le Wall Street <em>Journal<\/em>, via <em>WSWS.org<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2009\/mar2009\/pers-m16.shtml\" class=\"gen\">16 mars<\/a> : \u00ab<em>According to the Wall Street Journal, AIG International is paying out $450 million in bonuses to executives at its London-based subsidiary AIG Financial Products, which was primarily responsible for the company&rsquo;s staggering $99.3 billion loss in 2008.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons donc avec l&rsquo;\u00e9tape fatale,  et puis, il y eut les $165 millions de bonus. Le m\u00eame rapport de CNN examine les cons\u00e9quences politiques de cette affaire, qu&rsquo;il juge tr\u00e8s importante, au point de l&rsquo;appr\u00e9cier \u00e9ventuellement comme un tournant politique pour Barack Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The American International Group debacle could be setting President Barack Obama up for trouble, should his administration try to move forward with additional bailouts. Echoing the sentiment of taxpayers, the president on Monday called the ailing insurance giant&rsquo;s plans to dole out $165 million in bonuses an outrage and said he would attempt to block the additional compensation.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>David Gergen, a senior political analyst for CNN, said the AIG controversy could be a turning point in Obama&rsquo;s efforts for bailouts in the sense that this is igniting so much public anger. I think the president is in an awkward position, because he wants and he may need to continue bailing out big banks, big institutions, the car companies. But there&rsquo;s so much anger over this that people may say: The hell with it. I don&rsquo;t care what happens to these people. Let them go. They are abusing us. They&rsquo;re taking our money and exploiting it,&rsquo; he said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, la col\u00e8re est g\u00e9n\u00e9rale. On entend des s\u00e9nateurs r\u00e9publicains (Charles Grassley) s&rsquo;\u00e9crier, dans un premier \u00e9lan, que les patrons d&rsquo;AIG devraient faire comme les patrons japonais coupables d&rsquo;erreurs de gestion ou de fraude, c&rsquo;est-\u00e0-dire faire <em>hara-kiri<\/em>. (Grassley est, depuis, un peu revenu sur ses d\u00e9clarations, sans doute effray\u00e9 par l&rsquo;archa\u00efsme de sa suggestion qui ne pr\u00e9voit m\u00eame pas l&rsquo;usage d&rsquo;armes \u00e0 feu am\u00e9ricanistes.) Le chef de la minorit\u00e9 (r\u00e9publicaine) au S\u00e9nat, McConnell, reproche au gouvernement de n&rsquo;avoir pas \u00e9tabli une surveillance et un contr\u00f4le de la direction d&rsquo;AIG lors de la derni\u00e8re g\u00e2terie ($30 milliards) donn\u00e9e, en janvier, \u00e0 l&rsquo;assureur-g\u00e9ant soi-disant nationalis\u00e9. Venues de la part des r\u00e9publicains, ennemis jur\u00e9s traditionnels de toute forme d&rsquo;interventionnisme, de contr\u00f4le public sur les entreprises dites nationalis\u00e9es comme sur les entreprises priv\u00e9es, ces observations sont piquantes et nous indiquent que ces m\u00eames r\u00e9publicains ne reculent devant aucun sacrifice en fait de culot et d&rsquo;impudence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Referring to the AIG bonuses, <\/em>[Mitch McConnell]<em> said, Many of us expressed absolute outrage. And yesterday, the White House joined that chorus and promised to do everything possible to get the taxpayers&rsquo; money back. I appreciate their efforts. However, it would have been better if this pledge included action two weeks ago when the Treasury agreed to give AIG another $30 billion in taxpayer money. Wouldn&rsquo;t the Treasury and the taxpayer have had more leverage over AIG&rsquo;s executive contracts before providing another $30 billion in taxpayer money rather than allowing the bonuses to be paid with taxpayer money?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa col\u00e8re est aussi tr\u00e8s forte dans la population. Le projet d&rsquo;une nouvelle aide massive de l&rsquo;administration au secteur bancaire appara\u00eet ainsi de plus en plus difficile \u00e0 pr\u00e9senter au Congr\u00e8s. C&rsquo;est un probl\u00e8me qui ne cesse de s&rsquo;aggraver pour Obama, qui base sa strat\u00e9gie sur un renflouement du secteur bancaire, qui lui est demand\u00e9 par l&rsquo;<em>establishment<\/em> financier et \u00e9conomique. (Les pr\u00e9visions optimistes de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bernanke_ou_l_info_en_continu_17_03_2009.html\" class=\"gen\">Bernanke<\/a> sont assorties effectivement de cette condition.) D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, c&rsquo;est tout le principe de l&rsquo;aide publique massive telle qu&rsquo;elle est actuellement pratiqu\u00e9e qui est mis en question, notamment par les r\u00e9publicains, qui \u00e9tendent leur critique aux autres formes d&rsquo;aide de l&rsquo;administration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe cette fa\u00e7on, Obama se trouve de plus en plus en position difficile par rapport \u00e0 ses positions int\u00e9rieures et internationales, dans ce domaine de la lutte contre la crise. Son affaiblissement int\u00e9rieur p\u00e8se sur sa position internationale, l&rsquo;affaiblissement de sa position internationale renvoyant \u00e0 son tour \u00e0 un affaiblissement de sa position interne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans le d\u00e9saccord entre l&rsquo;UE et les USA dans la perspective du G20, les Europ\u00e9ens se trouvent renforc\u00e9s dans leur interpr\u00e9tation critique des incitations de l&rsquo;administration US pour qu&rsquo;eux-m\u00eames d\u00e9cident des aides publiques suppl\u00e9mentaires (\u00ab<em>The Americans are only asking us for money because they haven&rsquo;t got the guts to ask Congress for it<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Au contraire, les Europ\u00e9ens peuvent juger d&rsquo;autant plus justifi\u00e9e, devant le cas AIG, la priorit\u00e9 qu&rsquo;ils mettent dans la mise en place d&rsquo;une r\u00e9gulation et d&rsquo;une police des diverses pratiques bancaires. L&rsquo;affaire des bonus de l&rsquo;AIG tend alors \u00e0 devenir un symbole et un exemple plus qu&rsquo;un accident, r\u00e9v\u00e9lateurs de pratiques de moins en moins tol\u00e9rables, et un symbole et un exemple qui peuvent compromettre tout une politique de lutte contre la crise et de redressement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela finit pas peser n\u00e9gativement sur la popularit\u00e9 d&rsquo;Obama. Le <a href=\"http:\/\/pewresearch.org\/pubs\/1153\/obama-job-approval-economic-policy-views-divided-iraq-afghanistan\" class=\"gen\">16 mars<\/a>, le PEW Research Center signalait le r\u00e9sultat de ses enqu\u00eates r\u00e9guli\u00e8res: en mars, le pourcentage de popularit\u00e9 d&rsquo;Obama (opinions favorables) est tomb\u00e9 \u00e0 59% (64% en f\u00e9vrier), essentiellement \u00e0 cause de sa politique de lutte contre la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMalgr\u00e9 des affirmations volontaristes et des initiatives assez radicales face au syst\u00e8me (le budget, son action au Pentagone), Obama reste encore prisonnier d&rsquo;une perception contradictoire au niveau de son action contre la crise; le populiste le c\u00e9dant, dans ce cas dans l&rsquo;esprit du public, au soutien de Wall Street. Cela n&rsquo;est qu&rsquo;en partie vrai, quand on voit l&rsquo;h\u00e9ritage incroyable de l&rsquo;administration Bush \u00e0 cet \u00e9gard; peu importe, pour se d\u00e9gager de cette perception injuste et \u00e9viter une perte de popularit\u00e9 qui risquerait de devenir un probl\u00e8me, pour l&rsquo;application de sa politique anti-crise mais aussi dans sa position face au syst\u00e8me, Obama va tr\u00e8s vite se trouver devant le choix de se radicaliser beaucoup plus qu&rsquo;il ne l&rsquo;a fait. Ce choix pourrait se pr\u00e9senter tr\u00e8s rapidement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tActuellement, avec l&rsquo;affaire des bonus d&rsquo;AIG, c&rsquo;est le d\u00e9sordre et les incoh\u00e9rences grotesques du syst\u00e8me US qui prennent (reprennent) le dessus sur la crise \u00e9conomique elle-m\u00eame, tout en l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rant. Cela signifie que les r\u00e9actions publiques, jusqu&rsquo;ici contenues \u00e0 la fatalit\u00e9 de la crise, pourraient effectivement se transformer en col\u00e8re contre une r\u00e9alit\u00e9 cette fois pr\u00e9cis\u00e9ment identifi\u00e9e, une r\u00e9alit\u00e9 sp\u00e9cifiquement am\u00e9ricaniste,  le syst\u00e8me lui-m\u00eame.   <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 18 mars 2009 \u00e0 14H55<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fureur d\u00e9clench\u00e9e \u00e0 Washington et dans tout le pays par l&rsquo;affaire des bonus de AIG pourrait \u00e9ventuellement constituer un tournant dans la crise aux USA. 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