{"id":70804,"date":"2009-06-02T16:56:42","date_gmt":"2009-06-02T16:56:42","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/02\/la-force-des-mots\/"},"modified":"2009-06-02T16:56:42","modified_gmt":"2009-06-02T16:56:42","slug":"la-force-des-mots","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/02\/la-force-des-mots\/","title":{"rendered":"La force des mots"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La force des mots<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t02 juin 2009  Nous revenons sur un texte de notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-nouveau_crime_de_lese-majeste_deux_concurrents_du_jsf_au_canada_30_05_2009.html\" class=\"gen\">30 mai 2009<\/a>, sur le JSF et deux autres avions, nouveaux venus dans le march\u00e9 des futurs avions de combat canadiens, qui pr\u00e9tendent concurrencer le premier nomm\u00e9. C&rsquo;est un mot qui nous attache, que nous avions d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 dans cette chronique, un mot qui appara\u00eet dans le texte (ici, soulign\u00e9 en gras): \u00ab<em>Boeing, Eurofighter bid to<\/em> <strong><em>usurp<\/em><\/strong> <em>F-35 for Canadian fighter deal<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn peu par hasard, mais on sait qu&rsquo;il fait bien les choses, nous avons \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s peu apr\u00e8s par un tr\u00e8s court texte du <em>Daily Telegraph<\/em>, plus ancien, datant du <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/finance\/financetopics\/financialcrisis\/5325805\/Chinas-yuan-set-to-usurp-US-dollar-as-worlds-reserve-currency.html\" class=\"gen\">15 mai 2009<\/a>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une simple pr\u00e9sentation d&rsquo;un article de Nouriel Roubini du <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2009\/05\/14\/opinion\/14Roubini.html\" class=\"gen\">14 mai 2009<\/a> dans le New York <em>Times<\/em>, que nous avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 \u00e0 l&rsquo;une ou l&rsquo;autre occasion; Roubini pr\u00e9vient qu&rsquo;\u00e0 son avis, le yuan chinois pourrait affirmer sa pr\u00e9pond\u00e9rance sur le dollar: \u00ab<em>The Chinese yuan is preparing to overtake the US dollar as the world&rsquo;s reserve currency, economist Nouriel Roubini has warned.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui nous int\u00e9resse ici, l\u00e0 aussi, se r\u00e9duit \u00e0 un mot, ce mot dans le titre et nullement repris dans le texte, ce mot soulign\u00e9 en gras par nos soins,  le m\u00eame mot, on s&rsquo;en doute: \u00ab<em>China&rsquo;s yuan set to<\/em> <strong><em>usurp<\/em><\/strong> <em>US dollar as world&rsquo;s reserve currency.<\/em>\u00bb. On aura aussi vite remarqu\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agit du m\u00eame mot employ\u00e9 dans le cas du commentaire sur le JSF, attaqu\u00e9 par des concurrents au Canada. Bien entendu, c&rsquo;est ce mot qui nous int\u00e9resse ici, son emploi par rapport aux sujets trait\u00e9s, etc. En effet, <em>to usurp<\/em> (usurper) n&rsquo;est pas un mot indiff\u00e9rent. Les deux sens suivants nous sont <a href=\"http:\/\/www.audioenglish.net\/dictionary\/usurp.htm\" class=\"gen\">offerts<\/a>:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab<em>Seize and take control without authority and possibly with force; take as one&rsquo;s right or possession.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab<em>Take the place of.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tManifestement, le premier sens convient (d&rsquo;autant qu&rsquo;il existe tant de verbes proches plus pr\u00e9cis pour exprimer le deuxi\u00e8me sens), notamment pour le cas du JSF. Personne n&rsquo;a pris la place du JSF, on a usurp\u00e9 sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 \u00eatre le seul concurrent (!) possible pour le march\u00e9 canadien (pour tous les march\u00e9s d&rsquo;avions de combat).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mot, le verbe dans son premier sens d\u00e9crit alors,  c&rsquo;est effectivement toute sa force,  un acte fondamental, un attentat inqualifiable lanc\u00e9 contre la l\u00e9gitimit\u00e9, donc contre l&rsquo;autorit\u00e9 et la souverainet\u00e9 \u00e0 la fois. On ne peut imaginer pire en mati\u00e8re de mise en cause, dans les domaines de la transcendance historique et de la m\u00e9tapolitique. Nous h\u00e9sitons \u00e0 dire que, dans les deux cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;une image, et sommes plut\u00f4t convaincus du contraire; justement, plus qu&rsquo;une image, voire une parabole, l&#8217;emploi de ce mot d\u00e9note une pens\u00e9e r\u00e9elle qui est le cur de notre d\u00e9bat ici. A notre sens, cet emploi n&rsquo;est pas gratuit et ne peut \u00eatre tenu pour une coquetterie de langage, m\u00eame s&rsquo;il est \u00e9galement cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Nous pr\u00e9cisons \u00e9galement que nous \u00e9cartons d&#8217;embl\u00e9e toute r\u00e9f\u00e9rence d&rsquo;un quelconque int\u00e9r\u00eat \u00e0 l&rsquo;ironie dans l&#8217;emploi de ces mots, parce qu&rsquo;ils sont employ\u00e9s par des Britanniques, d&rsquo;ailleurs dans des domaines o\u00f9 l&rsquo;ironie vis-\u00e0-vis des USA n&rsquo;est gu\u00e8re de mise. Bon, il y a peut-\u00eatre un poil d&rsquo;ironie, \u00e0 la fa\u00e7on britannique, en cat\u00e9gorie double jeu, mais il y a aussi le poids du mot et il est pr\u00e9sent \u00e0 bon escient. C&rsquo;est cela qui nous importe.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;est nullement indiff\u00e9rent que le mot soit utilis\u00e9 par des Britanniques, qui ont un grand sens de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de la transcendance historique, d&rsquo;une part; qui ont, d&rsquo;autre part, une pratique consomm\u00e9e de l&rsquo;habillage de propagande des r\u00e9alit\u00e9s, de la distorsion des faits en faveur de leurs int\u00e9r\u00eats et de leurs conceptions (leur c\u00f4t\u00e9 <em>spin<\/em>, si l&rsquo;on veut,  ou virtualiste, si l&rsquo;on veut plus \u00e9labor\u00e9). Les deux aspects jouent leur r\u00f4le dans l&rsquo;analyse linguistique et symbolique que nous tentons de faire. Ils s&rsquo;ajoutent au fait que les Britanniques ont des relations sp\u00e9ciales avec les Am\u00e9ricains. Ce point doit \u00e9videmment \u00eatre mentionn\u00e9 particuli\u00e8rement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;attitude britannique vis-\u00e0-vis des USA a vari\u00e9, depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance de ce pays gagn\u00e9e contre l&rsquo;Angleterre. Elle a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement m\u00e9prisante, tr\u00e8s n\u00e9gative, durant les premiers trois-quarts du XIX\u00e8me si\u00e8cle. (Dans son \u00e9tude <em>Les Etats-Unis devant l&rsquo;opinion fran\u00e7aise, 1815-1852<\/em>, Ren\u00e9 R\u00e9mond r\u00e9sume ainsi les jugements britanniques de l&rsquo;\u00e9poque sur les USA: \u00ab[E]<em>ntach\u00e9s de la m\u00eame malveillance, marqu\u00e9s au coin des m\u00eames pr\u00e9jug\u00e9s, ils semblent tous inspir\u00e9s par un parti-pris de d\u00e9nigrement.<\/em>\u00bb) Cela correspondait \u00e0 un sentiment profond, bas\u00e9 certes sur la vindicte de la d\u00e9faite britannique de la guerre d&rsquo;Ind\u00e9pendance, mais encore plus, bien plus, sur un sentiment profond, nourri par le supr\u00e9matisme britannique, le m\u00e9pris pour les murs d\u00e9mocratiques et la perception s\u00e9v\u00e8re d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 sans r\u00e9elle vertu de culture et de civilisation. C&rsquo;est dans les ann\u00e9es 1870, alors que naissait \u00e0 Londres la perception du d\u00e9clin de l&rsquo;Empire britannique et de la mont\u00e9e de la puissance US, que fut \u00e9labor\u00e9e une strat\u00e9gie totalement nouvelle, compl\u00e8tement renvers\u00e9e, qui a surv\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 nous. Elle fut primitivement le fait d&rsquo;un groupement de Britanniques influents men\u00e9s par Cecil Rhodes, rassembl\u00e9s dans un groupe nomm\u00e9 informellement <em>the Secret Society<\/em>; investir la puissance US par la s\u00e9duction, la manipulation, sur l&rsquo;argument du cousinage anglo-saxon, et s&rsquo;en servir pour p\u00e9renniser la puissance britannique par la manipulation de la puissance US au nom d&rsquo;une sorte de doctrine supr\u00e9matiste commune (on la nomma \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle l&rsquo;anglo-saxonisme). Tout cela \u00e9tait vu d&rsquo;un point de vue tr\u00e8s offensif, tel que mentionn\u00e9 dans les statuts initiaux du groupe sous forme d&rsquo;une condition de renforcement de l&rsquo;Empire que voulait favoriser la soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te, comme en passant: \u00ab<em>the ultimate recovery of the United States of America as an int\u00e9gral part of the British Empire<\/em>\u00bb Le jeune Churchill fut, \u00e0 cette \u00e9poque, un fervent adepte de cette strat\u00e9gie, qui satisfaisait par ailleurs son origine anglo-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn conna\u00eet les avatars de cette strat\u00e9gie dont on se demande en connaissant bien la r\u00e9ponse si les Britanniques n&rsquo;y ont pas perdu beaucoup plus qu&rsquo;ils n&rsquo;ont maintenu, devant un cousin rapace et retors, qui exigea et obtint beaucoup en \u00e9change de cette alliance, qui acc\u00e9l\u00e9ra la liquidation de l&rsquo;Empire et de la puissance de la livre pendant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et dans l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre. Le r\u00e9sultat fut une Angleterre soumise aux USA, vassalis\u00e9e, bien plus que partenaire manipulatrice des USA, avec bien plus de concessions et d&rsquo;abdication que d&rsquo;avantages. (Il y eut quelques tentatives de r\u00e9volte contre cette situation, comme Anthony Eden en 1954-1956, mais chaque fois conduisant \u00e0 un \u00e9chec; les USA, comprenant l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la vassalisation de l&rsquo;Angleterre, avaient leurs r\u00e9seaux d&rsquo;influence et leurs cr\u00e9atures en place pour y veiller.) L&rsquo;ent\u00eatement britannique n&rsquo;admit jamais cet \u00e9chec historique et poursuivit, et poursuit encore cette strat\u00e9gie aujourd&rsquo;hui, aux d\u00e9pens de la souverainet\u00e9 nationale dans tous les domaines. La r\u00e9elle solidarit\u00e9 anglo-saxonne aujourd&rsquo;hui, la mieux exprim\u00e9e sans aucun doute, se mesure dans l&rsquo;effondrement commun de la structure financi\u00e8re anglo-saxonne, et dans la catastrophe \u00e9conomique et sociale qui d\u00e9vaste l&rsquo;Angleterre; on appr\u00e9ciera \u00e0 cette aune ultime la valeur de la strat\u00e9gie sugg\u00e9r\u00e9e par Cecil Rhodes en 1877.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour \u00e9carter la conscience de cet \u00e9chec, l&rsquo;Angleterre a employ\u00e9 divers moyens de dissimulation et de manipulation de la r\u00e9alit\u00e9. Le plus constant a \u00e9t\u00e9 la sacralisation et la l\u00e9gitimation de la puissance h\u00e9g\u00e9monique am\u00e9ricaniste. En haussant celle-ci au niveau de la l\u00e9gitimit\u00e9 historique quasiment ultime dans l&rsquo;Histoire, l&rsquo;Angleterre faisait de sa propre vassalisation honteuse un acte \u00e0 la fois habile et l\u00e9gitime, voire un acte presque haut, au nom d&rsquo;un r\u00e9alisme historique qui serait tout \u00e0 son honneur. Si une puissance est l\u00e9gitimement dominante d&rsquo;une civilisation universelle, si elle a la l\u00e9gitimit\u00e9 historique d&rsquo;affirmer son h\u00e9g\u00e9monie, se ranger comme son vassal, et le premier d&rsquo;entre tous en plus, devient un acte conforme \u00e0 la logique et \u00e0 la justesse historique. La strat\u00e9gie, m\u00eame si elle acte un d\u00e9clin, le fait au nom d&rsquo;une situation historique justifi\u00e9e, d&rsquo;autant que subsiste <em>in fine<\/em> sinon proclam\u00e9 le mythe de l&rsquo;anglo-saxonisme qui fait survivre l&rsquo;illusion de manipuler les USA. Les Britanniques, ma\u00eetres du <em>spin<\/em>, du virtualisme, ne sont jamais meilleurs que lorsqu&rsquo;ils l&rsquo;appliquent \u00e0 eux-m\u00eames, pour se tromper eux-m\u00eames sur eux-m\u00eames.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a donc une constante rh\u00e9torique britannique pour faire de la domination des USA une situation historique l\u00e9gitime et sacralis\u00e9e. Cela n&rsquo;est pas exprim\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on substantive mais constamment pr\u00e9sent dans le discours courant des commentateurs britanniques, dans l&rsquo;allant-de-soi, dans le r\u00e9flexe du langage, dans l&rsquo;image, dans la pompe et l&#8217;emphase du discours. C&rsquo;est l\u00e0 que nous retrouvons le cas de l&#8217;emploi du verbe <em>to usurp<\/em>. L&rsquo;attaque contre le JSF et contre le dollar est per\u00e7ue comme des tentatives d&rsquo;usurpation d&rsquo;une domination absolue et l\u00e9gitime \u00e0 la fois. C&rsquo;est presque un automatisme de langage britannique, o\u00f9 la contradiction n&#8217;emp\u00eache rien ni ne d\u00e9courage en aucune fa\u00e7on; c&rsquo;est le cas paradoxal avec le JSF, puisqu&rsquo;un des apprentis-usurpateurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire un concurrent selon ce qui devrait \u00eatre la concurrence la plus normale du monde mais ne peut \u00eatre en aucun cas interpr\u00e9t\u00e9 de la sorte, est une soci\u00e9t\u00e9 britannique avec un avion en partie britannique (BAE et <em>Typhoon<\/em>). Les m\u00e9andres tortueux de l&rsquo;esprit britannique ne s&#8217;embarrassent en rien des in\u00e9vitables contradictions; on dirait m\u00eame que l&rsquo;esprit en question s&rsquo;y abreuve jusqu&rsquo;\u00e0 la jouissance m\u00eame. (La m\u00eame chose doit \u00eatre observ\u00e9e sur le fait que l&rsquo;autre usurpateur de la position unique du JSF est am\u00e9ricaniste. C&rsquo;est une compl\u00e8te contradiction du propos sur la l\u00e9gitimit\u00e9, mais cela importe peu. Les r\u00e9flexions \u00e9voluent dans des univers diff\u00e9rents, soigneusement cloisonn\u00e9s.)<\/p>\n<h3>Surtout, surtout, ne rien c\u00e9der<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEncore, comme si cela ne suffisait pas, la situation est-elle plus compliqu\u00e9e A c\u00f4t\u00e9 de la duret\u00e9, de l&rsquo;indiff\u00e9rence US profitant du comportement britannique, voire d&rsquo;un m\u00e9pris affich\u00e9, il y a paradoxalement une complicit\u00e9 USA-UK. C&rsquo;est que le montage britannique de la l\u00e9gitimation historique et \u00e9ternelle des US comme puissance h\u00e9g\u00e9monique et inspiratrice du monde rencontre bien entendu une conviction US dans ce sens. Dans ce cas, l&rsquo;accord est complet, et on parlerait presque d&rsquo;anglo-saxonisme effectif, sous ferme direction US bien entendu. Mais plus encore, l&rsquo;attitude britannique rencontre et confirme la perception exceptionnelle que les USA ont d&rsquo;eux-m\u00eames. A cet \u00e9gard, l&rsquo;influence britannique, notamment par la presse et le langage, est tr\u00e8s forte aux USA. Le Royaume-Uni, idiot utile dans ce cas, sert de miroir aux certitudes am\u00e9ricanistes d&rsquo;\u00eatre unique, au-dessus de l&rsquo;histoire du monde et des autres, de disposer d&rsquo;une compl\u00e8te l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie sur le monde et d&rsquo;inspiration du monde. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLorsque les Britanniques \u00e9crivent \u00ab<em>Boeing, Eurofighter bid to<\/em> <strong><em>usurp<\/em><\/strong> <em>F-35 for Canadian fighter deal<\/em>\u00bb et \u00ab<em>China&rsquo;s yuan set to<\/em> <strong><em>usurp<\/em><\/strong> <em>US dollar as world&rsquo;s reserve currency<\/em>\u00bb, le verbe usurper correspond absolument \u00e0 la conviction d&rsquo;eux-m\u00eames des USA. Le JSF et le dollar sont, dans leurs cat\u00e9gories respectives, la marque de la l\u00e9gitimit\u00e9 historique, voire anhistorique, de la domination US des deux domaines concern\u00e9s (les armements et la monnaie). Il est absurde, stupide, voire impensable que leur position unique d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie absolue soit contest\u00e9e. Le faire rel\u00e8ve d&rsquo;un dysfonctionnement de la pens\u00e9e qui assimile celui qui le d\u00e9veloppe \u00e0 un \u00eatre incapable, affect\u00e9 d&rsquo;une pathologie qui lui interdit d&rsquo;identifier la r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;attitude US est puissamment aid\u00e9e, sinon d\u00e9cisivement orient\u00e9e et conditionn\u00e9e par la psychologie am\u00e9ricaniste et ses caract\u00e8res sp\u00e9cifiques tels que l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=2679\" class=\"gen\">inculpabilit\u00e9<\/a> et l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_cote_de_l_inculpabilite_l_indefectibilite_de_la_psychologie_uset_8747_23_11_2006.html\" class=\"gen\">ind\u00e9fectibilit\u00e9<\/a>. Cette architecture psychologique \u00e9tablit, par automatisme psychologique, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon une d\u00e9marche <strong>inconsciente<\/strong> non soumise \u00e0 l&rsquo;arbitrage de la raison, les fondements d&rsquo;un jugement g\u00e9n\u00e9ral qui ne peut aboutir qu&rsquo;\u00e0 cette appr\u00e9ciation de la position US, de sa justesse, de son in\u00e9luctabilit\u00e9, de sa l\u00e9gitimit\u00e9 absolue et sans changement possible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ressort de cette p\u00e9r\u00e9grination linguistique accord\u00e9e \u00e0 des constantes historiques et psychologiques \u00e0 notre sens indubitables quoique rarement r\u00e9alis\u00e9es et encore plus rarement exprim\u00e9es, un enseignement politique consid\u00e9rable, ou plut\u00f4t le renforcement d&rsquo;une conviction que nous avons, et que nous avons souvent dite. Les USA ne c\u00e9deront <strong>rien<\/strong> de leur puissance d&rsquo;une fa\u00e7on arrangeante, n\u00e9goci\u00e9e, voire habile, etc., pour sauver ce qui peut l&rsquo;\u00eatre. Cela vaut pour le JSF, pour le dollar, pour le reste. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, il leur semblerait effectuer un acte ill\u00e9gitime et ill\u00e9gal par rapport \u00e0 eux-m\u00eames s&rsquo;ils acceptaient un compromis qui deviendrait n\u00e9cessairement une compromission. Litt\u00e9ralement, en se compromettant, ils ne seraient plus eux-m\u00eames; dans ce cas, au moins, dans cet oc\u00e9an de pathologie psychologique, on distingue une certaine logique. Cela implique que cette position de refus de ne <strong>rien<\/strong> c\u00e9der sera d&rsquo;autant plus forte. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sens qu&rsquo;il y a une l\u00e9gitimit\u00e9 et une autorit\u00e9 des USA, que les USA se sont allou\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames mais sans s&rsquo;en aviser, comme autant de situations irr\u00e9futables qu&rsquo;ils jugent objectives et qui ressortent des caract\u00e8res psychologiques rappel\u00e9s plus haut, ce sens forme une barri\u00e8re infranchissable entre la situation actuelle, qui devient de plus en plus une imposture des USA, et une situation d&rsquo;abaissement du statut actuel, qui serait per\u00e7u comme une usurpation des autres \u00e0 leur encontre (des USA). D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 il y a une situation d&rsquo;imposture que nous subissons de plus en plus malais\u00e9ment, de l&rsquo;autre la perception d&rsquo;une usurpation s&rsquo;il \u00e9tait mis un terme \u00e0 cette situation d&rsquo;imposture.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes observations nous conduisent \u00e0 renforcer notre diagnostic constant que l&rsquo;aventure am\u00e9ricaniste, qui est promise \u00e0 son terme rapide, ne pourra effectuer ce terme que brutalement, contrainte et forc\u00e9e, dans le trouble, la discorde et le d\u00e9sordre civil. (Nous avons dit \u00e9galement notre conviction, et nous la r\u00e9p\u00e9tons, que ces troubles prendraient l&rsquo;orientation d&rsquo;une tension vers une d\u00e9sunion de ces Etats soi disant unis.) Si un homme tentait de leur imposer pourtant une telle attitude d&rsquo;abaissement raisonnable par le compromis, il conna\u00eetrait les pires difficult\u00e9s et, par ce m\u00eame comportement, obtiendrait sans le vouloir \u00e9videmment (comme Gorbatchev dans les ann\u00e9es 1980 en URSS) le r\u00e9sultat inverse de celui qu&rsquo;il recherche,  acc\u00e9l\u00e9rer les troubles plut\u00f4t que les pr\u00e9venir et les contenir,  et si quelqu&rsquo;un pense \u00e0 Barack Obama, qu&rsquo;y pouvons-nous?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, n&rsquo;est pas pour usurper la r\u00e9flexion politique et historique classiques, mais pour la renforcer respectueusement.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La force des mots 02 juin 2009 Nous revenons sur un texte de notre Bloc-Notes du 30 mai 2009, sur le JSF et deux autres avions, nouveaux venus dans le march\u00e9 des futurs avions de combat canadiens, qui pr\u00e9tendent concurrencer le premier nomm\u00e9. C&rsquo;est un mot qui nous attache, que nous avions d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 dans&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4875,8372,3396,8373,3449,3634,250,3099,706,8371],"class_list":["post-70804","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-britannique","tag-cecil","tag-dollar","tag-exceptionnel","tag-imposture","tag-inculpabilite","tag-jsf","tag-psychologie","tag-rhodes","tag-usurper"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70804","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70804"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70804\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70804"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70804"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70804"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}