{"id":70745,"date":"2009-05-09T07:01:18","date_gmt":"2009-05-09T07:01:18","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/05\/09\/black-cest-black\/"},"modified":"2009-05-09T07:01:18","modified_gmt":"2009-05-09T07:01:18","slug":"black-cest-black","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/05\/09\/black-cest-black\/","title":{"rendered":"<em>Black<\/em> c&rsquo;est <em>black<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9volution, selon les termes de Bill Sweetman: \u00ab<em>For black-budget watchers, the FY2010 budget is a revolution.<\/em>\u00bb. Sweetman, r\u00e9dacteur en chef de <em>Defense &#038; Technology International<\/em>, et l&rsquo;un des rares journalistes de la presse officielle de d\u00e9fense \u00e0 avoir une approche critique des pratiques du complexe militaro-industriel (voir notamment <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-jsf_versus_sweetman_sous_le_regard_de_row__14_01_2009.html\" class=\"gen\">son action<\/a> sur le cas JSF), en m\u00eame temps qu&rsquo;une exceptionnelle expertise des arcanes, manoeuvres et filouteries du Pentagone et de ses budgets dissimul\u00e9s, d\u00e9busque cette fois sur son <em>blog<\/em> d&rsquo;<em>Aviation Week<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.aviationweek.com\/aw\/blogs\/defense\/index.jsp?plckController=Blog&#038;plckScript=blogScript&#038;plckElementId=blogDest&#038;plckBlogPage=BlogViewPost&#038;plckPostId=Blog%3a27ec4a53-dcc8-42d0-bd3a-01329aef79a7Post%3a07d043ca-ceaf-4d4b-a260-7a4c0f59d581&#038;plckCommentSortOrder=TimeStampAscending\" class=\"gen\">7 mai 2009<\/a> (reprise sur <em>Danger Room<\/em> du m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.wired.com\/dangerroom\/2009\/05\/pentagons-black-budget-grows-to-more-than-50-billion\/\" class=\"gen\">7 mai 2009<\/a>) le cas de l&rsquo;augmentation du <em>black budget<\/em> du Pentagone. Le cap des $50 milliards est franchi, soit une somme sup\u00e9rieure au budget de la d\u00e9fense de la France, ou celui du Japon, ou celui du Royaume Uni, et une somme \u00e9quivalent \u00e0 10% de l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 du budget DoD.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBill Sweetman:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>For black-budget watchers, the FY2010 budget is a revolution. Spending on classified programs and activities is listed as such, by category. Goodbye, 0207424F Evaluation and Analysis Program. So long, 0207248F Special Evaluation Program. These long-running budget lines, with their ever-changing names, have disappeared, along with the chore of wading through the USAF&rsquo;s Operational Systems Development budget, counting what is there and calculating what is missing.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In the R-1 (research and development), P-1 (procurement) and O-1 (operations) budgets for 2010, just over $50 billion is listed for classified programs, the largest-ever sum. The Pentagon&rsquo;s \u00ab\u00a0black\u00a0\u00bb operations, including the intelligence budgets nested inside it, are roughly equal in magnitude to the entire defense budgets of the UK, France or Japan, and 10 per cent of the total.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Highlights include the US Air Force&rsquo;s classified research and development budget. Earlier estimates suggested that secret projects accounted for 36 per cent of USAF R&#038;D spending, but the FY2010 budget shows that even this startling number is on the low side. The USAF plans to spend almost $12 billion on secret programs in 2010 &#8211; more than three Joint Strike Fighter development efforts &#8211; or just about 43 per cent of its R&#038;D.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>black budget<\/em> du Pentagone a toute une histoire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un budget couvrant des programmes ultrasecrets, qui ne sont pas soumis \u00e0 un contr\u00f4le cat\u00e9goriels du Congr\u00e8s. (En fait, selon les normes g\u00e9n\u00e9ralement admises, seuls 2% des parlementaires, incluant le <em>leadership<\/em> des commissions sur les forces arm\u00e9es et  services de renseignement, et organismes proches, sont en principe inform\u00e9s du d\u00e9tail des <em>black budgets<\/em>,  insistons sur la restriction : en principe.) Les sommes sont pr\u00e9sent\u00e9es dans leur totalit\u00e9, sans indication de leur destination sinon la mention de programmes d\u00e9sign\u00e9s par des noms de code exotiques, sans la moindre explication du contenu et de l&rsquo;orientation de ces projets. Cela signifie que le Pentagone peut faire ce qui lui importe de ces sommes, sans le moindre contr\u00f4le r\u00e9el (certains estiment que le secret draconien du domaine interdit m\u00eame au secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, par des artifices de proc\u00e9dure, d&rsquo;avoir acc\u00e8s \u00e0 certains aspects des activit\u00e9s de ces budgets et services).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>black budget<\/em> a explos\u00e9 avec la pr\u00e9sidence Reagan, atteignant \u00e0 partir de 1982-83 des sommes proches du pourcentage de FY2010 (autour de 10% du budget DoD, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque entre $30 et $36 milliards). Cette p\u00e9riode correspondait \u00e0 l&rsquo;effort ultrasecret de la technologie furtive et des programmes secrets qui l&rsquo;accompagnaient. Elle correspondait \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;affaiblissement des pouvoirs publics du au d\u00e9veloppement du secteur priv\u00e9 dans toutes les activit\u00e9s publiques, notamment au DoD, cela r\u00e9pondant \u00e0 l&rsquo;orientation g\u00e9n\u00e9rale lanc\u00e9e par le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_histoire_du_manifeste_powell_ou_la_mise_a_nu_de_l_histoire_de_l_amerique_plongee_dans_sa_bataille_interne_sans_pitie_23_08_2002.html\" class=\"gen\">Manifeste Powell<\/a> au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Elle signifiait essentiellement un effort des puissances priv\u00e9es et bureaucratiques pour se d\u00e9barrasser du contr\u00f4le de la puissance publique et conduire leurs propres agendas, comprenant aussi bien des  programmes technologiques que des op\u00e9rations subversives ou d&rsquo;influence id\u00e9ologique (cela, d&rsquo;autant que le <em>black budget<\/em> alimente \u00e9galement les services de renseignement). Avec la fin de la Guerre froide, la pratique du <em>black budget<\/em> a connu un certain d\u00e9clin avant de red\u00e9marrer avec l&rsquo;administration GW Bush et 9\/11. Avec FY2010, il rejoint en pourcentage du budget DoD les plus hauts sommets (alors justifi\u00e9s th\u00e9oriquement par la Guerre froide et ce qui \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9, d&rsquo;une fa\u00e7on int\u00e9ress\u00e9, comme un effort agressif particulier de l&rsquo;URSS \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970); en valeur absolue, il atteint des sommets jamais atteints auparavant, ce qui donne au <em>black budget<\/em> une puissance budg\u00e9taire absolument incontr\u00f4l\u00e9e d&rsquo;une puissance sans \u00e9quivalent. Il est est g\u00e9n\u00e9ralement sugg\u00e9r\u00e9, sinon admis, que certaines sommes incontr\u00f4l\u00e9es du budget courant du DoD, sont \u00e9galement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es ou contr\u00f4l\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire recycl\u00e9es par le <em>black budget<\/em> en argent hors du contr\u00f4le des autorit\u00e9s politiques. Tout cela fait de ce domaine un Etat dans l&rsquo;Etat au sein du Pentagone, et sans doute le plus influent du point de vue bureaucratique; si l&rsquo;on veut, c&rsquo;est le budget-<em>leader<\/em> du Pentagone, et l&rsquo;on sait qu&rsquo;au Pentagone qui a le budget a le pouvoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est manifeste que l&rsquo;augmentation de FY2010, qui varie selon les domaines r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s entre 8% et 15% par rapport \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, repr\u00e9sente un effort \u00e0 peine dissimul\u00e9e de la bureaucratie pour \u00e9largir son champ de compl\u00e8te ind\u00e9pendance par rapport au pouvoir civil (Gates autant que la Maison-Blanche). Il s&rsquo;agit aussi bien d&rsquo;une riposte aux tentatives de r\u00e9forme du d\u00e9partement (Gates) que d&rsquo;un effort bureaucratique pour tenter de verrouiller une politique expansionniste et belliciste qui allait bon train sous l&rsquo;administration GW Bush, et qui semble \u00eatre \u00e9ventuellement contrecarr\u00e9e, sans certains domaines, par l&rsquo;administration Obama. Tous ces constats additionn\u00e9s montrent une situation de complot, mais pas dans le sens habituel du terme d&rsquo;une action cr\u00e9\u00e9e de toutes pi\u00e8ces, structur\u00e9e ill\u00e9galement, \u00e9ventuellement spectaculaire, comme l&rsquo;entendent habituellement les th\u00e8ses du domaine; mais un complot bureaucratique, pour p\u00e9renniser et assurer, voire augmenter par des voies formellement l\u00e9gales un pouvoir <em>de facto<\/em> en place et qu&rsquo;on juge menac\u00e9. Une bonne d\u00e9finition serait une variation sur la th\u00e8se du <em>Coup d&rsquo;Etat permanent<\/em> de Mitterrand, quelque chose de beaucoup plus cr\u00e9dible, dangereux et efficace,  un coup d&rsquo;Etat rampant permanent, dissimul\u00e9 dans la jungle bureaucratique, et qui est en train d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Sorte de coup d&rsquo;Etat rampant permanent, en effet, car cette action (de FY2010) n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel. Ce fut, comme on l&rsquo;a vu (\u00e8re Reagan), une pratique \u00e9pisodique, courante et fournie. Surtout, il faut remonter bien plus loin que Reagan, ce qui fait du <em>black budget<\/em> quelque chose d&rsquo;institutionnel bien plus qu&rsquo;accidentel,  par cons\u00e9quent coup d&rsquo;Etat rampant permanent, mais aussi institutionnalis\u00e9. Cette pratique r\u00e9pond \u00e0 la logique fondamentale du complexe militaro-industriel \u00e0 sa cr\u00e9ation, qui est une force d&rsquo;origine priv\u00e9e, \u00e0 la fois du <em>Big Business<\/em> et de c\u00e9nacles id\u00e9ologique de la sup\u00e9riorit\u00e9 am\u00e9ricaniste, \u00e9ventuellement \u00e0 connotation supr\u00e9matiste-raciste (supr\u00e9matie de la race anglo-saxonne). (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_destinee_manifeste_par_les_armes_01_05_1997.html?admin=1\" class=\"gen\">L&rsquo;histoire<\/a> du CMI, avec ses origines certes, est diversement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quelques_elements_de_reflexions_sur_le_complexe_militaro-industriel_son_passe_son_present_et_son_avenir_radieux_12_02_2003.html\" class=\"gen\">pr\u00e9sent\u00e9<\/a> sur ce site.) On voit dans un texte comme celui de l&rsquo;interview de Nick Cook, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_dimension_etonnante_effrayanteet_8747_du_complexe_militaro-industriel_americaniste_21_07_2005.html?admin=1\" class=\"gen\">21 juillet 2005<\/a>, que cette connotation raciste est confirm\u00e9e par certaines collusions implicites entre le CMI (le Pentagone) et diff\u00e9rents aspects du r\u00e9gime nazi dans le domaine de la science et des armements (notamment les recherches conduites par la SS), renforc\u00e9 notamment apr\u00e8s la fin de la guerre, lorsque le CMI r\u00e9cup\u00e9ra divers savants et secrets nazis. Vraiment, tout y est.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 9 mai 2009 \u00e0 07H02<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9volution, selon les termes de Bill Sweetman: \u00abFor black-budget watchers, the FY2010 budget is a revolution.\u00bb. 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