{"id":70672,"date":"2009-04-08T12:00:20","date_gmt":"2009-04-08T12:00:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/08\/welcome-home-bho-pas-si-sur\/"},"modified":"2009-04-08T12:00:20","modified_gmt":"2009-04-08T12:00:20","slug":"welcome-home-bho-pas-si-sur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/08\/welcome-home-bho-pas-si-sur\/","title":{"rendered":"<em>Welcome Home<\/em>, BHO? Pas si s\u00fbr\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Welcome Home<\/em>, BHO? Pas si s\u00fbr<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t8 avril 2009  L&rsquo;enthousiasme \u00e0 propos de Barack Obama est, aujourd&rsquo;hui, une sorte de lieu commun politique. Cela vaut particuli\u00e8rement et singuli\u00e8rement hors des USA, et pr\u00e9cis\u00e9ment en Europe. Sa tourn\u00e9e en Europe et au Moyen-Orient (Turquie et surprise irakienne), a plut\u00f4t renforc\u00e9 ce statut,  quoi qu&rsquo;il en soit des r\u00e9sultats divers pour la politique \u00e9trang\u00e8re des USA, en s&rsquo;attachant uniquement \u00e0 la personnalit\u00e9 de l&rsquo;homme. On serait alors tent\u00e9 de dire que cela devrait renforcer son statut aux USA Nous sommes loin, tr\u00e8s loin de souscrire \u00e0 cette id\u00e9e. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet avis n&rsquo;est pas isol\u00e9, certes. Dans son \u00e9ditorial de ce <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/leading-articles\/leading-article-a-pitchperfect-president-has-set-the-right-tone-1665252.html\" class=\"gen\">8 avril 2009<\/a>, <em>The Independent<\/em> d\u00e9crit en termes retenus mais o\u00f9 l&rsquo;enthousiasme affleure le voyage hors-USA du nouveau pr\u00e9sident et le caract\u00e9rise comme une r\u00e9ussite remarquable. Sur la substance de cette r\u00e9ussite remarquable,  jugement que nous partageons,  nous avons par contre quelques pr\u00e9cisions \u00e0 apporter, qui sont autant de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-parcours_parfait_mais_a_interpreter_08_04_2009.html?admin=1\" class=\"gen\">r\u00e9serves<\/a>. Le texte se termine \u00e9galement par une mise en garde qui nous semble, elle, absolument justifi\u00e9e: \u00ab<em>The second question is as much about America as its president. Even before he set off, some erstwhile supporters were already voicing disappointment that he had not been more radical. Others argued that he should be devoting all his time to the US economy rather than traipsing around foreign parts. On his return, Mr Obama will learn what many a US president learned before him: acclaim abroad rarely translates into higher approval at home.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Mise en garde qui nous semble absolument justifi\u00e9e, et m\u00eame qui nous para\u00eet beaucoup trop restreinte. L&rsquo;essentiel, effectivement, pour la pr\u00e9sidence de BHO, pour son avenir, pour le r\u00f4le r\u00e9el qu&rsquo;il peut jouer, se trouve dans ses rapports avec le syst\u00e8me dont il est th\u00e9oriquement le chef et dont il est en r\u00e9alit\u00e9,  comment dirait-on? Le pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration du syst\u00e8me, et plut\u00f4t sous haute surveillance. La situation du pr\u00e9sident Obama aux USA est en effet contrast\u00e9e, ambigu\u00eb, incertaine, avec des aspects lumineux et des aspects sombres, ou glauques comme l&rsquo;on dit aujourd&rsquo;hui. Certains faits sont remarquables, certains enseignements d&rsquo;un tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, il y a la situation pr\u00e9sente. BHO b\u00e9n\u00e9ficie aux USA d&rsquo;un tr\u00e8s haut pourcentage de soutien. Mais ce soutien est \u00e9galement tr\u00e8s d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, tr\u00e8s partisan,  le plus d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard de l&rsquo;\u00e9poque moderne pour un pr\u00e9sident \u00e0 ce stade de son mandat, depuis que des statistiques pr\u00e9cises sont d\u00e9velopp\u00e9es. BHO est tr\u00e8s populaire mais il est <strong>encore plus<\/strong> tributaire d&rsquo;une popularit\u00e9 extr\u00eamement partisane. Il pr\u00e9sente ce paradoxe qui va loin et qui doit nous faire r\u00e9fl\u00e9chir: un pr\u00e9sident tr\u00e8s populaire qui est aussi un pr\u00e9sident diviseur. (Ce dernier jugement uniquement objectif, et m\u00eame diablement objectif car Obama a beaucoup travaill\u00e9 pour \u00e9tablir un soutien bipartisan,  sans succ\u00e8s, cela para\u00eet \u00e9vident.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDeux enqu\u00eates de l&rsquo;organisation PEW Research nous donnent quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le <a href=\"http:\/\/pewresearch.org\/pubs\/1178\/polarized-partisan-gap-in-obama-approval-historic\" class=\"gen\">2 avril 2009<\/a>, une enqu\u00eate nous fixe sur la popularit\u00e9 de BHO selon les deux grands partis. Elle est tr\u00e8s, tr\u00e8s haute chez les d\u00e9mocrates; elle est remarquablement basse chez les r\u00e9publicains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>For all of his hopes about bipartisanship, Barack Obama has the most polarized early job approval ratings of any president in the past four decades. The 61-point partisan gap in opinions about Obama&rsquo;s job performance is the result of a combination of high Democratic ratings for the president  88% job approval among Democrats  and relatively low approval ratings among Republicans (27%).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>By comparison, there was a somewhat smaller 51-point partisan gap in views of George W. Bush&rsquo;s job performance in April 2001, a few months into his first term. At that time, Republican enthusiasm for Bush was comparable to how Democrats feel about Obama today, but there was substantially less criticism from members of the opposition party. Among Democrats, 36% approved of Bush&rsquo;s job performance in April 2001; that compares with a 27% job approval rating for Obama among Republicans today.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The partisan gap in Bill Clinton&rsquo;s early days was also substantially smaller than what Obama faces, largely because Democrats were less enthusiastic about Clinton. In early April 1993, 71% of Democrats approved of Clinton&rsquo;s job performance, which is 17 points lower than Obama&rsquo;s current job approval among Democrats. Republican ratings of Clinton at that point (26%) are comparable to their current ratings of Obama today (27%).<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La veille, le <a href=\"http:\/\/pewresearch.org\/pubs\/1176\/obama-muslim-opinion-not-changed\" class=\"gen\">1er avril 2009<\/a>, une autre enqu\u00eate d\u00e9termine que le pourcentage d&rsquo;Am\u00e9ricains croyant que BHO est musulman est remarquablement stable, par rapport \u00e0 ce qu&rsquo;il \u00e9tait au cur de la campagne \u00e9lectorale, alors que cette affaire apparaissait comme une pol\u00e9mique avec toutes ses outrances, promise \u00e0 dispara\u00eetre. (11% en septembre 2008, 12% en octobre alors que la pol\u00e9mique officieuse fit rage, 11% aujourd&rsquo;hui)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>More than two months into Barack Obama&rsquo;s presidency, as many people incorrectly identify him as a Muslim as did so during the 2008 campaign. When asked about Obama&rsquo;s religious beliefs, 11% say he is a Muslim. In October, 12% said Obama is a Muslim, which was unchanged from earlier in the campaign.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In the current survey, 35% say they do not know Obama&rsquo;s religion, either because they do not know enough about him (22%), or because they have heard different things about his religion (13%); another 6% refused to answer.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As was the case last fall, white evangelical Protestants (19%) and Republicans (17%) are among the most likely to view Obama as a Muslim. Fewer than half in each group  38% of white evangelicals and 46% of Republicans  correctly identify Obama as a Christian.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl existe d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments r\u00e9cents pr\u00e9occupants pour Obama, pour les tensions qu&rsquo;ils impliquent, les frictions qu&rsquo;ils induiraient \u00e9ventuellement. Cette fois, nous parlons de sa position \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;<em>establishment<\/em> et, dans un de ces deux cas, avec des effets sur la perception que le public a de lui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ses interventions sur <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_scandale_dans_la_famille_bho_nous_parle_de_l_arrogance_us_06_04_2009.html \" class=\"gen\">l&rsquo;arrogance<\/a> des USA vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Europe ont soulev\u00e9 une col\u00e8re consid\u00e9rable chez certains commentateurs publics (Krauthammer). Il ne faut pas s&rsquo;en tenir l\u00e0 et classer la chose au niveau de l&rsquo;humeur de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, ou bien tenter de montrer que cette auto-critique est justifi\u00e9e, car nous ne sommes pas ici sur le terrain de la raison. Il est <strong>assur\u00e9<\/strong> que ce genre de <em>mea culpa<\/em>, en terre \u00e9trang\u00e8re, constitue une d\u00e9marche extr\u00eamement critiquable, pas loin d&rsquo;\u00eatre sacril\u00e8ge, du point de vue de cet <em>establishment<\/em>. La vertu am\u00e9ricaniste est un point essentiel du dogme en terre \u00e9trang\u00e8re, elle ne peut \u00eatre que  proclam\u00e9e au-dessus de tout soup\u00e7on. L&rsquo;\u00e9quilibre apport\u00e9 par Obama dans son discours, en faisant suivre l&rsquo;auto-critique am\u00e9ricaniste d&rsquo;une critique de l&rsquo;antiam\u00e9ricanisme europ\u00e9en, n&rsquo;a aucun poids, aucune importance. Nous parlons ici d&rsquo;une rh\u00e9torique de sacralisation, non pas de simple logique ou d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 du jugement. Obama a \u00e9t\u00e9 sacril\u00e8ge, point final, et l&rsquo;on sait comment les \u00e9glises en jugent d&rsquo;habitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t On pourrait ajouter \u00e0 cet \u00e9pisode, dans le m\u00eame sens, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_et_la_verite_mexicaine_par_necessite_26_03_2009.html\" class=\"gen\">celui<\/a> d&rsquo;Hillary Clinton en terre mexicaine, \u00e0 cette occasion labellis\u00e9e terre \u00e9trang\u00e8re. M\u00eame d\u00e9marche,  express\u00e9ment recommand\u00e9e par son pr\u00e9sident,  m\u00eame jugement \u00e0 attendre des d\u00e9fenseurs de la Foi. On observera que ces deux cas auront certainement un \u00e9cho aupr\u00e8s de la tranche du public visc\u00e9ralement hostile \u00e0 Obama, pour encore mieux charger son dossier d&rsquo;agent secret de l&rsquo;antiam\u00e9ricanisme, \u00e9ventuellement de confession musulmane, introduit au cur du gouvernement de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un dernier \u00e9l\u00e9ment (la liste n&rsquo;est pas exhaustive) d\u00e9favorable \u00e0 Obama, c&rsquo;est sa position extr\u00eamement d\u00e9licate vis-\u00e0-vis de Wall Street. On d\u00e9couvre chaque jour les dimensions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-wall_street_est-il_pour_obama_ce_que_les_neocons_furent_pour_gw_06_04_2009.html\" class=\"gen\">stup\u00e9fiantes<\/a> de la p\u00e9n\u00e9tration de Wall Street dans le gouvernement des USA, \u00e0 un point o\u00f9, dans le cadre de la crise \u00e0 plein r\u00e9gime, il nous para\u00eet difficile d&rsquo;\u00e9viter qu&rsquo;\u00e0 un moment ou l&rsquo;autre des tensions graves n&rsquo;apparaissent. M\u00eame si Obama n&rsquo;\u00e9tait pas cet Obama qu&rsquo;on suppose de plus en plus qu&rsquo;il est, cette situation ne pourrait pas ne pas provoquer des remous; mais en supposant, ce qui n&rsquo;est tout de m\u00eame pas absurde, qu&rsquo;il est effectivement ce qu&rsquo;on suppose qu&rsquo;il est, les remous deviennent probabilit\u00e9 d&rsquo;explosion, de crise grave. De toutes les fa\u00e7ons, c&rsquo;est la possibilit\u00e9 ferme qu&rsquo;\u00e0 un moment ou l&rsquo;autre  Obama deviendrait l&rsquo;objet de la haine et de la vindicte de l&rsquo;<em>establishment<\/em>. Dans des temps o\u00f9 le syst\u00e8me a l&rsquo;impression que c&rsquo;est son sort qui est en jeu, les nuances et les pr\u00e9s\u00e9ances n&rsquo;ont plus leur place, mais la brutalit\u00e9 r\u00e8gne en ma\u00eetresse. (Nous examinons d&rsquo;une fa\u00e7on plus d\u00e9taill\u00e9e dans notre <em>Bloc-Notes<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bho_et_wall_street_07_04_2009.html\" class=\"gen\">7 avril 2009<\/a>, le cas des rapports de BHO avec Wall Street.)<\/p>\n<h3>Un destin tragique?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa tendance fautive \u00e0 laquelle on sacrifie trop souvent est de vouloir faire d&rsquo;Obama un saint qui correspond \u00e0 ses slogans ou un d\u00e9mon qui est une cr\u00e9ature de Wall Street, et d&rsquo;ass\u00e9ner sans autoriser la nuance la preuve de ceci ou la preuve de cela. Cette vision binaire r\u00e9pond aux logiques id\u00e9ologiques de ceux qui la pratiquent, pas \u00e0 l&rsquo;absence de logique exclusive du comportement humain. Le cas Obama reste une \u00e9nigme et un myst\u00e8re parce qu&rsquo;il est r\u00e9ellement ceci et cela, par rapport \u00e0 la fonction qu&rsquo;il occupe,  parce qu&rsquo;il est jeune et depuis fort peu de temps dans le circuit politique, parce qu&rsquo;il a un caract\u00e8re marqu\u00e9, parce qu&rsquo;il a une culture et un pass\u00e9 tr\u00e8s inhabituels, parce qu&rsquo;il est Africain-Am\u00e9ricain et donc, selon sa tradition, \u00f4 combien en marge du syst\u00e8me. S&rsquo;il se trouve o\u00f9 il se trouve, c&rsquo;est parce que des circonstances extraordinaires ont permis qu&rsquo;il y arrive; c&rsquo;est, \u00e0 l&rsquo;origine, parce que les USA \u00e9taient en crise profonde bien avant la crise, au moins depuis 9\/11 et l&rsquo;aventure irakienne, et l&rsquo;impuissance des d\u00e9mocrates \u00e0 imposer aux r\u00e9publicains, apr\u00e8s leur succ\u00e8s \u00e9lectoral de novembre 2006, un peu de remise en ordre. Dans ces circonstances, tous les politiciens confirm\u00e9s \u00e9taient discr\u00e9dit\u00e9s, jusqu&rsquo;\u00e0 Hillary Clinton bien s\u00fbr, et Barack Obama avait la vertu de n&rsquo;\u00eatre pas des leurs, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre. (Qu&rsquo;on veuille bien se souvenir des premi\u00e8res occasions o\u00f9 l&rsquo;on parla d&rsquo;Obama, hors du circuit int\u00e9rieur US. Sa <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=3465\" class=\"gen\">vertu<\/a>, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_choix_paradoxaux_ou_provocateurs_ou_la_revolution_dans_l_ere_psychopolitique_13_12_2006.html\" class=\"gen\">d\u00e9cembre 2006<\/a>, c&rsquo;\u00e9tait son inexp\u00e9rience, parce que cette inexp\u00e9rience signalait qu&rsquo;il \u00e9tait compl\u00e8tement neuf dans la politique, donc pas encore compl\u00e8tement infect\u00e9 par les compromissions du syst\u00e8me.) Quant \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection elle-m\u00eame, on sait ce qu&rsquo;elle doit <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-pour_qui_le_mandate_for_change__04_11_2008.html\" class=\"gen\">\u00e0 la crise<\/a>, McCain \u00e9tant inexistant \u00e0 cet \u00e9gard par rapport \u00e0 son rival, en plus d&rsquo;\u00eatre du parti au pouvoir, qui n&rsquo;a rien vu venir de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObama reste donc une \u00e9nigme mais il est \u00e9galement, par ailleurs, pr\u00e9sident des Etats-Unis. Cela signifie qu&rsquo;il est effectivement un pr\u00e9sident tout \u00e0 fait \u00e9nigmatique, sans doute le plus insaisissable, le plus inclassable de tous les pr\u00e9sidents de l&rsquo;\u00e8re moderne dans ses cent premiers jours. Nous pouvons avancer cette affirmation parce que les \u00e9v\u00e9nements, depuis qu&rsquo;il est pr\u00e9sident, et m\u00eame depuis qu&rsquo;il est \u00e9lu, n&rsquo;ont pas permis qu&rsquo;ils deviennent un pr\u00e9sident comme les autres, parce que ceux-l\u00e0 m\u00eame qui auraient pu le conduire dans cette voie sont eux-m\u00eames confront\u00e9s \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements sans pr\u00e9c\u00e9dents et par cons\u00e9quent inaptes \u00e0 tenter d&rsquo;aider \u00e0 une organisation de la pr\u00e9sidence Obama selon les r\u00e8gles du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPrincipalement, deux axes structurent ce caract\u00e8re inclassable, en sugg\u00e9rant deux d\u00e9finitions qui, par leur antagonisme irr\u00e9conciliable, emp\u00eachent tout classement g\u00e9n\u00e9ral du personnage:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un aspect extr\u00eamement conformiste, sinon compl\u00e8tement manipul\u00e9 selon certains, essentiellement bien s\u00fbr au niveau de la lutte contre l&rsquo;aspect financier de la crise. En gros et pour l&rsquo;essentiel, ou le plus spectaculaire sans aucun doute, c&rsquo;est BHO et Wall Street. Il y a des variantes. Certains font de BHO le prisonnier de Wall Street en tant qu&rsquo;entit\u00e9 collective, et c&rsquo;est la th\u00e8se notamment du professeur Johnson dans son entretien avec <em>The Atlantic<\/em>, qui nous annonce que la Grande R\u00e9publique est en fait une <em>Banana Republic<\/em> (voir notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-wall_street_proprietaire_de_washington_dc_a_l_image_des_monstres_qu_il_enfante_28_03_2009.html\" class=\"gen\">28 mars 2009<\/a>). D&rsquo;autres font d&rsquo;Obama le prisonnier d&rsquo;un homme (Lawrence Summers, c&rsquo;est la <a href=\"http:\/\/www.larouchepub.com\/other\/2009\/3613must_dump_summers.html\" class=\"gen\">th\u00e8se<\/a> du clan LaRouche). Il peut y avoir du vrai dans tous ces \u00e9l\u00e9ments sans pourtant que la conviction sur cette position d&rsquo;Obama soit emport\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un aspect inattendu, inhabituel, dans tous les cas par comparaison avec le courant, avec les coutumes et surtout dans l&rsquo;atmosph\u00e8re exacerb\u00e9e que l&rsquo;on conna\u00eet. Il s&rsquo;agit des originalit\u00e9s du pr\u00e9sident, dont certaines ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9es, comme celle de parler <em>extra muros<\/em> de l&rsquo;arrogance des USA. Il y a d&rsquo;autres cas Son adresse \u00e0 l&rsquo;Iran pour le Nouvel An islamique, avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_iran_yes_we_can_change__23_03_2009.html\" class=\"gen\">la politique<\/a> qu&rsquo;il serait en train de d\u00e9velopper,  ses d\u00e9parts <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bho_prend_du_champ_17_02_2009.html\" class=\"gen\">hors de Washington D.C.<\/a> dans certaines situations de tension, qui semblent une d\u00e9marche populiste pour chercher un soutien populaire ; son attaque contre la bureaucratie du Pentagone ; l&rsquo;annonce de la recherche d&rsquo;un monde d\u00e9nucl\u00e9aris\u00e9 Comme on voit, nous mettons p\u00eale-m\u00eale de l&rsquo;int\u00e9rieur et de l&rsquo;ext\u00e9rieur, car ce qui nous importe est l&rsquo;<strong>effet<\/strong> produit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur (<em>establishment<\/em> et population) sans classification des causes. Comme on le comprend, parlant d&rsquo;originalit\u00e9s, nous d\u00e9signons des faits qui peuvent ais\u00e9ment \u00eatre tr\u00e8s vite per\u00e7us comme r\u00e9volutionnaires et antisyst\u00e8mes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, ces originalit\u00e9s peuvent \u00eatre mises sur le compte de la manuvre, de l&rsquo;artifice, de la posture, comme nombre de ses adversaires ne manquent d&rsquo;observer. Bien entendu, on r\u00e9plique aussit\u00f4t que le contraire est aussi bien possible: manuvre, artifice, posture,  l\u00e0 aussi pour tromper son monde, sembler se soumettre \u00e0 Wall Street et ruser jusqu&rsquo;au moment de se d\u00e9couvrir. Il est logique selon les deux jugements, celui d&rsquo;un BHO-pantin et celui d&rsquo;un Obama r\u00e9volutionnaire, que le pr\u00e9sident ne se d\u00e9couvre pas compl\u00e8tement et poursuive son jeu de r\u00f4les o\u00f9 il y a, quelque part, un r\u00f4le qui rencontre la r\u00e9alit\u00e9 de sa pens\u00e9e. Dans tous les cas, les deux jugements s&rsquo;\u00e9quivalent et il est raisonnablement impossible de trancher.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, il se pourrait que rien de ceci ni de cela ne soit vrai, pour l&rsquo;essentiel de la th\u00e8se, que BHO soit plus complexe, plus insaisissable encore, et que la r\u00e9alit\u00e9 de sa pens\u00e9e ne soit pas encore d\u00e9cisivement fix\u00e9e, essentiellement pour lui-m\u00eame. Non, en v\u00e9rit\u00e9 la seule chose qui importe et qui s&rsquo;impose, c&rsquo;est bien que BHO soit <strong>toujours<\/strong> une \u00e9nigme. La situation politique essentielle est que cette insaisissabilit\u00e9 de BHO laisse la porte ouverte \u00e0 l&rsquo;<strong>interpr\u00e9tation<\/strong>. Dans ces temps difficiles et tumultueux, l&rsquo;interpr\u00e9tation va toujours vers l&rsquo;extr\u00eame. A cet \u00e9gard, s&rsquo;il est un seul fait politique que nous ne serions plus tr\u00e8s loin de tenir pour acquis, c&rsquo;est qu&rsquo;Obama a \u00e9chou\u00e9 dans sa volont\u00e9 affich\u00e9e d&rsquo;unit\u00e9 nationale \u00e0 la sauce washingtonienne,  dite <em>bipartisanship<\/em>. Ainsi avons-nous notre seule certitude \u00e0 propos de BHO, et c&rsquo;est celle d&rsquo;un \u00e9chec, qui se marque \u00e9galement et puissamment dans l&rsquo;enqu\u00eate PEW Research signal\u00e9e plus haut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet \u00e9chec n&rsquo;est pas, selon notre point de vue, une faute de Barack Obama, ou le signe d&rsquo;une indignit\u00e9 du sujet. Obama n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 rassembler le syst\u00e8me autour de lui, comme, par exemple, l&rsquo;avait fait FDR dans ses premiers mois de pr\u00e9sidence, au printemps 1933. Mais le rassemblement de ce syst\u00e8me n&rsquo;est certainement pas sa transformation vertueuse; c&rsquo;est une ma\u00eetrise temporaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire un sauvetage, temporairement contre son gr\u00e9, du syst\u00e8me. On sait que le g\u00e9nial FDR,  g\u00e9nial ma\u00eetre de la communication dans la fa\u00e7on qu&rsquo;il eut de redresser la psychologie am\u00e9ricaniste autour de lui et donc de ma\u00eetriser le syst\u00e8me en le for\u00e7ant \u00e0 le soutenir,  fut en r\u00e9alit\u00e9 le sauveur du syst\u00e8me par son \u00e9volution et son adaptation temporaires. Au bout du compte, nous avons eu le syst\u00e8me transform\u00e9, devenant, \u00e0 partir de 1945, le manipulateur et le ma\u00eetre du monde. De ce point de vue, <strong>cet<\/strong> \u00e9chec d&rsquo;Obama est une b\u00e9n\u00e9diction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, il reste ce constat qu&rsquo;Obama est paradoxalement un diviseur et, qu&rsquo;\u00e0 notre sens, il le sera de plus en plus. Ce n&rsquo;est pas ce que veut monsieur Obama mais, en un sens, nous n&rsquo;avons que faire de ce que veut monsieur Obama. En l&rsquo;occurrence, le brillant pr\u00e9sident est prisonnier de ses vertus innombrables,  son intelligence, sa ma\u00eetrise, sa distance des choses. L&rsquo;Am\u00e9rique est un syst\u00e8me dont la perfection achev\u00e9e exige que la m\u00e9diocrit\u00e9 marque et habite la fonction supr\u00eame. Il \u00e9tait bien parti avec GW, mais le syst\u00e8me est tomb\u00e9 sur un os,  l&rsquo;Histoire, qui a fait son affaire \u00e0 GW L&rsquo;Histoire, par contre, dont nous croyons qu&rsquo;elle est ennemie du syst\u00e8me,  l&rsquo;Histoire, c&rsquo;est-\u00e0-dire les \u00e9v\u00e9nements agenc\u00e9s par elle, pourrait bien s&rsquo;arranger de Barack Obama pour le pousser, un jour ou l&rsquo;autre, vers un r\u00f4le improvis\u00e9 de fossoyeur du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains services euro-occidentaux partagent l&rsquo;avis de tel haut fonctionnaire europ\u00e9en, qui nous disait r\u00e9cemment que \u00ab<em>le plus grand risque qui existe aujourd&rsquo;hui aux USA, c&rsquo;est qu&rsquo;Obama soit victime, aux USA, d&rsquo;un attentat<\/em>\u00bb. C&rsquo;est r\u00e9sumer d&rsquo;une formule lapidaire et n\u00e9cessairement dramatique une \u00e9volution qui, aujourd&rsquo;hui, fait monter une tension grave, autant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;<em>establishment<\/em> qu&rsquo;au sein d&rsquo;une partie de la population US, avec le pr\u00e9sident des USA. Inutile d&rsquo;ajouter, bien entendu, que sa sp\u00e9cificit\u00e9 d&rsquo;Africain-Am\u00e9ricain, per\u00e7ue si souvent comme une divine surprise annon\u00e7ant des lendemains qui chantent, est dans ce cas un facteur forcen\u00e9 d&rsquo;aggravation.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un cas pr\u00e9cis, d&rsquo;un sc\u00e9nario. Nous ne l&rsquo;exposons que pour rendre compte de l&rsquo;aspect potentiellement dramatique de la situation, et pour signaler \u00e9galement et surtout que cet aspect dramatique n&rsquo;est pas du sensationnel gratuit puisque l&rsquo;hypoth\u00e8se est consid\u00e9r\u00e9e dans des sph\u00e8res officielles. Cela ne signifie pas qu&rsquo;elle est n\u00e9cessairement plausible mais que le cas Obama est per\u00e7u dans un contexte dramatique. Nous pensons que c&rsquo;est \u00e9galement le cas aux USA, o\u00f9 l&rsquo;on per\u00e7oit effectivement la pr\u00e9sidence Obama \u00e0 la fois comme une possibilit\u00e9 de rupture et un risque d&rsquo;affrontement de toutes les fa\u00e7ons possibles. Cela tient \u00e0 l&rsquo;homme, certes, mais en partie seulement. Cela tient essentiellement \u00e0 la situation des USA, \u00e0 leur destin. Nous pensons que, d&rsquo;un point de vue historique, et cela d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la perception et dans la psychologie, m\u00eame d&rsquo;une fa\u00e7on inconsciente, cette vision est justifi\u00e9e. Les USA sont \u00e0 un tournant de leur destin, pour des raisons essentiellement internes, donc fondamentales; ils ne font l\u00e0 que subir une tendance profonde de l&rsquo;Histoire, de cette Histoire qu&rsquo;ils ont toujours voulu \u00e9carter,  et l&rsquo;on comprend pourquoi, \u00e0 comprendre combien ce syst\u00e8me est antagoniste de l&rsquo;Histoire et de ses r\u00e8gles fondamentales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le reste, pour les affaires tr\u00e8s humaines quand elles sont hautes, BHO peut se tourner vers son h\u00e9ros favori,  Abraham Lincoln, au d\u00e9but de 1838, \u00e0 Springfield, dans l&rsquo;Illinois, dans son premier grand discours, alors que leur futur grand homme est encore bien jeune (29 ans) et qu&rsquo;il vient d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu pour la premi\u00e8re fois, comme Repr\u00e9sentant de l&rsquo;Illinois \u00e0 la Chambre des Repr\u00e9sentants du Congr\u00e8s des USA: \u00ab<em>A quel moment, donc, faut-il s&rsquo;attendre \u00e0 voir surgir le danger<\/em> [pour l&rsquo;Am\u00e9rique]<em>? Je r\u00e9ponds que, s&rsquo;il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-m\u00eames.<\/em> [&#8230;] <em>Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en \u00eatre nous-m\u00eames les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d&rsquo;hommes libres, nous devons \u00e9ternellement survivre, ou mourir en nous suicidant.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Welcome Home, BHO? Pas si s\u00fbr 8 avril 2009 L&rsquo;enthousiasme \u00e0 propos de Barack Obama est, aujourd&rsquo;hui, une sorte de lieu commun politique. Cela vaut particuli\u00e8rement et singuli\u00e8rement hors des USA, et pr\u00e9cis\u00e9ment en Europe. Sa tourn\u00e9e en Europe et au Moyen-Orient (Turquie et surprise irakienne), a plut\u00f4t renforc\u00e9 ce statut, quoi qu&rsquo;il en soit&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3525,8002,6428,3518,3896,6208,5303,3099,3014],"class_list":["post-70672","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-attentat","tag-bho","tag-destin","tag-histoire","tag-lincoln","tag-obama","tag-populisme","tag-psychologie","tag-systeme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70672"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70672\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}