{"id":70693,"date":"2009-04-17T15:12:44","date_gmt":"2009-04-17T15:12:44","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/17\/sous-le-soleil-de-mexico\/"},"modified":"2009-04-17T15:12:44","modified_gmt":"2009-04-17T15:12:44","slug":"sous-le-soleil-de-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/17\/sous-le-soleil-de-mexico\/","title":{"rendered":"Sous le soleil de Mexico"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Sous le soleil de Mexico<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t17 avril 2009  le brillant pr\u00e9sident des Etats-Unis \u00e9tait \u00e0 Mexico hier apr\u00e8s-midi et y passait la nuit avant de se rendre au Sommet des Am\u00e9riques pour assurer \u00e0 toute l&rsquo;Am\u00e9rique Latine que toutes les Am\u00e9riques doivent se sentir sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9. Il y a beaucoup de la nouveaut\u00e9 que pr\u00e9tend apporter Barak Obama \u00e0 la politique US dans ce voyage, ce que les r\u00e9publicains ont prestement et rageusement baptis\u00e9 <em>obamaism<\/em>. (Il faudra bien que nous suivions: obamaisme?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a aussi beaucoup de l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de BHO, notamment dans ses rapports avec la situation int\u00e9rieure de cette immense puissance qu&rsquo;il dirige, et dans les rapports de cette situation int\u00e9rieure avec la politique ext\u00e9rieure de la m\u00eame. Nous avons d\u00e9j\u00e0 plusieurs fois parl\u00e9 d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de contraction de la politique ext\u00e9rieure, avec BHO arriv\u00e9 \u00e0 la Maison-Blanche. Les signes sont indubitables, notamment vis-\u00e0-vis de la Russie, vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran, peut-\u00eatre,  perspective explosive,  vis-\u00e0-vis <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-vers_l_affrontement_obama-netanyahou_14_04_2009.html\" class=\"gen\">d&rsquo;Isra\u00ebl<\/a>; il y a la quasi-rel\u00e9gation aux oubliettes, voir dans les poubelles d&rsquo;une histoire frelat\u00e9e, du concept encore sacr\u00e9 il y a un an de grande guerre contre la terreur (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-documentation_sur_la_mort_de_gwot_10_04_2009.html\" class=\"gen\">GWOT<\/a> remplac\u00e9 par OCO). Non, l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 se trouve \u00e0 la jonction des deux (situation int\u00e9rieure et politique ext\u00e9rieure); elle se trouve \u00e0 Mexico, elle se trouve sur la fronti\u00e8re Sud; elle se trouve aux abords de la ville de Ciudad Juarez, illustr\u00e9e par tel ou tel reportage en vid\u00e9o d&rsquo;un journaliste (CNN, le <a href=\"http:\/\/www.stratfor.com\/weekly\/20090415_when_mexican_drug_trade_hits_border\" class=\"gen\">15 avril 2009<\/a>) accompagnant une patrouille de policiers \u00e9quip\u00e9s comme des soldats de l&rsquo;U.S. Army \u00e0 Bagdad en 2006,  justement, le film nous fait penser \u00e0 Ciudad Juarez comme si c&rsquo;\u00e9tait Bagdad,  pas loin, dans tous les cas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le billet de William S. Lind dont nous avons fait l&rsquo;argument de notre <em>F&#038;C<\/em> d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-fin_de_parcours_16_04_2009.html\" class=\"gen\">hier<\/a>, il y a cette phrase que nous avions d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, que nous restituons en la soulignant \u00e0 nouveau (en gras):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>What are the implications of these three observations? Militarily, they portend continued failure and defeat. We will fail <\/em>[] <em>We will push Pakistan over the brink into disintegration, which will be a strategic catastrophe of the first order.<\/em> <strong><em>We will ignore the disintegration of the state in Mexico, while importing Mexico&rsquo;s disorder through our ineffective border controls.<\/em><\/strong> <em>We will not even be able to stop Somali pirates. What does it say about us when the whole nation rejoices because the U.S. Navy, the most powerful navy on earth, defeated four Somali teenagers?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, l&rsquo;opportunit\u00e9 des nouvelles, comme celle du voyage de BHO \u00e0 Mexico, cr\u00e9e l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la chose. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat <strong>strat\u00e9gique<\/strong> de l&rsquo;affaire mexicaine, essentiellement pour les USA, est aussi bien mis en \u00e9vidence par les analyses de <em>Stratfor.com<\/em> sur la question. Corr\u00e9lativement \u00e0 la visite d&rsquo;Obama, Fred Burton et Ben West, de <em>Stratfor.com<\/em>, donnent le <a href=\"http:\/\/www.stratfor.com\/weekly\/20090415_when_mexican_drug_trade_hits_border\" class=\"gen\">15 avril 2009<\/a> une analyse de la situation des gangs li\u00e9s aux cartels, du c\u00f4t\u00e9 US, gangs <em>latinos<\/em> aux USA, cela va sans dire,  on reste en famille. Cela permet d&rsquo;avoir une meilleure id\u00e9e de l&rsquo;implication des situations entre les deux pays. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA Mexico, Obama n&rsquo;a pas cach\u00e9 une seconde combien sa visite \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 cette crise de la fronti\u00e8re et de la bataille contre les cartels. En ce sens, c&rsquo;\u00e9tait une visite de combat plus qu&rsquo;une visite diplomatique g\u00e9n\u00e9rale de bon voisinage o\u00f9 l&rsquo;on voudrait parvenir en un seul geste \u00e0 \u00e9tablir un meilleur climat pour mieux aborder tous les probl\u00e8mes pendants, avant de s&rsquo;attacher \u00e0 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre. Au contraire, on va au cur du sujet. Exemple parmi d&rsquo;autres, le rapport que fait Reuters ce <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/topNews\/idUSTRE53D0FJ20090417\" class=\"gen\">16 avril 2009<\/a> de la rencontre entre les deux hommes marque cette polarisation des relations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>President Barack Obama stood alongside Mexico&rsquo;s Felipe Calderon on Thursday and promised to help his courageous fight against ruthless drug cartels waging turf wars along the joint border. In his first trip to Latin America as U.S. president and fresh from his first big foray onto the global stage in Europe last month, Obama said Mexico and the United States both needed to strengthen and coordinate their drug war efforts.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama said he had not backed off from the idea of trying to reinstate an expired ban on assault rifles  which are showing up in droves at Mexican crime scenes  but for the time being he would focus on halting the smuggling of arms and cash over the Mexican border, which would yield faster results. Something that President Calderon and myself absolutely recognize is that you can&rsquo;t fight this war with just one hand, Obama told reporters.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>At a time when the Mexican government has so courageously taken on the drug cartels that have plagued both sides of the border, it is absolutely critical that the United States join as a full partner in dealing with this issue, Obama said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette visite avait un c\u00f4t\u00e9 populaire d&rsquo;enthousiasme, contrastant sans grande difficult\u00e9s avec les d\u00e9placement de GW Bush (en 2007 \u00e0 Mexico, dans une ville en \u00e9tat de si\u00e8ge devant les manifestations d&rsquo;hostilit\u00e9,  non des cartels de la drogue mais de la population de Mexico); Obama fait toujours recette de ce point de vue-l\u00e0, mais cet aspect va vite se ternir et tenir de moins en moins d&rsquo;importance, comme tout artifice de communication p\u00e2lit en face des probl\u00e8mes r\u00e9els auxquels sont confront\u00e9s les dirigeants,  ce qui est le cas ici, tr\u00e8s fortement, avec la guerre des cartels. Au contraire et en complet contraste, il a eu aussi des aspects tr\u00e8s pr\u00e9cis et tr\u00e8s concrets de l&rsquo;actualit\u00e9 et de la proximit\u00e9 de cette crise. Deux points de d\u00e9tails illustrent cet aspect pressant, presque physique et imm\u00e9diat de la crise-guerre. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Une pr\u00e9cision personnelle du Mexicain Calderon, selon laquelle il a \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame menac\u00e9 de mort par les cartels, ce qui donne effectivement une dimension dramatique personnelle \u00e0 la situation. \u00ab<em>A strong-willed conservative and U.S. ally, Calderon says he has been personally threatened by drug gangs. He also called on Thursday for closer cooperation than ever before.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;annonce d&rsquo;un bilan d&rsquo;une bataille dans la guerre, pour le jour pr\u00e9c\u00e9dent la visite d&rsquo;Obama ; ces \u00e9v\u00e9nements apparaissent de plus en plus comme le quotidien de cette crise,  16 morts mercredi, dans une bataille entre l&rsquo;arm\u00e9e mexicaine et les trafiquants (\u00ab<em>On Wednesday, 16 people died in a shootout between troops and suspected drug traffickers in southern Mexico<\/em>\u00bb).<\/p>\n<h3>Somme toute, la crise mexicaine est la crise parfaite<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBHO, chaleureux, \u00e0 son aise, conscient de la gravit\u00e9 de la situation,  c&rsquo;\u00e9tait, malgr\u00e9 la pauvret\u00e9 psychologique d&rsquo;un pr\u00e9sident mexicain connu pour son inexistence chronique, comme la rencontre de deux chefs de guerre engag\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans la m\u00eame guerre. En trois mois, la crise mexicaine de la drogue est devenue une crise majeure pour le continent nord-am\u00e9ricain, pour les USA, pour la fronti\u00e8re Sud des USA, en plus de l&rsquo;\u00eatre pour le Mexique. C&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s particulier, tr\u00e8s remarquable, qui demande une analyse sp\u00e9cifique tant il t\u00e9moigne de la <strong>rapidit\u00e9<\/strong> de la diffusion des situations de crise dans notre \u00e9poque. Cela est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire que la gravit\u00e9 de la crise est \u00e9vidente depuis deux-trois ans, qu&rsquo;il y a eu bien des occasions o\u00f9 la pr\u00e9c\u00e9dente administration aurait pu s&rsquo;en aviser, que GW Bush (ancien gouverneur du Texas) aurait d\u00fb \u00eatre l&rsquo;homme idoine pour cela, et que rien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fait dans ce sens. On dirait que la crise \u00e9clate, explose, avec l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Obama alors qu&rsquo;elle ne fait que poursuivre son cours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tY a-t-il r\u00e9alisation disons objective de cette gravit\u00e9, selon l&rsquo;id\u00e9e que la situation elle-m\u00eame aurait impos\u00e9 cette attention? Bien s\u00fbr, l&rsquo;argument est in\u00e9vitable mais cela n&rsquo;explique qu&rsquo;une toute petite partie de l&rsquo;attitude d&rsquo;Obama alors que cela explique <em>a contrario<\/em> beaucoup de l&rsquo;attitude critiquable de GW Bush. Cette r\u00e9alisation de la part d&rsquo;Obama est tr\u00e8s grande, tr\u00e8s active, tr\u00e8s pr\u00e9cipit\u00e9e, voire forcen\u00e9e et consid\u00e9rable et, sans aucun doute et en un mot, par comparaison \u00e0 d&rsquo;autres probl\u00e8mes et \u00e0 d&rsquo;autres crises,  on pourrait juger excessive cette r\u00e9alisation de la crise. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement n&rsquo;est certainement pas accidentel, c&rsquo;est toute l&rsquo;administration qui est sur pied de guerre. On a d\u00e9j\u00e0 vu des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_et_la_verite_mexicaine_par_necessite_26_03_2009.html\" class=\"gen\">indications<\/a> tr\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_du_sud_est_notre_guerre_et_comment_09_04_2009.html\" class=\"gen\">convaincantes<\/a> de cet int\u00e9r\u00eat, qui ne laissent aucun doute sur cette d\u00e9marche. Ces constats demandent une explication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous appara\u00eet donc qu&rsquo;il y a une volont\u00e9 manifeste d&rsquo;Obama et de son administration de hausser la crise mexicaine au premier rang de leurs pr\u00e9occupations. Cela n&rsquo;\u00e9tait pas annonc\u00e9 ni pr\u00e9visible dans les diverses indications, \u00e0 la fois de la campagne \u00e9lectorale, dans le programme du candidat ni m\u00eame dans l&rsquo;activit\u00e9 de la transition; \u00e0 aucun moment il n&rsquo;y eut l&rsquo;impression d&rsquo;une telle priorit\u00e9, d&rsquo;une telle importance accord\u00e9e \u00e0 la chose. La crise mexicaine est apparue brusquement en haut, tout en haut des pr\u00e9occupations d&rsquo;Obama, comme un \u00e9v\u00e9nement inattendu, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e en fonction de l&rsquo;administration Obama; et la chose s&rsquo;est faite tr\u00e8s naturellement, sans proclamation tonitruante, comme si elle allait de soi. Comme la gravit\u00e9 de la situation n&rsquo;est pas la seule explication, m\u00eame si elle a sa place, il y a d&rsquo;autres explications \u00e0 explorer. C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat central du propos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous parlons beaucoup de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-detail_mexicain_en_marge_des_preoccupations_francaises_une_possible_intervention_us_10_03_2009.html\" class=\"gen\">contraction<\/a> de la politique US avec Obama. Le Mexique et sa crise sont l&rsquo;arch\u00e9type de cette contraction. La politique ext\u00e9rieure des USA, qui a \u00e9tendu ses tentacules bellicistes aux quatre coins du monde avec GW Bush, effectue, au travers du d\u00e9placements de ses priorit\u00e9s, un mouvement circulaires de repli (de contraction) pour revenir, dans une crise d\u00e9sormais majeure, au point de contact avec la situation int\u00e9rieure des USA, sur cette fronti\u00e8re Sud des USA. La politique ext\u00e9rieure US, qui est parti combattre les d\u00e9sordres ext\u00e9rieurs du monde dont elle est enti\u00e8rement la cause elle-m\u00eame, revenant sur sa fronti\u00e8re Sud, pour se fixer sur un d\u00e9sordre qui est, lui-m\u00eame, la cons\u00e9quence de la situation int\u00e9rieure USA (pas de consommation int\u00e9rieure de drogue aux USA, pas de cartels; pas d&rsquo;armes en vente libre massive aux USA, pas de cartels arm\u00e9s). La politique ext\u00e9rieure US, qui a notamment pour mission de combattre et de repousser les troubles ext\u00e9rieurs de ces pays du Tiers-Monde (d\u00e9sordre, corruption, criminalit\u00e9, Etats inexistants), dont les USA ne veulent pas entendre parler malgr\u00e9 qu&rsquo;ils y aient tant de responsabilit\u00e9s, se retrouve, en se contractant, plong\u00e9 dans une crise typique majeure du Tiers-Monde qui d\u00e9chire sa fronti\u00e8re Sud. Il y a comme un \u00e9trange mouvement de la destin\u00e9e, ramenant sur la fronti\u00e8re m\u00eame des USA, bient\u00f4t aux USA m\u00eame, ce que la politique de l&#8217;empire \u00e0 la fois nourrit et repousse depuis plusieurs d\u00e9cennies. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il y a aussi \u00e0 dire sur BHO. Sans la moindre h\u00e9sitation, sans une seconde se sentir frein\u00e9 par sa situation int\u00e9rieure et la lutte contre la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique, Obama se jette \u00e0 corps perdu dans cette crise de la guerre des cartels, qui est pourtant d&rsquo;abord une crise ext\u00e9rieure. (Et la preuve nous a \u00e9t\u00e9 ass\u00e9n\u00e9e par le brave GW qu&rsquo;on peut passer huit ans \u00e0 la Maison-Blanche en l&rsquo;ignorant compl\u00e8tement.) Que se passe-t-il? Obama, retrouvant ses racines d&rsquo;Africain-Am\u00e9ricain et sa solidarit\u00e9 de minorit\u00e9 avec les <em>latinos<\/em>, se tourne-t-il vers le Mexique avec cette perception psychologique? Le p\u00e2le Calderon n&rsquo;est pas vraiment le repr\u00e9sentant typique de cette minorit\u00e9 mais c&rsquo;est un d\u00e9but et l&rsquo;on fait avec. En v\u00e9rit\u00e9, y a-t-il un aspect d&rsquo;une psychologie tiers-mondiste chez Obama qui lui fait s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la chose (et \u00e9ventuellement \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique Latine,  on verra)? Il y a l\u00e0 un autre ph\u00e9nom\u00e8ne, psychologique celui-l\u00e0, dans le chef du pr\u00e9sident US, qui s&rsquo;exprime par un int\u00e9r\u00eat politique suivant le ph\u00e9nom\u00e8ne de contraction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEncore restons-nous dans des sph\u00e8res civilis\u00e9es et n&rsquo;avons-nous pas \u00e9voqu\u00e9 dans ce propos l&rsquo;engouement extraordinaire de tout l&rsquo;appareil bureaucratico-s\u00e9curitaire du syst\u00e8me pour cette nouvelle crise \u00e0 se mettre sous la dent. (Nous l&rsquo;avons document\u00e9, par ailleurs sur ce site.) Quelle aubaine, cette crise, de ce c\u00f4t\u00e9 aussi! Elle satisfait tous les phantasmes et toutes les perspectives des r\u00eaveries de la communaut\u00e9 US de s\u00e9curit\u00e9 nationale, r\u00e9conciliant ses obsessions s\u00e9curitaires de l&rsquo;ext\u00e9rieur, du <em>Rest Of the World<\/em> primitif, avec celles de la bordure de la civilisation am\u00e9ricaniste en contact avec la barbarie ext\u00e9rieure, envieuse et ne r\u00eavant que de plaies et bosses antiam\u00e9ricanistes, avec celles du d\u00e9sordre int\u00e9rieur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous annon\u00e7ons de superbes perspectives pour cette crise, qui pourrait devenir la crise de s\u00e9curit\u00e9 majeure des USA dans peu de temps. Il faut avoir la r\u00e9flexion de William S. Lind en bandouli\u00e8re (\u00ab<em>We will ignore the disintegration of the state in Mexico, while importing Mexico&rsquo;s disorder through our ineffective border controls<\/em>\u00bb) car elle est charg\u00e9e d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 absolument inattaquable. La chose, d\u00e9busqu\u00e9e de son anonymat par BHO, est en train de devenir l&rsquo;objet de la fascination m\u00eame de l&rsquo;am\u00e9ricanisme: une crise majeure, r\u00e9conciliant la politique belliciste ext\u00e9rieure en contraction et les obsessions de s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure en butte \u00e0 cette contraction. L&rsquo;<em>Americanist Dream<\/em>, en quelque sorte, parce que r\u00e9unissant toutes les obsessions s\u00e9curitaires de cette \u00e9trange pathologie politique (nous voulons parler de l&rsquo;am\u00e9ricanisme). <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous le soleil de Mexico 17 avril 2009 le brillant pr\u00e9sident des Etats-Unis \u00e9tait \u00e0 Mexico hier apr\u00e8s-midi et y passait la nuit avant de se rendre au Sommet des Am\u00e9riques pour assurer \u00e0 toute l&rsquo;Am\u00e9rique Latine que toutes les Am\u00e9riques doivent se sentir sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9. 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