{"id":70801,"date":"2009-06-02T06:22:46","date_gmt":"2009-06-02T06:22:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/02\/la-plus-grave-crise-entre-washington-et-israel-depuis-suez-1956\/"},"modified":"2009-06-02T06:22:46","modified_gmt":"2009-06-02T06:22:46","slug":"la-plus-grave-crise-entre-washington-et-israel-depuis-suez-1956","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/02\/la-plus-grave-crise-entre-washington-et-israel-depuis-suez-1956\/","title":{"rendered":"La plus grave crise entre Washington et Isra\u00ebl depuis Suez-1956?"},"content":{"rendered":"<p><p>La grande peur qui parcourt Washington aujourd&rsquo;hui, nous dit le g\u00e9n\u00e9ralement-tr\u00e8s-bien-inform\u00e9 Arnaud de Borchgrave, dans le Washington <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/news\/2009\/jun\/01\/terrorist-use-feared\/print\/\" class=\"gen\">1er juin 2009<\/a>, c&rsquo;est la question du nucl\u00e9aire terroriste \u00ab<em>Nuclear terrorism, unthinkable during the Cold War, has become the most immediate fear of the experts.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;analyse de Borchgrave concerne la question nucl\u00e9aire en g\u00e9n\u00e9ral, par rapport au terrorisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire la question nucl\u00e9aire en connexion avec la Cor\u00e9e du Nord, le Pakistan, l&rsquo;Iran, et la fa\u00e7on dont Al Qa\u00efda pourrait obtenir des armes nucl\u00e9aires. C&rsquo;est une vaste et inqui\u00e9tante situation, bien plus grave, bien plus tendue que celles que connut Borchgrave durant la Guerre froide, selon ce m\u00eame Borchgrave. L&rsquo;imbroglio est g\u00e9n\u00e9ral, les paroles des experts sont effrayantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais c&rsquo;est la fin de l&rsquo;article de Borchgrave qui nous int\u00e9resse surtout. Elle vient un peu \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un contrepied, ou d&rsquo;une conclusion rajout\u00e9e. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Shortly after the clerics kicked out the late shah&rsquo;s pro-Western monarchy in early 1979, the supreme leader Ayatollah (Sign of God) Ruhollah Khomeini gave his benediction to a nuclear-weapons future. The shah told this reporter that Iran one day would be a full-fledged nuclear power, and when he went into exile, Iran had 10 nuclear reactors on order  five from the United States and five from Western Europe.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Iran&rsquo;s nukes also are pulling apart the Obama administration and Israel&rsquo;s new government under Prime Minister Benjamin Netanyahu. For the first time since 1956, when President Eisenhower ordered Israel, France and Britain to cease their occupation of the Suez Canal, U.S. and Israeli strategic interests are no longer seen as one and the same.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>For Israel, Jewish settlements in the West Bank have nothing to do with Iran&rsquo;s secret nuclear-weapons program. A majority of Israelis say Iran&rsquo;s coming nuclear attractions constitute an existential crisis for the survival of the Jewish state. For President Obama, Israel&rsquo;s creeping annexation of the West Bank and East Jerusalem is making a Palestinian state impossible, which, in turn, leads to what Jordan&rsquo;s King Abdullah II predicts will be another war in 2010.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Israel&rsquo;s new Strategic Affairs Minister Moshe Ya&rsquo;alon minced no words: Settlement construction will not be halted and Israel will not allow the United States to dictate its policy. Mr. Netanyahu&rsquo;s new team is also confident Congress would never allow Mr. Obama to make aid to Israel conditional on a settlement freeze, let alone dismantling 160 major colonies that house about 300,000 Jews.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette mention de la plus grave crise entre Isra\u00ebl et les Etats-Unis depuis 1956 (la crise de Suez) est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Cette situation n&rsquo;est pas d\u00e9mentie, tant s&rsquo;en faut, par une d\u00e9claration d&rsquo;Obama, avant son d\u00e9part pour le Moyen-Orient, faite dans une interview \u00e0 la radio NPR, ce <a href=\"http:\/\/www.npr.org\/templates\/story\/story.php?storyId=104798978\" class=\"gen\">1er juin 2009<\/a>. Il y a essentiellement ce passage o\u00f9 Obama r\u00e9affirme les relations sp\u00e9ciales entre les USA et Isra\u00ebl, mais pour mieux mettre en \u00e9vidence qu&rsquo;Isra\u00ebl doit modifier son comportement. L&rsquo;observation que la direction actuelle, la trajectoire actuelle, dans la r\u00e9gion, est profond\u00e9ment n\u00e9gatives, non seulement pour les int\u00e9r\u00eats d&rsquo; Isra\u00ebl mais aussi pour les int\u00e9r\u00eats des USA est particuli\u00e8rement remarquable, bien qu&rsquo;elle soit exprim\u00e9e dans des termes relativement ambigus. Dans le contexte o\u00f9 la phrase est dite, le jugement repr\u00e9sente sans aucun doute une appr\u00e9ciation critique extr\u00eamement ferme de la politique isra\u00e9lienne; l&rsquo;appr\u00e9ciation selon laquelle le fait d&rsquo;\u00eatre de tr\u00e8s bons amis implique qu&rsquo;on doit \u00eatre honn\u00eates entre soi est assez clair \u00e0 cet \u00e9gard; c&rsquo;est la formule habituelle pour \u00e9voquer une critique extr\u00eamement ferme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The president also suggested that the United States&rsquo; special relationship with Israel requires some tough love. Part of being a good friend is being honest, Obama said. And I think there have been times where we are not as honest as we should be about the fact that the current direction, the current trajectory, in the region is profoundly negative, not only for Israeli interests but also U.S. interests. And that&rsquo;s part of a new dialogue that I&rsquo;d like to see encouraged in the region.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;aspect le plus remarquable de l&rsquo;analyse de Borchgrave est qu&rsquo;elle est faite \u00e0 propos de l&rsquo;Iran plus qu&rsquo;\u00e0 propos du probl\u00e8me palestinien sp\u00e9cifiquement, et du d\u00e9saccord pr\u00e9cis actuel sur les implantations. La remarque est extr\u00eamement impressionnante puisqu&rsquo;elle parle du plus grave d\u00e9saccord strat\u00e9gique entre les USA et Isra\u00ebl depuis la plus grave crise entre les deux pays, celle de Suez en 1956 (\u00ab<em>For the first time since 1956, when President Eisenhower ordered Israel, France and Britain to cease their occupation of the Suez Canal, U.S. and Israeli strategic interests are no longer seen as one and the same.<\/em>\u00bb). La situation actuelle semblerait donc s&rsquo;orienter vers la cat\u00e9gorie de la plus grave crise dans les relations entre les deux pays. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa remarque de Borchgrave semble indiquer un basculement des priorit\u00e9s strat\u00e9giques des USA, et c&rsquo;est alors de ce point de vue qu&rsquo;elle peut \u00eatre lue \u00e0 la lumi\u00e8re du reste de son texte. Elle semble indiquer que la crainte panique des strat\u00e8ges US devant les risques de prolif\u00e9ration nucl\u00e9aire vers des groupes terroristes n\u00e9cessite de toute urgence un arrangement avec les pays de la zone critique (l&rsquo;arc de crise du Moyen-Orient et du sous-continent indien) disposant ou devant disposer de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire. L&rsquo;Iran est l&rsquo;un de ces pays. De ce point de vue, tout le reste est subordonn\u00e9 \u00e0 cette recherche d&rsquo;un accord, ce qui est \u00e9videmment une d\u00e9marche inverse de l&rsquo;approche isra\u00e9lienne qui recherche la destruction du potentiel iranien. Les USA semblent avoir conclu que la situation au Moyen-Orient doit \u00eatre stabilis\u00e9e par un arrangement et non plus par des pressions de menace d&rsquo;usage de la force. Cela implique effectivement un arrangement avec l&rsquo;Iran, une int\u00e9gration de l&rsquo;Iran dans un nouvel \u00e9quilibre dans la r\u00e9gion, \u00e9ventuellement avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-israel_bho_et_le_biais_nucleaire_09_05_2009.html\" class=\"gen\">zone d\u00e9nucl\u00e9aris\u00e9e<\/a> impliquant la mise au pas d&rsquo;Isra\u00ebl dans ce domaine fondamental. Tout cela se fait au d\u00e9triment des relations sp\u00e9ciales avec Isra\u00ebl, qui deviennent secondaires et doivent se soumettre \u00e0 la logique de la premi\u00e8re d\u00e9marche. Le probl\u00e8me palestinien doit alors \u00eatre r\u00e9gl\u00e9, moins pour lui-m\u00eame que pour permettre ce r\u00e9arrangement g\u00e9n\u00e9ral, et les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;Isra\u00ebl deviennent eux-m\u00eames secondaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi c&rsquo;est bien l&rsquo;orientation prise, qui est alors fondamentale, on se trouve devant la perspective d&rsquo;un affrontement \u00e9galement fondamental entre l&rsquo;administration Obama et la force d&rsquo;influence isra\u00e9lienne \u00e0 Washington. C&rsquo;est le sens du dernier paragraphe de Borchgrave. Il faut alors noter que cette force d&rsquo;influence isra\u00e9lienne serait plac\u00e9e elle-m\u00eame devant une situation in\u00e9dite, car cette force n&rsquo;existait pas en tant que telle en 1956, qui est la r\u00e9f\u00e9rence donn\u00e9e par Borchgrave. Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;influer sur des am\u00e9nagements secondaires dans le cadre d&rsquo;une strat\u00e9gie g\u00e9n\u00e9rale o\u00f9 l&rsquo;accord existe (entre USA et Isra\u00ebl), mais bien de l&rsquo;attaque, pour la modifier, d&rsquo;une nouvelle orientation strat\u00e9gique essentielle de la politique des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 2 juin 2009 \u00e0 06H24<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La grande peur qui parcourt Washington aujourd&rsquo;hui, nous dit le g\u00e9n\u00e9ralement-tr\u00e8s-bien-inform\u00e9 Arnaud de Borchgrave, dans le Washington Times du 1er juin 2009, c&rsquo;est la question du nucl\u00e9aire terroriste \u00abNuclear terrorism, unthinkable during the Cold War, has become the most immediate fear of the experts.\u00bb L&rsquo;analyse de Borchgrave concerne la question nucl\u00e9aire en g\u00e9n\u00e9ral, par rapport&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[7599,7200,1257,3228,2631,5750,3090,2773,2774,3816,3246,3004,6208,3068],"class_list":["post-70801","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-aipac","tag-arc","tag-borchgrave","tag-crise","tag-de","tag-desaccord","tag-influence","tag-iran","tag-israel","tag-lobby","tag-moyen-orient","tag-nucleaire","tag-obama","tag-strategique"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70801","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70801"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70801\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70801"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70801"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70801"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}