{"id":70666,"date":"2009-04-06T06:45:21","date_gmt":"2009-04-06T06:45:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/06\/escale-a-munich\/"},"modified":"2009-04-06T06:45:21","modified_gmt":"2009-04-06T06:45:21","slug":"escale-a-munich","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/06\/escale-a-munich\/","title":{"rendered":"Escale \u00e0 Munich"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Escale \u00e0 Munich<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t6 avril 2009  Le monde a donc connu, durant ces quelques jours, ce que le code anglo-saxon d\u00e9signe comme <em>a flurry of summits<\/em>. En d&rsquo;autres termes et pour faire simple, disons que nous avons install\u00e9 un nouvel ordre mondial, qui prendra sa place dans la liste des divers nouveaux ordres mondiaux mis en place successivement depuis 1990-1991 (nous laissons de c\u00f4t\u00e9 la nomenclature qui pr\u00e9c\u00e9da). Les sommets ont \u00e9t\u00e9 ceux du G20, de l&rsquo;OTAN, de la rencontre USA-UE,  et il y en a encore un, plus intime, entre BHO et le monde musulman, pour ainsi dire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLaissons-nous aller \u00e0 une petite revue de d\u00e9tails. Le petit bout de la lorgnette, souvent, a du bon. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t A tout seigneur, toute horreur,  le G20. Martin Sieff, dans UPI, le <MIEN=http:\/\/www.upi.com\/news\/issueoftheday\/2009\/04\/03\/Obama-G20-claim-success-joblessness-up\/UPI-51821238777410\/>3 avril 2009<D>, qui s&rsquo;interroge de savoir si le G20 fut un succ\u00e8s. Laissons cette question, secondaire en v\u00e9rit\u00e9 puisque cette sorte de rencontre appara\u00eet de moins en moins destin\u00e9e, <em>per se<\/em>, \u00e0 donner un v\u00e9ritable effet en termes concrets. Gardons ces remarques-l\u00e0: le G20 \u00ab<em>most certainly did not start any new world order in the global financial system, as British Prime Minister Gordon Brown and President Nicolas Sarkozy of France both claimed. The grandiloquent Brown, in fact, is fast becoming the Walter Mitty of global finance. Every couple of months he announces new plans or proposals that his admirers claim have solved the economic crisis  but they never do.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, et pour une vue plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 la fois du G20, \u00e0 la fois de Brown (toujours lui), \u00e0 la fois de notre \u00e9poque, allons \u00e0 l&rsquo;\u00e9ditorial de <em>The Independent<\/em>, qui a une couleur mi-figue mi-raisin pour un quotidien qui fait partie de la presse officielle (celle qui doit \u00eatre satisfaite du sommet) mais qui entend tout de m\u00eame mesurer sa diff\u00e9rence Cela s&rsquo;\u00e9crit, ou se publie en tous cas, le <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/leading-articles\/leading-article-two-cheers-for-gordon-1662810.html\" class=\"gen\">5 avril 2009<\/a>, au cur de l&rsquo;\u00e9ditorial. La mesure du sommet et de son succ\u00e8s, finalement, est ramen\u00e9e au fait que le sommet ait eu lieu et se soit termin\u00e9 dans la concorde retrouv\u00e9e,  au moins le temps d&rsquo;un sommet. (Plus l&rsquo;accord sur la condamnation unanime du protectionnisme,  on aurait pu ajouter, pour renforcer la belle unanimit\u00e9, la condamnation du fascisme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>As with the stock markets, so with the reputation of the Prime Minister: last week has seen both irrational exuberance and excessive negativity. After the G20 summit, the British press headlines recalled the glory days of a few months ago, when Gordon Brown was lauded by Nobel laureates for his response to the credit crunch, or of a few months before that, when our new Prime Minister was welcomed as Not flash, just Gordon.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Almost immediately after the G20, therefore, the bear market began. Mr Brown&rsquo;s numbers did not add up and were savagely denounced as spin. Well, a sober reflection on the deal, such as Hamish McRae&rsquo;s on page 13 today, suggests that, while there was little new agreed last week, much of its importance lay in the mere fact of agreement. The symbolism should not be underestimated. An economic system of paper money  or, today, digital money  depends on confidence. Last week&rsquo;s deal helped to prevent its collapse.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Nor should we deprecate the power of apparently empty words. That the leaders of countries accounting for four-fifths of the world&rsquo;s economy put their names to a declaration against protectionism will help to hold the line against countries seeking advantage by doing down their neighbours.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les march\u00e9s ont fait leur plus belle semaine depuis,  depuis quand? Ah oui, 1933. (\u00ab<em>Friday completed the biggest four-week rise in the Dow since 1933.<\/em>\u00bb) Dr\u00f4le de r\u00e9f\u00e9rence,  mais passons. Tout cela, alors que rien n&rsquo;est r\u00e9solu mais parce que tout va l&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence. Selon sa bonne et furieuse approche trotskiste, le <em>WSWS.org<\/em> nous donne, le <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2009\/apr2009\/pers-a04.shtml\" class=\"gen\">4 avril 2009<\/a>, son explication. Eh bien, elle en vaut une autre. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>However, this by itself cannot explain the rally, especially since it has occurred in the absence of any significant economic indicators of recovery either in the US or internationally. On the contrary, figures on joblessness, industrial production, exports, world trade and overall growth have been almost uniformly grim and worse than anticipated. On Friday, the stock market rose in spite of a new US jobs report showing the highest level of unemployment since 1983.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The basic reasons must, therefore, be political.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The surge in the stock market shows that the American ruling elite is confident that the Obama administration will do everything in its power to protect the interests of the banks and finance capital.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le sommet de l&rsquo;OTAN, maintenant. C&rsquo;est sans doute \u00e0 cette \u00e9tape du parcours de reconstruction du monde en quatre-cinq jours que l&rsquo;on aurait de quoi le mieux exercer sa verve. Tout le monde a salu\u00e9 la formidable nouvelle strat\u00e9gie de BHO en Afghanistan,  qui pr\u00e9voit des troupes <em>only<\/em> US. Brown aurait promis des troupes de police pour les \u00e9lections, qu&rsquo;on retirera ensuite  il faut bien justifier son titre de sauveur du monde ressorti de la naphtaline d&rsquo;octobre 2008 pour le Premier ministre Brown. Pour le reste, le <em>Times<\/em>, dont on sait qu&rsquo;il d\u00e9fend la libert\u00e9 du monde, ne s&rsquo;\u00e9tend pas trop le <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/news\/world\/us_and_americas\/article6032342.ece\" class=\"gen\">4 avril 2009<\/a>, sur son amertume, juste assez pour faire remarquer que les autres pays de l&rsquo;OTAN se sont engag\u00e9s, du moins deux d&rsquo;entre eux, \u00e0 envoyer 47 soldats en plus,  pas un de moins, non, mais pas un de plus sans aucun doute; cela, dit le journal menace de ternir le plaidoyer passionn\u00e9 de Mr. Obama pour obtenir une aide de l&rsquo;Europe,  allons bon, jamais content \u00ab<em>Just two other allies made firm offers of troops. Belgium offered to send 35 military trainers and Spain offered 12. Mr Obama&rsquo;s host, Nicolas Sarkozy, refused his request. The derisory response threatened to tarnish Mr Obama&rsquo;s European tour, which yesterday included a spellbinding performance in Strasbourg in which he offered the world a vision of a future free of nuclear weapons.<\/em>\u00bb (Ah oui, notez en passant que nous avons la promesse de d\u00e9barrasser le monde de <strong>toutes<\/strong> ses armes nucl\u00e9aires, pas une de moins.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlut\u00f4t que par la citation d&rsquo;un grand article de notre grande presse officielle et libre, nous concluons ce sommet de l&rsquo;OTAN par ces remarques d&rsquo;un lecteur du <em>Monde<\/em>, Jean, le <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/organisations-internationales\/article\/2009\/04\/04\/l-afghanistan-au-c-ur-des-discussions-a-strasbourg_1176634_3220.html#xtor\" class=\"gen\">4 avril 2009<\/a>: \u00ab<em>J&rsquo;ai du mal \u00e0 suivre: hier le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a d\u00e9clar\u00e9 que La France n&rsquo;enverra pas de troupes suppl\u00e9mentaires en Afghanistan. Aujourd&rsquo;hui, il dit que nous n&rsquo;avons pas les droit de perdre et que l\u00e0 bas, se joue une partie de la libert\u00e9 du monde. Il a chang\u00e9 d&rsquo;avis ou nos contingents actuels suffiront pour notre contribution \u00e0 sauver une partie de la libert\u00e9 du monde?<\/em>\u00bb Il a du mal \u00e0 suivre, Jean? Nous aussi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour en revenir au G20 mais, finalement, d&rsquo;une autre fa\u00e7on, qui repr\u00e9sente une sorte de synth\u00e8se qui en vaut bien d&rsquo;autres, de cette semaine \u00e9chevel\u00e9e. (Ne lui enlevons pas cela, elle le fut, \u00e9chevel\u00e9e.) Nous empruntons un extrait d&rsquo;un texte de Chan Akya, sur <em>Atimes.com<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.atimes.com\/atimes\/Global_Economy\/KD04Dj04.html\" class=\"gen\">4 avril 2009<\/a>, sous le titre \u00ab<em>The G-20 piles folly on folly<\/em>\u00bb. Le texte ne fait pas une analyse du G20, non c&rsquo;est plut\u00f4t le journal de l&rsquo;auteur \u00e0 Londres, les embarras de circulation, les sc\u00e8nes typiques de notre monde dans l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 il est, les manifestations \u00e0 Londres, en marge du sommet et contre le sommet, puis le communiqu\u00e9, avec quelques rapides r\u00e9flexions Enfin, ceci: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In effect, the only tangible result of the G-20 meeting &#8211; the tripling of IMF resources &#8211; is astounding. The same people who drove the Latin American economy into dust and were responsible for widespread poverty in Asia in the aftermath of the Asian crisis; the very people who encouraged the idiotic accumulation of market-return independent foreign exchange reserves by Asian countries that subsequently caused the asset bubbles of the US and Europe; the very people who had no clue about the impending bubble burst up until the beginning of 2008, are now supposed to gather up the foresight and skills required to end an economic crisis whose only recent historic parallel was the 1929 depression in the United States; an event that took place a good 16 years before the IMF was itself created.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Reading that bit of the statement, I was reminded about a different bit of history from the same Britain, and pretty much from the opposite end of London. This event took place on September 30, 1938; the BBC reported then as follows:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The British prime minister has been hailed as bringing peace to Europe&rsquo; after signing a non-aggression pact with Germany. PM Neville Chamberlain arrived back in the UK today, holding an agreement signed by Adolf Hitler which stated the German leader&rsquo;s desire never to go to war with Britain again. The two men met at the Munich conference between Britain, Germany, Italy and France yesterday, convened to decide the future of Czechoslovakia&rsquo;s Sudetenland. Mr Chamberlain declared the accord with the Germans signalled peace for our time&rsquo;, after he had read it to a jubilant crowd gathered at Heston airport in west London. The German leader stated in the agreement: We are determined to continue our efforts to remove possible sources of difference and thus to contribute to assure the peace of Europe.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>I have the dread feeling that the G-20 declaration from April 2, 2009, will achieve similar notoriety in years to come.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, cela rencontre notre impression, cette analogie; celle que tous nos commentateurs patent\u00e9s, h\u00e9ro\u00efques, fulminant, furent si prompts \u00e0 employer lorsqu&rsquo;il fut question d&rsquo;Irak et l&rsquo;Afghanistan, qu&rsquo;ils ont aujourd&rsquo;hui oubli\u00e9e Munich, 1938.<\/p>\n<h3>Munich-1938, Londres-2009<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que nous sommes saouls de toutes ces analyses sur telle ou telle d\u00e9cision, tel ou tel m\u00e9canisme, telle ou telle explication,  auxquels, contrairement \u00e0 nombre de commentateurs, nous reconnaissons souvent, et toujours avec la plus grande sinc\u00e9rit\u00e9, n&rsquo;y rien comprendre fondamentalement,  et qui, de toutes les fa\u00e7ons, d\u00e9pendent encore compl\u00e8tement du contr\u00f4le du syst\u00e8me. Reste effectivement cette impression d&rsquo;une force stup\u00e9fiante d&rsquo;\u00eatre pass\u00e9 d&rsquo;un univers \u00e0 l&rsquo;autre, entre le 1er avril o\u00f9 tout le monde se d\u00e9chirait pour des causes aussi bien pr\u00e9cis\u00e9es, o\u00f9 la crise continuait \u00e0 d\u00e9vorer le monde, et o\u00f9, \u00e0 partir du 2 avril et pendant quelques jours, jusqu&rsquo;au 5 avril, nous f\u00fbmes plong\u00e9s dans <em>Disneyland<\/em> ou dans <em>Le Magicien d&rsquo;Oz<\/em>, passant \u00e0 cette fameuse <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_belle_ouvrage_03_04_2009.html\" class=\"gen\">guerre de la communication<\/a> o\u00f9 nos <em>spin<\/em>-dirigeants l&#8217;emport\u00e8rent haut le main. Ce fut donc bien Munich, <em>circa<\/em>-2009, gr\u00e2ce soit rendue \u00e0 Mr. Chan Akya pour cette comparaison qu&rsquo;on nous servit jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;envoyer des bombardiers et des missiles, et qu&rsquo;on s&rsquo;est bien abstenu d&rsquo;\u00e9voquer cette fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, la comparaison sied si bien \u00e0 la situation du monde. Munich \u00e9ludait la menace hitl\u00e9rienne d&rsquo;expansionnisme guerrier, c&rsquo;est-\u00e0-dire la r\u00e9alit\u00e9. Munich-2009 \u00e9lude la crise qui va bien au-del\u00e0 de la finance et de l&rsquo;\u00e9conomie, qui menace l&rsquo;ordre du monde et le destin de la civilisation, \u00a0c&rsquo;est-\u00e0-dire la r\u00e9alit\u00e9. Les exclamations et la grandiloquence des deux Munich sont \u00e0 la mesure de l&rsquo;\u00e9lusion, avec un avantage incontestable pour le n\u00f4tre. Bien entendu, en acceptant cette analogie nous ne parlons pas, nous, des <strong>circonstances<\/strong>, celles de Munich-1938 menant \u00e0 la guerre conduisant \u00e0 envisager la pr\u00e9vision que Munich-2009 nous m\u00e8nera \u00e0 la guerre \u00e9galement. Nous croyons fort peu que les incons\u00e9quences de ces dirigeants, et la crise elle-m\u00eame, conduiront \u00e0 la guerre comme si la guerre \u00e9tait la pire des issues,  alors que la crise, dont il est vraiment question, nous r\u00e9serve des \u00e9v\u00e9nements qui sont bien plus in\u00e9dits qu&rsquo;une guerre et sur lesquels nous n&rsquo;aurons que peu de contr\u00f4le. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous parlons de l&rsquo;esprit de la chose, qui n&rsquo;est ni la capitulation devant Hitler ni la capitulation devant la crise, mais le choix de l&rsquo;\u00e9lusion et de l&rsquo;illusion, de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du monde. C&rsquo;est en cela, et en cela seulement que vaut l&rsquo;analogie. (Et peut-\u00eatre n&rsquo;est-ce pas le cas de Chan Akya, qui vit peut-\u00eatre dans les troubles des rues de Londres les pr\u00e9misses de cette guerre que Munich-2009 aurait refus\u00e9 de voir venir. Nous croyons que la crise se situe sur un autre plan.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl aurait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9elle dignit\u00e9 que, le G20 et les sommets suivants  se passant comme ils se pass\u00e8rent, les responsables saluassent les r\u00e9sultats obtenus avec sobri\u00e9t\u00e9, inqui\u00e9tude et le sens de l&rsquo;urgence tragique que ces circonstances-l\u00e0,  la m\u00e9diocrit\u00e9 des r\u00e9sultats obtenus et les difficult\u00e9s d&rsquo;une entente loyale entre tous,  requi\u00e8rent imp\u00e9rativement. Mais l&rsquo;on sait bien que la chose, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-pour_cause_de_dignite_03_04_2009.html\" class=\"gen\">la dignit\u00e9<\/a>, n&rsquo;est plus qu&rsquo;un rare souvenir pour ceux qui ont encore quelque m\u00e9moire. C&rsquo;eut \u00e9t\u00e9 la marque d&rsquo;une belle lucidit\u00e9, et paradoxalement rassurant, que ces responsables convinssent publiquement qu&rsquo;ils sortaient de ces r\u00e9unions encore plus inquiets qu&rsquo;ils n&rsquo;y \u00e9taient entr\u00e9s, r\u00e9alisant \u00e0 mesure qu&rsquo;ils avancent l&rsquo;ampleur du gouffre qu&rsquo;ils d\u00e9couvrent \u00e0 chaque pas en avant. Mais la lucidit\u00e9 et le courage de l&rsquo;exposer publiquement, on le sait fort bien, sont des vertus d&rsquo;un autre monde et ce monde a disparu corps et bien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu contraire, ils ont sacrifi\u00e9 au d\u00e9mon qui, p\u00e9riodiquement, ram\u00e8ne \u00e0 une fausse repr\u00e9sentation du monde, qui est cette guerre de la communication comme ils la m\u00e8nent, pour substituer l&rsquo;illusion \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;apparence \u00e0 la substance et ainsi de suite. Il est difficile de ne pas \u00e9prouver un certain d\u00e9go\u00fbt devant cette d\u00e9mission de la perception, pire encore que la d\u00e9mission de l&rsquo;esprit s&rsquo;il est possible. Cela revient \u00e0 ne m\u00eame pas accepter le fardeau de penser faux, mais \u00e0 accepter l&rsquo;appr\u00eat par la communication d&rsquo;une fausse r\u00e9alit\u00e9 pour pouvoir penser faussement en croyant penser avec loyaut\u00e9 le r\u00e9el. Ici se situe la diff\u00e9rence entre Munich-1938 et Londres-2009; \u00e0 Munich, en 1938, les munichois, Chamberlain, l&rsquo;\u00e9taient vraiment, \u00e0 leurs risques et p\u00e9rils devant l&rsquo;Histoire; aujourd&rsquo;hui, ils arrivent, malgr\u00e9 qu&rsquo;ils soient munichois, \u00e0 se grimer en Churchill, ajoutant l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;erreur par la tromperie accept\u00e9e en tant que telle, comme si elle n&rsquo;\u00e9tait pas tromperie. D\u00e9go\u00fbt ou naus\u00e9e, au choix, pour ce syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout de m\u00eame, il y a la satisfaction paradoxale de constater que le G20 et la suite n&rsquo;ont pas tromp\u00e9 grand&rsquo;monde, sinon ceux dont la fonction est d&rsquo;accepter d&rsquo;\u00eatre tromp\u00e9. Il n&rsquo;y a pas eu de tentative r\u00e9elle d&rsquo;envisager des d\u00e9cisions qui auraient pu faire croire \u00e0 une \u00e9volution importante. Au point o\u00f9 nous en sommes, cette \u00e9volution importante aurait \u00e9t\u00e9 une tromperie au bout du compte, les structures du syst\u00e8me \u00e9tant encore fermement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-enseignements_du_g20_comme_s_il_avait_deja_eu_lieu_31_03_2009.html\" class=\"gen\">en place<\/a> alors que le s\u00e9rieux apparent de mesures pr\u00e9sent\u00e9es comme r\u00e9volutionnaires eut conduit \u00e0 la confusion ou \u00e0 la d\u00e9mobilisation. Nous avons eu ces exclamations \u00e9nerv\u00e9es sur un nouvel ordre mondial, sur un nouveau Bretton Woods,  comme une sorte de minimum syndical de l&rsquo;exclamation historique. Puis nous sommes pass\u00e9s \u00e0 autre chose, en attendant d&rsquo;en revenir \u00e0 la crise, la vraie. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa s\u00e9rie des r\u00e9unions du G20 au sommet UE-USA a \u00e9t\u00e9 une sorte d&rsquo;escale dans le courant de la crise. Une escale \u00e0 Munich, si l&rsquo;on veut.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Escale \u00e0 Munich 6 avril 2009 Le monde a donc connu, durant ces quelques jours, ce que le code anglo-saxon d\u00e9signe comme a flurry of summits. 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