{"id":70906,"date":"2009-07-13T05:57:41","date_gmt":"2009-07-13T05:57:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/13\/notes-sur-lintegration-de-la-crise-iranienne\/"},"modified":"2009-07-13T05:57:41","modified_gmt":"2009-07-13T05:57:41","slug":"notes-sur-lintegration-de-la-crise-iranienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/13\/notes-sur-lintegration-de-la-crise-iranienne\/","title":{"rendered":"Notes sur l&rsquo;int\u00e9gration de la crise iranienne"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur l&rsquo;int\u00e9gration de la crise iranienne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLes r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements, en Iran et autour de l&rsquo;Iran, notamment dans le prolongement des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles d&rsquo;il y a un mois, m\u00e9ritent une analyse g\u00e9n\u00e9rale permettant d&rsquo;avoir une appr\u00e9ciation nouvelle de la crise iranienne. Il nous importe de placer cette crise, avec son \u00e9volution actuelle, dans son contexte r\u00e9el, qui est le contexte le plus g\u00e9n\u00e9ral possible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn verra que ces d\u00e9veloppements sont le plus possible tenus \u00e0 distance de ce qui semble en g\u00e9n\u00e9ral les constituants explicatifs de la crise iranienne. La raison est que, justement, ces constituants habituels n&rsquo;expliquent pas assez et, surtout, qu&rsquo;ils expliquent souvent faussement. La crise iranienne n&rsquo;est compr\u00e9hensible d&rsquo;une fa\u00e7on satisfaisante que si elles est int\u00e9gr\u00e9e dans notre crise g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<h3>Le bavardage de Biden<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a eu une crise iranienne \u00e0 Washington m\u00eame, certes connect\u00e9e aux \u00e9v\u00e9nements en Iran depuis le 12 juin (\u00e9lections pr\u00e9sidentielles), mais qui a suivi sa propre vie, sa propre logique. Elle s&rsquo;est nou\u00e9e avec l&rsquo;incident Biden du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-feu_vert_ou_faux_pas_08_07_2009.html\" class=\"gen\">5 juillet<\/a>, lors de l&rsquo;interview du vice-pr\u00e9sident Biden par George Staphanopoulos dans son \u00e9mission <em>This Week<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;incident fut amplifi\u00e9 dans les 48 heures qui suivirent, puis r\u00e9duit radicalement, voire contredit explicitement par une exclamation du pr\u00e9sident Obama,  c&rsquo;est-\u00e0-dire que la crise iranienne de Washington \u00e0 ce stade s&rsquo;est d\u00e9nou\u00e9e. Il s&rsquo;agit du <em>Absolutely not<\/em>, dit \u00e0 partir de Moscou sur CNN le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ah_non_pas_bomb_bomb_bomb_iran__07_07_2009.html\" class=\"gen\">7 juillet<\/a>, en r\u00e9ponse \u00e0 la question de savoir si Isra\u00ebl avait le feu vert pour une attaque contre l&rsquo;Iran. La vigueur de la r\u00e9ponse tranche sur l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de l&rsquo;incident Biden. Ces deux mots,  vigueur et ambigu\u00eft\u00e9,  d\u00e9finissent indirectement deux politiques.<\/p>\n<h3>Signification du <em>Absolutely not<\/em> de BHO<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Absolutely not<\/em> de BHO repr\u00e9sente, en un sens symbolique, le contrepoint du <em>All options are on the table<\/em> de GW Bush, dit pour la premi\u00e8re fois de fa\u00e7on significative le 20 f\u00e9vrier 2005 \u00e0 Bruxelles (Bush y \u00e9tait en visite \u00e0 l&rsquo;OTAN et \u00e0 l&rsquo;UE), \u00e0 propos de sa politique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Iran. Le mot de Bush tel qu&rsquo;il fut entendu et interpr\u00e9t\u00e9, signifiait que, parmi toutes ces options, c&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment celle de la guerre contre l&rsquo;Iran qui tenait une place d&rsquo;honneur. Pour la premi\u00e8re fois, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une attaque de l&rsquo;Iran faisait son entr\u00e9e dans le chaos (nous ne disons pas la bataille) de communication qui constitue aujourd&rsquo;hui la substance de la politique et des relations internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Absolutely not<\/em> de Barack Obama signifie le contraire de ce que disait Bush en f\u00e9vrier 2005. La vigueur du mot, les circonstances o\u00f9 il est dit, nous signifient que cette option (la guerre) n&rsquo;est plus sur la table. Peut-\u00eatre y reviendra-t-elle, peut-on  observer; pour notre part, nous ne le croyons pas.<\/p>\n<h3>Quelques explications de Sarkozy<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intervention de Sarkozy, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse au G8, le <a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/actualites-monde\/2009-07-09\/pour-sarkozy-une-attaque-de-l-iran-par-israel-serait-une\/924\/0\/360325\" class=\"gen\">9 juillet 2009<\/a>, a confirm\u00e9 en un sens qu&rsquo;une certaine politique occidentale, depuis au moins 2007 pour la France, consiste (consistait?) \u00e0 se battre, notamment par la radicalisation de la politique m\u00e9diatique anti-iranienne (menace de durcissement des sanctions, pressions diverses), pour emp\u00eacher l&rsquo;option en question de venir sur la table.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Une attaque unilat\u00e9rale de l&rsquo;Iran par Isra\u00ebl serait une catastrophe absolue, a affirm\u00e9 jeudi le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Nicolas Sarkozy lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse en marge du sommet du G8. Isra\u00ebl doit savoir qu&rsquo;il n&rsquo;est pas seul et regarder tout ceci avec calme&#8230; Et si je me suis tellement battu au nom de la France pour qu&rsquo;on parle de l&rsquo;Iran et que les choses soient pr\u00e9cises, c&rsquo;est aussi pour envoyer un message aux Isra\u00e9liens: vous n&rsquo;\u00eates pas seuls&rsquo;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend le sens de cette politique, effectivement essentiellement m\u00e9diatique, mais on observe combien elle est objectivement n\u00e9gative. Plut\u00f4t que tenter de r\u00e9soudre la crise iranienne, elle s&rsquo;est attach\u00e9e surtout \u00e0 tenter de contenir la crise isra\u00e9lienne qui est simplement le produit de ce qui ressemble de plus en plus \u00e0 une politique obsessionnelle, marqu\u00e9e par des comportements personnels d\u00e9sormais identifi\u00e9s (celui de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bibi_en_mode_parano-turbo_10_07_2009.html\" class=\"gen\">Netanyahou<\/a>).<\/p>\n<h3>Mise \u00e0 nu de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDe m\u00eame que l&rsquo;intervention d&rsquo;Obama (le <em>Absolutely not<\/em>) semble clore une p\u00e9riode politique, de m\u00eame la mise en \u00e9vidence du caract\u00e8re obsessionnel de la politique isra\u00e9lienne semble confirmer l&rsquo;\u00e9volution. Il s&rsquo;agit de cette <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">politique<\/a> de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct qui a caract\u00e9ris\u00e9 la direction occidentaliste, avec celle de l&rsquo;administration Bush en t\u00eate. Force est de reconna\u00eetre que l&rsquo;effet de cette politique a \u00e9t\u00e9 une singuli\u00e8re paralysie en rendant le d\u00e9bat public et en le cantonnant aux seules sc\u00e8nes int\u00e9rieures occidentalistes, notamment avec des annonces \u00e9pisodiques d&rsquo;attaques-surprises imminentes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement visible, cette politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct est donc apparue pour ce qu&rsquo;elle est en r\u00e9alit\u00e9: la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication, cette esp\u00e8ce de d\u00e9rive continuelle vers les options les plus radicales au nom des slogans de l&rsquo;occidentalisme (droits de l&rsquo;homme-d\u00e9mocratie), mais sans jamais de concr\u00e9tisation. La crise iranienne est la d\u00e9monstration, depuis quatre ans, de la paralysie de la politique occidentaliste. La communication dans laquelle l&rsquo;anath\u00e8me ne d\u00e9passe jamais le d\u00e9clamatoire est la marque de cette politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9pisode Biden-Obama des 5-7 juillet l&rsquo;a montr\u00e9, comme un avatar sinon ultime dans tous les cas dans une situation de d\u00e9route de cette politique de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication pour ce qui concerne la crise iranienne. Les d\u00e9clarations de Biden, plus ambig\u00fces que provocatrices, et qui pourraient exposer aussi bien l&#8217;embarras d&rsquo;un homme politique coinc\u00e9 par un journaliste habile, ont d\u00e9clench\u00e9 une surench\u00e8re presque m\u00e9canique, sans orchestration, sans intention de quoi que ce soit, vers la fameuse option de l&rsquo;attaque. La politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la traduction \u00e9nerv\u00e9e de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication, ce qui est d&rsquo;ailleurs une \u00e9quivalence des termes.<\/p>\n<h3>Facteurs d\u00e9structurants de la d\u00e9structuration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, depuis quatre ans \u00e9galement, cette politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9, en contrepoint, des oppositions structurelles puissantes. La plus solide fut celle de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-mullen_en_super-fallon_pas_d_attaque_contre_l_iran_c_est_compris_03_07_2008.html\" class=\"gen\">U.S. Navy<\/a>, en position <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_tsunami_de_l_us_navy_19_03_2009.html\" class=\"gen\">de force<\/a> au Pentagone autant que dans l&rsquo;environnement op\u00e9rationnel de l&rsquo;Iran, et fortement confort\u00e9e par le soutien de Robert Gates.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, cette opposition est renforc\u00e9e par des politiques nouvelles, d\u00e9structurantes de cette id\u00e9ologie de la communication. C&rsquo;est notamment ce que nous avons nomme l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_utopie_structurante_11_07_2009.html\" class=\"gen\">utopie structurante<\/a> du pr\u00e9sident Obama dans le domaine nucl\u00e9aire, qui concr\u00e9tise une \u00e9volution naturelle de la crise iranienne dans le contexte plus large de ce qu&rsquo;on pourrait nommer la crise de la d\u00e9nucl\u00e9arisation. C&rsquo;est l\u00e0 une mani\u00e8re objective, non voulue comme telle mais effective, de r\u00e9int\u00e9grer l&rsquo;Iran dans la communaut\u00e9 internationale, non par les normes et les alignements, mais par l&rsquo;inclusion de la crise iranienne dans la crise plus large de la crise de la d\u00e9nucl\u00e9arisation. D&rsquo;une opposition d&rsquo;isolement face \u00e0 la communaut\u00e9 internationale, l&rsquo;Iran passe \u00e0 une position d&rsquo;acteur d&rsquo;une crise g\u00e9n\u00e9rale o\u00f9 ses accusateurs deviennent \u00e9galement partie prenante.<\/p>\n<h3>La crise iranienne int\u00e9gr\u00e9e dans la crise g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour les acteurs non-occidentalistes de la crise (l&rsquo;Iran elle-m\u00eame, la Russie, la Chine), tout dans leur comportement a sembl\u00e9 susciter une action de soutien vers cette \u00e9volution de substitution que l&rsquo;on constate. La crise iranienne restant li\u00e9e \u00e0 la crise de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct autour de la fameuse option ultime et \u00e0 la paralysie qui en a r\u00e9sult\u00e9, leur politique peut-\u00eatre inconsciente \u00e0 \u00e9t\u00e9 de maintenir cette situation jusqu&rsquo;\u00e0 la maturation de la crise occidentaliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes acteurs ne sont donc pas encore manifest\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s affirm\u00e9e. M\u00eame les remous int\u00e9rieurs iraniens, \u00e0 moins de d\u00e9boucher sur un d\u00e9sordre civil proche d&rsquo;une guerre civile qui bouleverserait tout et installerait une autre crise grave pour tous les acteurs, ne changent rien de fondamental. Quelle que soit la direction iranienne, il existe une ligne imp\u00e9rative de l&rsquo;Iran qui passe par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa souverainet\u00e9 et \u00e0 son ind\u00e9pendance nationales. Les Russes et les Chinois, eux, attendent la clarification de la nouvelle situation pour devenir plus actifs, notamment en fonction d&rsquo;autres crises corr\u00e9l\u00e9es (celle du BMDE pour la Russie).<\/p>\n<h3>Mise \u00e0 jour, type 9\/15, de l&rsquo;impuissance occidentaliste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCar il y a bien une nouvelle situation. Si l&rsquo;on observe, sous la pouss\u00e9e d&rsquo;Obama, une tentative de r\u00e9installation de la politique de la raison et une retraite de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, ce n&rsquo;est pas pure vertu ou nouvelle sagesse, tant s&rsquo;en faut. Il s&rsquo;agit de la pression de la nouvelle crise, la Grande Crise de 9\/15 (15 septembre 2008) dont l&rsquo;effet est la d\u00e9construction de la situation qui perdurait depuis 9\/11.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit de la mise \u00e0 jour, et de la mise au jour, d&rsquo;un affaiblissement dramatique de la puissance am\u00e9ricaniste (et occidentaliste). On parlerait de l&rsquo;impuissance nouvelle de cette puissance \u00e0 imposer sa volont\u00e9 et, par cons\u00e9quent, ce serait la mise en \u00e9vidence confirm\u00e9e que la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct n&rsquo;est qu&rsquo;une traduction brouillonne et obsessionnelle de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication dont le seul caract\u00e8re est la constante radicalisation dans un monde de plus en plus virtualiste.<\/p>\n<h3>Avenir de la crise iranienne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDu coup, la situation objective de la crise iranienne, notamment par rapport aux termes g\u00e9opolitiques, devient de plus en plus l&rsquo;\u00e9loignement de cette crise, justement, de ces seuls termes g\u00e9opolitiques. Nous restons convaincus que l&rsquo;appr\u00e9ciation g\u00e9opolitique de la crise iranienne ces derni\u00e8res ann\u00e9es (la place, dominatrice ou non, de l&rsquo;Iran dans la r\u00e9gion, la menace \u00e9ventuelle qui va avec) est d&rsquo;abord un artefact d&rsquo;une psychologie g\u00e9n\u00e9rale exacerb\u00e9e par la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dire si, \u00e0 notre sens, la question g\u00e9opolitique, que nous avons toujours jug\u00e9e implicitement secondaire ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le devient explicitement, notamment par l&rsquo;int\u00e9gration de la crise iranienne dans la crise de la d\u00e9nucl\u00e9arisation. Il n&rsquo;est pas assur\u00e9 que l&rsquo;Iran ait de vastes projets \u00e0 cet \u00e9gard de la situation g\u00e9opolitique (notamment d&rsquo;influence et d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie de sa zone). On doit envisager que ce pays pourrait plut\u00f4t se concentrer, dans l&rsquo;avenir et \u00e0 condition que les pressions de la crise g\u00e9n\u00e9rale 9\/15 dissipe compl\u00e8tement l&rsquo;influence de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, \u00e0 des questions int\u00e9rieures et \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement de ses relations avec les acteurs ext\u00e9rieurs \u00e0 la zone (Russie, Chine, mais aussi certains Occidentaux).<\/p>\n<h3>La crise du Moyen-Orient r\u00e9duite \u00e0 la crise isra\u00e9lienne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl appara\u00eet alors que la crise centrale de la zone devient de plus la crise isra\u00e9lienne elle-m\u00eame (non pas la crise isra\u00e9lo-palestinienne), c&rsquo;est-\u00e0-dire une crise de l&rsquo;obsession d&rsquo;un psychologie pathologique, dont la parano\u00efa-turbo de Netanyahou est le signe le plus spectaculaire. L&rsquo;isolement d&rsquo;Isra\u00ebl n&rsquo;est ni politique, ni historique, il est psychologique et, par cons\u00e9quent, conceptuel. Nul doute qu&rsquo;il en est encore plus dangereux, mais enfin il est diff\u00e9rent d&rsquo;un jeu classique de puissances r\u00e9gionales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est alors tr\u00e8s normal de juger, justement, comme normaux, les remous qui affectent les relations entre les USA et Isra\u00ebl, qui devraient \u00e9galement affecter les relations d&rsquo;Isra\u00ebl avec d&rsquo;autres pays occidentalistes. Encore, ces remous ne signalent pas une nouvelle politique <em>per se<\/em>, d\u00e9termin\u00e9e et appliqu\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on ma\u00eetris\u00e9e. Ils sont la cons\u00e9quence de l&rsquo;\u00e9volution des conditions g\u00e9n\u00e9rales telle que nous l&rsquo;avons d\u00e9crite. Les acteurs de la crise ont bien du mal \u00e0 identifier cette \u00e9volution, quand ils la r\u00e9alisent, et ils sont en g\u00e9n\u00e9ral passifs ou, au mieux, r\u00e9actifs.<\/p>\n<h3>Un temps historique maistrien-turbo<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise iranienne n&rsquo;a jamais vraiment \u00e9t\u00e9 une crise en soi. Elle a \u00e9t\u00e9, depuis le d\u00e9but, un des avatars d&rsquo;une d\u00e9gradation extraordinaire de la politique occidentaliste et am\u00e9ricaniste, cette abdication de la raison devant la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct. Par ailleurs, l&rsquo;enseignement qui n&rsquo;est pas le moins int\u00e9ressant est bien que cette raison-l\u00e0 est d&rsquo;une extr\u00eame faiblesse, outre d&rsquo;\u00eatre si compl\u00e8tement pervertie, pour s&rsquo;\u00eatre si compl\u00e8tement soumise \u00e0 ce sortil\u00e8ge clinquant de cette politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une m\u00e9canique de l&rsquo;id\u00e9ologie extr\u00e9miste de la communication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes modifications que l&rsquo;on d\u00e9crit ne sont pas le retour du r\u00e8gne de la raison mais la d\u00e9b\u00e2cle de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication, cr\u00e9atrice de mondes virtualistes, sous la pression formidable des r\u00e9alit\u00e9s de la Grande Crise, dite 9\/15 pour la valeur repr\u00e9sentative du symbole. La situation g\u00e9n\u00e9rale est de plus en plus conduite par la pression d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sur lesquels les acteurs humains ont tr\u00e8s peu de prise,  \u00e9poque maistrienne-turbo si l&rsquo;on veut, pour introduire une nuance postmoderniste \u00e0 une id\u00e9e qui trouble et effraie tant d&rsquo;esprit forts parce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas inscrite dans la nomenclature conformiste \u00e0 laquelle se soumet leur raison postmodernis\u00e9e. (Signe de cette pression d\u00e9vastatrice, l&rsquo;\u00e9chec des tentatives d\u00e9risoires du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_etrange_optimisme_sans_espoir__23_05_2009.html\" class=\"gen\">montage<\/a> de la fin de la crise, avec la tactique des <em>green shoots<\/em> du printemps.) <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur l&rsquo;int\u00e9gration de la crise iranienne Les r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements, en Iran et autour de l&rsquo;Iran, notamment dans le prolongement des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles d&rsquo;il y a un mois, m\u00e9ritent une analyse g\u00e9n\u00e9rale permettant d&rsquo;avoir une appr\u00e9ciation nouvelle de la crise iranienne. 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