{"id":70831,"date":"2009-06-13T08:54:41","date_gmt":"2009-06-13T08:54:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/13\/barroso-sert-il-a-quelque-chose\/"},"modified":"2009-06-13T08:54:41","modified_gmt":"2009-06-13T08:54:41","slug":"barroso-sert-il-a-quelque-chose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/06\/13\/barroso-sert-il-a-quelque-chose\/","title":{"rendered":"Barroso sert-il \u00e0 quelque chose?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Barroso sert-il \u00e0 quelque chose?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t13 juin 2009  Barroso sera-t-il pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne pour un second mandat? Oui mais, comme disait Giscard avec son chuintement venimeux, du temps de De Gaulle. Cette fois, c&rsquo;est la r\u00e9ponse de Sarkozy et Merkel \u00e0 la question de la succession par lui-m\u00eame de l&rsquo;actuel pr\u00e9sident de la Commission. C&rsquo;est un cas du plus grand int\u00e9r\u00eat, m\u00e9langeant avec une dext\u00e9rit\u00e9 peu commune le monstrueusement d\u00e9risoire et le subrepticement essentiel; le pr\u00e9sident de la Commission en fin de mandat, candidat \u00e0 sa propre succession comme si la gloire le portait apr\u00e8s l&rsquo;avoir appel\u00e9, flottant entre les deux,  le cas Barroso monstrueusement d\u00e9risoire et subrepticement essentiel, \u00e0 la fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Le Monde<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/elections-europeennes\/article\/2009\/06\/11\/la-france-et-l-allemagne-se-rangent-derriere-la-candidature-de-barroso_1205590_1168667.html\" class=\"gen\">12 juin 2009<\/a> pr\u00e9cise quelques aspects du soutien que Sarkozy et Merkel apportent \u00e0 Barroso, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse conjointe suivant leur rencontre post-\u00e9lectorale. Tout cela est dit sur un ton s\u00e9rieux, comme le sont, s\u00e9rieuses, comme chacun sait, les affaires europ\u00e9ennes<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Je puis vous dire que madame Merkel, comme moi, nous soutiendrons la candidature de monsieur Barroso, sans ambigu\u00eft\u00e9, a d\u00e9clar\u00e9 le chef de l&rsquo;Etat fran\u00e7ais, au c\u00f4t\u00e9 de la chanceli\u00e8re allemande. Mais M. Sarkozy a \u00e9galement pos\u00e9 quelques conditions \u00e0 ce soutien. Nous avons demand\u00e9 qu&rsquo;il pr\u00e9cise, qu&rsquo;il formalise ses intentions qui sont les siennes \u00e0 la veille de son second mandat et nous voulons aussi parler de son programme, a-t-il dit. C&rsquo;est M. Barroso et un programme. Ou un programme et M. Barroso, a finalement r\u00e9sum\u00e9 M. Sarkozy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Nous souhaitons la chanceli\u00e8re et moi-m\u00eame qu&rsquo;une d\u00e9cision politique soit prise au prochain conseil de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;on ait vraiment un travail entre le Conseil europ\u00e9en et le Parlement europ\u00e9en sans prendre une d\u00e9cision juridique formelle prise par exemple par \u00e9crit, expliqu\u00e9 Nicolas Sarkozy. Ce qui laisse entendre que Fran\u00e7ais et Allemands ne souhaitent pas ent\u00e9riner la reconduction de Barroso d\u00e8s le conseil europ\u00e9en des 18 et 19 juin.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <a href=\"http:\/\/euobserver.com\/9\/28290\/?rk=1\" class=\"gen\">12 juin 2009<\/a> \u00e9galement, dans <em>EUObserver<\/em>, Elisa Vucheva publie un texte sur cette question. Elle indique que les deux dirigeants des deux pays les plus influents de l&rsquo;Union europ\u00e9enne entendent effectivement apporter un soutien complet mais conditionnel au renouvellement du mandat du pr\u00e9sident de la Commission. Il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;un programme en plus d&rsquo;un pr\u00e9sident<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>We have asked Mr Barroso to clarify, to make formal, in a way, his intentions before this second term, the French president said, explaining that Mr Barroso had to commit himself to a Europe that protects Europeans and to improving financial regulation  both points being dear to Paris. It is Mr Barroso and a programme. Or a programme and Mr Barroso, Mr Sarkozy added.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame texte note que cette question de la reconduction de Barroso \u00e0 la t\u00eate de la Commission, surtout dans les conditions o\u00f9 elle se pose actuellement, risque d&rsquo;\u00eatre un sujet de discorde avec la Su\u00e8de, prochaine pr\u00e9sidente de l&rsquo;Union europ\u00e9enne (\u00e0 partir du 1er juillet). D&rsquo;autre part, comme <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_russes_n_ont_qu_a_bien_se_tenir_la_suede_arrive_09_06_2009.html\" class=\"gen\">on le sait<\/a>, la Su\u00e8de est plut\u00f4t un pays de stricte ob\u00e9dience lib\u00e9rale, et c&rsquo;est \u00e9videmment sur ce point du lib\u00e9ralisme que cette affaire de la succession de Barroso a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e. Barroso a suivi une politique de stricte application des principes lib\u00e9raux, y compris en plein cur de la crise, dans la plus compl\u00e8te inefficacit\u00e9 comme de coutume, et rien ne laisse \u00e0 penser qu&rsquo;instruit par l&rsquo;exp\u00e9rience il pourrait en changer de lui-m\u00eame. On a ses fid\u00e9lit\u00e9s, sacrebleu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a d&rsquo;autre part l&rsquo;intervention du Parlement europ\u00e9en \u00e0 propos de cette nomination, qui va se faire dans une atmosph\u00e8re d\u00e9sormais chauff\u00e9e \u00e0 blanc. La personnalit\u00e9 de Barroso et le programme de Barroso, et les id\u00e9es de Barroso, sont devenus le point central de contestation dans la question europ\u00e9enne; \u00e0 la fois le symbole des probl\u00e8mes que l&rsquo;Europe a \u00e0 r\u00e9soudre pour r\u00e9agir face \u00e0 la crise d&rsquo;une fa\u00e7on solidaire et efficace, \u00e0 la fois le symbole de l&rsquo;\u00e9chec europ\u00e9en manifest\u00e9 lors des derni\u00e8res \u00e9lections du 7 juin, avec la monstrueuse abstention relev\u00e9e tout au long de l&rsquo;UE \u00e0 27 pays. Car, bien entendu, cette abstention est le fait essentiel de l&rsquo;\u00e9lection Dans <em>Marianne2<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/Sapir-les-commentateurs-du-7-juin-sont-aveugles!_a180643.html?preaction=nl&#038;id=5912605&#038;idnl=25703&#038;\" class=\"gen\">11 juin 2009<\/a>, l&rsquo;excellent \u00e9conomiste Jacques Sapir note : \u00ab<em>On l&rsquo;a dit, l&rsquo;abstention a \u00e9t\u00e9 \u00e9norme, et pas seulement en France. C&rsquo;est chez les nouveaux entrants qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 le plus spectaculaire avec moins de 30% de votants en R\u00e9publique Tch\u00e8que et \u00e0 peine plus de 18% en Slovaquie. La France, avec \u00e0 peine 40% de votants enregistre ici l&rsquo;un de ses taux les plus faibles de participations. \u00c0 peine plus d&rsquo;un \u00e9lecteur sur trois s&rsquo;est ainsi d\u00e9plac\u00e9 en Europe pour aller voter. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est tellement massif qu&rsquo;il doit \u00eatre expliqu\u00e9 en priorit\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA la Commission europ\u00e9enne elle-m\u00eame, des sources indiquent qu&rsquo;effectivement cette situation (pas celle de l&rsquo;abstention, n&rsquo;est-ce pas, celle des projets Merkel-Sarkozy) pose un probl\u00e8me complexe \u00e0 Barroso. \u00ab<em>Il y a des indications qui montrent que la pr\u00e9sidence de Barroso serait reconduite \u00e0 condition qu&rsquo;il<\/em> [Barroso] <em>renonce \u00e0 certaines choses auxquelles il croit. Cela lui pose un probl\u00e8me, sans aucun doute.<\/em>\u00bb Il semble qu&rsquo;on doive constater, du moins officiellement, que ces conditions ne sont pas encore pr\u00e9cis\u00e9es publiquement, et d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;elles sont encore bien mal comprises du destinataire,  qui, pour l&rsquo;instant, se contente d&rsquo;\u00eatre inquiet Tout cela n&rsquo;est-il pas bien ambigu?<\/p>\n<h3>Restaurateur du protectionnisme europ\u00e9en?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet et pour ce cas, comment peut-on dire d&rsquo;un soutien qu&rsquo;on apporte \u00e0 quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il est \u00e0 la fois sans ambigu\u00eft\u00e9 et sous conditions? \u00ab[U]<em>nambiguous but not unconditional<\/em>\u00bb, comme l&rsquo;\u00e9crit Elitsa Vucheva? On peut le dire parce qu&rsquo;on parvient, dans notre \u00e9poque exotique et toujours surprenante, \u00e0 des formules pourvues de tant de facettes diverses qu&rsquo;elles en deviennent po\u00e9tiques \u00e0 force de contradictions charmantes et f\u00e9condes. Ainsi, Juan Manuel Barroso est-il devenu po\u00e9tique en m\u00eame temps que la figure symbolique de l&rsquo;ouragan europ\u00e9en ou, plut\u00f4t, de l&rsquo;absence compl\u00e8te de dynamique europ\u00e9enne, de mouvement europ\u00e9en, de respiration et de fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre europ\u00e9ennes, dans l&rsquo;ouragan qui secoue le tout et bien entendu l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est que le couple Merkel-Sarkozy, d\u00e9cid\u00e9ment <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-affinites_bricolees_02_04_2009.html\" class=\"gen\">li\u00e9<\/a> par le destin et les intemp\u00e9ries encore plus que par des affinit\u00e9s \u00e9lectives, a beaucoup p\u00e9trol\u00e9 durant ces \u00e9lections du 7 juin. (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_hors_les_urnes_06_06_2009.html\" class=\"gen\">Texte commun<\/a> \u00e0 la fin-mai, conf\u00e9rence de presse commune apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9lection; on fait r\u00e9flexion commune sans aucun doute.) Le r\u00e9sultat de ces \u00e9lections est absolument horrible avec cette monstrueuse abstention, et les deux dirigeants des deux grands pays europ\u00e9ens s&rsquo;en inqui\u00e8tent conjointement. La semonce adress\u00e9e \u00e0 Barroso sous forme d&rsquo;un soutien sans ambigu\u00eft\u00e9 mais pas sans conditions,  sorte de version postmoderne, une de plus, de l&rsquo;ind\u00e9pendance dans l&rsquo;interd\u00e9pendance qu&rsquo;Edgar Faure voulait octroyer \u00e0 la Tunisie en 1956,  constitue une OPA sur la future pr\u00e9sidence de la Commission. La consigne est assez simple: susciter \u00e0 la part de la Commission une dynamique de protection qui r\u00e9pondra aux propositions franco-allemandes; faire exactement le contraire de ce qu&rsquo;elle a fait jusqu&rsquo;ici, sous la direction \u00e9clair\u00e9e, dans ce sens, du m\u00eame Barroso. L&rsquo;id\u00e9e, d&rsquo;un point de vue pratique pour les deux grands europ\u00e9ens, se r\u00e9sume \u00e0 ceci: c&rsquo;est \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser. On verra bien ce que donnera cette manuvre mais on comprend qu&rsquo;elle est conduite par le constat qu&rsquo;il faut faire quelque chose,  d&rsquo;abord pour redresser la situation de l&rsquo;Europe en contr\u00f4lant mieux cette situation et en prot\u00e9geant mieux l&rsquo;Europe, ceci impliquant cela; ensuite et, au fond, <strong>surtout<\/strong>, en tentant de susciter chez le citoyen europ\u00e9en un germe de croyance dans l&rsquo;existence de cette Europe, notamment en activant son r\u00f4le naturel de protectrice du citoyen pour lequel elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9tendument faite,  dans tous les cas, selon certaines informations dignes de foi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est le fait conjoncturel  int\u00e9ressant pour l&rsquo;instant, ce fait que Barroso est devenu un argument fondamental dans la bataille europ\u00e9enne,  et un argument fondamental n\u00e9gatif, de type repoussoir. Sarkozy, recevant les dirigeants politiques fran\u00e7ais apr\u00e8s les \u00e9lections, s&rsquo;est vu r\u00e9clamer la t\u00eate de Barroso (Aubry, Bayrou, r\u00e9clamant que la France ne soutienne pas la candidature de Barroso). Sarko a r\u00e9pondu qu&rsquo;il avait mieux; le soutenir \u00e0 condition qu&rsquo;il joue le jeu de la protection, le soutenir comme la corde bien serr\u00e9e soutient le pendu. Si cela marche, la tactique n&rsquo;est pas mauvaise. Barroso, au travers de la Commission qu&rsquo;il dirige, est devenu le symbole de l&rsquo;absence de protection de l&rsquo;Europe. On conna\u00eet la musique: cette politique aveugl\u00e9ment lib\u00e9rale, cet esp\u00e8ce d&rsquo;ent\u00eatement, aussi bien corrompu que suicidaire, aussi bien fascin\u00e9 par un am\u00e9ricanisme qui s&rsquo;effondre, dont l&rsquo;effet est de d\u00e9pouiller les nations europ\u00e9ennes; cet ent\u00eatement fascin\u00e9, mais aussi fascinant pour nous qui l&rsquo;observons tant il confine \u00e0 la schizophr\u00e9nie des nantis de la position et des \u00e9duqu\u00e9s de l&rsquo;intelligence, pour proclamer que l&rsquo;effondrement de la chose pourrie est la preuve que la chose est la bonne, et qu&rsquo;il faut continuer<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, la crise a eu l&rsquo;effet qu&rsquo;on conna\u00eet. Derri\u00e8re les incantations habituelles sur le lib\u00e9ralisme, derri\u00e8re les incantations contre le protectionnisme, derri\u00e8re l&rsquo;hyst\u00e9rie schizophr\u00e9nique (toujours cette brave pathologie) s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne assez logique. Le protectionnisme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9. La protection a \u00e9t\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_hors_les_urnes_06_06_2009.html\" class=\"gen\">th\u00e8me central<\/a> sous-jacent, \u00e0 peine sous-jacent, de la campagne. Sapir, \u00e0 nouveau: \u00ab<em>La question des protections, c&rsquo;est-\u00e0-dire du protectionnisme pour prononcer le mot, a donc bien \u00e9t\u00e9 au cur de cette campagne des \u00e9lections europ\u00e9ennes. Un tabou a sans doute \u00e9t\u00e9 bris\u00e9. Nul doute que l&rsquo;on ne remettra pas la g\u00e9nie dans la boite une fois qu&rsquo;il est sorti. La question du protectionnisme sera donc au cur des combats futurs.<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDu c\u00f4t\u00e9 de la Commission, on n&rsquo;a \u00e9videmment rien entendu puisqu&rsquo;on n&rsquo;\u00e9coute pas,  surtout pas ce genre de choses en g\u00e9n\u00e9ral peu rago\u00fbtantes (les votes et ce qu&rsquo;ils signifient, les vux des citoyens et toute cette salade indigeste). Les \u00e9chos que nous en avons, nous l&rsquo;avons <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-mission_accomplie_bordel_a_l_est_25_05_2009.html\" class=\"gen\">d\u00e9j\u00e0<\/a> \u00e9crit pour d&rsquo;autres propos, est que tout recommence comme avant, comme si rien (les crises, les votes) ne s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9,  ou bien dirait-on plus justement que tout continue comme toujours puisqu&rsquo;il ne s&rsquo;est rien pass\u00e9. Tout cela se passe bien entendu dans la plus compl\u00e8te ill\u00e9gitimit\u00e9, sans souci des divers avertissements, votes, r\u00e9f\u00e9rendums, crises, puisque ces choses n&rsquo;existent pas vraiment. Cela, ont d\u00e9cid\u00e9 Merkel et Sarko, est difficile \u00e0 avaler, d&rsquo;autant que les couleuvres,  les situations sociales et politiques,  commencent \u00e0 prendre des dimensions s\u00e9rieuses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;op\u00e9ration pourrait \u00eatre d\u00e9crite de cette fa\u00e7on : prenons Barroso en otage. On lui donne une deuxi\u00e8me pr\u00e9sidence,  le r\u00eave, bien s\u00fbr, pour lui,  que pourrait-il d\u00e9sirer d&rsquo;autre? En \u00e9change, Barroso devient un fid\u00e8le auxiliaire de la protection europ\u00e9enne. Comme d&rsquo;habitude depuis le d\u00e9but de la crise, les nations s&rsquo;\u00e9tant r\u00e9veill\u00e9es, le jeu se fait \u00e0 plusieurs bandes. Les dirigeants politiques nationaux n&rsquo;ont qu&rsquo;une politique \u00e0 suivre: s&rsquo;appuyer sur le scrutin populaire, y compris sur les abstentions et ce qu&rsquo;elles proclament, pour r\u00e9clamer des institutions europ\u00e9ennes qu&rsquo;elles s&rsquo;alignent sur les exigences de protection. On s&rsquo;exclamera : ils furent les premiers \u00e0 soutenir cette politique lib\u00e9rale! Et alors? Nous ne sommes pas chez les anges ni \u00e0 un concours de vertus, et la loyaut\u00e9 n&rsquo;\u00e9touffe personne. Il se trouve qu&rsquo;en l&rsquo;occurrence Barroso ferait bien l&rsquo;affaire: \u00e0 la fois bouc \u00e9missaire (aupr\u00e8s des population) et courroie de transmission (des n\u00e9cessit\u00e9s de protection). Barroso au centre du jeu, \u00e0 la fois comme \u00e9tendard et comme <em>punching ball<\/em>. On fait avec ce qu&rsquo;on a.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela marchera-t-il? On verra. L&rsquo;Europe compte 27 pays, les coups fourr\u00e9s abondent, la doctrine de l&rsquo;absurde et du nihilisme a des adeptes, etc. La seule chose que l&rsquo;on puisse observer une fois de plus, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas vraiment d&rsquo;axe concurrent, en Europe, face au couple Merkel-Sarko. Le reste est en d\u00e9sordre, r\u00e9pondant \u00e0 des automatismes, \u00e0 des int\u00e9r\u00eats temporaires, des corruptions de fortune, des fascinations \u00e9cul\u00e9es et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn attendant, observons qu&rsquo;on peut avancer ce constat absolument \u00e9tonnant et d\u00e9concertant que l&rsquo;inutile Barroso est en train de devenir int\u00e9ressant. Tout arrive. D&rsquo;autre part et en effet, cette affaire, avec la personnalisation, les r\u00e9putations, l&rsquo;\u00e9cho qu&rsquo;\u00e9veillent les noms, etc., est en train de rendre tr\u00e8s populaire la grande bataille de la protection de l&rsquo;Europe; plus encore, le processus en cours pourrait aboutir \u00e0 la r\u00e9habilitation du protectionnisme Nous esp\u00e9rons que l&rsquo;op\u00e9ration Barroso marchera, au moins par pur go\u00fbt des bonnes choses; parvenir \u00e0 laisser dans l&rsquo;histoire le constat que Juan Manuel Barroso aurait \u00e9t\u00e9, dans son deuxi\u00e8me mandat de pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne, le restaurateur du protectionnisme europ\u00e9en, serait \u00e9videmment une g\u00e2terie historique qui nous consolerait de l&rsquo;amertume  des avatars de pauvre abstentionniste moyen des scrutins europ\u00e9ens. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Barroso sert-il \u00e0 quelque chose? 13 juin 2009 Barroso sera-t-il pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne pour un second mandat? 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