{"id":70637,"date":"2009-03-26T06:59:44","date_gmt":"2009-03-26T06:59:44","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/03\/26\/hillary-et-la-verite-mexicaine-par-necessite\/"},"modified":"2009-03-26T06:59:44","modified_gmt":"2009-03-26T06:59:44","slug":"hillary-et-la-verite-mexicaine-par-necessite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/03\/26\/hillary-et-la-verite-mexicaine-par-necessite\/","title":{"rendered":"Hillary et la v\u00e9rit\u00e9 (mexicaine) par n\u00e9cessit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><p>La Secr\u00e9taire d&rsquo;Etat Hillary Clinton est en visite \u00e0 Mexico City, pour assurer le Mexique et, surtout, son pr\u00e9sident Calderon, du soutien des USA. Cela nous vaut, lors de son voyage vers Mexico, hier, et lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse \u00e0 son arriv\u00e9e, une confession assez rare dans son principe de la part d&rsquo;un dirigeant US, sur la responsabilit\u00e9 des USA dans la situation de d\u00e9sordre qui prolif\u00e8re au Mexique, sur le fronti\u00e8re Sud des USA et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Sud des USA. Il est effectivement assez rare d&rsquo;entendre un dirigeant US reconna\u00eetre que les USA portent une responsabilit\u00e9 dans une situation de crise ext\u00e9rieure, que leur vertu g\u00e9n\u00e9rale a donc failli en cette occasion alors qu&rsquo;il est en g\u00e9n\u00e9ral proclam\u00e9 et bien compris que les USA ont une sup\u00e9riorit\u00e9 telle sur le reste que la faillite de leur vertu est en g\u00e9n\u00e9ral hors du champ du possible. (Selon Reuters, ce <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/newsOne\/idUSN25454116\" class=\"gen\">25 mars 2009<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>An insatiable appetite in the United States for illegal drugs is to blame for much of the violence ripping through Mexico, U.S. Secretary of State Hillary Clinton said on Wednesday. Clinton acknowledged the U.S. role in Mexico&rsquo;s vicious drug war as she arrived in Mexico for a two-day visit where she discussed U.S. plans to ramp up security on the border with President Felipe Calderon.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Our insatiable demand for illegal drugs fuels the drug trade. Our inability to prevent weapons from being illegally smuggled across the border to arm these criminals causes the death of police officers, soldiers and civilians, Clinton told reporters during her flight to Mexico City. I feel very strongly we have a co-responsibility.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Clinton said the Obama administration strongly backed Mexico in its fight with the drug cartels and vowed the United States would try to speed up the transfer of drug-fighting equipment promised under a 2007 agreement. We will stand shoulder-to-shoulder with you &#8230; Our relationship is far greater than any threat, Clinton said at a news conference in Mexico City.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, ces affirmations assez rares sur la responsabilit\u00e9 extr\u00eamement forte des USA dans une situation dans un pays \u00e9tranger rencontrent une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9e par Calderon. C&rsquo;\u00e9tait notamment le cas dans une un passage d&rsquo;une d\u00e9claration au <em>Monde<\/em>, que nous avions retranscrite le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-detail_mexicain_en_marge_des_preoccupations_francaises_une_possible_intervention_us_10_03_2009.html\" class=\"gen\">10 mars 2009<\/a>: \u00ab<em>Parlons des causes. La premi\u00e8re, c&rsquo;est le consommateur am\u00e9ricain. Si les Etats-Unis n&rsquo;\u00e9taient pas le plus gros march\u00e9 de drogue au monde, nous n&rsquo;aurions pas ce probl\u00e8me. Il y a aussi le commerce des armes. En deux ans, nous en avons saisi 33 000, dont 18 000 de gros calibre, des lance-missiles, des milliers de grenades, des engins capables de perforer des blindages. Or l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 achet\u00e9e aux Etats-Unis, y compris du mat\u00e9riel qui est la propri\u00e9t\u00e9 exclusive de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine. En 2004, (l&rsquo;administration Bush) a lev\u00e9 l&rsquo;interdiction de vente qui pesait sur des armes tr\u00e8s dangereuses.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9p\u00e9tons-le, on a bien peu l&rsquo;habitude d&rsquo;un <em>mea culpa<\/em> d&rsquo;un dirigeant am\u00e9ricaniste sur la responsabilit\u00e9 US dans une situation de d\u00e9sordre dans un autre pays. Le fait est assez remarquable pour \u00eatre soulign\u00e9, et il est d&rsquo;autant plus remarquable dans ce cas que le <em>mea culpa<\/em> porte autant sur le trafic des armes des USA vers le Mexique, sujet tr\u00e8s sensible \u00e9lectoralement par rapport \u00e0 la question de la vente libre des armes aux USA, que sur la consommation de drogue. Sans \u00e9carter la possibilit\u00e9 bienveillante qu&rsquo;Hillary Clinton ait eu, dans cette occasion, un certain go\u00fbt pour la publicit\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9, par vertu naturelle dirions-nous, il faut \u00e9galement s&rsquo;attacher \u00e0 une explication compl\u00e9mentaire qui a des rapports \u00e9vidents avec la situation politique. On notera deux points qui nous paraissent importants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cette d\u00e9claration est une aide directe puissante au pr\u00e9sident Calderon. La d\u00e9claration tend \u00e0 l&rsquo;exon\u00e9rer en bonne partie de la responsabilit\u00e9 compl\u00e8te de la situation. Dans ce cas, on peut accepter l&rsquo;explication qu&rsquo;avancent certains milieux pour d\u00e9crire la position de Calderon comme extr\u00eamement fragile et instable. La guerre du narco-trafic le met dans une position extr\u00eamement dangereuse et Calderon a demand\u00e9, voire exig\u00e9 une aide et un soutien personnel des USA. De leur c\u00f4t\u00e9, les USA ne craignent rien de pire qu&rsquo;une mise en cause de l&rsquo;actuel pr\u00e9sident mexicain, qui pourrait conduire \u00e0 sa chute et \u00e0 la plong\u00e9e du pays dans le chaos, avec les cons\u00e9quences qu&rsquo;on imagine pour les USA. Les d\u00e9clarations d&rsquo;Hillary constituent donc un soutien indirect puissant au pr\u00e9sident en le d\u00e9chargeant d&rsquo;une partie importante de sa responsabilit\u00e9. La cons\u00e9quence possible et involontaire de cette tactique US est que les d\u00e9clarations d&rsquo;Hillary risquent fort de renforcer l&rsquo;antiam\u00e9ricanisme des Mexicains, exacerb\u00e9 par la situation et, effectivement, par la responsabilit\u00e9 US, bien connue et ainsi officiellement confirm\u00e9e par les responsables eux-m\u00eames. La publicit\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9 est une belle chose mais lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;exerce aux d\u00e9pens d&rsquo;une politique si compl\u00e8tement unilat\u00e9raliste, interventionniste et inattentive des autres, comme c&rsquo;est le cas de la politique g\u00e9n\u00e9rale des USA depuis des d\u00e9cennies, sinon depuis toujours, il faut craindre des cons\u00e9quences d\u00e9plaisantes. Quoi qu&rsquo;il en soit, saluons la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, comme on l&rsquo;a vu le <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/topNews\/idUSTRE52O0NU20090325\" class=\"gen\">24 mars 2009<\/a>, les USA mobilisent leurs forces pour peser le plus possible sur la situation mexicaine et aider le Mexique dans la guerre du narco-trafic. C&rsquo;est d\u00e9sormais une des premi\u00e8res priorit\u00e9s de politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;administration Obama,  justement: priorit\u00e9 de politique ext\u00e9rieure ou de politique int\u00e9rieure, en raison des effets aux USA m\u00eames? Nous dirions que l&rsquo;intervention de Clinton est une r\u00e9ponse \u00e0 cette question. Si la secr\u00e9taire d&rsquo;Etat fait une auto-critique des USA, c&rsquo;est bien parce que l&rsquo;affaire mexicaine est devenue une <strong>crise int\u00e9rieure<\/strong> US, par la prise de conscience de l&rsquo;ampleur de cette crise par l&rsquo;administration Obama. La d\u00e9claration d&rsquo;Hillary Clinton devient la reconnaissance d&rsquo;une urgence int\u00e9rieure nationale; l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit devient compl\u00e8tement diff\u00e9rent  et l&rsquo;on craint beaucoup moins d&rsquo;alt\u00e9rer le cr\u00e9dit international des USA puisque l&rsquo;appr\u00e9ciation de la chose est d\u00e9sormais int\u00e9rieure. L&rsquo;intervention d&rsquo;Hillary Clinton doit donc \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e \u00e9galement pour la marque de ce fait important que les USA ont admis, et proclament d\u00e9sormais, que la crise mexicaine est aussi une crise int\u00e9rieure US, qu&rsquo;elle menace directement la stabilit\u00e9 int\u00e9rieure et la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure des USA. Le Mexique est d\u00e9sormais un front majeur de la situation <strong>int\u00e9rieure<\/strong> de crise des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 26 mars 2009 \u00e0 07H02<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Secr\u00e9taire d&rsquo;Etat Hillary Clinton est en visite \u00e0 Mexico City, pour assurer le Mexique et, surtout, son pr\u00e9sident Calderon, du soutien des USA. Cela nous vaut, lors de son voyage vers Mexico, hier, et lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse \u00e0 son arriv\u00e9e, une confession assez rare dans son principe de la part d&rsquo;un dirigeant&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[5721,5561,934,4019,3278,2943,8078,2671],"class_list":["post-70637","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-arme","tag-calderon","tag-clinton","tag-drogue","tag-hillary","tag-mexique","tag-responsabilite","tag-us"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70637","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70637"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70637\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}