{"id":70705,"date":"2009-04-23T06:44:27","date_gmt":"2009-04-23T06:44:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/23\/la-marche-de-la-deraison-dans-linconnu\/"},"modified":"2009-04-23T06:44:27","modified_gmt":"2009-04-23T06:44:27","slug":"la-marche-de-la-deraison-dans-linconnu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/23\/la-marche-de-la-deraison-dans-linconnu\/","title":{"rendered":"La marche de la d\u00e9raison dans l&rsquo;inconnu"},"content":{"rendered":"<p><p>Le FMI a publi\u00e9 son rapport biannuel sur les perspectives \u00e9conomiques mondiales (WEO, ou <em>World Economic Outlook<\/em>). La marque en est un pessimisme accentu\u00e9, apr\u00e8s une troisi\u00e8me r\u00e9vision en baisse, pour sa prospective pour l&rsquo;ann\u00e9e 2009. Le r\u00e9visionnisme semble \u00eatre la marque de la pr\u00e9vision \u00e9conomique. L&rsquo;AFP, via <em>RAW Story<\/em>, donne une analyse succincte de l&rsquo;<em>Outlook<\/em> du FMI, ce <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/news\/2008\/IMF_forecasts_severe_global_recession_in_0422.html\" class=\"gen\">22 avril 2009<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The International Monetary Fund Wednesday forecast the global economy will contract a punishing 1.3 percent this year because the financial crisis is proving more entrenched than expected. The global economy is in a severe recession inflicted by a massive financial crisis and acute loss of confidence, the IMF said in its semi-annual World Economic Outlook (WEO) report. The IMF warned the outlook was exceptionally uncertain, with risks weighing on the downside, in its assessment that the world economy was sliding into the deepest post-World War II recession by far.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It was the third time the IMF has slashed its 2009 world growth estimate this year. In January, the multilateral institution saw growth of 0.5 percent, but by March it had forecast a contraction of between 0.5 percent and 1.0 percent. According to IMF economists, the global economic and financial crisis will hammer the advanced economies the hardest, with their gross domestic product (GDP)  a measure of a country&rsquo;s goods and services output  shrinking at an annual rate of 3.8 percent this year.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe FMI pr\u00e9voit un d\u00e9but tr\u00e8s lent de reprise pour 2010,  mais que faire d&rsquo;une telle pr\u00e9vision alors que la pr\u00e9vision pour 2009 est continuellement revue, \u00e0 la baisse certes, de mois en mois depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e? Le FMI estime que la crise co\u00fbtera plus de $4.000 milliards, l\u00e0 aussi une estimation revue d\u00e9j\u00e0 plusieurs fois, et dans ce cas, bien entendu, revue dans le sens de l&rsquo;augmentation. Ajouter avec une ironie fatigu\u00e9e que cela n&rsquo;est pas fini rel\u00e8ve du lieu commun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous regardions par m\u00e9garde,  le mot est tentant,  la ministre fran\u00e7aise de l&rsquo;Economie et des Finances Christine Lagarde, invit\u00e9e s\u00e9rieuse de l&rsquo;\u00e9mission <em>Le grand journal<\/em> de Canal +, hier soir. Dans cette sorte de technique interview-<em>talk show<\/em> o\u00f9 se m\u00ealent futilit\u00e9s, interruptions des uns et des autres, remarques <em>people<\/em> et questions conventionnelles, l&rsquo;invit\u00e9 se trouve souvent coinc\u00e9 entre une obligation de conformisme, une attention constante \u00e0 l&rsquo;utilisation des lieux communs, le respect des consignes g\u00e9n\u00e9rales de communication d&rsquo;un syst\u00e8me aux abois, et quelques moments, ou quelques instants bien peu nombreux o\u00f9 \u00e9merge une rare franchise, et puis un ton, parfois, qu&rsquo;on ne peut compl\u00e8tement dissimuler. On ne peut donc parler d&rsquo;information r\u00e9elle dans le chef de la ministre, ni de raisonnement structur\u00e9, mais d&rsquo;un climat o\u00f9 baignaient ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Est-ce que vous doutez?<\/em>\u00bb, demande, en l&rsquo;interrompant bien s\u00fbr, l&rsquo;un des h\u00f4tes du <em>talk show<\/em>; instant rapide d&rsquo;h\u00e9sitation, interruptions \u00e0 nouveau, retour sur la question, puis : \u00ab<em>Oui, bien s\u00fbr, je doute<\/em>\u00bb,  suivi d&rsquo;explications structur\u00e9es et assur\u00e9es, histoire de noyer l&rsquo;aveu. C&rsquo;est effectivement un climat complet d&rsquo;incertitude entre les vagues r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des chiffres qui, comme tous les chiffres, ont pour eux d&rsquo;\u00eatre nets et carr\u00e9s, presque rassurants, dans tous les cas dans l&rsquo;instant o\u00f9 ils sont dits, mais dont on sait qu&rsquo;ils seront diff\u00e9rents quoique aussi carr\u00e9s demain; un climat sans la moindre r\u00e9serve d&rsquo;une marche dans l&rsquo;inconnu et d&rsquo;une marche vers l&rsquo;inconnu, cela substantiv\u00e9 par des r\u00e9f\u00e9rences assur\u00e9es aux mod\u00e8les macro\u00e9conomiques qui ne donnent  aucune r\u00e9f\u00e9rence solide parce que ce qui se passe n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 vu auparavant, et ainsi de suite<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEpisodiquement mais in\u00e9luctablement, en m\u00eame temps qu&rsquo;une tentative en cours assez futile quand on la consid\u00e8re d&rsquo;une certaine distance de ranimer l&rsquo;optimisme, nous revenons, d&rsquo;un instant l&rsquo;autre, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, \u00e9pouvantable et \u00e9prouvante. Par rapport aux pr\u00e9visions et aux attentes, le G20 a \u00e9t\u00e9 une catastrophe ou un non-\u00e9v\u00e9nement,  on le qualifiera comme on veut. On a tent\u00e9 de l&rsquo;habiller de certaines vertus, puis, dans la foul\u00e9e comme l&rsquo;on dit, on annonce quelques signes encourageants. Les pr\u00e9visions revues pour la ni\u00e8me fois du FMI en font justice sur le fond. On justifie cette offensive de communication en affirmant que la crise est d&rsquo;abord une crise de confiance et qu&rsquo;il suffit de ranimer la chose en crise pour que cesse la crise. On continue bien s\u00fbr les diverses manipulations, on dirait les manipulations <em>as usual<\/em>, pour aider le syst\u00e8me \u00e0 se remettre en place, exactement \u00e0 la m\u00eame place qui nous a enfant\u00e9 cette catastrophe. Paul Jorion nous signale (le <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2873#comments\" class=\"gen\">21 avril 2009<\/a>) les derni\u00e8res observations de l&rsquo;\u00e9conomiste Roubini: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Jeudi dernier, dans son plus r\u00e9cent rapport, Nouriel Roubini expliquait avec force d\u00e9tails que les chiffres utilis\u00e9s par les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines dans les tests de d\u00e9tresse auxquels sont soumises les dix-neuf principales banques am\u00e9ricaines, \u00e9taient d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 enfonc\u00e9s, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des chiffres du ch\u00f4mage (\u00e0 la hausse), du PIB (\u00e0 la baisse) ou de la chute du prix de l&rsquo;immobilier r\u00e9sidentiel (\u00e0 la baisse). Il recommandait du coup que l&rsquo;on cesse de parler de stress tests pour parler de fudge tests: tests bidouill\u00e9s.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes directions politiques du monde, qui ont pris la confortable habitude de se reposer sur la direction \u00e9conomique du monde, ne cessent de d\u00e9couvrir que cette direction-l\u00e0 n&rsquo;existe plus avant de comprendre, un jour, qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais exist\u00e9. La science \u00e9conomique est un masque rationnel pos\u00e9 sur un tourbillon d&rsquo;int\u00e9r\u00eats antagonistes et un d\u00e9sordre d&rsquo;actions concurrentes, o\u00f9 dominent les sentiments humains les plus vils et les plus communs, o\u00f9 la pr\u00e9vision se contente du trimestre en cours, pour le versement des dividendes aux actionnaires (cela, <em>in illo tempore<\/em>, quand les choses allaient leur train). Tombe le masque. La raison ne cesse de s&rsquo;affoler devant cette absence compl\u00e8te de perspective et s&rsquo;en remet, par intermittences chaotiques, \u00e0 la communication pour tenter de se donner l&rsquo;illusion, et de la communiquer alentour, de ma\u00eetriser les affaires d&rsquo;un monde qu&rsquo;elle ne comprend plus. C&rsquo;est-\u00e0-dire que la raison s&rsquo;\u00e9tait donn\u00e9e le vertige de la certitude de comprendre le monde, et de le ma\u00eetriser par cons\u00e9quent. Effectivement, cette certitude n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un vertige, ce qui conduit \u00e0 observer que la raison a v\u00e9cu, dans la p\u00e9riode historique qui s&rsquo;ach\u00e8ve par les temps qui courent, selon les emportements de la d\u00e9raison et rien d&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa seule assurance acceptable et la seule certitude reconnue, c&rsquo;est que cette crise est bien la chose la plus logique et la plus justifi\u00e9e du monde. Par m\u00e9garde, la ministre Lagarde nous l&rsquo;a dit en avouant qu&rsquo;elle doute.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 23 avril 2009 \u00e0 06H40<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le FMI a publi\u00e9 son rapport biannuel sur les perspectives \u00e9conomiques mondiales (WEO, ou World Economic Outlook). La marque en est un pessimisme accentu\u00e9, apr\u00e8s une troisi\u00e8me r\u00e9vision en baisse, pour sa prospective pour l&rsquo;ann\u00e9e 2009. Le r\u00e9visionnisme semble \u00eatre la marque de la pr\u00e9vision \u00e9conomique. 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