{"id":70913,"date":"2009-07-15T16:45:32","date_gmt":"2009-07-15T16:45:32","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/15\/poids-et-philosophie-du-lobby\/"},"modified":"2009-07-15T16:45:32","modified_gmt":"2009-07-15T16:45:32","slug":"poids-et-philosophie-du-lobby","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/15\/poids-et-philosophie-du-lobby\/","title":{"rendered":"\u201cPoids\u201d et philosophie du lobby"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Poids et philosophie du lobby<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t15 juillet 2009  Voici une int\u00e9ressante question, qui nous permet d&rsquo;aborder un sujet qui est par ailleurs, dans d&rsquo;autres domaines, tout \u00e0 fait d&rsquo;actualit\u00e9. La question est d&rsquo;un de nos lecteurs, Pascal, en date du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-ni_u_ni_v_mais_x_13_07_2009.html\" class=\"gen\">13 juillet 2009<\/a>, en commentaire du texte du m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ni_u_ni_v_mais_x_13_07_2009.html\" class=\"gen\">13 juillet 2009<\/a> sur Robert Reich:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Concr\u00e8tement \u00e7a prend quelle forme le poids des lobbies?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le poids des lobbies est sans doute trop puissant pour que Barack Obama puisse vraiment gagner contre Wall Street<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Quand on lit ceci \u00e0 longueur de journ\u00e9e, on s&rsquo;\u00e9tonne que personne ne disent pr\u00e9cis\u00e9ment d&rsquo;o\u00f9 ces lobbies tirent-ils le pouvoir qui leur permet de dominer le pr\u00e9sident \u00e9lu des Etats-Unis en personne? Quels sont donc les moyens de pression dont ils font usage pour le faire renoncer, le plier \u00e0 leurs volont\u00e9s?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInt\u00e9ressante question mais il semble qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de r\u00e9ponse pr\u00e9cise,  ni en kilogrammes, ni en kilom\u00e8tres, ni en nombre d&rsquo;articles de journaux orient\u00e9s, ni m\u00eame en $millions ou en $milliards corrupteurs. Cela permet effectivement d&rsquo;envisager une r\u00e9flexion sur un ph\u00e9nom\u00e8ne universel, qui n&rsquo;est pas de notre \u00e9poque seulement mais qui est de toutes les \u00e9poques, qui est pourtant devenu tr\u00e8s sp\u00e9cifique dans notre \u00e9poque \u00e0 partir d&rsquo;un historique pr\u00e9cis et r\u00e9v\u00e9lateur. Le lobbying a acquis une telle sp\u00e9cifique qu&rsquo;il appara\u00eet si diff\u00e9rent de ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, au point o\u00f9 l&rsquo;on peut avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il est d\u00e9sormais devenu la substance d&rsquo;un syst\u00e8me (le n\u00f4tre, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;am\u00e9ricaniste).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLobby, en fran\u00e7ais dans le texte, selon le Robert,  dont vous noterez qu&rsquo;il est pr\u00e9sent\u00e9, pour marquer son emploi d&rsquo;origine et son entr\u00e9e dans l&#8217;emploi courant en France, comme ceci: \u00ab<em>1857, \u00e0 propos des Etats-Unis<\/em>\u00bb,  est d\u00e9fini comme ceci: \u00ab<em>Groupement (organisation, association) qui exerce une pression sur les pouvoirs publics pour faire triompher les int\u00e9r\u00eats, professionnels ou autres, qu&rsquo;il soutient.<\/em>\u00bb (Prenez cette d\u00e9finition plut\u00f4t que: \u00ab<em>Vestibule, hall (d&rsquo;un h\u00f4tel)<\/em>\u00bb quoique ceci n&rsquo;est pas sans rapport avec cela, car les lobbies des h\u00f4tels sont des endroits souvent convenus pour faire uvre de lobbyiste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVous pouvez aussi <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lobby\" class=\"gen\">consulter<\/a> <em>Wikip\u00e9dia<\/em>, qui rappelle le sens originel savoureux du mot:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Le mot lobby, quand il ne signifiait pas \u00ab l&rsquo;enclos dans un champ o\u00f9 sont rassembl\u00e9s les animaux avant d&rsquo;\u00eatre envoy\u00e9s \u00e0 l&rsquo;abattoir \u00bb (Dictionnaire anglais Webster) signifiait litt\u00e9ralement \u00ab vestibule \u00bb ou \u00ab couloir \u00bb, en \u00e9voquant notamment les couloirs du Congr\u00e8s am\u00e9ricain \u00e0 Washington et ceux de la Chambre des Communes \u00e0 Londres, l\u00e0 o\u00f9 divers repr\u00e9sentants de groupes constitu\u00e9s et leurs avocats cherchent \u00e0 rencontrer les parlementaires ou leurs assistants et conseillers.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tChacun a son id\u00e9e sur les origines, et la n\u00f4tre est que le cr\u00e9ateur de l&rsquo;esprit du lobby qui domine actuellement, ou lobbysme de la d\u00e9mocratie telle qu&rsquo;il s&rsquo;impose dans la phase de la postmodernit\u00e9, est Alexander Hamilton, P\u00e8re Fondateur ou Beau-P\u00e8re Inspirateur c&rsquo;est selon, et le plus am\u00e9ricaniste du lot. Lorsqu&rsquo;il contemplait le processus d\u00e9mocratique, Hamilton jugeait horriblement in\u00e9gal et injuste qu&rsquo;un homme qui poss\u00e8de $100 ait autant de poids d\u00e9mocratique (une voix = un vote) qu&rsquo;un homme qui poss\u00e8de $100.000. Comment rem\u00e9dier \u00e0 cela sinon en faisant parler l&rsquo;argent pour, notamment, <strong>acheter<\/strong> des voix de parlementaires au Congr\u00e8s? Au d\u00e9part, pour nous, le lobbying est dans cette perspective l&rsquo;acte l\u00e9gal de la corruption, justifi\u00e9 moralement autant qu&rsquo;admis l\u00e9galement. (Pour ne pas faire d\u00e9sordre, on codifie tout cela, notamment par des lois; cela, tr\u00e8s am\u00e9ricaniste.) La chose existe d\u00e8s l&rsquo;origine et les \u00e2mes sensibles ou vertueuses s&rsquo;en \u00e9meuvent aussit\u00f4t. Le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat Jefferson \u00e9crit, en mai 1791, une lettre rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre (elle servit de r\u00e9f\u00e9rence fondatrice au parti d\u00e9mocrate), au pr\u00e9sident Washington, pour l&rsquo;avertir que la corruption (lobbying?) \u00e9tait telle au Congr\u00e8s qu&rsquo;elle mettait en danger l&rsquo;existence de la R\u00e9publique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJefferson se trompait, car c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment la mani\u00e8re dont userait la Grande R\u00e9publique pour tenir. Le fondement de cette d\u00e9marche du lobbying, de la corruption au sens large, est que l&rsquo;Am\u00e9rique est une cr\u00e9ation humaine et non une cr\u00e9ation de l&rsquo;Histoire, et que cette cr\u00e9ation humaine a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par des pouvoirs oligarchiques pour maintenir leurs positions; qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pouvoir r\u00e9galien, ni de bien public \u00e0 proprement parler; que le pouvoir dit politique est, litt\u00e9ralement, \u00e0 acheter puisqu&rsquo;aucune lumi\u00e8re sup\u00e9rieure ne l&rsquo;\u00e9claire sur les choix qu&rsquo;il doit faire dans son exercice, notamment dans ses choix de d\u00e9penses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais tout cela est tr\u00e8s technique, un peu sec, inf\u00e9cond. Il y a l&rsquo;esprit de la chose, qui a chang\u00e9 au cours des d\u00e9cennies, voire des si\u00e8cles. C&rsquo;est cela qui doit nous int\u00e9resser pour aboutir \u00e0 la question du poids des lobbies, qui a une sp\u00e9cificit\u00e9 tr\u00e8s actuelle, jusqu&rsquo;\u00e0 un changement radical de substance. La question du poids des lobbies a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e de fond en comble par ce que nous nommons l&rsquo;\u00e8re <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-politique_d_epoque_l_ere_psychopolitique_rubrique_analyse_volume_22_n07_du_10_decembre_2006_25_12_2006.html\" class=\"gen\">psychopolitique<\/a>. <strong>Tout<\/strong> a chang\u00e9<\/p>\n<h3>Le prisonnier peut-il s&rsquo;\u00e9vader?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe lobby est-il un accident ou une substance? Nous pencherions malheureusement pour le second terme. De m\u00eame que la question philosophique devrait \u00eatre, plut\u00f4t que de d\u00e9montrer l&rsquo;existence de Dieu, de d\u00e9montrer l&rsquo;inexistence de Dieu, la question politique de la place du lobby devrait \u00eatre, plut\u00f4t que le lobbyisme est-il un accident de la d\u00e9mocratie?, celle-ci: le lobbyisme est-il la substance centrale de la d\u00e9mocratie?. Pour ce qui concerne les USA, et parce que ce r\u00e9gime d\u00e9finit la d\u00e9mocratie, \u00e0 notre avis de fa\u00e7on justifi\u00e9e selon la situation envisag\u00e9e, comme un r\u00e9gime politique non-r\u00e9galien, le lobbyisme fait effectivement partie de la substance de la chose, jusqu&rsquo;\u00e0 en \u00eatre l&rsquo;essentiel. A chacun de tirer la conclusion qui lui pla\u00eet sur ce r\u00e9gime qui constitue l&rsquo;<em>alpha<\/em> et l&rsquo;<em>om\u00e9ga<\/em> de notre conception du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cadre, le lobbyisme est, litt\u00e9ralement, l&rsquo;exercice de l&rsquo;influence par tous les moyens, exactement comme la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaniste se d\u00e9finirait comme un r\u00e9gime d&rsquo;influence et nullement comme un r\u00e9gime d&rsquo;opinion. L&rsquo;influence passe d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, on dira selon une activit\u00e9 coutumi\u00e8re, d&rsquo;abord par des moyens directs, parfois ou souvent \u00e0 la limite de la l\u00e9galit\u00e9 mais toujours dissimul\u00e9s sous une approche polic\u00e9e convenue, comme la corruption v\u00e9nale indirecte, les passe-droits, les privil\u00e8ges divers, la menace d\u00e9guis\u00e9e, la diffamation dissimul\u00e9e, la d\u00e9tention de moyens de chantage (dossier sur des activit\u00e9s illicites, des pratiques que la morale r\u00e9prouve, etc., dont il s&rsquo;agit de faire conna\u00eetre l&rsquo;existence aux int\u00e9ress\u00e9s sans les rendre publics). Plus r\u00e9cemment apparus, les moyens d&rsquo;influence indirecte ont tout \u00e0 voir avec la communication; il s&rsquo;agit classiquement des campagnes de presse pour cr\u00e9er un climat, des tribulations de l&rsquo;influence sur les popularit\u00e9s \u00e9lectorales (sondages), de la mise en avant publique et r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e des vertus qu&rsquo;il faut faire appara\u00eetre comme objectives d&rsquo;int\u00e9r\u00eats partisans communs (l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du parti, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;une r\u00e9gion, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;une cat\u00e9gorie professionnelle, etc.).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, ceci compl\u00e9tant cela mais en le transformant substantiellement, d&rsquo;une fa\u00e7on que nous jugeons aujourd&rsquo;hui essentielle et irr\u00e9sistible, il s&rsquo;agit d&rsquo;un autre aspect du moyen des communications, qui est celui de la m\u00e9thode g\u00e9n\u00e9rale de cr\u00e9ation de nouvelles, d&rsquo;informations simples et orient\u00e9es, de leur diffusion dans les canaux d&rsquo;information les plus primaires et les plus intrusifs, jusqu&rsquo;\u00e0 la cr\u00e9ation de r\u00e9alit\u00e9s virtalistes; celles-ci sont \u00e0 leur tour  cr\u00e9atrices, g\u00e9n\u00e9ratrices elles-m\u00eames, sans plus d&rsquo;intervention directe du lobbysme \u00e0 ce point, comme si les choses s&rsquo;imposaient d&rsquo;elles-m\u00eames, de mouvements g\u00e9n\u00e9raux de pression correspondant \u00e0 la virtualit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e dont la puissance est \u00e0 mesure de leur aspect d\u00e9sormais naturel et \u00e9vident. La personne vis\u00e9e (ou le groupe), \u00e0 cause de ses engagements et de ses alliances, de sa fonction d&rsquo;homme public, de l&rsquo;influence de son entourage qui est lui-m\u00eame et naturellement influenc\u00e9 par la pression virtualiste\/naturelle, voire de sa psychologie m\u00eame, est souvent destin\u00e9e \u00e0 c\u00e9der. (Mais c\u00e9der correspond dans ce cas \u00e0 conformer son opinion \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;on finit pas appr\u00e9cier comme juste, utile, essentielle, etc.; donc, on ne c\u00e8derait pas vraiment, on serait convaincu, presque en toute bonne foi.) Il s&rsquo;agit de la cr\u00e9ation, par tous ces moyens, d&rsquo;un conformisme r\u00e9pondant au virtualisme, duquel il sera difficile \u00e0 la victime d\u00e9sign\u00e9e (l&rsquo;objectif du lobbyiste) de se d\u00e9gager, et, encore plus, qu&rsquo;il lui sera difficile de mettre en question; la sanction en cas de r\u00e9sistance est l&rsquo;anath\u00e8me public, l&rsquo;isolement accusateur, la pol\u00e9mique hostile presque unanime, d&rsquo;autant plus violente qu&rsquo;elle se croit de bon droit, souvent en toute bonne foi. C&rsquo;est \u00e9videmment cette partie de la chose, du lobbyisme en pleine \u00e9volution, qui est la plus int\u00e9ressante, et, de loin, la plus active et la plus efficace. Ainsi, par exemple, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, cr\u00e9ation du lobbyisme devenue essence de la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, que signifie \u00ab<em>Le poids des lobbies est sans doute trop puissant pour que Barack Obama puisse vraiment gagner contre Wall Street<\/em>\u00bb? La cr\u00e9ation d&rsquo;un monde virtualiste, o\u00f9 la puissance am\u00e9ricaniste, donc la vertu am\u00e9ricaniste (ces encha\u00eenements vont de soi), r\u00e9pondent \u00e0 la puissance de Wall Street en s&rsquo;y exprimant. (Le tout, bien s\u00fbr, soutenu par le lobbyisme classique d&rsquo;influence et de corruption, de privil\u00e8ges, etc., qui continue \u00e0 verrouiller l&rsquo;arri\u00e8re-plan des positions et des vuln\u00e9rabilit\u00e9s individuelles.) Cette id\u00e9e est partout pr\u00e9sente, dans les m\u00e9dias influents de la presse-<em>Pravda<\/em>, chez les conseillers d&rsquo;Obama, dans les fiches d&rsquo;information internes qui sont soumises au pr\u00e9sident, dans les commentaires influents, dans les s\u00e9minaires, dans les rencontres politiques au sommet, etc. On imagine quelle puissance psychologique et quel courage de caract\u00e8re,  et quelle conviction formidable, si tel \u00e9tait le cas, si Obama r\u00e9alisait que l&rsquo;option Wall Street est son propre emprisonnement, ce qui n&rsquo;est pas dit,  il faut \u00e0 un homme pour se lib\u00e9rer. Il importe aussi de noter, accessoirement mais pas ais\u00e9ment, qu&rsquo;il faut \u00e9galement savoir <strong>comment<\/strong> se lib\u00e9rer, par quel(s) acte(s) justifiable(s), etc.? En licenciant Summers et Geithner? En nationalisant <strong>vraiment<\/strong> les banques?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais  Il y a un mais. En un sens, montrer d&rsquo;une part que le lobbyisme virtualiste, dans ce cas celui de Wall Street, a march\u00e9 et tient Obama prisonnier, et observer d&rsquo;autre part que \u00ab[l]<em>e poids des lobbies est sans doute trop puissant pour que Barack Obama puisse vraiment gagner contre Wall Street<\/em>\u00bb exprime une contradiction fondamentale. A partir du moment o\u00f9 l&rsquo;on sait qu&rsquo;Obama est prisonnier des lobbies de Wall Street, c&rsquo;est que la situation virtualiste d&rsquo;une pression naturelle sur Obama, sans apparence de l&rsquo;action du lobbyisme, est soudain totalement mise en question, contredite par le constat m\u00eame qu&rsquo;on fait. Cette remarque fait partie d&rsquo;un constat plus g\u00e9n\u00e9ral sur ce que nous nommons, avec la crise du F-22, dans un <em>Bloc-Notes<\/em> publi\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_crise_du_f-22_a_la_crise_du_lobbying__15_07_2009.html\" class=\"gen\">aujourd&rsquo;hui<\/a>, la crise de lobbyisme. Cette crise s&rsquo;est manifest\u00e9e une premi\u00e8re fois, il y a quatre mois, avec l&rsquo;affaire <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_these_de_la_victoire_a_la_pyrrhus__13_03_2009.html\" class=\"gen\">Freeman<\/a>. Il s&rsquo;agit du constat que les lobbies, pour l&#8217;emporter ou simplement pour se battre, sont d\u00e9sormais oblig\u00e9s, pour certains cas remarquables, de para\u00eetre \u00e0 ciel ouvert et de pratiquer ouvertement leur action d&rsquo;influence. Ils contredisent la r\u00e8gle essentielle du domaine qui a engendr\u00e9 le virtualisme, telle que la citait Justin Raimondo dans un texte du <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/justin\/?articleid=14394\" class=\"gen\">13 mars 2009<\/a> \u00e0 propos de l&rsquo;affaire Freeman: \u00ab<em>A lobby, says Steve Rosen, the ringleader of the get Freeman lynch mob, is like a night flower: it thrives in the dark and dies in the sun.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation des lobbies soudain oblig\u00e9s de contrevenir \u00e0 leur r\u00e8gle principale de fonctionnement qui est de dissimuler absolument le fondement de leur fonctionnement, donc \u00e0 se placer en position vuln\u00e9rable, voire en position d&rsquo;accus\u00e9, est due \u00e0 la complexit\u00e9 de la situation g\u00e9n\u00e9rale cr\u00e9\u00e9e par la confrontation brutale du virtualisme de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct et de la r\u00e9alit\u00e9 que la Grande Crise du 15 septembre 2008 est en train de faire r\u00e9appara\u00eetre. Si l&rsquo;on veut, Obama avant qu&rsquo;on ne le dise, mais aussi certains de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs (Clinton sans nul doute, d&rsquo;autres pr\u00e9sidents d\u00e9mocrates, jusqu&rsquo;\u00e0 un Roosevelt) \u00e9taient plus ou moins prisonniers de Wall Street (les r\u00e9publicains \u00e9tant plut\u00f4t tenus par le <em>Big Business<\/em>), simplement, par exemple, par le soutien financier des campagnes \u00e9lectorales, mais tout cela n&rsquo;apparaissait que d&rsquo;une fa\u00e7on marginale ou\/et temporaire, quand cela apparaissait. Qu&rsquo;on proclame aujourd&rsquo;hui, comme un fait politique majeur, qu&rsquo;Obama est prisonnier de Wall Street n&rsquo;est donc pas une nouveaut\u00e9 politique (Clinton \u00e9tait prisonnier,  souriant et consentant,  de Wall Street, avec Rubin et Summers, de Goldman Sachs, dans son \u00e9quipe); mais la proclamation, elle, est un fait politique majeur (au contraire, personne ne s&rsquo;est vraiment int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l&#8217;emprisonnement de Clinton par Wall Street). Un pr\u00e9sident prisonnier sans que personne ne le dise tout haut, ou ne le sache, peut tenir longtemps avec l&rsquo;autorit\u00e9 n\u00e9cessaire; un pr\u00e9sident que tout le monde sait prisonnier, peut se trouver confront\u00e9 \u00e0 une crise majeure de son autorit\u00e9 si d&rsquo;autres priorit\u00e9s que les exigences des banques surgissent. C&rsquo;est \u00e0 ce moment qu&rsquo;il y a un probl\u00e8me et que certains, \u00e9ventuellement un pr\u00e9sident, peuvent \u00eatre tent\u00e9s de le r\u00e9soudre, voire m\u00eame forc\u00e9s de tenter de le r\u00e9soudre, et que cette r\u00e9solution doive passer par une tentative d&rsquo;\u00e9vasion&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Poids et philosophie du lobby 15 juillet 2009 Voici une int\u00e9ressante question, qui nous permet d&rsquo;aborder un sujet qui est par ailleurs, dans d&rsquo;autres domaines, tout \u00e0 fait d&rsquo;actualit\u00e9. 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