{"id":70830,"date":"2009-06-12T13:37:26","date_gmt":"2009-06-12T13:37:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/12\/ce-quaurait-du-faire-la-france-selon-krauthammer\/"},"modified":"2009-06-12T13:37:26","modified_gmt":"2009-06-12T13:37:26","slug":"ce-quaurait-du-faire-la-france-selon-krauthammer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/12\/ce-quaurait-du-faire-la-france-selon-krauthammer\/","title":{"rendered":"Ce qu&rsquo;aurait du faire la France, selon Krauthammer"},"content":{"rendered":"<p><p>Une fois de plus, l&rsquo;occasion fait le larron. Apr\u00e8s nous \u00eatre saisi d&rsquo;une intervention du commentateur n\u00e9oconservateur Charles Krauthammer sur la subjectivit\u00e9 des perceptions du monde (notre <em>F&#038;C<\/em> de ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_perception_du_monde_aux_encheres_12_06_2009.html?admin=1\" class=\"gen\">12 juin 2009<\/a>), nous nous attachons \u00e0 un exemple de sa capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper une analyse sans se laisser aveugler par ses engagements politiques. Il s&rsquo;agit du jugement que Krauthammer porta sur la position et les intentions de la France, lors de l&rsquo;hiver 2002-2003, lorsque la France s&rsquo;opposa \u00e0 l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak par les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous \u00e9crivons dans notre <em>F&#038;C<\/em>:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;analyse de Krauthammer \u00ab<em>de la position fran\u00e7aise durant la fameuse p\u00e9riode d&rsquo;opposition de la France \u00e0 la guerre en Irak ne manquait pas de subtilit\u00e9. L&rsquo;on irait jusqu&rsquo;\u00e0 dire que si certains dirigeants fran\u00e7ais y avaient pr\u00eat\u00e9 attention, s&rsquo;ils avaient exploit\u00e9 cette opposition apr\u00e8s les revers US selon la ligne que croyait deviner Krauthammer au lieu de faire amende honorable en demandant qu&rsquo;on pardonne cet \u00e9cart \u00e0 la France, notamment en regagnant la famille atlantiste (r\u00e9int\u00e9gration de l&rsquo;OTAN), ce pays aurait aujourd&rsquo;hui une position \u00e9videmment bien meilleure qu&rsquo;elle n&rsquo;a, notamment en Europe.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous r\u00e9f\u00e9rions \u00e0 plusieurs articles publi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque par Krauthammer. Il y a notamment celui du <a href=\"http:\/\/www.time.com\/time\/magazine\/article\/0,9171,1101030324-433251,00.html\" class=\"gen\">17 mars 2003<\/a>, dans <em>Time<\/em> Magazine:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>We Americans marvel at the polls showing how many people consider George W. Bush a greater danger to the world than Saddam Hussein. Yet the President of France himself flirts with this demonology when he tells TIME, Any community with only one dominant power is always a dangerous one. Translation: American power in and of itself is a global menace. This is not about Saddam Hussein, and this is not even about regime change in Iraq or &#8230; missiles or chemical weapons, explains Pierre Lellouche, a conservative Parliament member and former foreign-policy adviser to Jacques Chirac. It&rsquo;s about whether the United States is allowed to run world affairs.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Chirac does not imagine that he will create a military bloc to confront the U.S., as did the Soviet Union. What he is trying to establish is something only slightly less ambitious: an oppositional bloc, a restraining bloc, a French-led coalition of nations challenging the hegemony of American power and the legitimacy of American dominance.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It was Charles de Gaulle who first charted this course. He tried to break away from the U.S. by, for example, ordering American troops out of France and withdrawing from the military structure of NATO. But during the cold war this was not realistic. The Soviet threat loomed. Today, with the Warsaw Pact dead, France can safely make its reach for grandeur.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>De Gaulle said he was motivated always by \u00ab\u00a0a certain idea of France.\u00a0\u00bb Nostalgia for that exalted status, hunger for imperial gloire, is what animates French policy today. France does not expect to rival America but to tame it, restrain it, thwart it  and to accept the world&rsquo;s laurels for having led the way.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Not only would this make France leader of the global opposition. It would also restore France to what it sees as its rightful place as leader of Europe. Which is why the great subplot in the Iraq drama is the fate of Tony Blair. Blair represents precisely the alternative vision  Churchillian vs. Gaullist  of accepting and working with American leadership in the world. Chirac&rsquo;s U.N. stand has caused Blair huge political difficulties at home, where much of his own Labour Party opposes him on Iraq. If Blair can be politically destroyed, France will have demonstrated to the world the price of going with America  and defying France. Other players  such as the East Europeans, whom Chirac has already rudely threatened for supporting the U.S. will have to think twice when deciding whether to go with America or the French-led opposition.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConclusion: Krauthammer n&rsquo;est pas du tout un imb\u00e9cile, et il n&rsquo;est pas s\u00fbr qu&rsquo;on puisse en dire autant de la direction politique fran\u00e7aise, qui, en g\u00e9n\u00e9ral, se cr\u00e9e des opportunit\u00e9s remarquables, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la puissance d&rsquo;influence historique de la France, et s&rsquo;av\u00e8re incapable d&rsquo;en tirer les avantages qui en d\u00e9couleraient naturellement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons bien s\u00fbr v\u00e9cu cette p\u00e9riode et nous rappelons fort bien les analyses officieuses que faisaient les Fran\u00e7ais, au moment du d\u00e9clenchement de la guerre en Irak, et aussit\u00f4t apr\u00e8s. D&rsquo;abord, il faut observer que bien peu, dans la bureaucratie de s\u00e9curit\u00e9 nationale fran\u00e7aise (affaires \u00e9trang\u00e8res, d\u00e9fense), suivaient le ministre Villepin dans ses interventions \u00e0 l&rsquo;ONU, malgr\u00e9 l&rsquo;extraordinaire soutien international qui s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9 derri\u00e8re la France une fois que ce pays eut manifest\u00e9 sa position (en octobre 2002). Ensuite, une fois l&rsquo;intervention d\u00e9clench\u00e9e, une atmosph\u00e8re de sombre pessimisme, parfois m\u00eame de panique, s&rsquo;installa \u00e0 Paris. On craignait le pire: quel sort terrible les USA allaient-ils faire subir \u00e0 la France? Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais avait fait demander aux services de la d\u00e9fense nationale un d\u00e9compte des technologies de l&rsquo;armement pour voir si la France d\u00e9pendait des USA pour certaines d&rsquo;entre elles, en cas d&#8217;embargo. En fait, rien de bien terrible ne se produisit, tandis qu&rsquo;on commen\u00e7ait \u00e0 assister, \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2003, \u00e0 l&rsquo;enlisement catastrophique des USA, au commencement du d\u00e9clin de leur puissance militaire et de leur influence,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, au triomphe des th\u00e8ses fran\u00e7aises concernant la politique US, non seulement sur le principe mais dans la pratique m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu contraire de l&rsquo;\u00e9vidence que nous sugg\u00e9rait Krauthammer, la France ne fit rien pour exploiter et capitaliser s\u00e9rieusement son avantage. (Tout juste peut-on rappeler, pour nuancer \u00e0 peine ce propos, quelques d\u00e9clarations de Chirac sur le monde unipolaire devenant multipolaire.) Au lieu de proclamer qu&rsquo;elle avait eu raison et d&rsquo;inciter \u00e0 des regroupements autour d&rsquo;elle ou dans son parti, la France fit tout pour r\u00e9tablir de bonnes relations avec les USA,  ce qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 louable si  cette d\u00e9t\u00e9rioration avait \u00e9t\u00e9 vraiment dommageable; mais cela \u00e9tait si loin d&rsquo;\u00eatre \u00e9vident qu&rsquo;on peut m\u00eame s&rsquo;interroger sur l&#8217;emploi du terme d\u00e9t\u00e9rioration. La France apparut finalement comme si elle pr\u00e9sentait ses excuses pour son comportement en laissant croire qu&rsquo;elle reconnaissait implicitement avoir eu tort. Elle gaspilla de fa\u00e7on indue et stupide tout le capital d&rsquo;influence et d&rsquo;autorit\u00e9 qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9e durant la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne sommes pas loin de penser qu&rsquo;il y eut m\u00eame, \u00e0 cette occasion, la manifestation d&rsquo;un des traits de l&rsquo;esprit fran\u00e7ais consistant \u00e0 ne pas profiter des faiblesses des autres; constatant l&rsquo;enlisement et le d\u00e9sarroi US, il n&rsquo;\u00e9tait pas convenable d&rsquo;en profiter en en rajoutant sur la justesse de l&rsquo;avertissement fran\u00e7ais du d\u00e9part. Une autre fa\u00e7on de penser fran\u00e7aise, si l&rsquo;on peut dire puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du puissant parti de l&rsquo;\u00e9tranger en France, croyait toujours \u00e0 la toute-puissance US d&rsquo;essence quasi-divine, comme elle y croit toujours, et ne voyait de toutes les fa\u00e7ons d&rsquo;autres attitude convenable que de lui manifester d\u00e9f\u00e9rence, attachement et admiration. De toutes les fa\u00e7ons, l&rsquo;intelligence subtile des Fran\u00e7ais leur laissait penser que les USA avaient compris le tort o\u00f9 ils s&rsquo;\u00e9taient mis, qu&rsquo;ils avaient compris la le\u00e7on, qu&rsquo;il \u00e9tait inconvenant d&rsquo;en rajouter pour leur propre cause et qu&rsquo;il \u00e9tait temps de se r\u00e9concilier avec nos alli\u00e9s de 200 ans.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intelligence subtile des Fran\u00e7ais s&rsquo;est toujours tromp\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard, notamment lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des Anglo-Saxons, et des USA encore plus. L&rsquo;attitude de la France apr\u00e8s 2002-2003 a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue,  quand elle l&rsquo;a \u00e9t\u00e9, ce qui n&rsquo;est pas \u00e9vident,  comme une marque de reconnaissance de sa propre faiblesse; la France avait compris la le\u00e7on, elle rentrait dans le rang comme c&rsquo;est sa place naturelle dans le sillage de la puissance US. Ainsi chacun croit-il donner une le\u00e7on \u00e0 l&rsquo;autre. Quant aux USA, il n&rsquo;y virent qu&rsquo;une confirmation \u00e9vidente de ce qu&rsquo;ils continuent imperturbablement \u00e0 croire, qu&rsquo;ils sont \u00e0 la fois la plus grande puissance et la puissance la plus morale de l&rsquo;histoire, et que rien de cela ne changera jamais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, la France r\u00e9int\u00e8gre l&rsquo;OTAN (la famille atlantiste ou la la famille occidentale, c&rsquo;est selon) et, de ce point de vue, les m\u00eames quiproquos vont perdurer si les Fran\u00e7ais ne font rien pour exiger des changements au sein de cette Organisation. Pour l&rsquo;instant, on n&rsquo;a rien vu venir. Leur tactique est aussi d\u00e9testable que leur strat\u00e9gie. Il semblerait donc que les Fran\u00e7ais, dans tous les cas les directions fran\u00e7aises, se satisfont d&rsquo;\u00eatre une part remarquable du peuple le plus intelligent de la terre; inutile de le prouver en d\u00e9veloppant une politique intelligente, cela n&rsquo;est pas convenable.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 12 juin 2009 \u00e0 13H37<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une fois de plus, l&rsquo;occasion fait le larron. Apr\u00e8s nous \u00eatre saisi d&rsquo;une intervention du commentateur n\u00e9oconservateur Charles Krauthammer sur la subjectivit\u00e9 des perceptions du monde (notre F&#038;C de ce 12 juin 2009), nous nous attachons \u00e0 un exemple de sa capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper une analyse sans se laisser aveugler par ses engagements politiques. 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