{"id":70905,"date":"2009-07-11T16:10:46","date_gmt":"2009-07-11T16:10:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/11\/verdun-et-les-3-cercles-de-lenfer\/"},"modified":"2009-07-11T16:10:46","modified_gmt":"2009-07-11T16:10:46","slug":"verdun-et-les-3-cercles-de-lenfer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/11\/verdun-et-les-3-cercles-de-lenfer\/","title":{"rendered":"Verdun et les 3 cercles de l&rsquo;enfer"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Verdun et les 3 cercles de l&rsquo;enfer<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le 10 juin 2008, nous publiions une analyse (dans cette rubrique) offrant une nouvelle interpr\u00e9tation de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, sous le titre: \u00ab\u00a0<em>A un si\u00e8cle de l\u00e0<\/em>\u00ab\u00a0. Aujourd&rsquo;hui, nous pr\u00e9cisons et nous \u00e9largissons \u00e0 la fois notre propos, en le centrant sur la bataille de Verdun, \u00ab\u00a0la plus grande bataille de tous les temps\u00a0\u00bb. C&rsquo;est une d\u00e9marche caract\u00e9ristique du ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab\u00a0contraction-\u00e9largissement\u00a0\u00bb qu&rsquo;on constate par ailleurs \u00e0 propos de nos crises pr\u00e9sentes: contraction (donc, pr\u00e9cision) sur un point pr\u00e9cis et exemplaire (Verdun) du cas g\u00e9n\u00e9ral (la Grande Guerre), \u00e9largissement du domaine \u00e0 la crise g\u00e9n\u00e9rale de la modernit\u00e9, &ndash; soit, Verdun comme une sorte de \u00ab\u00a0point-<em>omega<\/em>\u00a0\u00bb de la crise g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ne cachons pas une seconde que l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue, aboutissant au livre et objet d&rsquo;art photographique <em>Les \u00e2mes de Verdun<\/em>, dont nous vous avons parl\u00e9, a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans cette r\u00e9flexion.(1) L&rsquo;\u00e9motion du souvenir, l&rsquo;\u00e9motion esth\u00e9tique de l&rsquo;histoire retrouv\u00e9e dans sa forme tragique reconstitu\u00e9e, sont de formidables moteurs pour l&rsquo;intuition qui devrait \u00eatre le grand guide de l&rsquo;Histoire; certes, nous la pr\u00e9f\u00e9rons, lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;appuie sur la connaissance <strong>bien temp\u00e9r\u00e9e<\/strong>, aux d\u00e9comptes d&rsquo;apothicaire des instituts universitaires et scientifiques qui pr\u00e9tendent s&#8217;emparer de l&rsquo;histoire et qui nous ont conduits \u00e0 la catastrophe intellectuelle et historique qu&rsquo;est notre temps, &ndash; l\u00e0 o&ugrave; ils ne comprennent plus rien de ce qui nous arrive tout en prenant l&rsquo;air entendu \u00e0 ce propos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre propos est tr\u00e8s ambitieux puisqu&rsquo;il implique une proposition de restructuration compl\u00e8te de l&rsquo;histoire de notre temps. Il s&rsquo;agit de cette \u00e9poque que nous serions tent\u00e9s de d\u00e9signer comme l'\u00a0\u00bb\u00e8re technologique\u00a0\u00bb, que certains scientifiques ont d\u00e9sign\u00e9e comme une nouvelle \u00e8re g\u00e9ologique marqu\u00e9e par l&rsquo;action de l&rsquo;homme. (\u00ab\u00a0Anthropoc\u00e8ne\u00a0\u00bb, \u00e8re g\u00e9ologique commenc\u00e9e \u00e0 la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle avec l&rsquo;introduction de la machine et de la thermodynamique.) La bataille de Verdun tr\u00f4ne au coeur de ce sch\u00e9ma, \u00e0 la fois r\u00e9f\u00e9rence et illustration.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La th\u00e9orie des \u00ab\u00a0trois cercles de l&rsquo;enfer\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous allons tenter de d\u00e9finir la bataille de Verdun selon trois visions successives, figur\u00e9es par trois cercles concentriques de plus en plus larges, \u00e0 la mesure de l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;explication et de l&rsquo;\u00e9largissement du temps historique qui supporte l&rsquo;explication. A d\u00e9faut d&rsquo;autres titres et sous r\u00e9serve d&rsquo;en trouver d&rsquo;autres, si cela \u00e9tait n\u00e9cessaire, les trois cercles seraient les suivants:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le cercle strat\u00e9gique;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le cercle technologique;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull;Le cercle m\u00e9tahistorique.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le \u00ab\u00a0cercle strat\u00e9gique\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le \u00ab\u00a0cercle strat\u00e9gique\u00a0\u00bb est certainement proche de la bataille telle qu&rsquo;on l&rsquo;a vue et qu&rsquo;on l&rsquo;a v\u00e9cue, au moment o&ugrave; elle se fit. Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 notre sens, ce \u00ab\u00a0cercle\u00a0\u00bb lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 perdu de vue, alors qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9videmment celui qui, dans tous les cas, devait rester le plus visible puisqu&rsquo;il est celui qui s&rsquo;attache \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence des op\u00e9rations de la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Verdun est pr\u00e9sent\u00e9 par l&rsquo;interpr\u00e9tation postmoderniste actuelle, sorte de \u00ab\u00a0pens\u00e9e unique\u00a0\u00bb en cours de l&rsquo;histoire si vous voulez, comme la bataille arch\u00e9typique de la Grande Guerre: absurde, barbare, sanglante au-del\u00e0 de tout et sans aucun sens; \u00e0 la limite, si vous voulez un sens, ce sera celui-ci, bien dans les moeurs du temps: l&rsquo;enfant monstrueux et nihiliste de l&rsquo;absurde affrontement de nationalismes monstrueux et des g\u00e9n\u00e9raux type-ganache pleins de vanit\u00e9 et assoif\u00e9s du sang de leurs hommes. Cette id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale est bien illustr\u00e9e par un journaliste parisien (<em>Le Monde<\/em>), faisant son article \u00e0 la suite des comm\u00e9morations de juin 2006 et y glissant cette sorte de bon mot qui fait les gorges chaudes des salons: &laquo;<em>La Voie Sacr\u00e9e est une voie sans issue<\/em>.&raquo;. Le brave gar\u00e7on pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;autoroute pour rentrer dare-dare \u00e0 Paris. S&rsquo;il existe un st\u00e9r\u00e9otype de la bataille de Verdun aujourd&rsquo;hui, on ne le trouve pas dans la bataille elle-m\u00eame mais dans le jugement postmoderne sur la bataille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre appr\u00e9ciation est, au contraire, qu&rsquo;\u00e0 part les batailles \u00ab\u00a0de rupture\u00a0\u00bb du d\u00e9but et de la fin de la guerre (la Marne de 1914, la campagne de mars-novembre 1918), c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la substance m\u00eame de cette \u00ab\u00a0guerre des tranch\u00e9es\u00a0\u00bb, la bataille de Verdun est la <strong>seule<\/strong> \u00e0 avoir un sens strat\u00e9gique, donc la seule bataille d\u00e9cisive de la p\u00e9riode, la seule qui devait \u00eatre men\u00e9e co&ucirc;te que co&ucirc;te.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quoi qu&rsquo;il en soit des buts n\u00e9buleux des Allemands en attaquant (la r\u00e9elle raison n&rsquo;est nulle part tranch\u00e9e de mani\u00e8re satisfaisante, y compris la th\u00e8se du \u00ab\u00a0saignement \u00e0 blanc de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise), les premiers jours (21 f\u00e9vrier-8 mars 1916) furent effectivement d\u00e9cisifs. Si les Fran\u00e7ais avaient c\u00e9d\u00e9, si Verdun avait \u00e9t\u00e9 investi, une opportunit\u00e9 strat\u00e9gique naturelle et fondamentale s&rsquo;ouvrait \u00e0 l&rsquo;Allemagne: la man&oelig;uvre strat\u00e9gique de revers, tant de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise que de Paris, \u00e9ventuellement la victoire. Les Fran\u00e7ais ayant tenu, le reste avait bien s&ucirc;r un sens, quelles que fussent les souffrances consenties. A cette lumi\u00e8re, le sens de la bataille de Verdun (300.000 morts en 300 jours) est \u00e9vident, par exemple \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la bataille de la Somme d\u00e9clench\u00e9e par les Anglais soutenus par les Fran\u00e7ais (410.000 morts en 140 jours \u00e0 partir du 1er juillet 1916), qui recherchaient une perc\u00e9e classique, selon les manuels militaires, dont le r\u00e9sultat en cas de r\u00e9ussite aurait \u00e9t\u00e9 loin de s&rsquo;imposer comme naturellement d\u00e9cisif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le probl\u00e8me de Verdun est celui de l&rsquo;\u00e9motion id\u00e9ologique qui sous-tend aujourd&rsquo;hui nos jugements historiques. De deux choses l&rsquo;une: ou bien cette bataille est jug\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aune de l&rsquo;horreur de la guerre, et, plut\u00f4t (on y reviendra), de la guerre moderne. Alors, elle est absurde et condamnable, mais pas plus que la Somme, la Marne, la bataille de France de 1940, la bataille d&rsquo;Okinawa, le largage de la bombe atomique d&rsquo;Hiroshima et ainsi de suite. Ou bien elle est jug\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aune de son int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique et, alors, elle est, avec la Marne en septembre 1914, la bataille la plus n\u00e9cessaire et la plus charg\u00e9e d&rsquo;un sens imp\u00e9ratif rejoignant le sens m\u00eame de l&rsquo;affrontement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui et selon les int\u00e9r\u00eats et l&rsquo;\u00e9motion id\u00e9ologiques, les deux termes sont m\u00eal\u00e9s selon leurs avantages de fortune. Verdun, comme bataille moderne avec ses horreurs, est barbare et absurde. Elle n&rsquo;a donc aucune justification (barbare) et aucun sens strat\u00e9gique (absurde); son absurdit\u00e9 barbare est av\u00e9r\u00e9e, aussi bien dans sa substance que dans ses motifs, ses ambitions et ses fins. La Grande Guerre ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e en symbole de l&rsquo;affrontement des nationalismes et cette bataille \u00e9rig\u00e9e en symbole de cette guerre de ce point de vue, la pens\u00e9e encha&icirc;ne sans \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me particuliers sur la condamnation du principe des nations au nom de la barbarie et de l&rsquo;absurdit\u00e9 devenues sp\u00e9cifiques \u00e0 la bataille de Verdun, et pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 propos de cette bataille. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une pens\u00e9e sophistique, qui porte un tel jugement contre la seule bataille de la \u00ab\u00a0guerre des tranch\u00e9es\u00a0\u00bb (d\u00e9cembre 1914-mars 1918) o&ugrave; l&rsquo;on ait pu clairement identifier un enjeu strat\u00e9gique naturel \u00e0 la fois essentiel et d\u00e9cisif (d\u00e9faite ou sauvegarde de la France au moment o&ugrave; ce pays supportait encore le gros de l&rsquo;effort de la guerre), tandis que les autres batailles ne poursuivaient qu&rsquo;un enjeu strat\u00e9gique partiel, qui ne pouvait devenir d\u00e9cisif qu&rsquo;accidentellement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Qui plus est, l&rsquo;aspect st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e (st\u00e9r\u00e9otype de l&rsquo;absurde guerre des tranch\u00e9es) de la bataille de Verdun, qui fonde une part importante du jugement absolument n\u00e9gatif sur la forme et le principe de la bataille de Verdun, est compl\u00e8tement d\u00e9menti par les faits tactiques de la bataille. Le professeur allemand Gerd Krumeich observe ceci (s\u00e9minaire de f\u00e9vrier 2006 \u00e0 Verdun) qui est unanimement reconnu: &laquo;<em>\u00ab\u00a0Verdun\u00a0\u00bb ne fut pas encore un th\u00e9\u00e2tre de guerre comme fut la Somme plus tard, o&ugrave; le soldat devint l&rsquo;accessoire impuissant de la machinerie de guerre o&ugrave; il ne fit qu&rsquo;essayer de durer. Verdun ce fut le changement de positions, l&rsquo;attaque et la d\u00e9fense, la prise et la reprise de villages, de forts et d&rsquo;abris. Sur la Somme, en revanche, tout cela s&rsquo;effa\u00e7a devant l&rsquo;imp\u00e9ratif du bombardement universalis\u00e9 o&ugrave; il ne s&rsquo;agissait que de \u00ab\u00a0tenir quand m\u00eame\u00a0\u00bb.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le \u00ab\u00a0cercle technologique\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui pr\u00e9c\u00e8de sur les conditions tactiques et humaines de la bataille nous fait paradoxalement nous hausser d&rsquo;un cran. (Paradoxe puisqu&rsquo;en principe, le domaine tactique est inf\u00e9rieur au strat\u00e9gique.) Nous passons au \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me cercle de l&rsquo;enfer\u00a0\u00bb, celui que nous nommons le \u00ab\u00a0cercle technologique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La bataille de Verdun est, par ses conditions diverses, son int\u00e9gration totale, sa dur\u00e9e, sa d\u00e9limitation g\u00e9ographique, le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;une attaque technologique que nous qualifierions de \u00ab\u00a0totalitaire\u00a0\u00bb encore plus que \u00ab\u00a0totale\u00a0\u00bb. Le bombardement initial rassemble tout cela, il est allemand par la force des choses; il est ou il n&rsquo;est pas une surprise, peu importe, mais sa masse incroyable est en soi une surprise r\u00e9serv\u00e9e par les conditions absolument diff\u00e9rentes qu&rsquo;il impose au monde ferm\u00e9 qu&rsquo;est cette bataille de Verdun qui d\u00e9bute; ce bombardement initial avec sa masse incroyable tournoie, broie et retourne tout, disperse et r\u00e9duit en bouillie la volaille fran\u00e7aise; l&rsquo;attaque sur les lignes fran\u00e7aises doit suivre, ramasser les morceaux et se pr\u00e9cipiter sur Verdun, &ndash; l&rsquo;affaire est dans le sac. Ce qui attaque \u00e0 Verdun, le 21 f\u00e9vrier 1916, c&rsquo;est la technologie guerri\u00e8re la plus avanc\u00e9e. Il n&rsquo;y aura pas de victoire dans ces premi\u00e8res heures, il y aura l&rsquo;\u00e9crasement du probl\u00e8me pos\u00e9 par la soi disant d\u00e9fense fran\u00e7aise. (Rappelez-vous ce mot d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral US au g\u00e9n\u00e9ral belge Bricquemont en 1994, en Bosnie: &laquo;<em>Nous, nous ne r\u00e9solvons pas les probl\u00e8mes, nous les \u00e9crasons<\/em>.&raquo; Remplacez l&rsquo;Am\u00e9ricain par l&rsquo;Allemand, &ndash; \u00e0 cet \u00e9gard, la filiation est \u00e9vidente, on le verra plus loin, &ndash; et vous tenez la formule.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais rien ne se passe comme pr\u00e9vu. La volaille n&rsquo;est pas d\u00e9plum\u00e9e. Elle s&rsquo;est enterr\u00e9e et elle tient. Surprise, confusion. Comprenons bien ceci: ce n&rsquo;est pas l&rsquo;Allemand qui est surpris et confus, c&rsquo;est la <strong>machine<\/strong>, &ndash; que l&rsquo;homme ait ainsi r\u00e9sist\u00e9, d&rsquo;une fa\u00e7on incongrue. Ainsi est trac\u00e9 le deuxi\u00e8me cercle de l&rsquo;enfer de la bataille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le reste, ce qui suit, les sept ou huit mois de batailles ind\u00e9cises, incertaines, furieuses, c&rsquo;est le r\u00e8glement des comptes apr\u00e8s que ceux-ci aient \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s sur la table dans les premiers jours. Mais, d\u00e8s ces premiers jours, \u00e0 leur issue, jusqu&rsquo;aux premiers jours de mars 1916, le sch\u00e9ma de la bataille est trac\u00e9. La conclusion est d\u00e9j\u00e0 faite pour r\u00e9sumer l&rsquo;essence de la bataille: &laquo;Force est de constater que l&rsquo;organisation fran\u00e7aise est loin d&rsquo;\u00eatre prise \u00e0 contre-pied mais que, si le discernement de Castelnau n&rsquo;y est pas \u00e9tranger, le premier rempart de Verdun est bien le courage des hommes qui s&rsquo;y battent&hellip;&raquo; (Professeur Fran\u00e7ois Cochet, colloque Verdun de f\u00e9vrier 2006.) La machine ne l&rsquo;a pas emport\u00e9 au premier choc, qui devait \u00eatre d\u00e9cisif, irr\u00e9sistible&#8230; Par cons\u00e9quent, la machine ne l&#8217;emportera pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes, il y a des am\u00e9nagements. La nettet\u00e9 de la disparit\u00e9 initiale, et donc du symbolisme initial de l&rsquo;affrontement se brouille. La logique de la guerre reprend ses droits. Les Fran\u00e7ais font monter leur artillerie en ligne et, eux aussi, se mettront \u00e0 pilonner quand il faudra. Pourtant, m\u00eame dans ces conditions qui semblent \u00e9quilibrer l&rsquo;usage de la technologie moderne, il y a des nuances qui marquent la diff\u00e9rence des conceptions de l&rsquo;origine. Selon les instructions m\u00eames de P\u00e9tain, insistant sur l&rsquo;aspect psychologique, le soldat est soutenu par l&rsquo;artillerie. Jusqu&rsquo;au terme de la bataille, on verra des engagements o&ugrave; le facteur humain joue un r\u00f4le fondamental, qui restituent par s\u00e9quence, dans l&rsquo;espace born\u00e9 de la bataille, la guerre de mouvements marqu\u00e9e d&rsquo;objectifs ponctuels. Dans cette tactique, il y a le refus de l&rsquo;automatisme de la bataille de la machine. Du c\u00f4t\u00e9 allemand, la conception est plut\u00f4t que le soldat ach\u00e8ve le travail essentiel de l&rsquo;artillerie. Un capitaine fran\u00e7ais note dans l&rsquo;<em>Illustration<\/em>, en mai 1916: &laquo;<em>L&rsquo;ennemi para&icirc;t s&rsquo;\u00eatre appropri\u00e9 sans r\u00e9serve la formule qui est depuis des mois sur les l\u00e8vres de tant d&rsquo;officiers fran\u00e7ais: \u00ab\u00a0L&rsquo;artillerie attaque. L&rsquo;infanterie occupe.\u00a0\u00bb Jamais une troupe allemande n&rsquo;est sortie de ses tranch\u00e9es avant l&rsquo;ach\u00e8vement du travail d&rsquo;artillerie.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La description est imparable. Elle est compl\u00e9t\u00e9e par une autre citation (Cochet): &laquo;<em>La bataille de Verdun est caract\u00e9ris\u00e9e par un gigantesque d\u00e9luge de feu d&ucirc; \u00e0 l&rsquo;artillerie, qui repr\u00e9sente alors le summum de la modernit\u00e9 dans la technologie guerri\u00e8re, que les Allemands emploient en une concentration jamais vue jusque l\u00e0. Or, ce sont des moyens traditionnels qui permettent aux Fran\u00e7ais de r\u00e9sister: poitrines des hommes sur points d&rsquo;appui d&rsquo;une fortification un peu trop rapidement jet\u00e9e aux oubliettes.<\/em>&raquo; Ce qui a attaqu\u00e9 \u00e0 Verdun, c&rsquo;est &laquo;<em>le summum de la modernit\u00e9 dans la technologie guerri\u00e8re<\/em>&raquo;, c&rsquo;est-\u00e0-dire la modernit\u00e9 et le Progr\u00e8s lui-m\u00eame. Ce qui a r\u00e9sist\u00e9, ce sont les hommes dont on sait, \u00e0 cette \u00e9poque o&ugrave; la chose fut chant\u00e9e tandis qu&rsquo;elle est maintenant ridiculis\u00e9e, qu&rsquo;ils affirmaient l&rsquo;attachement \u00e0 une terre, \u00e0 une tradition, \u00e0 une histoire, qu&rsquo;ils disaient leur foi dans un enracinement des choses et des \u00eatres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sch\u00e9ma est \u00e9vident, si on l&rsquo;\u00e9claire \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements actuels. L&rsquo;affrontement se fit entre les forces d\u00e9structurantes de la modernit\u00e9, contre les structures de la tradition. Cette d\u00e9structuration touche tous les degr\u00e9s, de la pure physique tellurique des paysages de la bataille \u00e0 la spiritualit\u00e9 m\u00eame, celle des hommes plong\u00e9s dans l&rsquo;enfer du fer et du feu. Cela rejoint nos propres affrontements de notre \u00e9poque postmoderne, qui caract\u00e9risent de plus en plus les actions brutales pos\u00e9es au nom des principes divers, lorsque les forces d\u00e9structurantes pr\u00e9tendent briser des soci\u00e9t\u00e9s, des moeurs, des traditions et des enracinements. Observez la bataille de cette fa\u00e7on, &ndash; en sachant que c&rsquo;est la seule de cette ampleur et de cette force qui pr\u00e9senta ces caract\u00e8res si divers et si significatifs dans la Grande Guerre, &ndash; et d\u00e9couvrez l&rsquo;\u00e9tonnante actualit\u00e9 de cette bataille qui jette un pont tragique entre le d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle et le d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une fois fait, le constat est si puissant qu&rsquo;il entra&icirc;ne le reste. A elle seule, la bataille de Verdun caract\u00e9rise et d\u00e9finit la Grande Guerre en lui donnant une dimension absolument nouvelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le \u00ab\u00a0cercle m\u00e9tahistorique\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque Paul Val\u00e9ry parle de Verdun comme d&rsquo;&laquo;<em>une guerre toute enti\u00e8re ins\u00e9r\u00e9e dans la Grande Guerre<\/em>&raquo; (discours d&rsquo;accueil du mar\u00e9chal P\u00e9tain \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise, 1931), nous le compl\u00e9terions respectueusement en observant que Verdun, cette \u00ab\u00a0guerre tout[e] enti\u00e8re\u00a0\u00bb est tout enti\u00e8re la Grande Guerre, plus qu&rsquo;aucune autre bataille. L&rsquo;affrontement entre les forces d\u00e9structurantes et les forces structurantes, o&ugrave; les secondes triomph\u00e8rent en un signe lumineux que la catastrophe n&rsquo;est pas toujours in\u00e9luctable, s&rsquo;il annonce notre \u00e9poque, est aussi une application affreuse d&rsquo;un affrontement qui pr\u00e9c\u00e9da la guerre et qui est la cause fondamentale de la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait qu&rsquo;avant la Grande Guerre, la globalisation r\u00e9gnait d\u00e9j\u00e0. Certains la chant\u00e8rent, s&rsquo;\u00e9tonnant que la guerre stupide et incompr\u00e9hensible ait pu interrompre cette joyeuse ritournelle. Ils omirent d&rsquo;observer que l&rsquo;expansion de la puissance de l&rsquo;Allemagne, au coeur de l&rsquo;Europe, comme une &laquo;<em>chaudi\u00e8re europ\u00e9enne<\/em>&raquo; (lettre de Rathenau \u00e0 von Bulow), avec la pression \u00e9quivalente jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;explosion, \u00e9tait \u00e9galement une manifestation typique, &ndash; annonciatrice de nos propres \u00e9v\u00e9nements, avec les USA \u00e0 la place de l&rsquo;Allemagne, &ndash; de la globalisation. Du coup, la Grande Guerre trouve son explication, non dans les observations laborieuses des experts-historiens du CNRS, mais dans l&rsquo;observation du philosophe de l&rsquo;histoire, ou historien proph\u00e9tique. D\u00e8s 1917, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\">Guglielmo Ferrero<\/a> identifie dans la Grande Guerre l&rsquo;affrontement entre &laquo;<em>l&rsquo;id\u00e9al de perfection<\/em>&raquo; d&rsquo;une civilisation d&rsquo;origine latine et m\u00e9diterran\u00e9enne, repr\u00e9sent\u00e9e par la France, et &laquo;<em>l&rsquo;id\u00e9al de puissance<\/em>&raquo;, que repr\u00e9sentent l&rsquo;Allemagne et son pangermanisme. Il n&rsquo;en faut pas plus pour comprendre la grande Guerre, et Verdun en son c&oelig;ur, entre les forces d\u00e9structurantes de &laquo;<em>l&rsquo;id\u00e9al de puissance<\/em>&raquo; et les forces structurantes de &laquo;<em>l&rsquo;id\u00e9al de perfection<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes, Verdun et la Grande Guerre ne peuvent \u00eatre compris qu&rsquo;\u00e0 la lumi\u00e8re de la m\u00e9tahistoire, ou m\u00e9taphysique historique. Sinon nous flottons de lieux communs en lieux communs, aussi sucr\u00e9s que du miel et aussi justes que le fil \u00e0 couper le beurre (le carnage qui n&rsquo;a pas de sens, \u00ab\u00a0plus jamais \u00e7a\u00a0\u00bb et ainsi de suite). La bataille est un paroxysme \u00e9pouvantable d&rsquo;un affrontement qui nous vient de si\u00e8cles et de si\u00e8cles, &ndash; du haut Moyen &Acirc;ge \u00e0 la Renaissance, &ndash; et prend son essor \u00e0 la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle avec deux \u00e9v\u00e9nements fondamentalement d\u00e9structurants, qui vont lancer la machine de la modernit\u00e9: la R\u00e9volution fran\u00e7aise, qui d\u00e9structure la guerre pour la recomposer en un \u00e9v\u00e9nement central de cette modernit\u00e9, o&ugrave; la technologie et son pouvoir de destruction vont conduire la politique; et la \u00ab\u00a0r\u00e9volution anglaise\u00a0\u00bb, ou le d\u00e9veloppement du machinisme par le choix de la thermodynamique. (Alain Gras, dans <em>Le choix du feu<\/em>, montre que le choix aurait pu \u00eatre celui de l&rsquo;hydrodynamique pour la fourniture de l&rsquo;\u00e9nergie, &ndash; l&rsquo;eau rempla\u00e7ant le feu, et cela avec tant de diff\u00e9rences potentielles, y compris dans les conceptions et dans les psychologies. Cela nous ram\u00e8ne \u00e0 la remarque d\u00e9j\u00e0 faite du choix de marquer \u00e0 ce passage de l&rsquo;Histoire le d\u00e9but de l&rsquo;Anthropoc\u00e8ne, la premi\u00e8re \u00e8re de notre histoire g\u00e9ologique \u00e0 \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e par l&rsquo;action de l&rsquo;homme conduisant \u00e0 la crise climatique, cons\u00e9quence directe du \u00ab\u00a0choix du feu\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On comprend alors la puissance absolument bouleversante pour l&rsquo;esprit, voire pour la psychologie, d&rsquo;envisager effectivement une telle interpr\u00e9tation de l&rsquo;Histoire des deux derniers si\u00e8cles, avec comme l&rsquo;un des paroxysmes la grande Guerre, et le paroxysme de ce paroxysme, la bataille de Verdun. A cette lumi\u00e8re, les explications pi\u00e8trement id\u00e9ologiques sur l&rsquo;affrontement des nationalismes, qui ont l&rsquo;avantage certes incalculable de justifier notre pens\u00e9e courante, trahissent leur \u00e9xigu\u00eft\u00e9 et leur pauvret\u00e9 conceptuelles. Les affrontements nationalistes existent, mais comme cons\u00e9quences sans enseignement propre de la m\u00e9tahistoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A cette lumi\u00e8re, nous pouvons mieux consid\u00e9rer combien l&rsquo;Histoire prend tout son sens et combien elle s&rsquo;exprime si tragiquement dans cette bataille. Bien plus encore, le sens de la chose nous conduit \u00e0 mieux embrasser le sens de la crise g\u00e9n\u00e9rale qui embrase notre temps du d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle. Le temps historique de type eschatologique que nous vivons n&rsquo;est explicable que dans la perspective des deux si\u00e8cles qui pr\u00e9c\u00e8dent, o&ugrave; Verdun et la Grande Guerre sont un point d&rsquo;orgue, qui d\u00e9veloppent le grand affrontement des forces d\u00e9structurantes contre les forces structurantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A consid\u00e9rer de la sorte Verdun et la Grande Guerre, et Verdun comme paroxysme et expression tragique de la m\u00e9tahistoire, nous r\u00e9habilitons le r\u00e9cit fondamental du si\u00e8cle qui vient jusqu&rsquo;\u00e0 nous et, si nous venons rendre gr\u00e2ce au champ de cette bataille, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 ses morts de quelque origine qu&rsquo;ils soient, nous comprenons mieux le sens de l&rsquo;horrible carnage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette vision de la bataille pr\u00e9figure fondamentalement nos propres guerres postmodernes (ce qu&rsquo;on a coutume de nommer \u00e9galement les \u00ab\u00a0guerres de 4\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb, ou G4G), o&ugrave; l&rsquo;on a bien du mal \u00e0 distinguer l&rsquo;ennemi et le sens de la guerre lorsque l&rsquo;on s&rsquo;en remet aux exhortations de nos propagandes diverses, o&ugrave; tout s&rsquo;\u00e9claire par contre lorsqu&rsquo;on avance l&rsquo;explication de l&rsquo;affrontement d\u00e9structuration-structuration. L&rsquo;on observera qu&rsquo;\u00e0 avancer cette interpr\u00e9tation, effectivement, les nationalismes ne comptent plus gu\u00e8re, et la bureaucratie de guerre du Pentagone et du complexe militaro-industriel prend ais\u00e9ment la place, un si\u00e8cle plus tard, du complexe imp\u00e9rial liant le Grand Etat-Major, les industriels de la Ruhr, le prussianisme, et m\u00eame la culture postmoderniste et avant-gardiste de l&rsquo;Empire si bien d\u00e9crite par Modris Ekstein dans son <em>Sacre du printemps<\/em>. Un tel r\u00e9cit d\u00e9truit les images d&rsquo;Epinal de nos discours id\u00e9ologiques qui ont pour fonction de perp\u00e9tuer les illusions du XX\u00e8me si\u00e8cle d&rsquo;apr\u00e8s-1918, et absoudre la modernit\u00e9 d&rsquo;une barbarie amplement d\u00e9montr\u00e9e par les totalitarismes divers.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Visite aux morts de Verdun, pour leur rendre gr\u00e2ce&hellip;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il y a quelque chose \u00e0 la fois de profond\u00e9ment \u00e9mouvant et de tr\u00e8s puissant pour la conviction, \u00e0 consid\u00e9rer qu&rsquo;une telle appr\u00e9ciation m\u00e9tahistorique d&rsquo;un temps historique comme \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une continuit\u00e9 qui remonte \u00e0 plusieurs si\u00e8cles et passe par Verdun, peut \u00eatre suscit\u00e9e par des visites sur les lieux de la bataille tels qu&rsquo;ils sont entretenus et restaur\u00e9s. Cela justifie l&rsquo;ambition de l&rsquo;entretien des lieux du pass\u00e9 comme politique \u00e0 part enti\u00e8re, bien plus que les consid\u00e9rations formelles habituelles. Ce fut notre cas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au sortir d&rsquo;une telle aventure intellectuelle dont le socle incontestable est la dimension de l&rsquo;\u00e9motion poignante et tragique ressentie devant la repr\u00e9sentation du souvenir (la visite \u00e0 Verdun), vous ne pouvez emp\u00eacher le constat que notre syst\u00e8me souffre, parmi tant d&rsquo;autres travers, de ne plus reconna&icirc;tre ni comprendre son histoire, pour avoir r\u00e9duit Verdun \u00e0 ce qu&rsquo;on en fit si souvent depuis la bataille. Notre syst\u00e8me semble n&rsquo;avoir con\u00e7u, pour survivre, qu&rsquo;une sorte de lobotomie \u00e9radiquant la fonction de l&rsquo;\u00e9motion devant la nature de l&rsquo;histoire du pass\u00e9, au profit de l&rsquo;\u00e9motion pour les exigences de l&rsquo;id\u00e9ologie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Nous fabriquons notre histoire pour r\u00e9pondre au <em>diktat<\/em> de notre situation pr\u00e9sente. C&rsquo;est une imposture nihiliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Note<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(1) A propos des <em>\u00e2mes de Verdun<\/em>: vous n&rsquo;avez pas tous achet\u00e9 ce livre, nous en sommes s&ucirc;rs. Comblez au plus vite cette lacune en passant votre commande accompagn\u00e9e d&rsquo;un virement bancaire de 32 euros pour un exemplaire au compte 271-0087002-25 (Belgique) des \u00e9ditions Mols; autre suggestion, allez donc sur notre site <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.lesamesdeverdun.com\/\"> http:\/\/www.lesamesdeverdun.com\/<\/a>, vous pouvez \u00e9galement y passer commande&#8230; Ou bien, classiquement, demandez-le \u00e0 votre libraire: <em>Les \u00e2mes de Verdun<\/em>, pr\u00e9face de Yves Mollard La Bruy\u00e8re, texte de Philippe Grasset, photos de Michel Castermans et Bernard Plossu.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Verdun et les 3 cercles de l&rsquo;enfer Le 10 juin 2008, nous publiions une analyse (dans cette rubrique) offrant une nouvelle interpr\u00e9tation de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, sous le titre: \u00ab\u00a0A un si\u00e8cle de l\u00e0\u00ab\u00a0. 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