{"id":70754,"date":"2009-05-13T10:24:21","date_gmt":"2009-05-13T10:24:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/05\/13\/lanomalie-francaise\/"},"modified":"2009-05-13T10:24:21","modified_gmt":"2009-05-13T10:24:21","slug":"lanomalie-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/05\/13\/lanomalie-francaise\/","title":{"rendered":"L&rsquo;anomalie fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"<p><p>Effectivement, en citant l&rsquo;anomalie, nous voulons parler de ce qui n&rsquo;est pas normal; de ce qui est, en un sens, la subversion de l&rsquo;ordre \u00e9tabli. L&rsquo;anomalie est donc une grande chose lorsque la normalit\u00e9 est ce que nous voyons autour de nous, dans cette plan\u00e8te d\u00e9vast\u00e9e, et l&rsquo;ordre \u00e9tabli le cat\u00e9chisme en faveur de cette normalit\u00e9. <em>The Economist<\/em>, lui, nous la fait \u00e0 l&rsquo;anglaise, avec ce souci de parsemer son texte d&rsquo;expressions fran\u00e7aise, cette curieuse fa\u00e7on d&rsquo;illustrer le rapport amour-haine qui rassemble et s\u00e9pare les deux pays. D&rsquo;o\u00f9 son titre, ce <a href=\"http:\/\/www.economist.com\/displaystory.cfm?story_id=13610197\" class=\"gen\">7 mai 2009<\/a>: \u00ab<em>The French model  Vive la diff\u00e9rence!<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit effectivement de montrer comment la France r\u00e9siste mieux \u00e0 la crise que les autres, non pas tant dans les chiffres \u00e9conomiques, m\u00eame s&rsquo;ils peuvent \u00eatre sollicit\u00e9s, mais essentiellement dans la mani\u00e8re de cette r\u00e9sistance. Mais d&rsquo;abord, <em>The Economist<\/em> commence par <em>the<\/em> plat du jour, qui est, apr\u00e8s tout fort justement, de nous mettre (faisons comme si nous \u00e9tions Fran\u00e7ais) notre nez dans notre propre incons\u00e9quence. L&rsquo;hebdomadaire britannique signale, fort justement insistons, sur le fait que les plus s\u00e9v\u00e8res critiques du mod\u00e8le fran\u00e7ais avant la crise furent <strong>\u00e9videmment<\/strong> les \u00e9lites fran\u00e7aises elles-m\u00eames. (Ils faillirent m\u00eame en faire une \u00e9cole, alors que c&rsquo;est une \u00e9ducation permanente de nos \u00e9lites: le d\u00e9clinisme de Nicolas Baverez.) <em>So<\/em>, nous dit <em>The Economist<\/em>:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In recent years, before the financial crash, what is loosely known as the French model came in for fierce criticism, chiefly for failing to generate enough growth or jobs. Its detractors have not only been les Anglo-Saxons but have also included Nicolas Sarkozy himself. He may be better known now for proclaiming the end of laissez-faire capitalism. But he was elected France&rsquo;s president partly by arguing that the French model was moribund, and picking out the British and American models for praise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Before him, a string of government-commissioned reports, written by such authors as Michel Camdessus, a former IMF managing director, and Michel P\u00e9bereau, chairman of BNP Paribas, laid bare the failings and costs of the system. France&rsquo;s public spending accounted for 52% of GDP in 2007, next to 45% in Britain and 37% in America. Yet in 1997-2007 its annual rate of GDP growth was below the OECD average.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9, humour ambigu et ironie grin\u00e7ante, le m\u00eame article nous renvoie, un peu plus bas \u00e0 quelques citations et exclamations de ceux qui sont en train de devenir des admirateurs, contraints ou \u00e9tonn\u00e9s c&rsquo;est selon, du <em>French model<\/em>,  l&rsquo;in\u00e9vitable BHO en premier. (Nous lisons sur <em>Marianne2<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/Scoop-les-Etats-Unis-ne-jurent-que-par-le-modele-francais!_a179597.html?preaction=nl&#038;id=5912605&#038;idnl=25675&#038;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMarianne2&Prime; class=\u00a0\u00bbgen\u00a0\u00bb>12 mai 2009<\/a>, dans la chronique de Bernard Maris, avec France-Inter, ceci qui nous a donn\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;aller consulter l&rsquo;article de <em>The Economist<\/em>: \u00ab<em>Lisons maintenant Enjeux-Les-Echos, suppl\u00e9ment des Echos, qui, sous la plume de son \u00e9ditorialiste affirme qu&rsquo;Obama est fascin\u00e9 par le mod\u00e8le europ\u00e9en et plus pr\u00e9cis\u00e9ment fran\u00e7ais.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Indeed, with a mix of amusement and self-satisfaction, the French have watched les Anglo-Saxons start to sound, well, increasingly French. Barack Obama says he wants Americans to save more and consume less, to make real things rather than short-term paper profits, to redistribute more wealth and provide health care for all. When he dropped in on Strasbourg, in eastern France, a town now linked by the TGV to Paris in little over two hours, he asked enviously: Why can&rsquo;t we have high-speed rail? Time ran an article entitled How we became the United States of France. Newsweek published one claiming that The last model standing is France. When Christine Lagarde, France&rsquo;s finance minister, appeared recently on Jon Stewart&rsquo;s The Daily Show, an American comedy programme, she joked that maybe you are moving in our direction.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Economist<\/em> analyse donc la fa\u00e7on dont la France lutte contre la crise, notamment en d\u00e9taillant \u00e0 l&rsquo;entame de son texte la fa\u00e7on dont l&rsquo;argent de l&rsquo;Etat d\u00e9gag\u00e9 pour la relance est d\u00e9pens\u00e9e (\u00ab<em> Over 60 metres (nearly 200 feet) above the ground in the Picardy town of Beauvais, fiscal stimulus \u00e0 la fran\u00e7aise is under way. With tiny paintbrushes and sandblasters, artisans perched on scaffolding are painstakingly scraping away at the damaged fa\u00e7ade of the towering 14th-century gothic cathedral. The 2m ($2.7m) restoration is one of 1,000 projects put in place by the French government as part of its 26 billion stimulus plan.<\/em>\u00bb) Puis vient l&rsquo;analyse du mod\u00e8le fran\u00e7ais tel qu&rsquo;en lui-m\u00eame, avec <em>the ghost of Colbert<\/em>, le Plan et la planification \u00e0 long terme de l&rsquo;infrastructure, le TGV et le nucl\u00e9aire, le syst\u00e8me social et le syst\u00e8me de protection m\u00e9dicale Puis, tout de m\u00eame, une place est faite aux faiblesses fran\u00e7aises, ce qui permet de conclure que si les Fran\u00e7ais sont bien arm\u00e9s pour lutter contre la crise, ils le sont moins pour les temps merveilleux qui nous attendent, lorsque l&rsquo;expansion-turbo aura repris ses droits: \u00ab<em>As for the state as regulator, it may have protected the French economy from extreme volatility, but that goes for the upside too. A more stable economy in a recession also means a less dynamic, less innovative economy in good times. For all its positive elements, the French model has not yet not incorporated enough flexibility, leaving it with the task of ensuring solidarity, but not the dynamic growth needed to sustain it in the long run.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a plusieurs absences dans cette logique, comme des vides dans l&rsquo;encha\u00eenement de la pens\u00e9e. D&rsquo;abord, terminer en louant la stabilit\u00e9 du mod\u00e8le fran\u00e7ais mais en soulignant ses faiblesses dans le cours du dynamisme \u00e9conomiques (type Anglo-Saxon), c&rsquo;est faire un constat en ratant une r\u00e9flexion. (Outre que le constat de la faiblesse, sur le terme, est immens\u00e9ment discutable, mais passons.) Il s&rsquo;agit de la finalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie,  ou encore, l&rsquo;\u00e9conomie existe-t-elle pour assurer un cadre de stabilit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 une collectivit\u00e9, ou pour sans cesse pousser en avant et en puissance le rythme de la production qui se fera, on l&rsquo;a vu et on le sait puisque les Anglo-Saxons (sauf leurs banquiers) souffrent tant de ce point de vue, aux d\u00e9pens de la stabilit\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 de la collectivit\u00e9?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais la principale absence est au-del\u00e0 et, l&rsquo;on s&rsquo;en doute, ne concerne pas le seul mod\u00e8le fran\u00e7ais. La catastrophe contre laquelle la France est mieux arm\u00e9e que les autres a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e par le mod\u00e8le pour lequel <em>The Economist<\/em> remarque que les France est moins bien arm\u00e9e; cela signifie, <em>in fine<\/em>, que <em>The Economist<\/em> esp\u00e8re bien que les choses vont repartir comme elles \u00e9taient avant la crise sans s&rsquo;aviser que, peut-\u00eatre, sans doute,  \u00e9videmment, pour faire bref et en tenant compte de tout ce que nous savons,  nous voil\u00e0 en route pour une nouvelle catastrophe quand, ou plut\u00f4t si l&rsquo;\u00e9conomie repart comme aux temps de sa gloire (ce qui est bien peu \u00e9vident, mais passons l\u00e0 aussi). L\u00e0, il y a une fermeture de l&rsquo;esprit, qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le mod\u00e8le fran\u00e7ais ou quoi que ce soit d&rsquo;autre. Il y a une incapacit\u00e9 structurelle de cette pens\u00e9e \u00e0 imaginer que ce mod\u00e8le anglo-saxon soit autre chose que la seule r\u00e9f\u00e9rence possible. Ce n&rsquo;est pas au-del\u00e0 de l&rsquo;imagination, c&rsquo;est au-del\u00e0 de la psychologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe seul d\u00e9bat s\u00e9rieux qu&rsquo;implique ce texte, qui n&rsquo;est pas abord\u00e9, n&rsquo;est pas celui du mod\u00e8le fran\u00e7ais, parce que ce mod\u00e8le est en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;adaptation \u00e0 un syst\u00e8me d&rsquo;un esprit qui, fondamentalement, rejette ce syst\u00e8me. Il n&rsquo;est pas,  comme d&rsquo;ailleurs, un certain nombre de Fran\u00e7ais voudraient le croire,  une adaptation plus ou moins habile, plus ou moins admirable, \u00e0 une m\u00e9canique g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 un syst\u00e8me qui est \u00e9videmment l&rsquo;avenir de l&rsquo;homme et l&rsquo;avenir du monde, et rien d&rsquo;autre. Le seul d\u00e9bat, \u00e9videmment, est celui de la validit\u00e9, de la sant\u00e9, de l&rsquo;avenir de ce syst\u00e8me,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, pour faire bref et montrer que le d\u00e9bat est tranch\u00e9 d\u00e8s qu&rsquo;il est pos\u00e9, de sa monstruosit\u00e9 et de son nihilisme. Le mod\u00e8le fran\u00e7ais ne peut \u00eatre jug\u00e9 qu&rsquo;en fonction de cela et rien d&rsquo;autre. Sa seule utilit\u00e9 fondamentale est que, par son existence, il montre que le syst\u00e8me qui est en place et qui s&rsquo;effondre dans la catastrophe est une usurpation de la civilisation, une infamie enfant\u00e9e par une psychologie malade. Dans ce cas, la France a, sans que les Fran\u00e7ais s&rsquo;en doutent n\u00e9cessairement, a la vertu d&rsquo;instruire un peu mieux le proc\u00e8s de la plus grande catastrophe qu&rsquo;ait engendr\u00e9e la plus grande civilisation (en quantit\u00e9 et en puissance) qui s&rsquo;av\u00e8re \u00e0 son terme \u00eatre la civilisation pervertie par excellence. La France repr\u00e9sente, souvent malgr\u00e9 les Fran\u00e7ais et malgr\u00e9 tel ou tel Pr\u00e9sident, un mod\u00e8le de subversion de la perversion qu&rsquo;est devenue la civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 13 mai 2009 \u00e0 10H33<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Effectivement, en citant l&rsquo;anomalie, nous voulons parler de ce qui n&rsquo;est pas normal; de ce qui est, en un sens, la subversion de l&rsquo;ordre \u00e9tabli. L&rsquo;anomalie est donc une grande chose lorsque la normalit\u00e9 est ce que nous voyons autour de nous, dans cette plan\u00e8te d\u00e9vast\u00e9e, et l&rsquo;ordre \u00e9tabli le cat\u00e9chisme en faveur de cette&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[6488,3158,5197,8319,8049,3014,3050],"class_list":["post-70754","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-economist","tag-francais","tag-modele","tag-perversion","tag-subversion","tag-systeme","tag-the"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70754","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70754"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70754\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}