{"id":70715,"date":"2009-04-28T10:28:15","date_gmt":"2009-04-28T10:28:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/28\/la-politique-des-excuses-des-usa-touche-la-crise-climatique\/"},"modified":"2009-04-28T10:28:15","modified_gmt":"2009-04-28T10:28:15","slug":"la-politique-des-excuses-des-usa-touche-la-crise-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/04\/28\/la-politique-des-excuses-des-usa-touche-la-crise-climatique\/","title":{"rendered":"La \u201cpolitique des excuses\u201d des USA touche la crise climatique"},"content":{"rendered":"<p><p>La chose commence \u00e0 \u00eatre assez habituelle, voire rituelle, pour qu&rsquo;on puisse parler d&rsquo;une politique de communication de l&rsquo;administration Obama. Il s&rsquo;agit de reconna\u00eetre la responsabilit\u00e9 US ou <em>in fine<\/em> ou explicitement de pr\u00e9senter les excuses des USA, soit \u00e0 un pays, soit \u00e0 une r\u00e9gion, soi au reste du monde pour une attitude ou une politique fautive des USA. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a eu, le <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_et_la_verite_mexicaine_par_necessite_26_03_2009.html\" class=\"gen\">25 mars 2009<\/a>, la reconnaissance par Hillary Clinton de la responsabilit\u00e9 US dans la crise de la guerre des cartels de la drogue au Mexique (et aux USA).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a eu, le <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_scandale_dans_la_famille_bho_nous_parle_de_l_arrogance_us_06_04_2009.html\" class=\"gen\">4 avril 2009<\/a>, la reconnaissance par Obama que les USA ont eu une attitude arrogante vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a d\u00e9sormais, ce <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/environment\/2009\/apr\/27\/carbon-emissions-us\" class=\"gen\">27 avril 2009<\/a>, la pr\u00e9sentation des excuses des USA par Hillary Clinton, devant la conf\u00e9rence sur la crise du changement climatique, \u00e0 Copenhague. Cette fois, les excuses concernent la responsabilit\u00e9 des USA dans les \u00e9missions de pollution et la faiblesse de la lutte US contre cette situation. (Dans ce cas, la responsabilit\u00e9 est \u00e9ventuellement \u00e9tendue au monde d\u00e9velopp\u00e9, qui tient \u00e9videmment le plus grand r\u00f4le dans le cas de l&rsquo;\u00e9mission de la pollution.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Obama administration issued a mea culpa today on America&rsquo;s role in causing climate change, in a move to get the major economies working together on a global warming treaty. The admission by Hillary Clinton at a two-day meeting of the world&rsquo;s biggest polluters was intended to ease some of the obstacles towards a deal at UN talks in Copenhagen in December. She placed the gathering of officials from 17 countries, the European Union and the United Nations on a par with the G20 meeting on the economic crisis earlier this month.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Clinton addressed the complaints of developing countries such as India and China that America and the EU, by demanding binding emissions cuts, want to saddle them with the burden of climate change; they argue they did not cause the problem and must prioritise growth. She said the US recognised industrialised countries bore a responsibility: Some countries like mine are responsible for past emissions. She wanted China and India to grow their economies: We want people to have a higher standard of living<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama had broken with eight years of denial under George Bush, Clinton said. The United States is fully engaged and ready to lead and determined to make up for lost time both at home and abroad  the US is no longer absent without leave. She saw climate change as the gravest problem facing the international community: The facts on the ground are outstripping the worst case scenario models.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette reconnaissance de la responsabilit\u00e9 US dans la crise climatique a une double importance. D&rsquo;abord, effectivement, parce qu&rsquo;elle confirme ce qu&rsquo;on doit nommer une politique de communication destin\u00e9e \u00e0 restaurer l&rsquo;image des USA dans le monde, en reconnaissant,  dans une mesure tout de m\u00eame contr\u00f4l\u00e9e, certes,  les fautes et les exc\u00e8s, ou certaines fautes et certains exc\u00e8s de ces m\u00eames USA. L&rsquo;effet sur le reste du monde reste \u00e0 voir puisqu&rsquo;il peut \u00eatre d&rsquo;alimenter encore plus la critique du r\u00f4le des USA et d&rsquo;exiger une politique beaucoup moins agressive de la part des USA, autant qu&rsquo;effectivement de restaurer l&rsquo;image des USA; on pourrait dire, bien s\u00fbr, que les deux sont li\u00e9es, que l&rsquo;image des USA ne sera restaur\u00e9e que si une modification de politique suit ces d\u00e9clarations. Sur le plan int\u00e9rieur, par contre, cette politique des excuses doit aggraver encore plus la vigueur de l&rsquo;opposition \u00e0 Obama, de la part de la droite dure et des populations US qui sont attach\u00e9es \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 des USA et ne supporte pas que les USA pr\u00e9sentent leurs excuses, et de quoi d&rsquo;ailleurs, etc..<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le cas lui-m\u00eame de la crise climatique, les d\u00e9clarations d&rsquo;Hillary Clinton devraient effectivement apporter une dramatisation de la perception de cette crise et de son urgence. Il est int\u00e9ressant d&rsquo;observer que cette dramatisation intervient au cur de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re, que la crise climatique est plac\u00e9e sur le m\u00eame niveau d&rsquo;urgence et de dangerosit\u00e9 que cette crise \u00e9conomique, alors que la lutte contre la crise \u00e9conomique se traduit par la recherche d&rsquo;une relance de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique  qui implique \u00e9videmment un renforcement des conditions qui aggravent la crise climatique. Cette contradiction n&rsquo;est pas nouvelle puisqu&rsquo;elle tient au syst\u00e8me lui-m\u00eame, qui suit un type de d\u00e9veloppement qui est fondamentalement d\u00e9structurant et, dans ce cas, destructeur des conditions stables de l&rsquo;environnement. La d\u00e9structuration s&rsquo;exerce aussi bien contre les conditions naturelles que contre les diverses situations de civilisation, les structures souveraines des nations, les structures culturelles et sociales, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe ce point de vue, les excuses US de Copenhague compl\u00e8tent en les \u00e9largissant, notamment, les excuses de Clinton pour le r\u00f4le US dans la crise mexicaine (consommation de drogue et vente d&rsquo;armes). Dans ce cas \u00e9galement, il s&rsquo;agit, de la part du fonctionnement du syst\u00e8me US, d&rsquo;une action de d\u00e9structuration conduisant \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 et \u00e0 la destruction de certaines normes de la vie sociale. Ces constats divers font de cette politique de communication de l&rsquo;administration Obama bien plus qu&rsquo;une simple offensive dans ce domaine (la communication est souvent assimil\u00e9e \u00e0 de la propagande). Ils contribuent \u00e0 faire prendre conscience, certes du r\u00f4le des USA, mais, surtout, du caract\u00e8re d\u00e9structurant du syst\u00e8me am\u00e9ricaniste et occidental.  <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 28 avril 2009 \u00e0 10H33<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La chose commence \u00e0 \u00eatre assez habituelle, voire rituelle, pour qu&rsquo;on puisse parler d&rsquo;une politique de communication de l&rsquo;administration Obama. 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